{"id":16567,"date":"2010-10-07T08:02:24","date_gmt":"2010-10-07T06:02:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16567"},"modified":"2013-01-02T17:55:44","modified_gmt":"2013-01-02T16:55:44","slug":"auto-contradiction-neo-liberale-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/10\/07\/auto-contradiction-neo-liberale-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"Auto-contradiction n\u00e9o-lib\u00e9rale, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p><i>Le texte suivant fait suite au billet <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16395\">La faillite financi\u00e8re posthume de Platon<\/a>. Il analyse le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme comme un n\u00e9o-platonisme qu&rsquo;une r\u00e9habilitation de la quadri-causalit\u00e9 d&rsquo;Aristote permet de d\u00e9construire. La d\u00e9construction n&rsquo;est pas une destruction. Elle d\u00e9compose une construction m\u00e9taphysique en briques \u00e9l\u00e9mentaires comme une construction physique. Elle effectue un tri dans les mat\u00e9riaux de base, c&rsquo;est \u00e0 dire dans les causes. La d\u00e9construction peut d\u00e9boucher sur une reconstruction qui int\u00e8gre tout ce que l&rsquo;ancien \u00e9difice contenait de positif et v\u00e9ritable.<\/i><\/p>\n<h3>Manipulation mentale<\/h3>\n<p>Le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme platonicien s&rsquo;est appropri\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 par deux leviers m\u00e9taphysiques : l&rsquo;id\u00e9alisme et le mat\u00e9rialisme. Il s&rsquo;appuie sur le scientisme qui ne voit d&rsquo;objet de connaissance que dans la mat\u00e9rialit\u00e9 physique en d\u00e9nigrant l&rsquo;interrogation des finalit\u00e9s de l&rsquo;observateur. L&rsquo;id\u00e9alisme de son cot\u00e9 sert l&rsquo;absorption de la fin dans la forme. Ainsi escamote-t-il tout motif de discussion de la valeur par les fins. L&rsquo;id\u00e9alisme nie la vertu \u00e0 poursuivre des fins r\u00e9elles. Il r\u00e9duit toute r\u00e9flexion morale \u00e0 une \u00e9thique individuelle inv\u00e9rifiable, sans cons\u00e9quence visible. La soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9o-lib\u00e9rale est une juxtaposition d&rsquo;individus qui ne peuvent pas et ne doivent pas se comprendre. Chacun est propri\u00e9taire du sens de sa discussion. La loi d\u00e9mocratique est d\u00e9corative dans un march\u00e9 soumis \u00e0 la loi mat\u00e9rielle du plus fort. Le mot \u00ab\u00a0loi\u00a0\u00bb sert la confusion entre la n\u00e9cessit\u00e9 objective des sciences physiques et la n\u00e9cessit\u00e9 subjective des sciences politiques. La loi est r\u00e9duite \u00e0 des rapports de quantit\u00e9 qui n&rsquo;expriment aucune qualit\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>La fin id\u00e9ologique n\u00e9o-lib\u00e9rale est radicale. Elle neutralise la rationalit\u00e9 discursive du march\u00e9. Elle disperse la causalit\u00e9 objective dans l&rsquo;attention du sujet. Elle d\u00e9tache la discussion publique de la r\u00e9alit\u00e9 par l&rsquo;abstraction juridique et math\u00e9matique. La qualit\u00e9 sans mat\u00e9rialit\u00e9 est irr\u00e9m\u00e9diablement et artificiellement oppos\u00e9e \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 sans qualit\u00e9. Le r\u00e9sultat est la dissimulation des fins r\u00e9elles de toute n\u00e9gociation. Le droit de l&rsquo;offre est disjoint du droit de la demande. La loi et la monnaie canalisent par le filtrage d&rsquo;int\u00e9r\u00eats oligarchiques le dialogue de l&rsquo;offre avec la demande. La forme dissimule la quantit\u00e9. La quantit\u00e9 masque la forme. Les int\u00e9r\u00eats sont opaques. La quantit\u00e9 mat\u00e9rielle ne sert pas la fin. La fin ne d\u00e9termine pas la forme. La forme calcule une quantit\u00e9 sans effet dans la qualit\u00e9. Le sujet de la valeur s&rsquo;ali\u00e9ne dans des transactions qui ne disent pas les int\u00e9r\u00eats qu&rsquo;il sert. L&rsquo;offre ne conna\u00eet pas toute la demande ; la demande ne sait ni par qui ni comment elle est servie.