{"id":15725,"date":"2010-09-07T12:55:11","date_gmt":"2010-09-07T10:55:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=15725"},"modified":"2013-01-02T17:57:05","modified_gmt":"2013-01-02T16:57:05","slug":"lactualite-de-la-crise-elles-se-rappellent-a-notre-bon-souvenir-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/07\/lactualite-de-la-crise-elles-se-rappellent-a-notre-bon-souvenir-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: elles se rappellent \u00e0 notre bon souvenir&#8230;, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>ELLES SE RAPPELLENT A NOTRE BON SOUVENIR&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Est-il bien raisonnable de revenir sur la situation des banques europ\u00e9ennes, \u00e0 nouveau dans l\u2019actualit\u00e9, comme si la cause de leur malfaisance persistante n\u2019\u00e9tait pas entendue ? <\/p>\n<p>C\u2019est encore une fois par le Comit\u00e9 de B\u00e2le, charg\u00e9 d\u2019\u00e9tablir les nouvelles normes prudentielles de capitalisation des \u00e9tablissements bancaires, que le malheur arrive en quelque sorte. Il est r\u00e9uni ce mardi, afin que tout soit pr\u00eat pour adoption par le G20 de novembre de S\u00e9oul, dont la pr\u00e9paration bat son plein.  Pour faire simple, il pourrait \u00eatre exig\u00e9 un ratio de solvabilit\u00e9 de 6% de fonds propres par rapport aux engagements, auquel s\u2019additionnerait un matelas de 2% de capitaux de r\u00e9serves et 2% suppl\u00e9mentaires de capitaux \u00ab\u00a0contra-cycliques\u00a0\u00bb. Au total 10% . D\u2019autres pourcentages plus \u00e9lev\u00e9s encore circulent, contribuant \u00e0 une lev\u00e9e de boucliers des banques allemandes. <\/p>\n<p>Ce dispositif s\u2019appuie \u00e9galement sur une nouvelle d\u00e9finition, nettement plus restrictive, de ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme fonds propres, au d\u00e9triment de ce que l\u2019on appelle les <i>capitaux hybrides<\/i>, des obligations comptabilis\u00e9es actuellement comme fonds propres, car elles peuvent \u00eatre transform\u00e9es ainsi, si toutefois leurs d\u00e9tenteurs en sont d\u2019accord. <\/p>\n<p>Les banques allemandes, par la voie de la FdB, leur f\u00e9d\u00e9ration, relay\u00e9es par le gouvernement, ont fait savoir que l\u2019introduction d\u2019un tel ratio serait contre productif car cela les am\u00e8nerait \u00e0 r\u00e9duire leurs activit\u00e9s de cr\u00e9dit et menacerait \u00ab\u00a0la reprise \u00e9conomique et les d\u00e9veloppements positifs sur le march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb. Demandant que soit cr\u00e9\u00e9e une p\u00e9riode \u00ab\u00a0d\u2019adaptation\u00a0\u00bb de dix \u00e0 douze ans avant qu\u2019il ne soit pleinement obligatoire, le r\u00e9gulateur envisageant six \u00e0 huit ans actuellement. C\u2019est semble-t-il sur ce terrain qu\u2019un assouplissement est recherch\u00e9, ainsi que l\u2019a annonc\u00e9 Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre des finances, en demandant en particulier des d\u00e9lais plus longs pour l\u2019aspect qualitatif (la nature des fonds propres), ce qui d\u00e9montre bien l\u2019importance de cette question. <\/p>\n<p><!--more-->La FdB met pour sa part en avant que les 10 principales banques allemandes devraient lever la somme de 105 milliards d\u2019euros pour se mettre en conformit\u00e9 avec le nouveau cadre r\u00e9glementaire. Confirmant ainsi que &#8211; sans compter le roulement de leur dette &#8211; les banques europ\u00e9ennes anticipent de tr\u00e8s importants besoins de financement. Rien d\u2019\u00e9tonnant, puisque l\u2019on sait qu\u2019elles n\u2019ont qu\u2019entam\u00e9 leur lent processus de d\u00e9sendettement et n\u2019ignorent pas que d\u2019importantes masses des actifs en leur possession ne retrouveront pas leur valeur nominale, impliquant de t\u00f4t ou tard proc\u00e9der \u00e0 de drastiques d\u00e9valorisations de ceux-ci.