{"id":15618,"date":"2010-09-05T09:36:12","date_gmt":"2010-09-05T07:36:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=15618"},"modified":"2013-01-02T17:57:07","modified_gmt":"2013-01-02T16:57:07","slug":"la-transition-v-cest-quoi-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/05\/la-transition-v-cest-quoi-moi\/","title":{"rendered":"<b>La transition (V) \u2013 C\u2019est quoi moi ?<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Lucien L\u00e9vy-Bruhl \u00e9tait un philosophe fran\u00e7ais qui dans les ann\u00e9es 1920 &#8211; 1930 se passionna pour les particularit\u00e9s de la \u00ab\u00a0mentalit\u00e9 primitive\u00a0\u00bb, expression par laquelle il faut comprendre des croyances appartenant essentiellement au complexe culturel australo-m\u00e9lan\u00e9sien, et dont des auteurs contemporains de L\u00e9vy-Bruhl, tels qu\u2019\u00c9mile Durkheim et son neveu Marcel Mauss, not\u00e8rent qu\u2019elles sont tr\u00e8s semblables \u00e0 ce que nous savons par ailleurs de la culture archa\u00efque chinoise (Durkheim &amp; Mauss 1969 [1901-1902]). J\u2019ai discut\u00e9 de ces questions dans <em>Comment la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 furent invent\u00e9es<\/em> (Jorion 2009), disons en deux mots que ces cultures que nous appelons encore \u2013 et pour ces raisons pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab\u00a0tot\u00e9miques\u00a0\u00bb \u2013 ne partagent pas l\u2019accent que nous mettons sur les ressemblances visibles, ni sur la proximit\u00e9 dans le temps ou dans l\u2019espace \u2013 mais postulent entre des choses pour nous tr\u00e8s dissemblables, des \u00ab\u00a0sympathies\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0affinit\u00e9s\u00a0\u00bb, dont L\u00e9vy-Bruhl d\u00e9termina \u00e0 juste titre que leur logique est fond\u00e9e sur la similitude de nos r\u00e9actions affectives \u00e0 leur pr\u00e9sence (ibid.\u00a0: 35 et 58).<\/p>\n<p>L\u00e9vy-Bruhl revint en de multiples occasions sur la question des \u00ab\u00a0appartenances\u00a0\u00bb\u00a0: ces choses qui ne sont pas <em>nous<\/em> \u00e0 proprement parler mais qui au sein de notre culture sont spontan\u00e9ment incluses dans la d\u00e9finition de la personne (le nom, l\u2019image, la m\u00e9moire apr\u00e8s la mort de qui nous avons \u00e9t\u00e9, etc.), et de la \u00ab\u00a0participation\u00a0\u00bb\u00a0: le sentiment qui nous fait dire que ceci est \u2013 par-del\u00e0 notre corps propre \u2013 \u00e9galement \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb. Dans ses <em>Carnets (1938-1939)<\/em>, r\u00e9dig\u00e9s peu de temps avant sa mort en 1939, contenant les notes pr\u00e9paratoires \u00e0 ce qui aurait d\u00fb \u00eatre le prochain livre dans la s\u00e9rie qu\u2019il consacra \u00e0 la <em>mentalit\u00e9 primitive<\/em>, L\u00e9vy-Bruhl revient longuement sur ce qu\u2019il per\u00e7oit comme son \u00e9chec \u00e0 capturer dans un cadre conceptuel ad\u00e9quat ces questions de l\u2019\u00ab\u00a0appartenance\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0participation\u00a0\u00bb, le ph\u00e9nom\u00e8ne qui permet dans le cadre de cette pens\u00e9e diff\u00e9rente de la n\u00f4tre, de supposer des relations \u00ab\u00a0causales\u00a0\u00bb qui seraient rejet\u00e9es par nous comme fallacieuses. Par exemple, l\u2019homme qui meurt <em>au village<\/em> parce que l\u2019animal qu\u2019il <em>est aussi par ailleurs<\/em> a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 mortellement <em>dans la for\u00eat<\/em>, ou bien encore l\u2019homme qui vise \u00e0 tuer son ennemi en transper\u00e7ant de sa lance la trace de ses pas, etc.