{"id":15942,"date":"2010-09-17T18:21:59","date_gmt":"2010-09-17T16:21:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=15942"},"modified":"2013-01-02T17:56:33","modified_gmt":"2013-01-02T16:56:33","slug":"lactualite-de-la-crise-des-spirales-qui-vont-vers-le-bas-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/17\/lactualite-de-la-crise-des-spirales-qui-vont-vers-le-bas-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : des spirales qui vont vers le bas, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>DES SPIRALES QUI VONT VERS LE BAS<\/strong><\/p>\n<p>Avec quelle s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 les historiens de demain jugeront-ils le sommet europ\u00e9en d\u2019hier jeudi, la pantalonnade qui vient de se d\u00e9rouler \u00e0 Bruxelles \u00a0? A moins qu\u2019ils ne pr\u00e9f\u00e8rent l\u2019ignorer, afin de se pencher sur la lente nouvelle mont\u00e9e de la crise europ\u00e9enne, que le chefs d\u2019Etat n\u2019ont m\u00eame pas abord\u00e9e, ne pouvant mieux exprimer leur incapacit\u00e9 \u00e0 y faire face autrement que dans l&rsquo;urgence, quand il faut \u00e0 tout prix y aller. <\/p>\n<p>Deux s\u00e9v\u00e8res voies d\u2019eau sont d\u00e9clar\u00e9es en Europe, o\u00f9 l\u2019expectative continue de pr\u00e9valoir pendant que les cales se remplissent. L\u2019une en Gr\u00e8ce et l\u2019autre en Irlande. <\/p>\n<p>Dans le premier cas, on ne cesse de toute part de conjurer le risque d\u2019un d\u00e9faut sur la dette souveraine pour que le pays puisse continuer \u00e0 se financer dans des conditions scabreuses, qui ne font qu\u2019en repousser l\u2019\u00e9ch\u00e9ance tout en la rendant encore plus in\u00e9luctable. Dans le second, on joue \u00e9galement la montre en feignant d\u2019ignorer que l\u2019Etat est au bord de la banqueroute devant les besoins de financement de l\u2019Anglo Irish Bank (AIB), qui lui incombent de couvrir apr\u00e8s l\u2019avoir nationalis\u00e9e, et de toute \u00e9vidence d\u00e9passent ses possibilit\u00e9s. <\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Irlande-10-Yr1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Irlande-10-Yr1.jpg\" alt=\"\" title=\"Irlande 10 Yr\" width=\"627\" height=\"454\" class=\"alignnone size-full wp-image-15980\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Irlande-10-Yr1.jpg 627w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Irlande-10-Yr1-300x217.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 627px) 100vw, 627px\" \/><\/a><\/p>\n<p><strong>Taux des obligations irlandaises 10 ans<\/strong> \u00a9 Bloomberg<\/p>\n<p>La banque britannique Barclays, aux premi\u00e8res loges de la crise irlandaise, vient de justifier les pires pr\u00e9dictions. Elle estime qu\u2019un appel du gouvernement de Dublin \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne ou au FMI pourra \u00eatre difficilement \u00e9vit\u00e9, \u00ab\u00a0dans les mois \u00e0 venir\u00a0\u00bb, si l\u2019environnement dans lequel celui-ci \u00e9volue devait ne serait-ce qu\u2019un peu empirer. Au vu de l\u2019importance de sa dette, de la charge provenant de la restructuration de AIB et des nouvelles pertes \u00e0 venir de la banque, ainsi que des taux qu\u2019il doit consentir sur le march\u00e9 obligataire, dont la hausse se poursuit de mani\u00e8re alarmante. <\/p>\n<p>Faisant la part du feu et rejoignant la conclusion du Financial Times, la m\u00e9gabanque britannique &#8211; rest\u00e9e priv\u00e9e envers et contre tout &#8211; consid\u00e8re qu\u2019il est n\u00e9cessaire que soit trouv\u00e9 un terrain d\u2019entente entre le gouvernement et les cr\u00e9anciers de AIB (dont elle doit probablement faire partie), ce qui signifierait qu\u2019ils acceptent une restructuration