{"id":15870,"date":"2010-09-14T11:30:11","date_gmt":"2010-09-14T09:30:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=15870"},"modified":"2013-01-02T17:56:35","modified_gmt":"2013-01-02T16:56:35","slug":"fondation-de-la-monnaie-internationale-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/14\/fondation-de-la-monnaie-internationale-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"Fondation de la monnaie internationale, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<h3>Le bug du XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<\/h3>\n<p><em>Une cons\u00e9quence concr\u00e8te de la crise des subprimes d\u00e9clench\u00e9e en 2007 est le gonflement irr\u00e9versible des bilans des banques centrales<\/em>. La prolif\u00e9ration d&rsquo;actifs toxiques sur toutes les places financi\u00e8res a pr\u00e9cipit\u00e9 tous les acteurs \u00e9conomiques qui le pouvaient au guichet des banques centrales. Le cours forc\u00e9 des monnaies sans aucune garantie de prix d&rsquo;aucune contre-r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9finie a pour corolaire l&rsquo;infaillibilit\u00e9 juridique des banques centrales. La logique du syst\u00e8me est de permettre aux banques commerciales de d\u00e9poser leur tr\u00e9sorerie \u00e0 la banque centrale quand elles ne se font plus confiance entre elles.<\/p>\n<p>Depuis l&rsquo;\u00e9clatement de la bombe logique des subprimes, <em>les analystes financiers d\u00e9couvrent que les prix sont factices, que les march\u00e9s sont capt\u00e9s, que les comptabilit\u00e9s bancaires ne signifient rien et que les grands \u00c9tats sont liquides mais insolvables.<\/em> La seule mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la faillite est de d\u00e9poser le plus possible \u00e0 la banque centrale pour que le ratio des d\u00e9p\u00f4ts en monnaie centrale sur le total des actifs comptabilis\u00e9s soit le plus \u00e9lev\u00e9 possible. L&rsquo;Anglo Irish Bank est \u00e0 l&rsquo;agonie ; son ratio de liquidit\u00e9 centrale par rapport \u00e0 son actif net est visiblement trop bas par rapport \u00e0 ses concurrents internationaux.<\/p>\n<p><em>Le comportement des banques n&rsquo;a plus rien de financier mais repose exclusivement sur le Droit.<\/em> Une banque centrale est la seule institution financi\u00e8re infaillible par \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb. Un d\u00e9p\u00f4t \u00e0 la banque centrale ne peut pas \u00eatre refus\u00e9 en r\u00e8glement d&rsquo;une dette quelle que soit l&rsquo;opinion qu&rsquo;on se fasse de la valeur r\u00e9elle des cr\u00e9ances \u00e0 vue sur la banque centrale. Les monnaies sont juridiquement, et d\u00e9sormais seulement juridiquement, des cr\u00e9ances \u00e0 vue sur les banques centrales. <em>Plus il y a d&rsquo;interm\u00e9diaires juridiques entre un d\u00e9p\u00f4t bancaire et un d\u00e9p\u00f4t \u00e0 la banque centrale, plus la monnaie est juridiquement douteuse. <\/em>Tout agent \u00e9conomique prudent doit aujourd&rsquo;hui d\u00e9poser son argent dans une m\u00e9gabanque directement d\u00e9posante dans les banques centrales.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<h3>La Loi contournable<\/h3>\n<p><em>La m\u00e9canique de la survie bancaire consiste \u00e0 acheter la plus grosse masse possible de titres publics. <\/em>M\u00eame les titres mal not\u00e9s sont utiles puisqu&rsquo;un \u00c9tat dans une zone mon\u00e9taire solide ne peut pas dispara\u00eetre sans engager ses partenaires. Tous les titres sont d\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la banque centrale en garantie d&#8217;emprunts qui accroissent les d\u00e9p\u00f4ts en monnaie centrale. Les \u00c9tats s&rsquo;endettent aupr\u00e8s des banques ; elles d\u00e9posent leurs titres \u00e0 la banque centrale ; elles augmentent leurs d\u00e9p\u00f4ts centraux ; elles attirent les \u00e9pargnants et d\u00e9posants