<\/p>\n<p>Dans ses carnets posthumes, L\u00e9vy-Bruhl d\u00e9couvre la v\u00e9ritable explication des faits dont il cherche \u00e0 rendre compte, si bien que le concept de \u00ab\u00a0participation\u00a0\u00bb auquel il a recouru jusque-l\u00e0 dans ses vaines tentatives de les comprendre, se r\u00e9v\u00e8le soudain sans objet. Il est amusant d\u2019observer qu\u2019il ne semble pas parfaitement conscient que son concept de <em>participation <\/em>est soudain devenu obsol\u00e8te et qu\u2019une <em>derni\u00e8re lecture<\/em> des notes qu\u2019il a r\u00e9dig\u00e9es aurait sans doute suffi pour qu\u2019il en prenne pleinement conscience. L\u00e9vy-Bruhl \u00e9crit par exemple \u00e0 propos de l\u2019ennemi qu\u2019on cherche \u00e0 atteindre en transper\u00e7ant ses traces, que \u00ab\u00a0La pr\u00e9sence des traces est <em>ipso facto <\/em>pour lui la pr\u00e9sence de cet individu\u00a0: il <em>sent <\/em>cette pr\u00e9sence de l&rsquo;individu, bien qu&rsquo;il soit loin, et invisible, <em>comme actuelle, <\/em>en vertu de la participation entre lui et elle\u00a0\u00bb (L\u00e9vy-Bruhl 1949\u00a0: 84), sans noter que la derni\u00e8re partie de sa phrase\u00a0: \u00ab\u00a0en vertu de la participation entre lui et elle\u00a0\u00bb, est en r\u00e9alit\u00e9 parfaitement inutile \u00e0 l\u2019explication\u00a0: l\u2019Aborig\u00e8ne s\u2019en prend aux traces de son ennemi parce que, comme l\u2019observe L\u00e9vy-Bruhl, en elles, il est <em>pr\u00e9sent<\/em> aux yeux de celui pour qui elles l\u2019\u00e9voquent imm\u00e9diatement.<\/p>\n<p>L\u00e9vy-Bruhl n\u2019en continue pas moins de s\u2019interroger\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 il n&rsquo;est pas incompr\u00e9hensible que l&rsquo;individu se sente aussi intimement uni \u00e0 ses cheveux que nous nous sentons nous-m\u00eames pr\u00e9sents dans nos bras, nos jambes, nos yeux, qui sont bien effectivement nous. Mais comment peut-on avoir la m\u00eame repr\u00e9sentation dans le cas des traces de pas, ou du v\u00eatement auquel on rend les honneurs fun\u00e8bres comme \u00e0 la personne elle-m\u00eame ?\u00a0\u00bb (ibid. 142), alors que, comme nous venons de le voir, il a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9couvert l\u2019explication qu\u2019il recherche\u00a0: <em>dans le cadre de\u00a0la \u00ab\u00a0pens\u00e9e primitive\u00a0\u00bb, la personne est constitu\u00e9e de l\u2019ensemble des choses o\u00f9 sa pr\u00e9sence est perceptible par autrui<\/em>. Autrement dit, une personne X consid\u00e9rera comme <em>\u00e9tant<\/em> une autre personne Y, l\u2019ensemble des choses o\u00f9 elle d\u00e9c\u00e8le la <em>pr\u00e9sence<\/em> de cette personne Y, \u00e9tant entendu que cette notion de \u00ab\u00a0pr\u00e9sence\u00a0\u00bb est inanalys\u00e9e, \u00ab\u00a0brute\u00a0\u00bb\u00a0: un simple fait d\u2019intuition. Je cite encore L\u00e9vy-Bruhl\u00a0: \u00ab\u00a0La conclusion \u00e0 laquelle nous aboutissons pour ces participations entre les objets ou \u00eatres et leurs appartenances est donc celle-ci : elles ne se fondent pas sur des rapports per\u00e7us, fussent-ils aussi \u00e9vidents que ceux de la partie avec le tout, mais bien sur le <em>sentiment <\/em>de la pr\u00e9sence r\u00e9elle de l&rsquo;\u00eatre ou objet, imm\u00e9diatement sugg\u00e9r\u00e9 par celle de l&rsquo;appartenance. Et