{"id":16214,"date":"2010-09-24T21:58:29","date_gmt":"2010-09-24T19:58:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16214"},"modified":"2013-01-02T17:56:11","modified_gmt":"2013-01-02T16:56:11","slug":"lactualite-de-la-crise-leurope-tiendra-t-elle-munie-de-bequilles-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/24\/lactualite-de-la-crise-leurope-tiendra-t-elle-munie-de-bequilles-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : l&rsquo;Europe tiendra-t-elle munie de b\u00e9quilles ? par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L\u2019EUROPE TIENDRA-T-ELLE MUNIE DE B\u00c9QUILLES ?<\/strong> <\/p>\n<p>Une lueur serait-elle en train d\u2019appara\u00eetre dans les ciels britannique et europ\u00e9en ? Sous l\u2019\u00e9gide d\u2019une Commission Ind\u00e9pendante sur les Banques (BIC) mise en place par le chancelier de l&rsquo;\u00e9chiquier George Osborne, une r\u00e9flexion est entam\u00e9e sur les r\u00e9formes que devrait conna\u00eetre la City, deuxi\u00e8me place financi\u00e8re mondiale. <\/p>\n<p>A priori, c&rsquo;est un paradoxe, quand on sait comment les Britanniques d\u00e9fendent becs et ongles leur <i>industrie financi\u00e8re<\/i> au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne. On peut toutefois le comprendre si on consid\u00e8re qu\u2019une nouvelle crise au sein de leur syst\u00e8me bancaire n\u2019est strictement pas dans leurs moyens. <\/p>\n<p>La BIC emprunte a priori les m\u00eames pistes que celles suivies par les Am\u00e9ricains, sans surprise excessive, mais appara\u00eet particuli\u00e8rement entreprenante, tout du moins \u00e0 ce stade de ses travaux et de la publication d\u2019un premier document. <\/p>\n<p>N\u2019ayant qu\u2019un mandat d\u2019\u00e9tude, la commission rapportera dans un an \u00e0 un comit\u00e9 du Cabinet pr\u00e9sid\u00e9 par George Osborne, et il sera alors possible au vu des d\u00e9cisions de ce dernier de mieux faire l\u2019inventaire de ce qui r\u00e9sultera du processus qu\u2019elle vient d\u2019engager. A noter que les banques \u00e9trang\u00e8res pr\u00e9sentes au Royaume-Uni devraient avoir les m\u00eames obligations que leurs cons\u0153urs britanniques, ce qui pourrait en premier lieu affecter Santander, la m\u00e9gabanque espagnole. <\/p>\n<p>Une s\u00e9paration drastique entre banques de d\u00e9p\u00f4t et d\u2019investissement (du type Glass-Steagall Act) est \u00e9voqu\u00e9e, ainsi que des obligations en mati\u00e8re d\u2019accroissement des fonds propres sup\u00e9rieures \u00e0 celles que B\u00e2le III  a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fini sont envisag\u00e9es. D\u2019autres mesures sont \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9tude, car B\u00e2le III &#8211; apr\u00e8s adoption &#8211; n\u2019a vocation qu\u2019\u00e0 \u00eatre une limite inf\u00e9rieure aux r\u00e9glementations nationales qui pourront \u00eatre adopt\u00e9es. Plus novateur, John Vickers, le pr\u00e9sident de la BIC, n\u2019a pas exclu que celle-ci puisse \u00e9galement se pencher sur le <i>shadow banking<\/i>, la banque de l\u2019ombre, et ne s\u2019en tienne pas au secteur bancaire stricto sensus.<\/p>\n<p>Devant l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019un tel durcissement, HSBC, Barclays et Standard Chartered &#8211; les plus grands \u00e9tablissements britanniques que l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas recapitalis\u00e9 &#8211; ont tout de go menac\u00e9 d\u2019aller s\u2019\u00e9tablir sous d\u2019autres cieux, Hong Kong ou Singapour, si le cadre r\u00e9glementaire venait \u00e0 se durcir. C\u2019est dire que si les d\u00e9s viennent d\u2019\u00eatre jet\u00e9s, ils s&rsquo;entrechoquent d\u00e9j\u00e0 sur le tapis&#8230;.