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<h3>Opacit\u00e9 construite<\/h3>\n<p>Individualiste, la libert\u00e9 n\u00e9o-lib\u00e9rale est mat\u00e9rielle donc totalement compromise dans les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;interm\u00e9diation. Ils ne repr\u00e9sentent que la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente qui donne acc\u00e8s \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 physique, c&rsquo;est \u00e0 dire au capital de mati\u00e8re existante au pr\u00e9sent. Le travail et le capital du futur sont siphonn\u00e9s dans le pr\u00e9sent. La politique en tant que discussion collective des fins ne peut y prendre aucune part. Elle fabrique des droits sans obligations, des obligations sans substance, adress\u00e9es \u00e0 des objets de valeur sans sujet. Les liens entre les individus sont ind\u00e9finiment r\u00e9duits par la mati\u00e8re. Les seules fins de l&rsquo;oligarchie financi\u00e8re sont investies dans la mati\u00e8re. L&rsquo;anticipation de la valeur future ne contient pas les formes que les sujets de l&rsquo;offre pourraient \u00e9laborer en communication directe avec les sujets de la demande. La chaine de transformation financi\u00e8re d&rsquo;une id\u00e9e en projet, d&rsquo;un projet en cycle de production et d&rsquo;un cycle de production en vente finale est capt\u00e9e par des interm\u00e9diaires. Il pr\u00e9l\u00e8vent leur valeur sans l&rsquo;avoir produite ni vendue dans les limites souhaitables par le consommateur final.<\/p>\n<p>La financiarisation n\u00e9o-lib\u00e9rale sans r\u00e9gulation publique abolit les effets sociaux du temps. Le march\u00e9 ne produit que la liquidit\u00e9 de la mati\u00e8re puisque l&rsquo;\u00e9change des formes est capt\u00e9 par les int\u00e9r\u00eats financiers. L&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle engage la transformation de la mati\u00e8re physique en ne connaissant que les formes de la valeur interm\u00e9di\u00e9es par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat propre \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 financi\u00e8re. L&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re contr\u00f4le l&rsquo;acc\u00e8s au march\u00e9 selon ses propres objectifs de rentabilit\u00e9. La demande financ\u00e9e par le cr\u00e9dit ne s&rsquo;exprime que si le prix qu&rsquo;elle est dispos\u00e9e \u00e0 payer est suffisant pour couvrir les objectifs de plus-value financi\u00e8re. L&rsquo;offre financ\u00e9e par le capital et par le cr\u00e9dit ne s&rsquo;exprime que si son prix de revient \u00e0 la livraison du produit final est suffisamment bas pour remplir les objectifs de plus-value propres aux interm\u00e9diaires financiers. La causalit\u00e9 de la valeur est r\u00e9duite \u00e0 la subjectivit\u00e9 financi\u00e8re.<\/p>\n<h3>La fin abolie par la forme<\/h3>\n<p>La financiarisation n\u00e9o-lib\u00e9rale capte le march\u00e9 des fins et des formes. Elle n&rsquo;admet de liquidit\u00e9 de la valeur que par la mati\u00e8re. Le seul effet du march\u00e9 est la liquidit\u00e9 de la mati\u00e8re, l&rsquo;\u00e9change et la circulation des seuls objets mat\u00e9riels. Toute la valeur des formes propos\u00e9es par l&rsquo;offre pour r\u00e9pondre aux besoins con\u00e7us par la demande est capt\u00e9e par l&rsquo;interm\u00e9diation financi\u00e8re. En transformant l&rsquo;\u00e9pargne en capital et en cr\u00e9dit, en captant le calcul des prix, elle absorbe l&rsquo;information produite par l&rsquo;expression des besoins solvables investie dans la production r\u00e9elle rentable. La financiarisation produit bien de la valeur par l&rsquo;anticipation de l&rsquo;effet des fins et des formes humaines sur la mati\u00e8re physique. Elle produit de la valeur par l&rsquo;information du calcul des effets certains et incertains du temps. Si le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme d\u00e9montre que la soci\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pour rien dans la liquidit\u00e9 des \u00e9changes, que les fins et les formes sont contingentes \u00e0 la mati\u00e8re, il est alors justifi\u00e9 que l&rsquo;essentiel de la plus-value de transformation de la mati\u00e8re aille \u00e0 la finance et que son calcul ne soit pas soumis \u00e0 une loi commune.