{"id":1649,"date":"2009-01-24T01:29:16","date_gmt":"2009-01-24T00:29:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=1649"},"modified":"2009-01-24T01:29:16","modified_gmt":"2009-01-24T00:29:16","slug":"lactualite-de-la-crise-des-bad-banks-et-des-nationalisations-a-minima-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/01\/24\/lactualite-de-la-crise-des-bad-banks-et-des-nationalisations-a-minima-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : Des Bad Banks et des nationalisations a minima, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p><\/blockquote>\n<p><strong>DES BAD BANKS ET DES NATIONALISATIONS A MINIMA <\/strong><\/p>\n<p>Les questions financi\u00e8res sont le plus souvent assez simples dans leur principe, une fois d\u00e9barrass\u00e9es du vocabulaire herm\u00e9tique qui les accompagne et de la chape de silence qui les entoure en temps normal. Les bad banks, question en ce moment des plus discut\u00e9es dans les cercles d\u00e9cisionnaires du monde entier, en sont un bel exemple. <\/p>\n<p>Tout peut se r\u00e9sumer, une fois le principe de leur cr\u00e9ation admis, \u00e0 un dilemme assez simpliste. Si j&rsquo;ach\u00e8te, moi l&rsquo;Etat, trop bas aux banques leurs actifs douteux, je n&rsquo;\u00e9viterai pas leur recapitalisation et j&rsquo;y serai encore de ma poche. Si je les ach\u00e8te au prix qui les tire s\u00e9rieusement d&rsquo;affaire, cela me co\u00fbte une fortune. Comment alors \u00e9valuer ces actifs ? C&rsquo;\u00e9tait sur cette question que la toute premi\u00e8re version du plan Paulson avait achopp\u00e9 aux USA, apr\u00e8s avoir pr\u00e9tendu l&rsquo;avoir r\u00e9solu, en l&rsquo;ignorant en fait, gr\u00e2ce \u00e0 la technique des ench\u00e8res renvers\u00e9es. <\/p>\n<p>Les gouvernements r\u00e9fl\u00e9chissent et temporisent donc, pour les m\u00eames raisons de co\u00fbt, aux USA, en RFA, en Italie et en Belgique, et sans doute dans d&rsquo;autres pays qui le taisent. Le dispositif britannique que Paul Jorion a pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9cortiqu\u00e9, et qui \u00e9vite d&rsquo;acheter ces titres en les garantissant, a l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00e9vacuer ce probl\u00e8me d&rsquo;\u00e9valuation et \u00e0 priori de minorer les co\u00fbts. Il est donc regard\u00e9 avec les yeux de Chim\u00e8ne, en priant avec ferveur qu&rsquo;il y fonctionne. <\/p>\n<p>Willem Buiter, dans le Financial Times du 20 janvier, le trouve encore beaucoup trop dispendieux et inefficace, prenant encore une fois le taureau par les cornes. Apr\u00e8s avoir d\u00e9cortiqu\u00e9 sans concessions la situation du syst\u00e8me bancaire britannique, \u00e9tablissant clairement de d\u00e9sastreuses responsabilit\u00e9s, il d\u00e9veloppe un plan qui proc\u00e8de tr\u00e8s astucieusement, en plusieurs \u00e9tapes successives et \u00e0 moindre co\u00fbt pour l&rsquo;Etat. Sans entrer dans les d\u00e9tails, qui sont sophistiqu\u00e9s, il associe la nationalisation totale du syst\u00e8me bancaire \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une bad bank, puis \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles banques, d&rsquo;abord publiques et ensuite privatis\u00e9es. <\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 am\u00e9ricain, la situation n&rsquo;est pas encore clarifi\u00e9e. Les grandes banques r\u00e9gionales, \u00e0 leur tour emport\u00e9es par la crise financi\u00e8re, ont annonc\u00e9 de tr\u00e8s lourdes pertes pour le quatri\u00e8me trimestre, du niveau de celles de leurs cons\u0153urs nationales. Elles avaient pourtant re\u00e7u de tr\u00e8s importantes aides dans le cadre du premier volet du TARP. Et cela accentue encore davantage la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9finir une nouvelle politique en direction du syst\u00e8me bancaire. <\/p>\n<p>A propos de la cr\u00e9ation \u00e9ventuelle d&rsquo;une bad bank, le Washington Post du 22 janvier expliquait que si le prix d&rsquo;acquisition des titres toxiques par une telle structure cr\u00e9\u00e9e par le gouvernement \u00e9tait trop \u00e9lev\u00e9, cela repr\u00e9sentait un effet d&rsquo;aubaine