<\/p>\n<p>Certes, toutes les banques allemandes ne sont pas log\u00e9es \u00e0 la m\u00eame enseigne et certaines d\u00e9passeraient d\u00e9j\u00e0 le ratio de 10% (d\u00e9pendant des d\u00e9valorisations \u00e0 venir), mais leurs repr\u00e9sentants font valoir que d\u2019autres obligations les attendent, notamment la taxe sur les activit\u00e9s bancaires et \u00e9ventuellement sur les transactions financi\u00e8res, qui sont aujourd\u2019hui en discussion. <\/p>\n<p>A ce propos, la commission de Bruxelles tente d\u2019intervenir et de faire valoir ses approches. Sans surprise, elle a d\u00e9j\u00e0 clairement manifest\u00e9 ses grandes r\u00e9serves vis \u00e0 vis de toute taxation des transactions financi\u00e8res, en reprenant les arguments habituels, la difficult\u00e9 extr\u00eame \u00e0 para\u00eet-il la mettre en place, ainsi que le risque de provoquer un exode des op\u00e9rations financi\u00e8res vers d\u2019autres cieux plus cl\u00e9ments. Parall\u00e8lement, le projet d\u2019une taxe tr\u00e8s modique est port\u00e9 sur un front diplomatique plus vaste, destin\u00e9 aux bonnes oeuvres des pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i> et \u00e0 financer le d\u00e9veloppement dans les pays qui ne le sont pas, avec pour r\u00e9el objectif de couper court \u00e0 tout projet plus ambitieux. <\/p>\n<p>La grande affaire &#8211; tout du moins en Europe, car elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par le Congr\u00e8s am\u00e9ricain &#8211; a toutes les chances d\u2019\u00eatre une taxe sur les banques, au pr\u00e9texte d\u2019alimenter des fonds nationaux permettant de faire face aux futures crises financi\u00e8res. Crises dont l\u2019in\u00e9vitabilit\u00e9 est pour ainsi dire officialis\u00e9e, justifiant des mesures de r\u00e9gulations limit\u00e9es, puisque l\u2019on ne peut rien y faire. La commission vient d\u2019intervenir, afin que soit mise sur pied une \u00ab\u00a0approche europ\u00e9enne\u00a0\u00bb coordonn\u00e9e, de premi\u00e8res initiatives nationales partant dans tous les sens. La r\u00e9union des ministres des finances de ce jour devrait se pencher sur la possibilit\u00e9 d\u2019adopter des r\u00e8gles communes. Principale divergence, hormis le montant de la taxe et la d\u00e9finition de son assiette\u00a0: l\u2019existence ou non d\u2019un fonds sp\u00e9cialis\u00e9, que les Allemands et les Su\u00e9dois soutiennent, les Britanniques et les Fran\u00e7ais ne voulant pas en entendre parler, afin de ne pas distraire de leurs budgets ces nouvelles ressources. <\/p>\n<p>Au final, les Europ\u00e9ens vont la jouer petit, privil\u00e9giant l\u2019aspect politique du dossier au d\u00e9triment du financier, apparaissant comme des foudres de guerre, alors qu\u2019ils n\u2019utilisent que des armes au tranchant tr\u00e8s \u00e9mouss\u00e9. Paradoxalement, ce sont les financiers eux-m\u00eames, quand ils sont en charge de la r\u00e9gulation, qui font preuve &#8211; relativement &#8211; de plus d&rsquo;opini\u00e2tret\u00e9, comme on le remarque aussi aux Etats-Unis. Comme s\u2019ils savaient de quoi ils parlaient et restaient conscients du fait que \u00ab\u00a0le ventre est encore f\u00e9cond, d&rsquo;o\u00f9 a surgi la b\u00eate immonde\u00bb. <\/p>\n<p>La commission est \u00e9galement active sur d\u2019autres aspects du dossier bancaire. Joaquin Almunia, le commissaire \u00e0 la concurrence, a en effet fort prudemment inform\u00e9 que la position de cette derni\u00e8re \u00e0 propos de la prolongation pour 2011 des plans de soutien des Etats membres aux banques allait prochainement \u00eatre rendue publique. \u00ab\u00a0En novembre, peut-\u00eatre, nous communiquerons sur ce que sera le traitement des recapitalisations publiques [des banques] ou le traitement des actifs d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s par les fonds publics\u00a0\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous devons discuter de l&rsquo;adaptation de ces mesures exceptionnelles aux situations nouvelles. Nous ne sommes plus actuellement au coeur de la crise, ayant d\u00e9pass\u00e9 beaucoup de difficult\u00e9s s\u00e9rieuses, mais nous devons encore travailler dans le cadre de ce r\u00e9gime exceptionnel. Malheureusement, nous ne pourrons pas dire demain que nous mettons fin \u00e0 ce r\u00e9gime, car nous ne sommes pas revenus \u00e0 des conditions normales\u00a0\u00bb, a-t-il \u00e9galement reconnu.