effray\u00e9s par les petites banques ; elles rach\u00e8tent davantage de dette publique&#8230; Ainsi le ratio de liquidit\u00e9 sur actif net grossit dans les m\u00e9gabanques et devient insignifiant dans les petites banques trop \u00e9loign\u00e9es de la source centrale de liquidit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour acc\u00e9der au cr\u00e9dit de la banque centrale, il faut en droit \u00eatre agr\u00e9\u00e9 comme banque et se conformer \u00e0 la r\u00e9glementation financi\u00e8re et mon\u00e9taire. Or <em>la bombe logique des subprimes a d\u00e9montr\u00e9 que la r\u00e9glementation s&rsquo;ach\u00e8te soit par la taille soit par les produits d\u00e9riv\u00e9s.<\/em> La taille d&rsquo;un bilan de banque commerciale par rapport \u00e0 celui de la banque centrale permet d&rsquo;acheter passivement la r\u00e9glementation en interdisant \u00e0 la banque centrale de retirer son agr\u00e9ment en cas d&rsquo;infraction prudentielle. Une banque centrale ne peut pas se permettre d&rsquo;avouer son aveuglement devant les imprudences d&rsquo;un gros \u00e9tablissement. Quand bien m\u00eame elle franchit le pas, l&rsquo;inextricable faillite de Lehman Brothers d\u00e9montre l&rsquo;opacit\u00e9 non ma\u00eetrisable de la machinerie syst\u00e9mique.<\/p>\n<h3>Cr\u00e9ation mon\u00e9taire non mesurable<\/h3>\n<p>Lehman Brothers n&rsquo;\u00e9tait pas en effet une banque au sens r\u00e9glementaire. <em>La magie des produits d\u00e9riv\u00e9s est de mobiliser le cr\u00e9dit de la banque centrale sans faire cr\u00e9dit et sans \u00eatre une banque.<\/em> Le produit d\u00e9riv\u00e9 est l&rsquo;option d&rsquo;un cr\u00e9dit futur ; la promesse d&rsquo;un certain montant de cr\u00e9dit futur \u00e0 la condition d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements d\u00e9finis apparemment objectifs. En fait un contrat d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit non transparent permet aussi de d\u00e9clencher les \u00e9v\u00e9nements dans le sens opportun. Comme la vente d&rsquo;une option donne droit \u00e0 une prime d&rsquo;autant plus \u00e9lev\u00e9e que le risque du cr\u00e9dit sous-jacent repose sur des conditions d\u00e9favorables, la tentation est irr\u00e9sistible pour une banque de vendre des options. D&rsquo;autant plus irr\u00e9sistible que l&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit central est facile, que les conditions d&rsquo;exercice de l&rsquo;option sont risqu\u00e9es pour le pr\u00eateur, que le nominal de l&rsquo;option s&rsquo;inscrit hors du bilan, que la perception de \u00ab\u00a0cash\u00a0\u00bb est imm\u00e9diate, que la transaction peut \u00eatre enregistr\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 elle ne sera s\u00fbrement pas contr\u00f4l\u00e9e et que la n\u00e9gociation est totalement libre quant au prix et aux termes juridiques.<\/p>\n<p>Face \u00e0 des m\u00e9gabanques et des produits d\u00e9riv\u00e9s imaginairement non r\u00e9gulables, les banques centrales sont incapables de subordonner leurs refinancements \u00e0 l&rsquo;application de la loi mon\u00e9taire. Elles se contentent de demander la notation des titres qu&rsquo;elles prennent en garantie de leurs cr\u00e9dits. <em>L&rsquo;intronisation de quelques agences de notation donne le vrai pouvoir de cr\u00e9ation mon\u00e9taire aux puissants \u00c9tats qui les contr\u00f4lent.<\/em> Nominalement, les banques centrales ne peuvent pas accepter les titres de cr\u00e9ance mal not\u00e9s en garantie de leur \u00e9mission mon\u00e9taire. Les gouvernements s&rsquo;efforcent donc de commander aux agences une hi\u00e9rarchie de notation qui d\u00e9signe les plus mauvais risques sans compromettre les volumes d&rsquo;\u00e9mission de titre sur les signatures publiques arbitrairement qualifi\u00e9es de s\u00fbres. Personne en dehors de comit\u00e9s gouvernementaux restreints ne sait donc ce qu&rsquo;est un \u00c9tat solvable ou une banque solvable.