pour les banques et que, s&rsquo;il \u00e9tait trop faible, celles-ci ne participeraient pas au plan. Comment en sortir ? George Soros apportait dans le Financial Times du m\u00eame jour un \u00e9clairage d\u00e9taill\u00e9 sur les avantages et inconv\u00e9nients r\u00e9ciproques des termes du choix devant lequel l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Obama se trouve : \u00ab Nationaliser les banques partiellement ou les laisser dans des mains priv\u00e9es, mais nationaliser leurs actifs toxiques \u00bb. Ainsi que la difficult\u00e9 de ce choix. <\/p>\n<p>Le S\u00fcddeutsche Zeitung de vendredi r\u00e9v\u00e8le les grandes lignes d&rsquo;un plan qui serait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude au sein du gouvernement allemand. Il s&rsquo;appuie sur la cr\u00e9ation d&rsquo;une structure de d\u00e9faisance pour chaque banque, assorti d&rsquo;un m\u00e9canisme complexe, qui a d\u00e9j\u00e0 servi pour assainir les banques est-allemandes apr\u00e8s la r\u00e9unification et dont l&rsquo;application devrait moins peser sur les finances de l&rsquo;Etat. Celui-ci ne paierait pas tout de suite les banques en \u00e9change de leurs actifs toxiques, mais assumerait la perte de valeur de ces titres seulement \u00e0 leur arriv\u00e9e \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, et pourrait recevoir en \u00e9change une partie des b\u00e9n\u00e9fices des \u00e9tablissements, sur une p\u00e9riode de 40 \u00e0 50 ans. Une solution d&rsquo;\u00e9talement r\u00e9ciproque, s\u00e9duisante sur le papier, mais dont il n&rsquo;a encore \u00e9t\u00e9 fait le tour pour bien v\u00e9rifier qu&rsquo;elle fonctionnerait. <\/p>\n<p>A toutes fins utiles, la Commission de Bruxelles, qui avait \u00e9t\u00e9 prise par surprise lors des plans de recapitalisation en catastrophe des banques de plusieurs pays europ\u00e9ens, \u00e9tudie avec la BCE et les Etats membre les mesures qui pourraient \u00eatre prises pour all\u00e9ger le fardeau des banques, sans pour autant violer les r\u00e8gles europ\u00e9ennes sur les aides d&rsquo;Etat, selon l&rsquo;un porte-parole de la Commission, Jonathan Todd, qui s&rsquo;exprimait \u00e0 ce sujet jeudi dernier. <\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident de la BCE Jean-Claude Trichet a quant \u00e0 lui rejet\u00e9 mercredi, devant des eurod\u00e9put\u00e9s, l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une \u00ab banque d&rsquo;\u00e9puration mondiale \u00bb, confirmant ainsi qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas question aux yeux de la banque, et de ses principaux mentors, de se laisser entra\u00eener sur une mauvaise pente, dans le cadre d&rsquo;un tel organisme, par les Am\u00e9ricains ou les Anglais qui y participeraient. <\/p>\n<p>De tous c\u00f4t\u00e9s, il faut encore attendre. Devant l&rsquo;obstacle, diff\u00e9rentes formules sont \u00e9tudi\u00e9es et rien ne semble jou\u00e9. Il semble pourtant que bad banks et nationalisations bancaires soient deux mesures indissociables si les gouvernements veulent mettre toutes les chances de leur c\u00f4t\u00e9. Le prix de ces op\u00e9rations, quoi qu&rsquo;il en soit, sera probablement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e, en d\u00e9pit des tentatives d&rsquo;optimisation. Il faudrait que des solutions tr\u00e8s radicales, \u00e0 la Willem Buiter, soient adopt\u00e9es pour l&rsquo;\u00e9viter et cela n&rsquo;en prend pas le chemin, car cela heurte trop d&rsquo;int\u00e9r\u00eats. Ce qui augure mal de la suite, sugg\u00e9rant par avance une r\u00e9gulation a minima du syst\u00e8me financier. Seule la poursuite de l&rsquo;approfondissement de la crise pourra repousser ces limites d\u00e9j\u00e0 \u00e0 mon sens implicitement trac\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>DES BAD BANKS ET DES NATIONALISATIONS A MINIMA <\/strong><\/p>\n<p>Les questions financi\u00e8res sont le plus souvent assez simples dans leur principe, une fois d\u00e9barrass\u00e9es du vocabulaire herm\u00e9tique qui les accompagne et de la chape de silence qui les entoure en temps normal. 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