<\/p>\n<p><!--more-->Parall\u00e8lement, la r\u00e9flexion se poursuit \u00e0 propos des banques trop importantes pour faire faillite (<i>Too Big to Fail<\/i>), \u00e0 l\u2019instigation du Comit\u00e9 de B\u00e2le et du Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, tous deux charg\u00e9s de rapporter devant le prochain G20. On sait \u00e0 ce propos que les banques am\u00e9ricaines poussent \u00e0 l\u2019adoption de ratios suppl\u00e9mentaires de fonds propres, car cela cr\u00e9erait de lourdes obligations pour leurs concurrentes europ\u00e9ennes, tandis qu\u2019elles-m\u00eames usent d\u2019artifices pour soulager leurs bilans, du type <i>v\u00e9hicules sp\u00e9ciaux<\/i> (les SPV, \u00ab\u00a0Special purpose vehicle\u00a0\u00bb, souvent utilis\u00e9s dans les op\u00e9rations de d\u00e9consolidation\/titrisation), et peuvent plus facilement lever des capitaux. Comme on l&rsquo;a vu, leur faiblesse vient pour l&rsquo;essentiel d&rsquo;ailleurs. <\/p>\n<p>A l\u2019inverse, Christine Lagarde, ministre fran\u00e7aise de l\u2019\u00e9conomie et des finances, a d\u00e9clar\u00e9 que ce type de mesures \u00ab\u00a0n\u2019\u00e9tait pas une panac\u00e9e\u00a0\u00bb, se faisant comme \u00e0 son habitude la porte-parole sans nuances des banques fran\u00e7aises qui redoutent cette r\u00e9glementation. En coulisses, celles-ci se battent contre avec virulence. <\/p>\n<p>Lord Turner, pr\u00e9sident de l\u2019organisme r\u00e9gulateur britannique, le FSA, a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 cette semaine qu&rsquo;une telle option serait attentivement consid\u00e9r\u00e9e, tandis que les officiels am\u00e9ricains faisaient de m\u00eame. Mais Nout Wellink, qui pr\u00e9side le Comit\u00e9 de B\u00e2le, a \u00e9t\u00e9 prudent en se contentant de dire que \u00ab\u00a0tout est sur la table et nous travaillons dur \u00e0 ce propos en ce moment\u00a0\u00bb, sa prudence n\u2019\u00e9tant pas n\u00e9cessairement sans rapport avec sa d\u00e9claration, \u00e0 Singapour pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00e0 propos de la menace de d\u00e9localisations des banques afin de combattre toute r\u00e9glementation suppl\u00e9mentaire, menace qu\u2019il \u00ab\u00a0n\u2019aime pas\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 allemand, Josef Ackerman, pr\u00e9sident de la m\u00e9gabanque Deutsche Bank, a particip\u00e9 \u00e0 cette strat\u00e9gie de pression et de tension en d\u00e9clarant que les options de r\u00e9gulation avanc\u00e9es par les autorit\u00e9s seraient \u00ab\u00a0un tr\u00e8s dangereux d\u00e9veloppement dans la mauvaise direction\u00a0\u00bb, explicitant son propos avec l\u2019habituel argument des incidences que les mesures auraient sur le cr\u00e9dit.  La F\u00e9d\u00e9ration allemande des banques priv\u00e9es (BdB) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en reste\u00a0: cela \u00ab\u00a0va trop loin et menace la reprise \u00e9conomique et les d\u00e9veloppements positifs sur le march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>La situation des banques allemandes appara\u00eet de jour en jour de plus en plus d\u00e9sastreuse. L\u2019important secteur public des Landesbanken, qui repr\u00e9sente 45% du march\u00e9 bancaire, est chancelant. Et les tentatives de fusions entre les deux principales banques de celui-ci &#8211; la West LB (D\u00fcsseldorf) et la Bayern LB (Munich) &#8211; n\u2019aboutiraient selon les analystes proches du dossier (selon la formule traditionnelle), qu\u2019\u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une m\u00e9gabanque aux pieds d\u2019argile, particuli\u00e8rement dangereuse. HRE, de son c\u00f4t\u00e9, vient une