<\/p>\n<h3>Utilit\u00e9 m\u00e9connue des banques centrales<\/h3>\n<p>Or l&rsquo;outil de mesure du risque d&rsquo;une monnaie est justement le bilan d&rsquo;une banque centrale. Si une monnaie se d\u00e9finit par l&rsquo;invariabilit\u00e9 du pouvoir d&rsquo;achat d&rsquo;un cr\u00e9dit de sa banque centrale, alors le risque de la monnaie devient justement la variation r\u00e9elle du pouvoir d&rsquo;achat de la monnaie centrale. Cette variation se lit dans les r\u00e9sultats financiers de la banque centrale. S&rsquo;il est d\u00e9fini un vrai march\u00e9 financier o\u00f9 tous les op\u00e9rateurs financiers soient \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de pouvoir de demande et d&rsquo;offre, alors les prix \u00e0 terme du march\u00e9 sont l&rsquo;indice des prix de la politique mon\u00e9taire. La banque centrale peut avoir des objectifs de croissance de la masse mon\u00e9taire dans la stabilit\u00e9 moyenne des prix. Si la banque centrale ach\u00e8te et vend \u00e0 terme sur un march\u00e9 r\u00e9ellement organis\u00e9 pour que toute promesse de prix soit tenue et garantie par des fonds propres r\u00e9els des op\u00e9rateurs \u00e0 terme, alors les plus ou moins-value de la banque centrale sont la mesure de l&rsquo;\u00e9quilibre dynamique de sa politique.<\/p>\n<p><em>La marge financi\u00e8re d&rsquo;une banque centrale, joliment d\u00e9nomm\u00e9e <u>seigneuriage<\/u>, repr\u00e9sente le surprix per\u00e7u sur ses d\u00e9biteurs pour garantir ses d\u00e9posants ; c&rsquo;est \u00e0 dire pour garantir le pouvoir d&rsquo;achat de la monnaie<\/em>. Comme le pouvoir d&rsquo;achat des monnaies n&rsquo;est pas d\u00e9fini en r\u00e9alit\u00e9 mais par des indices nominaux non contr\u00f4lables, les banques centrales ne supportent aucune cons\u00e9quence financi\u00e8re de la non-atteinte des objectifs qu&rsquo;elles se donnent. Le m\u00e9canisme est actuellement tr\u00e8s profitable aux \u00c9tats \u00e9metteurs de monnaie de r\u00e9serve qui r\u00e9cup\u00e8rent des seigneuriages astronomiques sur le gonflement des bilans de leur banque centrale. Si les plus-values mon\u00e9taires des banques centrales \u00e9taient reconnues pour ce qu&rsquo;elles devraient \u00eatre, c&rsquo;est \u00e0 dire le r\u00e9sultat effectif et v\u00e9rifiable de la croissance et de la stabilit\u00e9 des prix, les seigneuriages ne seraient pas ce qu&rsquo;ils sont aujourd&rsquo;hui. Ils seraient pour le moins capitalis\u00e9s dans un fonds de stabilisation syst\u00e9mique.<\/p>\n<h3>Condition marchande de la monnaie<\/h3>\n<p><em>Une monnaie destin\u00e9e \u00e0 la mesure de la croissance \u00e9conomique et non au pillage de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle implique que la banque centrale ne puisse pas pr\u00eater directement aux banques mais au march\u00e9 qu&rsquo;elle r\u00e9gule.<\/em> Elle \u00e9met du cr\u00e9dit en prenant des positions \u00e0 terme en volume et en prix sur tous les actifs qui lui paraissent significatifs de la croissance et de la stabilit\u00e9 globale des prix. Quand les anticipations de la banque centrale sont justes, elle cr\u00e9e plus de monnaie par ses r\u00e8glements de positions acheteuses que par ses encaissements de positions vendeuses ; par l&rsquo;anticipation de la croissance des transactions plus que de la d\u00e9croissance des transactions. Si elle anticipe une trop forte croissance ou une croissance trop faible, elle r\u00e9alise des moins-values sur la vente de ses positions. Quand elle a surestim\u00e9 la croissance, elle d\u00e9truit de la monnaie en touchant des appels de marge sur ses positions en cours. Quand elle a sous-estim\u00e9 la croissance, elle cr\u00e9e de la monnaie en versant des appels de marge \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle. La monnaie cr\u00e9\u00e9e par un march\u00e9 organis\u00e9e sous un vrai \u00c9tat de droit est autostable.