{"id":16276,"date":"2010-09-28T19:56:20","date_gmt":"2010-09-28T17:56:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16276"},"modified":"2013-01-02T17:56:08","modified_gmt":"2013-01-02T16:56:08","slug":"le-monde-economie-lundi-27-mardi-28-septembre-2010","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/09\/28\/le-monde-economie-lundi-27-mardi-28-septembre-2010\/","title":{"rendered":"Le Monde-\u00c9conomie, lundi 27 \u2013 mardi 28 septembre 2010"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/09\/27\/l-etat-face-a-la-banque-de-l-ombre_1416406_3232.html\">L&rsquo;Etat face \u00e0 la banque de l&rsquo;ombre<\/a>.<\/p>\n<p>On qualifie aux Etats-Unis de <em>shadow banking<\/em>, banque de l&rsquo;ombre, la partie du secteur financier qui ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de la garantie automatique de l&rsquo;Etat, compos\u00e9e de banques d&rsquo;investissement, de sicav, de fonds d&rsquo;investissement sp\u00e9culatifs, etc. Les tailles respectives \u00e9taient, \u00e0 l&rsquo;aube de la crise, de 20 000 milliards de dollars (15 000 milliards d&rsquo;euros) pour la banque de l&rsquo;ombre contre 11 000 milliards de dollars pour la banque proprement dite ; la fourchette s&rsquo;est resserr\u00e9e depuis, avec 16 000 contre 13 000 milliards de dollars. <\/p>\n<p>L&rsquo;Etat dispense sa garantie en assurant les d\u00e9p\u00f4ts bancaires jusqu&rsquo;\u00e0 un certain montant et en \u00e9tant pr\u00eat \u00e0 intervenir comme pr\u00eateur de dernier recours. Ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas d&rsquo;une telle garantie, la banque de l&rsquo;ombre est soumise \u00e0 une r\u00e9glementation plus l\u00e9g\u00e8re, dont le principal d\u00e9faut, comme on l&rsquo;a constat\u00e9 au coeur de l&rsquo;orage, est l&rsquo;absence d&rsquo;obligation de constituer des r\u00e9serves \u00e0 la hauteur des risques encourus.<\/p>\n<p>L&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re qu&rsquo;op\u00e8re le secteur bancaire traditionnel met en contact imm\u00e9diat d\u00e9positaires et emprunteurs. Le secteur financier non garanti, lui, \u00e9tablit des maillons interm\u00e9diaires. Ceux-ci transforment par \u00e9tapes les flux financiers (int\u00e9r\u00eats et principal) d&#8217;emprunts peu liquides, \u00e0 long terme et expos\u00e9s au risque de cr\u00e9dit &#8211; le cas typique \u00e9tant celui des cr\u00e9dits hypoth\u00e9caires &#8211; en flux ais\u00e9ment \u00e9changeables \u00e0 court terme et au risque de cr\u00e9dit r\u00e9duit par l&rsquo;\u00e9tablissement de priorit\u00e9s et la constitution de fonds de r\u00e9serves.<\/p>\n<p>Ce qui autorise en temps ordinaire ces transformations de liquidit\u00e9, de maturit\u00e9 et de cr\u00e9dit, ce sont la taille des march\u00e9s et la diversit\u00e9 de produits financiers dont les fluctuations de prix sont peu corr\u00e9l\u00e9es.<\/p>\n<p>Or, en situation de crise, les intervenants ayant subi des pertes, ou craignant d&rsquo;en subir, se retirent brutalement, provoquant la contraction de ces march\u00e9s alors que les pertes essuy\u00e9es les obligent \u00e0 vendre des actifs dont les prix se corr\u00e8lent \u00e0 la baisse.<\/p>\n<p>Comme les \u00e9tablissements de la banque de l&rsquo;ombre sont li\u00e9s entre eux par de longues cha\u00eenes d&rsquo;engagements r\u00e9ciproques, c&rsquo;est la fragilit\u00e9 du plus expos\u00e9 qui d\u00e9termine la robustesse de la cha\u00eene tout enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais les difficult\u00e9s ne s&rsquo;arr\u00eatent pas l\u00e0 : secteurs de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;ombre sont imbriqu\u00e9s, et le second entra\u00eene alors le premier avec lui. Lorsque le syst\u00e8me tout entier menace de s&rsquo;\u00e9crouler, l&rsquo;Etat vient en aide \u00e0 tous les acteurs strat\u00e9giques, que ceux-ci aient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9d\u00e9finis comme tels ou qu&rsquo;on leur d\u00e9couvre cette qualit\u00e9 au moment de la crise, le risque syst\u00e9mique ne connaissant pas de barri\u00e8res.<\/p>\n<p>La distinction entre secteurs garanti et non garanti s&rsquo;estompe alors, et l&rsquo;Etat se retrouve garant de facto de l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me financier, quel que soit le d\u00e9coupage r\u00e9glementaire. A ceci pr\u00e8s que, pour la banque de l&rsquo;ombre, les interventions de l&rsquo;Etat sont plus d\u00e9licates : moins r\u00e9glement\u00e9, le secteur est moins connu, et les proc\u00e9dures formelles d&rsquo;intervention, inexistantes. Du coup, les r\u00e9ponses \u00e9tatiques sont improvis\u00e9es et souvent incoh\u00e9rentes, comme l&rsquo;a illustr\u00e9 le cas de Lehman Brothers en septembre 2008.<\/p>\n<p>Le risque syst\u00e9mique dont est porteur le secteur financier de l&rsquo;ombre, non garanti par l&rsquo;Etat et peu r\u00e9glement\u00e9, ne peut donc \u00eatre ni contenu ni cantonn\u00e9. Or ce risque, en raison de sa capacit\u00e9 \u00e0 faire passer instantan\u00e9ment les int\u00e9r\u00eats particuliers au rang de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, constitue en soi une menace pour la d\u00e9mocratie. L&rsquo;existence d&rsquo;une banque de l&rsquo;ombre est injustifiable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/09\/27\/l-etat-face-a-la-banque-de-l-ombre_1416406_3232.html\">L&rsquo;Etat face \u00e0 la banque de l&rsquo;ombre<\/a>.<\/p>\n<p>On qualifie aux Etats-Unis de <em>shadow banking<\/em>, banque de l&rsquo;ombre, la partie du secteur financier qui ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de la garantie automatique de l&rsquo;Etat, compos\u00e9e de banques d&rsquo;investissement, de sicav, de fonds d&rsquo;investissement sp\u00e9culatifs, etc. Les tailles respectives \u00e9taient, \u00e0 l&rsquo;aube de la crise, de 20 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[364],"class_list":["post-16276","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","tag-risque-systemique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16276"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16276\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47998,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16276\/revisions\/47998"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}