<\/p>\n<p>Plus circonstanci\u00e9e, mais d\u2019application imm\u00e9diate et de forte port\u00e9e, la position de la commission \u00e0 propos de la banque Anglo Irish Bank est tr\u00e8s attendue. Car si devait \u00eatre finalement annonc\u00e9e, comme envisag\u00e9, la n\u00e9cessit\u00e9 du d\u00e9mant\u00e8lement de la banque &#8211; qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 nationalis\u00e9e et a absorb\u00e9 plus de 23 milliards d\u2019euros de capitaux publics irlandais &#8211; cela cr\u00e9erait de nouveaux besoins de financement de l\u2019Etat, ce qui pourrait contraindre le gouvernement irlandais \u00e0 restructurer sa dette, ce tabou europ\u00e9en actuel. A moins que, comme le sugg\u00e9rait le Financial Times dans un \u00e9ditorial, les cr\u00e9anciers de la banque soient \u00e9galement mis \u00e0 contribution et qu\u2019il soit proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un transfert de cr\u00e9ances en actions, ce qui suppose bien entendu un maintien en activit\u00e9 de celle-ci. Un autre tabou qui pourrait \u00eatre alternativement bris\u00e9&#8230; En attendant, Brian Lenihan, le ministre irlandais des finances, a cru bon devoir pr\u00e9ciser que la situation de la banque n\u2019allait pas conduire l\u2019Irlande \u00e0 la faillite, une pr\u00e9cision qui semble s\u2019imposer. <\/p>\n<p>Non sans arri\u00e8res pens\u00e9es, le Wall Street Journal a dans l\u2019imm\u00e9diat donn\u00e9 le coup de pied de l\u2019\u00e2ne aux banques et autorit\u00e9s europ\u00e9ennes. Au terme d\u2019une enqu\u00eate, le journal vient de mettre en \u00e9vidence le manque de cr\u00e9dibilit\u00e9 des stress tests des 91 banques europ\u00e9ennes du printemps dernier, si l\u2019on rapproche certaines donn\u00e9es communiqu\u00e9es \u00e0 cette occasion de celles de la Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI), ou m\u00eame des propres d\u00e9clarations financi\u00e8res des banques. Il s\u2019appuie en particulier sur les cas de Barclays et du Cr\u00e9dit Agricole, montrant que l\u2019exposition de ces banques \u00e0 la dette souveraine europ\u00e9enne avait \u00e9t\u00e9 minor\u00e9e. <\/p>\n<p>Dans le cas des banques fran\u00e7aises, les chiffres seraient les suivants\u00a0: pour l\u2019exposition \u00e0 la dette espagnole,  6,6 milliards d\u2019euros reconnus contre 34,7 milliards comptabilis\u00e9s par la BRI. Pour la grecque, les chiffres sont respectivement de 11,6 et de 20 milliards ; pour la portugaise 4,9 et 15,1 milliards. Ces comparaisons ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies par Jacques Cailloux, \u00e9conomiste en chef de Royal Bank of Scotland, et se passent de tout commentaire. <\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9ment, tous les chemins m\u00e8nent in\u00e9vitablement aux banques&#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>ELLES SE RAPPELLENT A NOTRE BON SOUVENIR&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Est-il bien raisonnable de revenir sur la situation des banques europ\u00e9ennes, \u00e0 nouveau dans l\u2019actualit\u00e9, comme si la cause de leur malfaisance persistante n\u2019\u00e9tait pas entendue ? <\/p>\n<p>C\u2019est encore une fois par le Comit\u00e9 de B\u00e2le, charg\u00e9 d\u2019\u00e9tablir les nouvelles normes prudentielles de capitalisation des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[94,841,840,203,556,104],"class_list":["post-15725","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","tag-allemagne","tag-anglo-irish-bank","tag-banques-europeennes","tag-comite-de-bale","tag-commission-de-bruxelles","tag-taxation-des-transactions-financieres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15725","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15725"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15725\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48036,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15725\/revisions\/48036"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15725"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15725"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15725"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}