de la dette, sous la forme d\u2019un \u00e9change d&rsquo;une partie de celle-ci contre une participation \u00e0 son capital. <\/p>\n<p>La situation irlandaise est donc exemplaire\u00a0: d\u00e9pass\u00e9 par le volume de sa dette \u00e0 laquelle il est en passe de ne pas pouvoir faire face &#8211; le d\u00e9ficit de cette ann\u00e9e atteignant pr\u00e9visionnellement 25% du PIB &#8211; l\u2019Etat est au bord d&rsquo;un d\u00e9faut de paiement potentiel et n\u2019a d\u2019autre ressource que de se retourner vers les d\u00e9tenteurs priv\u00e9s de la dette de la banque nationalis\u00e9e, afin qu\u2019ils prennent leur part de la charge financi\u00e8re \u00e0 venir, dans le cadre de la cr\u00e9ation projet\u00e9e d\u2019une <i>bad bank<\/i>. Dont le montant de son capital n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 mais effraye par avance <i>les march\u00e9s<\/i>. <\/p>\n<p>Une telle d\u00e9marche, si elle devait advenir, serait une grande premi\u00e8re depuis le d\u00e9but de la crise mondiale et inverserait la vapeur. Elle mettrait en \u00e9vidence, \u00e0 cette premi\u00e8re \u00e9chelle, que les fonds publics ne sont pas en mesure d\u2019\u00e9ponger les dettes priv\u00e9es, contrairement \u00e0 ce qui est essay\u00e9. <\/p>\n<p><!--more-->Certes, des pansements sont ou vont \u00eatre appliqu\u00e9s, dans le but de pers\u00e9v\u00e9rer, mais ils ne peuvent que permettre de gagner du temps. Pour quoi faire \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00a0? <\/p>\n<p>Alors, la BCE a repris ses achats obligataires, afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019une nouvelle sanction des <i>march\u00e9s<\/i> n\u2019intervienne et de permettre \u00e0 la Gr\u00e8ce, l\u2019Irlande &#8211; ou bien m\u00eame le Portugal, dont le sort suscite des inqui\u00e9tudes accrues &#8211; de continuer de financer vaille que vaille leur dette publique, au moins \u00e0 court terme puisque les \u00e9missions \u00e0 long terme ne sont plus envisageables. Sans surprise, les investisseurs pr\u00e9f\u00e8rent rester sous le parapluie du plan de stabilit\u00e9 europ\u00e9en, qui leur donne un minimum de garanties \u00e0 court terme, plut\u00f4t que de s\u2019aventurer au large et dans l\u2019inconnu. Confirmant qu\u2019eux aussi pensent des d\u00e9fauts in\u00e9vitables et ne voulant pas en faire les frais. <\/p>\n<p>D\u00e9sormais pourvu de nouveaux outils d\u2019intervention plus souples, dans l\u2019attente de la n\u00e9gociation de nouveaux moyens, le FMI vient, selon le Wall Street Journal, d\u2019envisager pour la premi\u00e8re fois qu\u2019il pourrait aider la Gr\u00e8ce au-del\u00e0 de la fatidique \u00e9ch\u00e9ance \u00e0 trois ans, la dur\u00e9e d\u00e9j\u00e0 entam\u00e9e du plan d\u2019aide de 110 milliards d\u2019euros auquel il contribue aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Union europ\u00e9enne. Une annonce qui sonne comme la reconnaissance des difficult\u00e9s majeures qui attendent la Gr\u00e8ce et les confirment, en d\u00e9pit du plan de soutien en vigueur et de ce qui a \u00e9t\u00e9 au contraire affirm\u00e9 haut et fort, y compris par la BCE.<\/p>\n<p>Tout, sauf le d\u00e9faut grec, proclame-t-on plus que jamais\u00a0! Autant d\u2019exhortations qui se multiplient qui, au pr\u00e9texte de l\u2019\u00e9carter, soulignent combien cette perspective est au contraire vraisemblable. A l\u2019occasion d\u2019une tourn\u00e9e express en Europe afin de rassurer les investisseurs (<i>les march\u00e9s<\/i>, pour une fois mieux identifi\u00e9s par les rendez-vous du ministre) &#8211; en vue de les inciter \u00e0 acheter des obligations \u00e0 long terme afin de baisser le co\u00fbt des op\u00e9rations de refinancement du gouvernement &#8211; Georges