nouvelle fois de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une injection publique de plus de 2 milliards d\u2019euros, Bruxelles avalisant tout en consid\u00e9rant que la banque n\u2019\u00e9tait d\u00e9finitivement pas viable. <\/p>\n<p>En Gr\u00e8ce et en Irlande, la situation des banques est particuli\u00e8rement alarmante. A tel point qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 par le FMI et la Commission de surseoir \u00e0 la tenue de stress tests des banques grecques, dont l&rsquo;annonce des r\u00e9sultats risquait de les d\u00e9s\u00e9quilibrer encore davantage. Le sauvetage de l\u2019Anglo Irish Bank reste quant \u00e0 lui toujours en suspens en Irlande, dans la longue attente de la mise au point de ses modalit\u00e9s et de l\u2019autorisation de Bruxelles, o\u00f9 il est \u00e0 l\u2019\u00e9tude comme beaucoup de dossiers. <\/p>\n<p>Il se confirme qu\u2019une n\u00e9gociation avec les cr\u00e9anciers obligataires de la banque est envisag\u00e9e, afin de diminuer le co\u00fbt de l\u2019addition qu\u2019aura \u00e0 supporter l\u2019Etat, une premi\u00e8re qui n\u2019est pas sans susciter des inqui\u00e9tudes dans le monde de la finance, car elle affecterait les banques cr\u00e9ditrices, principales d\u00e9tentrices des obligations en question. Les banques se tiennent toutes par le bout du nez sur ce march\u00e9, les obligations, publiques ou priv\u00e9es, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es &#8211; tout du moins jusqu\u2019au d\u00e9but de la crise &#8211; comme des actifs de tout repos&#8230;.<\/p>\n<p>Expression de la situation g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en, une \u00e9tude de la BCE vient de confirmer que la moiti\u00e9 des 105 banques suivies par ses soins au second trimestre consid\u00e9raient que la situation du march\u00e9 interbancaire avait empir\u00e9 depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. La BCE suppl\u00e9e \u00e0 cette situation gr\u00e2ce \u00e0 ses injections de liquidit\u00e9 \u00e0 bas prix \u00e0 trois mois.<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Manuel Gonz\u00e1lez-P\u00e1ramo, membre de son directoire, vient de consid\u00e9rer qu\u2019il y avait un risque de \u00ab\u00a0d\u00e9pendance durable\u00a0\u00bb de certains banques. Une parole de banquier central qui signifie que le march\u00e9 inter-bancaire va durablement rester tr\u00e8s perturb\u00e9, laissant de nombreuses banques des pays <i>\u00e0 risque<\/i> sans autre solution que de se tourner vers la BCE. Mettant en \u00e9vidence non seulement que cette situation va se prolonger mais que le secteur bancaire est d\u00e9sormais \u00e0 deux vitesses,  \u00e0 l\u2019image des Etats en fonction des conditions qu\u2019ils rencontrent sur le march\u00e9 obligataire. La BCE ayant \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 de ne plus \u00eatre vraiment regardante sur la qualit\u00e9 des actifs mis en garantie par les banques en contrepartie des liquidit\u00e9s &#8211; \u00eatre scrupuleuse signifiant l\u2019arr\u00eat de mort des banques en question &#8211; avec pour cons\u00e9quence un significatif affaiblissement de son propre bilan. <\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la commission de Bruxelles poursuit &#8211; selon Joaquim Almunia, commissaire \u00e0 la concurrence &#8211; l\u2019\u00e9tude de la prolongation de l\u2019autorisation accord\u00e9e aux Etats membres de soutenir les banques, qui prend fin d\u00e9cembre prochain. Il s\u2019agit des apports en capital, du \u00ab\u00a0traitement des actifs d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s\u00a0\u00bb (les bad banks) et des garanties apport\u00e9es. Annonce qui a \u00e9t\u00e9 assortie de la remarque suivante\u00a0: \u00ab\u00a0Malheureusement, nous ne pouvons pas dire demain que nous mettons fin \u00e0 ce r\u00e9gime, car nous ne sommes pas revenus \u00e0 des conditions normales\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si l\u2019on se tourne vers la situation des Etats et du march\u00e9 de la dette souveraine, la situation est toute aussi <i>contrast\u00e9e<\/i>, expression que l\u2019on utilise pour signifier qu\u2019une partie du secteur consid\u00e9r\u00e9 n\u2019est d\u00e9cid\u00e9ment pas au mieux de sa forme. En d\u00e9pit d\u2019une pluie de communiqu\u00e9s de toutes provenances niant la totale impasse financi\u00e8re dans laquelle se trouve le gouvernement irlandais &#8211; qui ne font que souligner l\u2019inqui\u00e9tude profonde que l\u2019Irlande suscite et n\u2019ont convaincu personne &#8211; le pays est en r\u00e9alit\u00e9 devenu une seconde Gr\u00e8ce. Apparaissant comme susceptible de propager un virus dans toute l\u2019Union europ\u00e9enne, soulignant la responsabilit\u00e9 de ceux qui ont appuy\u00e9 un <i>mod\u00e8le irlandais<\/i> de d\u00e9veloppement  &#8211; fait d\u2019avantages fiscaux pour les banques et les entreprises et de d\u00e9r\u00e9gulation financi\u00e8re &#8211;  qui vient de s\u2019\u00e9crouler du fait de ses propres contradictions. Ceux-l\u00e0 m\u00eames qui se sont appuy\u00e9 sur <i>sa r\u00e9ussite<\/i> pour impulser au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne des mesures de d\u00e9r\u00e9gulation financi\u00e8re. <\/p>\n<p>L\u2019implosion du syst\u00e8me bancaire irlandais (qui est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e et ne se limite pas \u00e0 l\u2019AIB), ainsi que la spirale descendante dans laquelle le pays se trouve d\u00e9sormais pris, repr\u00e9sentent l\u2019\u00e9chec masqu\u00e9 mais sans appel d\u2019une strat\u00e9gie communautaire europ\u00e9enne. Ses artisans se sont servis du pays comme d\u2019une vitrine trompeuse. C\u2019est aussi le r\u00e9sultat de l\u2019absence de toute r\u00e9flexion et action cons\u00e9quente en direction des pays de la p\u00e9riph\u00e9rie de l\u2019Union europ\u00e9enne, en terme de d\u00e9finition d\u2019un mod\u00e8le \u00e9conomique et non pas de distribution plus ou moins aveugle de cr\u00e9dits, dont la manne n\u2019est pour chaque pays que provisoire et qui sont souvent gaspill\u00e9s.<\/p>\n<p>A l\u2019arriv\u00e9e, c\u2019est un Pacte de stabilit\u00e9 qui a vol\u00e9 en \u00e9clats, viol\u00e9 en premier lieu &#8211; faut-il le rappeler- par l\u2019Allemagne et la France. Il n\u2019est pas certain que l\u2019Europe dans sa configuration actuelle puisse y survivre, ce qui ne diminuera pas l&rsquo;ampleur de la crise, tout au contraire. <\/p>\n<p>Klaus Regling, le pr\u00e9sident du Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (EFSF), vient d\u2019\u00e9voquer la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019entamer une r\u00e9flexion \u00e0 propos du dispositif qui devra lui succ\u00e9der, car il a \u00e9t\u00e9 mis en place pour trois ans. On ne peut mieux reconna\u00eetre qu\u2019une deuxi\u00e8me b\u00e9quille devra \u00eatre ajout\u00e9e, pour les Etats, \u00e0 celle que la BCE offre aux banques. Le syst\u00e8me financier europ\u00e9en est tenu \u00e0 bout de bras pour une longue dur\u00e9e, si tant est que la zone euro n\u2019\u00e9clate pas.