ce sentiment n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;autre l\u00e9gitimation que le fait m\u00eame qu&rsquo;il est senti\u00a0\u00bb (ibid. 145). Le renvoi \u00e0 la \u00ab\u00a0participation\u00a0\u00bb est encore une fois\u00a0ici sans objet, il nous rappelle le <em>phlogiston <\/em>de l\u2019ancienne chimie<em> <\/em>: une substance cens\u00e9e s\u2019\u00e9vanouir dans la combustion, dont elle postulait l\u2019existence et dont le poids \u00e9tait \u00ab\u00a0n\u00e9gatif\u00a0\u00bb\u00a0; c\u2019est l\u2019\u00e9limination du <em>phlogiston<\/em> par Lavoisier dans les explications qui permit d\u2019atteindre l\u2019explication \u00e0 laquelle nous adh\u00e9rons aujourd\u2019hui\u00a0: la combustion est un processus d\u2019oxydo-r\u00e9duction.<\/p>\n<p>La d\u00e9finition de la personne comme \u00ab\u00a0tout ce qui \u00e9voque le <em>sentiment <\/em>de sa pr\u00e9sence r\u00e9elle\u00a0\u00bb rend tr\u00e8s bien compte de ces amalgames qui nous paraissent si \u00e9tranges dans la \u00ab\u00a0pens\u00e9e primitive\u00a0\u00bb\u00a0: la personne, c\u2019est son corps, son ombre, toutes les repr\u00e9sentations qui peuvent \u00eatre faites d\u2019elle (photos, enregistrement de sa voix, etc.), les rognures de ses ongles,\u00a0les m\u00e8ches de ses cheveux, ses v\u00eatements, la trace de ses pas sur le sol, voire m\u00eame, dans la pens\u00e9e traditionnelle chinoise, les caract\u00e8res la repr\u00e9sentant dans la langue \u00e9crite, etc. Tous ces \u00e9l\u00e9ments sont en effet susceptibles d\u2019\u00e9voquer \u00e0 autrui sa pr\u00e9sence\u00a0; L\u00e9vy-Bruhl les appelle les \u00ab\u00a0appartenances\u00a0\u00bb de la personne.<\/p>\n<p>Mais cette d\u00e9finition de la personne op\u00e8re alors universellement, au sens o\u00f9 elle vaut pour tous, y compris pour celui dont il est question\u00a0: de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019autrui consid\u00e8re comme \u00e9tant moi tout ce qui \u00e9voque pour lui ma pr\u00e9sence, ma propre repr\u00e9sentation de ce qu\u2019est ma personne sera la m\u00eame\u00a0:\u00a0l\u2019ensemble des choses qui \u00e9voquent ma pr\u00e9sence \u00e0 autrui, ou encore\u00a0: l\u2019ensemble des choses que l\u2019on rattache \u00e0 moi, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre ou \u00e0 rien du tout. L\u00e9vy-Bruhl observe ainsi\u00a0: \u00ab \u2026 l&rsquo;homme mort est senti comme pr\u00e9sent dans son v\u00eatement, l&rsquo;Australienne se sent elle-m\u00eame pr\u00e9sente dans la m\u00e8che de ses cheveux, etc.\u00a0\u00bb (ibid. 145).<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui explique alors que, comme dans le vaudou dahom\u00e9en, si je d\u00e9couvre sur le seuil de ma demeure une poup\u00e9e perc\u00e9e d\u2019\u00e9pingles me repr\u00e9sentant, je tombe aussit\u00f4t malade et je ne tarde pas \u00e0 mourir. Ou pour prendre des exemples plus proches de nos cultures\u00a0: je me sens souill\u00e9 si l\u2019on me vole, je meurs de nostalgie si je reste trop longtemps \u00e9loign\u00e9 de chez moi (une des principales causes de d\u00e9c\u00e8s dans les arm\u00e9es du moyen \u00e2ge, si l\u2019on en croit Duby), je meurs si l\u2019on incendie volontairement ma moisson (fait rapport\u00e9 lors d\u2019un s\u00e9minaire d\u2019ethnologie fran\u00e7aise auquel j\u2019ai assist\u00e9 autrefois). Y a-t-il alors des limites \u00e0 ce qui peut \u00e9voquer ma pr\u00e9sence\u00a0? Dans le cadre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 