Papaconstantinou, le ministre des finances, n\u2019a pas m\u00e2ch\u00e9 ses mots. A l\u2019occasion d\u2019un entretien accord\u00e9 \u00e0 Londres au Financial Times, il a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab\u00a0Il n&rsquo;y aura pas de restructuration. Si cela se produisait, cela aurait des implications beaucoup plus larges pour la zone euro (&#8230;) Les gens ne se rendent pas compte du co\u00fbt qu&rsquo;une restructuration aurait \u00e0 la fois pour la Gr\u00e8ce et la zone euro (&#8230;) Si la Gr\u00e8ce restructurait sa dette, pourquoi diable les gens continueraient-ils d&rsquo;investir dans les autres \u00e9conomies p\u00e9riph\u00e9riques [de la zone euro] ? Cela briserait fondamentalement l&rsquo;unit\u00e9 de la zone euro\u00a0\u00bb. Tout est dit, il faut maintenant parvenir \u00e0 le mettre en musique et \u00e0 en convaincre les dits investisseurs\u00a0! <\/p>\n<p>Or, le dernier rapport publi\u00e9 fin ao\u00fbt par le FMI &#8211; la commission \u00e9tant aux abonn\u00e9s absents, d\u00e8s que les sujets se r\u00e9v\u00e8lent d\u00e9licats &#8211; ne va pas simplifier la t\u00e2che du ministre. Il fait \u00e9tat de difficult\u00e9s \u00e0 venir afin de continuer \u00e0 r\u00e9duire le d\u00e9ficit budg\u00e9taire. \u00ab\u00a0Des risques p\u00e8sent sur les perspectives de recettes puisque l&rsquo;\u00e9conomie se contractera, et que les d\u00e9penses des collectivit\u00e9s locales ne sont pas totalement contr\u00f4l\u00e9es par le gouvernement\u00a0\u00bb. D\u00e9sormais fin connaisseur des finances publiques grecques, rien n\u2019\u00e9chappe au FMI qui en d\u00e9cortique les pr\u00e9visions, il en ressort dans l\u2019imm\u00e9diat que les marges de man\u0153uvre du gouvernement grec se r\u00e9tr\u00e9cissent. C\u2019est une question \u00e0 300 milliards d\u2019euros, le montant global de la dette obligataire grecque, s\u2019il devait \u00eatre fait partiellement d\u00e9faut sur celle-ci. Dans ces cas-l\u00e0, on est rarement en dessous de 30%, souvent au-del\u00e0. <\/p>\n<p>Et L\u2019Espagne, annonc\u00e9e comme la grande malade qui allait faire trembler l\u2019Europe, comment se porte-t-elle ? Une d\u00e9tente sur ses taux longs est avec soulagement constat\u00e9 sur le march\u00e9 obligataire, ce mieux relatif portant cependant sur des \u00e9missions r\u00e9duites en volume, devant lequel les analystes devraient manifester de la circonspection. Il est attribu\u00e9 \u00e0 la vigueur et la rapidit\u00e9 avec laquelle le gouvernement espagnol est entr\u00e9 dans la rigueur, mais c\u2019est l\u2019arbre qui cache la for\u00eat. L\u2019\u00e9norme bulle immobili\u00e8re espagnole n\u2019a pas encore \u00e9clat\u00e9, le pays \u00e9tant de ce point de vue sur les traces des Etats-Unis. C\u2019est aussi le cas de l\u2019Irlande, si l\u2019on veut bien y regarder. <\/p>\n<p>Les banques europ\u00e9ennes &#8211; au premier rang desquelles les allemandes &#8211; ne se sont pas content\u00e9es de beno\u00eetement acqu\u00e9rir les actifs toxiques adoss\u00e9s au cr\u00e9dit immobilier am\u00e9ricain, dont les m\u00e9gabanques am\u00e9ricaines se sont d\u00e9lest\u00e9es autant qu\u2019elles ont pu. Elles ont aussi directement particip\u00e9, plus particuli\u00e8rement dans certains pays, \u00e0 la folie sp\u00e9culative du cr\u00e9dit immobilier. Pour \u00eatre immanquablement rattrap\u00e9es par elle, selon des rythmes propre \u00e0 chaque pays. L\u2019Espagne n\u2019y fait pas exception, tout au contraire: elle est leader europ\u00e9en dans ce domaine. Ce sont ainsi des centaines de milliers de logements inoccup\u00e9s qui sont en vain propos\u00e9s \u00e0 la vente par des promoteurs immobiliers soutenus par les banques, tandis que le secteur