<\/p>\n<p>A ce propos, Wolfgang Sch\u00e4uble,le ministre allemand des Finances, a convenu lors d\u2019une conf\u00e9rence \u00e0 Francfort que l&rsquo;Allemagne \u00ab\u00a0profitait plus que quiconque\u00a0\u00bb de l\u2019euro. Appelant donc encore une fois \u00e0 durcir les m\u00e9canismes de sanction contre les Etats dont les finances d\u00e9rapent. En d\u00e9pit de l\u2019embellie de ses exportations du dernier trimestre &#8211; un rattrapage qui ne se poursuit pas &#8211; l&rsquo;Allemagne a r\u00e9alis\u00e9 au second semestre de l&rsquo;ann\u00e9e 41% de ses exportations au sein de la la zone euro, et 60% vers les pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. <\/p>\n<p>Compenser dans les pays \u00e9mergents l&rsquo;\u00e9quivalent de ce qu\u2019elle pourrait perdre en Europe est un pari tr\u00e8s incertain. Dans l\u2019imm\u00e9diat, la zone euro met largement \u00e0 l\u2019abri l\u2019Allemagne de la remont\u00e9e de la devise par rapport au dollar et des fluctuations mon\u00e9taires, d\u2019autant que ses sites de production d\u00e9localis\u00e9s se trouvent partiellement en son sein, \u00e0 l\u2019Est. On comprend donc ce que l\u2019Allemagne peut perdre. <\/p>\n<p>Sous un autre angle, Thomas Mirrow, qui pr\u00e9side la Banque europ\u00e9enne pour la reconstruction et le d\u00e9veloppement (Berd), consid\u00e8re que la crise de la dette publique aura des r\u00e9percussions \u00ab\u00a0pendant une g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb sur les contribuables des pays occidentaux. En raison de politiques budg\u00e9taires rigoureuses qu&rsquo;il d\u00e9fend, expliquant qu\u2019il s\u2019agit non seulement de se soulager de la pression des <i>march\u00e9s<\/i>, mais aussi de lever un climat d\u2019incertitude \u00ab\u00a0qui mine la confiance des consommateurs\u00a0\u00bb. Confondante analyse. <\/p>\n<p>Dans cette m\u00eame logique, et afin de tenter de consolider l\u2019\u00e9difice dans le cadre de la nouvelle \u00ab\u00a0gouvernance \u00e9conomique\u00a0\u00bb dont la d\u00e9finition est \u00e0 l\u2019\u00e9tude, Olli Rehn, le commissaire europ\u00e9en aux affaires \u00e9conomiques, a un projet. Il envisage qu&rsquo;en cas d&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure pour d\u00e9ficit excessif, le pays en cause soit dans l\u2019obligation de verser un d\u00e9p\u00f4t de garantie. On parle de 0,2% du PIB. La r\u00e9ponse des dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 la crise continue d\u2019\u00eatre au niveau de leur hauteur de vue. <\/p>\n<p>L\u2019Irlande, la Gr\u00e8ce et le Portugal &#8211; le trio de tous les dangers &#8211; ont derni\u00e8rement r\u00e9ussi leurs \u00e9missions obligataires, dont il faut souligner qu\u2019elles ont suscit\u00e9 une forte demande des <i>march\u00e9s<\/i>. Il a \u00e9t\u00e9 nettement moins fait allusion aux taux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s qui ont du \u00eatre consentis, en d\u00e9pit de nouvelles intervention sur le march\u00e9 obligataire de la BCE. \u00ab\u00a0Le march\u00e9 joue \u00e0 se faire peur\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 un brillant analyste dont le talent ne fait aucun doute, car il a remarqu\u00e9 que \u00ab\u00a0aucune adjudication ne s\u2019est mal pass\u00e9e en d\u00e9finitive\u00a0\u00bb. Cela aurait en effet pu \u00eatre encore pire. <\/p>\n<p>Une telle remarque ne se contente pas de mettre entre parenth\u00e8ses les cons\u00e9quences pour les budgets des pays en question des taux qu\u2019ils doivent consentir. Elle ne prend pas non plus en compte un autre facteur tout aussi pr\u00e9occupant. Les banques europ\u00e9ennes, en effet, se ruent sur ces obligations en raison de leur rendement \u00e9lev\u00e9 et de leur maturit\u00e9 courte, avec l\u2019assurance de la couverture du Fonds de stabilit\u00e9 europ\u00e9en, ou de son successeur, si les choses tournaient mal. En r\u00e9alit\u00e9, elles gonflent dans l&rsquo;imm\u00e9diat leur bilan d\u2019actifs dont la valeur est \u00e0 terme incertaine et renforcent ainsi leur fragilit\u00e9. Une manifestation de plus de l\u2019\u00e9troite relation qui existe entre dette publique et priv\u00e9e. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n&rsquo;y aura pas de restructuration de la dette grecque ni de celle d&rsquo;autres pays. Le co\u00fbt politique serait d\u00e9vastateur\u00a0\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Olli Rehn lors d\u2019un colloque organis\u00e9 par The Economist, signifiant moins l\u2019impossibilit\u00e9 qu\u2019une telle situation n&rsquo;intervienne que la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019emp\u00eacher de se r\u00e9aliser. <\/p>\n<p>Peer Steinbr\u00fcck, le ministre des finances allemand du d\u00e9but de la crise (qui fut contraint \u00e0 la d\u00e9mission pour diverses controverses en 2009, vient de publier un livre o\u00f9 il \u00e9crit \u00a0: \u00ab\u00a0La Gr\u00e8ce ne parviendra pas \u00e0 retomber sur ses pieds sans une restructuration de sa dette. Les cr\u00e9diteurs du pays devront r\u00e9duire une partie de sa dette en allongeant la maturit\u00e9 [des titres qu\u2019ils d\u00e9tiennent], en baissant par ailleurs les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat [des futurs remboursements]\u00a0&#8230;\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Les propos ne sont pas incompatibles, mais ils impliquent l&rsquo;activation du plan de stabilit\u00e9, qui risque dans ces conditions d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s sollicit\u00e9, lui imposant de se retourner vers <i>les march\u00e9s<\/i> pour se financer lui-m\u00eame. Lui faisant alors subir l&rsquo;\u00e9preuve du feu. <\/p>\n<p>Deux b\u00e9quilles vont d\u00e9cid\u00e9ment \u00eatre indispensables pour tenir la r\u00e9gion Europe debout, mais seront-elles suffisantes si des effets domino interviennent ? Son fort degr\u00e9 d&rsquo;interp\u00e9n\u00e9tration financi\u00e8re la rend fragile face aux crises nationales, comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9. <\/p>\n<p>La mont\u00e9e de la crise sociale pourra-t-elle par ailleurs \u00eatre ignor\u00e9e et consid\u00e9r\u00e9e comme un moindre mal auquel il faut r\u00e9solument faire face, pour ne pas le faire ailleurs ? C&rsquo;est un choix politique qu&rsquo;il faudra alors tenir envers et contre tout&#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>L\u2019EUROPE TIENDRA-T-ELLE MUNIE DE B\u00c9QUILLES ?<\/strong> <\/p>\n<p>Une lueur serait-elle en train d\u2019appara\u00eetre dans les ciels britannique et europ\u00e9en ? Sous l\u2019\u00e9gide d\u2019une Commission Ind\u00e9pendante sur les Banques (BIC) mise en place par le chancelier de l&rsquo;\u00e9chiquier George Osborne, une r\u00e9flexion est entam\u00e9e sur les r\u00e9formes que devrait conna\u00eetre la City, deuxi\u00e8me place [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[94,80,164,4479,74,451,264],"class_list":["post-16214","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-allemagne","tag-bce","tag-deficits","tag-europe","tag-grande-bretagne","tag-irlande","tag-portugal"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16214","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16214"}],"version-history":[{"count":43,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16214\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":48004,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16214\/revisions\/48004"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16214"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16214"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16214"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}