<\/p>\n<p>La contrainte de la monnaie v\u00e9ritable est qu&rsquo;elle oblige la puissance publique \u00e0 d\u00e9montrer sa solvabilit\u00e9. La banque centrale prendrait des positions \u00e0 terme en titres publics sur sa propre appr\u00e9ciation de leur valeur r\u00e9elle. Il faudra donc qu&rsquo;elle \u00e9chappe au contr\u00f4le mental des gouvernements \u00e0 la loi desquels elle doit ob\u00e9ir. Il n&rsquo;est qu&rsquo;une seule m\u00e9thode pour y parvenir que la Banque Centrale Europ\u00e9enne exp\u00e9rimente douloureusement : d\u00e9pendre de plusieurs gouvernements concurrents. La situation de la BCE est n\u00e9anmoins instable du fait que les gouvernements britannique et \u00e9tatsunien disposent de leur propre monnaie pour sp\u00e9culer contre elle. Tous les arbitrages r\u00e9glementaires sont possibles \u00e0 partir de la City. <em>Les \u00c9tats-Unis contr\u00f4lent les prix internationaux avec le dollar financ\u00e9 par l&rsquo;\u00e9pargne des Chinois et des Japonnais.<\/em> Les banques de l&rsquo;eurozone ont toutes leurs batteries londoniennes ou singapouriennes point\u00e9es sur le si\u00e8ge de la BCE \u00e0 Francfort.<\/p>\n<h3>Source politique de la s\u00fbret\u00e9 financi\u00e8re<\/h3>\n<p><em>La BCE ou toute autre banque centrale qui veuille battre monnaie au service de la vraie valeur doit \u00e9chapper aux pouvoirs politiques nationaux sans \u00e9chapper ni \u00e0 la Loi ni au contr\u00f4le de la d\u00e9mocratie.<\/em> Le march\u00e9 financier doit donc demeurer sous la souverainet\u00e9 des \u00c9tats de droit existant mais avec l&rsquo;adjonction d&rsquo;un syst\u00e8me de notation internationale des dettes publiques. Ce syst\u00e8me existe d\u00e9j\u00e0 techniquement mais n&rsquo;est pas r\u00e9gul\u00e9 par la Loi de la r\u00e9alit\u00e9 contr\u00f4l\u00e9e par les citoyens agents \u00e9conomiques. C&rsquo;est le march\u00e9 des CDS (\u00e9change de risques de cr\u00e9dit). Ils sont n\u00e9goci\u00e9s sur les dettes publiques pour assurer les sp\u00e9culateurs-investisseurs-\u00e9pargnants contre la d\u00e9pr\u00e9ciation relative des titres entre emprunteurs distincts. <em>Le probl\u00e8me radical des CDS sur dette publique est l&rsquo;absence de r\u00e8gles comptables universelles d&rsquo;\u00e9valuation des dettes publiques r\u00e9elles et l&rsquo;anarchie marchande qui permet d&rsquo;assurer des dettes qui n&rsquo;existent pas ou de dissimuler des dettes qui existent.<\/em><\/p>\n<p><em>Il suffit pour mettre fin \u00e0 la sp\u00e9culation \u00ab\u00a0nue\u00a0\u00bb que Londres, Berne, Berlin et Paris autorisent leurs banques centrales \u00e0 parrainer sous l&rsquo;\u00e9gide de la BRI (qui abrite le Comit\u00e9 de B\u00e2le) la mise en \u0153uvre d&rsquo;un march\u00e9 commun des primes de risque de dette publique.<\/em> Comme la valeur des monnaies d\u00e9pend directement des dettes publiques qu&rsquo;elles financent, le march\u00e9 commun des risques de cr\u00e9dit comprendrait ipso facto un march\u00e9 des risques de change. La r\u00e8gle capitale de ce march\u00e9 est que personne n&rsquo;y intervient sans d\u00e9poser pr\u00e9alablement dans un r\u00e9seau d\u00e9di\u00e9 de banques de march\u00e9 ses comptes, ses actifs, ses passifs et la mesure de son capital. Un fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en est cr\u00e9\u00e9 dot\u00e9 d&rsquo;un capital souscrit par les \u00c9tats fondateurs. Le FME souscrit des options de capital des banques de march\u00e9 exclusivement d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la cotation de l&rsquo;offre et de la demande de risque, puis du cr\u00e9dit puis des monnaies.