de la construction est tenu \u00e0 bout de bras par le gouvernement, qui a du l\u00e2cher du lest en sa faveur. <\/p>\n<p>Mais il nous reste l\u2019Allemagne et ses r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019exportation \u00e9tourdissants, pourrait-on r\u00e9torquer, qui font grimper la moyenne des pr\u00e9visions de croissance europ\u00e9enne et permet aux illusionnistes de Francfort (la BCE) d\u2019annoncer que la reprise est l\u00e0, dans une r\u00e9gion flirtant en r\u00e9alit\u00e9 avec la r\u00e9cession. Passons sur l\u2019utilisation de pourcentages de croissance &#8211; flatteurs mais trompeurs comme le sont les moyennes &#8211; qui masquent que les exportations allemandes n\u2019ont pas retrouv\u00e9 leurs niveaux d\u2019avant la crise. Ainsi que sur le fait qu\u2019apr\u00e8s un d\u00e9marrage spectaculaire, ces performances devraient s&rsquo;assagir, selon les commentateurs allemands eux-m\u00eames. Penchons-nous, enfin, sur la cr\u00e9dibilit\u00e9 du pari que l\u2019industrie \u00e0 l\u2019exportation allemande tente. <\/p>\n<p>Tr\u00e8s d\u00e9pendante de ses clients occidentaux, notamment europ\u00e9ens, l&rsquo;Allemagne tente une ouverture en direction des pays \u00e9mergents, la Chine en premier lieu. Autant remarquer tout de suite, pour mieux appr\u00e9cier ce renversement strat\u00e9gique, qu\u2019il est peu probable que cette derni\u00e8re puisse prendre la place que les premiers vont abandonner. Car elle a ses propres probl\u00e8mes, que la banque chinoise d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019agence Fitch de l\u2019autre, viennent de souligner. <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomie chinoise doit faire face \u00e0 une bulle financi\u00e8re gigantesque, le taux de d\u00e9faut des pr\u00eats largement consentis dans la pr\u00e9cipitation par la banque centrale, puis par les banques elles-m\u00eames &#8211; qui portent sur la bagatelle de 866 milliards d\u2019euros &#8211; atteignent selon les estimations des m\u00e9dias chinois 23%. On a ainsi appris que, les collectivit\u00e9s locales chinoises n\u2019ayant pas le droit de s\u2019endetter, elles avaient cr\u00e9e des structures sp\u00e9ciales pour le faire&#8230;.<\/p>\n<p>Par ailleurs, la Chine est elle-m\u00eame extr\u00eamement d\u00e9pendante de ses clients occidentaux, \u00e0 commencer par les Etats-Unis sur lesquels l\u2019ombre de la r\u00e9cession plane. La question qui est pos\u00e9e est donc celle de la spirale qui peut s\u2019enclencher. Va-t-elle aller vers le haut ou vers le bas \u00a0? <\/p>\n<p>Cette interrogation relativise non seulement toute pr\u00e9vision trop avantageuse de la croissance allemande \u00e0 l\u2019exportation &#8211; et avec elle les analyses qui consid\u00e8rent que les Allemands pourraient en Europe tirer seuls leur \u00e9pingle du jeu appuy\u00e9s sur leur <i>hinterland<\/i> de l\u2019Est. Elles mettent en perspective la vanit\u00e9 des d\u00e9bats politiques &#8211; qui viennent de rejaillir avec force aux Etats-Unis &#8211; \u00e0 propos de la politique mon\u00e9taire chinoise et la sous-estimation de la valeur du yuan par rapport au dollar. Comme si une r\u00e9\u00e9valuation de celle-ci (on parle d\u2019une sous-estimation de l\u2019ordre de 30 \u00e0 40%) permettrait le red\u00e9marrage de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine (pour vendre quoi \u00e0 qui ?), alors qu\u2019elle pr\u00e9cipiterait \u00e0 coup sur la Chine dans la crise \u00e0 son tour. Et viendrait d\u00e9finitivement couler toute perspective de reprise mondiale tir\u00e9e par celle-ci\u00a0&#8230; Encore une spirale ! <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine de pression sur la Chine fait d\u00e9j\u00e0 une