<\/p>\n<p>La loi commune est l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits. Elle implique qu&rsquo;une unit\u00e9 mon\u00e9taire est (l&rsquo;avoir et l&rsquo;\u00eatre sont une m\u00eame nature dans la monnaie) la m\u00eame valeur pour tous, quel que soit le r\u00f4le de son porteur dans la cit\u00e9 et dans l&rsquo;\u00e9change. L&rsquo;insistance n\u00e9o-lib\u00e9rale pour une libert\u00e9 sans loi vide la notion d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de toute substance. Comme l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 mat\u00e9rielle est visiblement impossible entre des hommes diff\u00e9rents par leur individualit\u00e9, l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s et de discussion des formes perd toute r\u00e9alit\u00e9 hors de la mat\u00e9rialit\u00e9 pr\u00e9sente des activit\u00e9s humaines de production et de consommation. Le discr\u00e9dit de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 formelle entre les hommes entra\u00eene l&rsquo;abandon de la monnaie aux int\u00e9r\u00eats particuliers de la finance. L&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire n&rsquo;est plus d\u00e9termin\u00e9e par la transformation effective de la mati\u00e8re, c&rsquo;est \u00e0 dire par la valeur achet\u00e9e par le consommateur final et vendue par l&rsquo;entrepreneur et le travailleur producteurs de biens et de services r\u00e9els.<\/p>\n<h3>Finance asservie \u00e0 elle-m\u00eame<\/h3>\n<p>La soustraction du calcul financier au contr\u00f4le de la Loi se r\u00e9alise par la confusion des r\u00f4les d&rsquo;interm\u00e9diation du prix, d&rsquo;interm\u00e9diation du cr\u00e9dit, d&rsquo;interm\u00e9diation du risque et d&rsquo;interm\u00e9diation de l&rsquo;assurance. Le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme \u00e9conomiste utilise le concept synth\u00e9tique de march\u00e9 pour confondre en une seule cause mat\u00e9rielle instantan\u00e9e, les quatre causes de la valeur d\u00e9roul\u00e9es par le temps. Si le fonctionnement du march\u00e9 ne produit pas seulement un \u00e9quilibre instantan\u00e9 de l&rsquo;offre et de la demande mais un \u00e9quilibre dynamique de la solidarit\u00e9 d&rsquo;assurance, de la liquidit\u00e9 du prix, de l&rsquo;anticipation du prix et de l&rsquo;\u00e9valuation du risque du prix, alors il est possible de diff\u00e9rencier les causes de la valeur dans le temps. L&rsquo;identification de la succession des causes de transformation des formes de la valeur en r\u00e9alit\u00e9 physique \u00e0 terme distingue des prix financiers visibles et n\u00e9gociables par tout sujet. Le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme confine le b\u00e9n\u00e9fice temporel de la valeur aux sujets de ses causes financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Si la d\u00e9finition du march\u00e9 par la transformation financi\u00e8re du temps est pos\u00e9e par la loi, elle oblige les interm\u00e9diaires financiers et les responsables politiques \u00e0 prendre position par rapport \u00e0 une et une seule nature de cause de la valeur. Le march\u00e9 formellement d\u00e9compos\u00e9 en n\u00e9gociation de la mati\u00e8re pr\u00e9sente, n\u00e9gociation de la mati\u00e8re future certaine et n\u00e9gociation de la mati\u00e8re future incertaine est financi\u00e8rement intelligible \u00e0 tout individu et pas seulement aux acteurs financiers du prix. Si le prix d&rsquo;un bien ou d&rsquo;un service imm\u00e9diatement disponible n&rsquo;est pas m\u00e9lang\u00e9 avec celui du m\u00eame objet \u00e0 terme, le prix de la valeur mat\u00e9rielle pr\u00e9sente ne peut pas \u00eatre confondu avec le prix de la valeur liquide \u00e0 terme. Le prix de la liquidit\u00e9 du temps est alors sp\u00e9cifique. Et le prix d&rsquo;un m\u00eame item d&rsquo;objet mat\u00e9riel entre deux dates mesure exactement l&rsquo;entropie de la mati\u00e8re par le temps. Le prix de l&rsquo;assurance est alors et aussi sp\u00e9cifique. Les prix distincts deviennent universellement discutables.