aborig\u00e8ne australienne, certainement,\u00a0puisque ce sont traditionnellement des soci\u00e9t\u00e9s de petite taille. Mais dans\u00a0les n\u00f4tres\u00a0? Les dix-huit yachts d\u2019un magnat n\u2019\u00e9voquent-ils pas tous sa pr\u00e9sence avec la m\u00eame vivacit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Dans la voie qu\u2019indiquait Marx quand il \u00e9crivait dans ses manuscrits de 1844 : \u00ab Le b\u00e9n\u00e9ficiaire du majorat, le fils premier-n\u00e9, appartient \u00e0 la terre. Elle en h\u00e9rite \u00bb, et que je rappelais dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=14708\">La transition (III) \u2013 La propri\u00e9t\u00e9 inanalys\u00e9e<\/a> o\u00f9 ce sont les choses qui \u00ab captivent \u00bb, qui capturent les hommes, rien ne s\u2019oppose alors \u00e0 ce que la perspective soit invers\u00e9e et l\u2019on dirait alors qu\u2019<em>une personne, c\u2019est l\u2019ensemble des choses qui ont pu capturer son nom<\/em>. Dans cette perspective invers\u00e9e, mon corps, mes cheveux, les rognures  de mes ongles, ne sont pas privil\u00e9gi\u00e9s par rapport aux autres appartenances : ils constituent simplement les premi\u00e8res choses dans mon histoire \u00e0 avoir captur\u00e9 mon nom. Les yachts viendront ensuite.<\/p>\n<p>========<br \/>\nDurkheim, \u00c9mile &amp; Marcel Mauss 1969 [1901-1902] \u00ab De quelques formes primitives de classification. Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude des repr\u00e9sentations collectives \u00bb, <em>Ann\u00e9e sociologique<\/em>, 6, 1-72, in Marcel Mauss, <em>\u00c5\u2019uvres compl\u00e8tes<\/em>, Paris : Minuit<\/p>\n<p>Jorion, Paul, <em>Comment la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 furent invent\u00e9es<\/em>, Paris : Gallimard 2009d<\/p>\n<p>L\u00e9vy-Bruhl, Lucien, <em>Les carnets de Lucien L\u00e9vy-Bruhl (1938-1939)<\/em>, sous la direction de Maurice Leenhardt, Paris : P.U.F. 1949<\/p>\n<blockquote><p><strong>(*) Un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Paul Jorion est un \u00ab journaliste presslib\u2019 \u00bb qui vit exclusivement de ses droits d\u2019auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d\u2019\u00e9crire comme il le fait aujourd\u2019hui tant que vous l\u2019y aiderez. Votre soutien peut s\u2019exprimer <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=647\">ici<\/a>.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lucien L\u00e9vy-Bruhl \u00e9tait un philosophe fran\u00e7ais qui dans les ann\u00e9es 1920 &#8211; 1930 se passionna pour les particularit\u00e9s de la \u00ab\u00a0mentalit\u00e9 primitive\u00a0\u00bb, expression par laquelle il faut comprendre des croyances appartenant essentiellement au complexe culturel australo-m\u00e9lan\u00e9sien, et dont des auteurs contemporains de L\u00e9vy-Bruhl, tels qu\u2019\u00c9mile [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,4],"tags":[828,829,691,830,634,832],"class_list":["post-15618","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropologie","category-sociologie","tag--mentalite-primitive-","tag-emile-durkheim","tag-lucien-levy-bruhl","tag-marcel-mauss","tag-propriete-privee","tag-totemisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15618"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15618\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48042,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15618\/revisions\/48042"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}