victime collat\u00e9rale : le Japon. Celui-ci subit une hausse irr\u00e9sistible de la valeur du yen par rapport aux autres grandes devises occidentales, mena\u00e7ant son commerce ext\u00e9rieur qui seul supporte sa croissance. La Bank of Japan est finalement intervenue, isol\u00e9e de ses cons\u0153urs qui refusent d\u2019agir de concert avec elle, comme c\u2019est l\u2019usage, condamnant par avance ses modestes tentatives d\u2019enrayer cette hausse. Cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 loin dans ses effets et ne r\u00e9glera rien. <\/p>\n<p>Tous les pays qui d\u00e9pendent \u00e9troitement de leurs performances \u00e0 l\u2019exportation font face au m\u00eame ralentissement de la croissance occidentale, ou aux m\u00eames dysfonctionnements du march\u00e9 mon\u00e9taire s\u2019agissant du Japon. Or la r\u00e9forme de celui-ci est autant que faire se peut repouss\u00e9e par les Etats-Unis, qui ont trop \u00e0 y perdre, tandis que les tendances r\u00e9cessives de l\u2019\u00e9conomie s\u2019affirment. Par ailleurs, les plans de relance publics s\u2019\u00e9teignent les uns apr\u00e8s les autres, et avec eux leurs effets, sans que l\u2019initiative priv\u00e9e tant attendue ne prenne le relais. Ainsi, en Europe, les ventes automobiles chutent au fur et \u00e0 mesure que les primes \u00e0 la casse s\u2019arr\u00eatent. <\/p>\n<p>La conf\u00e9rence commune du FMI et de l\u2019Organisation Internationale du Travail (OIT), qui s\u2019est tenue \u00e0 Oslo le 13 septembre dernier, aurait m\u00e9rit\u00e9 plus de publicit\u00e9. \u00ab\u00a0Les in\u00e9galit\u00e9s de revenus n\u00e9es de la mondialisation ne constituent-elles pas un obstacle \u00e0 la croissance et \u00e0 la stabilit\u00e9 \u00e9conomique ?\u00a0\u00bb peut-on lire sous forme prudemment interrogative dans le document conjoint qui en est issu. Dominique Strauss Kahn, le directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI, rench\u00e9rissant \u00a0: \u00ab\u00a0La croissance n&rsquo;est pas tout ; encore faut-il qu&rsquo;elle procure des emplois d\u00e9cents. C&rsquo;est le d\u00e9but d&rsquo;une nouvelle fa\u00e7on de voir l&rsquo;\u00e9conomie.\u00a0\u00bb Juan Somavia, qui pr\u00e9side l\u2019OIT, ne craignant pas, encourag\u00e9 par ce renfort, de s\u2019envoler, en d\u00e9clarant au journal Le Monde : \u00ab\u00a0Il faut faire figurer l&#8217;emploi d\u00e9cent parmi les objectifs macro\u00e9conomiques au m\u00eame titre que la ma\u00eetrise de l&rsquo;inflation ou l&rsquo;\u00e9quilibre des comptes publics. Et non le consid\u00e9rer comme une r\u00e9sultante des politiques macro\u00e9conomiques. Nous voulons changer les priorit\u00e9s et mettre l&rsquo;homme au c\u0153ur de nos \u00e9conomies.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations des conf\u00e9rences internationales n\u2019\u00e9tant pas faites pour \u00eatre mises en \u0153uvre &#8211; ou si peu et si tardivement, quand c\u2019est le cas &#8211; il n\u2019y a l\u00e0 certes pas de quoi s\u2019\u00e9mouvoir. Mais il est significatif que de telles d\u00e9clarations en viennent \u00e0 \u00eatre faites. De la m\u00eame mani\u00e8re que la situation de l\u2019Irlande et de la Gr\u00e8ce met en \u00e9vidence l\u2019impasse strat\u00e9gique dans laquelle se trouvent les dirigeants europ\u00e9ens. Celle-ci va aussi appeler d\u2019autres r\u00e9ponses. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>DES SPIRALES QUI VONT VERS LE BAS<\/strong><\/p>\n<p>Avec quelle s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 les historiens de demain jugeront-ils le sommet europ\u00e9en d\u2019hier jeudi, la pantalonnade qui vient de se d\u00e9rouler \u00e0 Bruxelles \u00a0? 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