<\/p>\n<h3>Notation des cr\u00e9dits par le march\u00e9<\/h3>\n<p>Les primes de risque des \u00c9tats et les primes de change sont offertes et demand\u00e9es par des op\u00e9rateurs dont la prime d&rsquo;option de capital est aussi cot\u00e9e sur le m\u00eame march\u00e9 selon leur portefeuille de risques. L&rsquo;achat ou la vente de n&rsquo;importe quelle prime engage r\u00e9ellement les op\u00e9rateurs. A l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance des options, les banques de march\u00e9 compensent tous les flux en monnaie, en cr\u00e9dit et en capital. Toute d\u00e9faillance est garantie par les acheteurs optionnels du capital des op\u00e9rateurs engag\u00e9s. En dernier ressort, le FME se substitue \u00e0 tout garant d\u00e9faillant. Un tel march\u00e9 structure un syst\u00e8me complet de prix du capital, du cr\u00e9dit et de la monnaie de tout op\u00e9rateur public ou priv\u00e9 nomm\u00e9ment et explicitement engag\u00e9. Le March\u00e9 Mon\u00e9taire Europ\u00e9en (MME) cote en temps r\u00e9el le capital de tous les op\u00e9rateurs publics et priv\u00e9s acheteur ou vendeur de prime de cr\u00e9dit. Les primes de cr\u00e9dit cotent en temps r\u00e9el le risque de cr\u00e9dit de la monnaie sous-jacente \u00e0 toute \u00e9mission de dette. <em>Les banques centrales n&rsquo;\u00e9mettent plus de monnaie qu&rsquo;en collat\u00e9ralisation de titres totalement garantis en change et en cr\u00e9dit.<\/em><\/p>\n<p>La position totale mon\u00e9taire nette du MME est compos\u00e9e du prix nominal \u00e0 terme de tous les titres cot\u00e9s en monnaie nationale. Comme les banques de march\u00e9 font des appels de marge sur tous les prix \u00e0 terme dont la prime de risque est n\u00e9gative, les \u00e9metteurs de sous-jacent subissent la pression des propri\u00e9taires de leur risque de cr\u00e9dit pour limiter leurs \u00e9missions de titre. Les \u00c9tats qui ne r\u00e9duisent pas leur endettement \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre demand\u00e9 par le march\u00e9 subissent la d\u00e9pr\u00e9ciation de leur change comptant et \u00e0 terme pour que leur monnaie reste convertible sur le MME. Les banques centrales, qui \u00e9mettent trop de monnaie en achetant \u00e0 terme les titres publics dont la valeur r\u00e9elle se d\u00e9pr\u00e9cie, s&rsquo;exposent \u00e0 des primes de change n\u00e9gatives. Aucun \u00e9tranger n&rsquo;ach\u00e8te plus alors la prime de change qui l&rsquo;oblige \u00e0 \u00e9changer sa propre monnaie contre une perte nette dans la monnaie qu&rsquo;il garantit.<\/p>\n<p>La seule solution de liquidit\u00e9 ext\u00e9rieure pour la banque centrale en situation de prime de change n\u00e9gative est la d\u00e9valuation de sa parit\u00e9 pour continuer d&rsquo;acheter des positions \u00e0 terme sur le MME avec sa propre monnaie. <em>La d\u00e9valuation d&rsquo;une monnaie sur le MME maintient la prime de change positive et la liquidit\u00e9 ext\u00e9rieure de la zone mon\u00e9taire.<\/em> Ainsi les banques centrales sont-elles financi\u00e8rement responsables de la valeur r\u00e9elle de leur monnaie et sont-elles financi\u00e8rement garanties et contr\u00f4l\u00e9es par le MME. Le MME est contr\u00f4l\u00e9 et garanti par le FME qui fournit aux \u00c9tats la mesure de leur solvabilit\u00e9 en monnaie \u00e9trang\u00e8re. Chaque adh\u00e9rents du FME est sous le contr\u00f4le des d\u00e9mocraties partenaires qu&rsquo;ils ne dirigent pas par sa propre loi.<\/p>\n<h3>Bascule mon\u00e9taire internationale<\/h3>\n<p>La mise en place du MME garanti par le FME cr\u00e9e un moteur de stabilit\u00e9 mon\u00e9taire. Les prix traduisent exactement la valeur r\u00e9elle des monnaies, des cr\u00e9dits par lesquels elles sont mat\u00e9rialis\u00e9es et du capital effectivement disponible pour en garantir la valeur \u00e0 terme. Tr\u00e8s rapidement, les adh\u00e9rents au FME conviennent de photographier un jour donn\u00e9 les positions mon\u00e9taires relatives sur le MME. Toutes les positions sont converties en monnaie universelle (MU) au taux de change du jour convenu sur la base de 1 MU pour 1 euro. Les Chinois d\u00e9couvrent alors la monnaie internationale garantie qu&rsquo;ils r\u00e9clament. Ils vendent massivement leurs positions en dollar pour mettre leurs r\u00e9serves \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;MU. Ils ach\u00e8tent des primes de change du dollar contre MU et des cr\u00e9dits garantis en MU.<\/p>\n<p>Le FME, soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00c9tats de droit civilis\u00e9s, a pr\u00e9alablement propos\u00e9 aux \u00c9tats-Unis d&rsquo;adh\u00e9rer au MME. Qu&rsquo;ils acceptent ou non, tout le syst\u00e8me financier en dollar a compris qu&rsquo;il est judicieux d&rsquo;acheter des primes de change en MU contre dollar pour anticiper la demande des Chinois. Les Chinois sont les premiers \u00e0 acheter ses primes pour prot\u00e9ger leur r\u00e9serves contre la d\u00e9valuation du dollar. Les primes de change MU contre dollar sont d&rsquo;autant plus int\u00e9ressantes que les \u00c9tats-Unis h\u00e9sitent \u00e0 se soumettre \u00e0 la stabilit\u00e9 financi\u00e8re internationale. Toutes les banques acheteuses de la prime internationale du dollar se retrouvent avec d&rsquo;\u00e9normes capacit\u00e9s de pr\u00eat en MU au fur et \u00e0 mesure que leur portefeuille de primes s&rsquo;appr\u00e9cie sous les ventes de dollar des Chinois. Les \u00c9tats-Unis sont alors devant une alternative : faire confiance \u00e0 une logique transnationale du calcul \u00e9conomique ou poursuivre la concurrence de l&rsquo;ind\u00e9cidable dans une \u00e9conomie mondialis\u00e9e par l&rsquo;autonomie des fins mises en commun.<\/p>\n<h3>Principes de stabilit\u00e9 mon\u00e9taire<\/h3>\n<p>Si les \u00c9tats-Unis choisissent le nouvel ordre mon\u00e9taire international, le FME se mute en nouveau FMI. Toutes les banques acheteuses de prime de change enregistr\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es par le MME sont invit\u00e9es \u00e0 scinder leurs activit\u00e9s pour constituer des banques d&rsquo;investissement, des banques de cr\u00e9dit et des banques d&rsquo;assurance travaillant exclusivement en MU sous le contr\u00f4le exclusif des banques de march\u00e9 MU. Un institut d&rsquo;\u00e9mission de la MU (IMU) est cr\u00e9\u00e9 pour assurer la liquidit\u00e9 de la compensation des banques de march\u00e9 MU et acheter des titres de cr\u00e9ance sur les banques de cr\u00e9dit MU et les \u00e9metteurs nationaux garantis en MU.<\/p>\n<p>L&rsquo;IMU intervient exclusivement sur le march\u00e9 \u00e0 terme financier en MU contr\u00f4l\u00e9 par les banques de march\u00e9, banques de cr\u00e9dit, banques d&rsquo;investissement et banques d&rsquo;assurance. Tout op\u00e9rateur financier sur le MME transform\u00e9 en March\u00e9 Mon\u00e9taire International est contr\u00f4le par le FMI qui ach\u00e8te et vend des primes de capital cot\u00e9es sur le MMI. Le FMI adosse son portefeuille de risques sur ses commandes d&rsquo;audits \u00e0 des banques de march\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9es dans la garantie financi\u00e8re des comptabilit\u00e9s bancaires. Les banques d&rsquo;investissement MU financent exclusivement en capital des portefeuilles de primes de change en MU vendues aux d\u00e9tenteurs de r\u00e9serves de change en dollar ou de toute autre monnaie de r\u00e9serve. Elles se couvrent en vendant \u00e0 terme le MU contre devise. Ce faisant, elles d\u00e9terminent un taux de change \u00e0 terme des devises qui leur conserve des plus-values si elles anticipent justement leur taux de change d&rsquo;\u00e9quilibre contre le MU.<\/p>\n<p>Les banques de cr\u00e9dit en MU sont oblig\u00e9es de couvrir toutes leurs positions pr\u00eateuses en change et en cr\u00e9dit. Le cr\u00e9dit n&rsquo;est pas fongible dans le risque en MU ; les d\u00e9posants en MU ne courent aucun risque qui ne soit pas mesur\u00e9 et achet\u00e9 par le CDS de la banque de cr\u00e9dit d\u00e9positaire. Les d\u00e9p\u00f4ts en MU sont exhaustivement revendus sur le MMI afin de calculer un prix de la liquidit\u00e9 qui permette de les employer sans risque dans les cr\u00e9dits en MU. Les banques de cr\u00e9dit sont donc acheteuses des positions vendeuses \u00e0 terme des banques d&rsquo;investissement. Elles se retrouvent avec d&rsquo;\u00e9normes capacit\u00e9s de rachat de cr\u00e9dits en dollars. Si elles ne les emploient pas, le dollar s&rsquo;effondre en MU ainsi que le prix de la liquidit\u00e9 en MU. Les primes de risque en dollar sont alors tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es \u00e0 la charge de tout importateur de la zone MU dans la zone dollar.<\/p>\n<h3>Vertu de la d\u00e9mocratie<\/h3>\n<p>Le march\u00e9 transnational du risque en MU a pour cons\u00e9quence de d\u00e9terminer l&rsquo;\u00e9quilibre des \u00e9changes mon\u00e9taires internationaux par la stabilit\u00e9 absolue du cr\u00e9dit en MU. Toute zone mon\u00e9taire internationalement surendett\u00e9e d\u00e9value m\u00e9caniquement sa monnaie. Toute zone mon\u00e9taire en position cr\u00e9ditrice nette r\u00e9\u00e9value m\u00e9caniquement sa monnaie. L&rsquo;inconvertibilit\u00e9 du yuan est sans impact sur les \u00e9quilibres internationaux. L&rsquo;accumulation chinoise de r\u00e9serves fait baisser le prix de la liquidit\u00e9 en MU et oblige les Chinois a acheter des primes de change et de cr\u00e9dit au profit du monde entier. La rentabilit\u00e9 des investissements hors de Chine est d&rsquo;autant plus \u00e9lev\u00e9e que les exc\u00e9dents commerciaux chinois s&rsquo;accumulent en financement du d\u00e9veloppement mondial.<\/p>\n<p><em>Le syst\u00e8me mon\u00e9taire international de stabilit\u00e9 et de croissance existe compl\u00e8tement sur le plan technique.<\/em> Il est d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 par quelques institutions multinationales pour s&rsquo;assurer des plus-values sans risque. <em>L&rsquo;id\u00e9ologie libertaire de n\u00e9gation de la Loi sert juste \u00e0 neutraliser les \u00c9tats de droit.<\/em> Elle donne bonne conscience \u00e0 la responsabilit\u00e9 politique qui se laisse acheter par l&rsquo;opacit\u00e9 construite du risque des fins humaines. L&rsquo;\u00e9conomie de la connaissance est impossible sans la description et la mesure partageables de ce qui est connu. La vraie monnaie efficace \u00e0 conna\u00eetre contient l&rsquo;objectivit\u00e9 autant que la subjectivit\u00e9 humaine. Le risque financier n&rsquo;est alors rien d&rsquo;autre que l&rsquo;\u00e9cart r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9coulement du temps entre les choix humains et l&rsquo;objectivit\u00e9 du monde dont ils font partie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Le bug du XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<\/h3>\n<p><em>Une cons\u00e9quence concr\u00e8te de la crise des subprimes d\u00e9clench\u00e9e en 2007 est le gonflement irr\u00e9versible des bilans des banques centrales<\/em>. La prolif\u00e9ration d&rsquo;actifs toxiques sur toutes les places financi\u00e8res a pr\u00e9cipit\u00e9 tous les acteurs \u00e9conomiques qui le pouvaient au guichet des banques centrales. Le cours forc\u00e9 des monnaies [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[24,1,21,12],"tags":[482,167],"class_list":["post-15870","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog","category-economie","category-monnaie","category-subprime","tag-bancor","tag-banques-centrales"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15870","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15870"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15870\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48024,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15870\/revisions\/48024"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}