<\/p>\n<h3>Certitude de loi<\/h3>\n<p>Si le prix certain d&rsquo;un objet \u00e0 un terme fix\u00e9 n&rsquo;est pas m\u00e9lang\u00e9 avec le prix de l&rsquo;incertitude du m\u00eame objet au terme consid\u00e9r\u00e9, le prix de la valeur mat\u00e9rielle certaine pr\u00e9sente ou future ne peut pas \u00eatre confondu avec le prix du risque de la certitude. La mati\u00e8re d&rsquo;une anticipation financi\u00e8re est la promesse d&rsquo;un entrepreneur de produire \u00e0 un certain terme, un certain objet de valeur \u00e0 un certain prix. La mati\u00e8re financi\u00e8re est un effet du seul langage quand elle vient du pass\u00e9 ou du futur. La mati\u00e8re physique n&rsquo;existe en effet qu&rsquo;au pr\u00e9sent. La mati\u00e8re du pass\u00e9 ou du futur n&rsquo;existe au pr\u00e9sent que par le langage. Pour que la mesure du prix du pass\u00e9 ou du futur soit math\u00e9matiquement possible, c&rsquo;est \u00e0 dire possible en stabilit\u00e9 de forme de la mesure, il faut imp\u00e9rativement diff\u00e9rencier le certain de l&rsquo;incertain. Diff\u00e9rencier \u00e0 l&rsquo;origine de la valeur par la parole active et \u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance de la valeur par la r\u00e9alit\u00e9 physique objective.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est de certitude que verbale puisque la certitude est la stabilit\u00e9 du lien entre la r\u00e9alit\u00e9 physique objective et la r\u00e9alit\u00e9 m\u00e9taphysique subjective. La certitude appartient \u00e0 l&rsquo;observateur de la r\u00e9alit\u00e9. Mais comme la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9chappe partiellement \u00e0 l&rsquo;observateur, particuli\u00e8rement la r\u00e9alit\u00e9 physique ext\u00e9rieure \u00e0 sa subjectivit\u00e9, il demeure une incertitude de la r\u00e9alit\u00e9 qui appartient aussi \u00e0 l&rsquo;observateur. La certitude et l&rsquo;incertitude sont des r\u00e9alit\u00e9s m\u00e9taphysiques totalement construites par l&rsquo;intelligence humaine pour calculer l&rsquo;effet de ses actions dans le temps. Quand le sujet humain entrevoit une incertitude positive sur la certitude de la valeur future, il actionne son projet. Quand il entrevoit une incertitude n\u00e9gative qui diminue la valeur future en dessous de l&rsquo;effort maximal qu&rsquo;il d\u00e9cide de consentir, il abandonne son projet et passe \u00e0 autre chose. Le d\u00e9part de la certitude et de l&rsquo;incertitude de toute transformation mat\u00e9rielle est le moteur de l&rsquo;anticipation financi\u00e8re.<\/p>\n<h3>Continuit\u00e9 logique<\/h3>\n<p>La d\u00e9composition du march\u00e9 entre les quatre causes de la valeur anticip\u00e9e ne peut \u00eatre effective que par la Loi discut\u00e9e et accept\u00e9e avant toute transaction. La r\u00e9alisation effective d&rsquo;une anticipation financi\u00e8re n&rsquo;est observable qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance au moment ou le prix final de l&rsquo;objet anticip\u00e9 est comparable \u00e0 son prix d&rsquo;origine. Si le prix d&rsquo;origine et le prix final ne sont pas d\u00e9finis et cal\u00e9s sur une r\u00e9alit\u00e9 avant la n\u00e9gociation, toutes les dissimulations et manipulations sont possibles pendant l&rsquo;\u00e9coulement du temps financier. La r\u00e9alit\u00e9 stable \u00e0 l&rsquo;origine d&rsquo;une anticipation financi\u00e8re ne peut \u00eatre que du march\u00e9 par lequel la Loi est mat\u00e9rialis\u00e9 donc trac\u00e9e et comptable en monnaie. Sans le march\u00e9, la Loi est enferm\u00e9e dans la m\u00e9taphysique et intraduisible en \u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle de droit. Sans la monnaie librement et rationnellement convertible sur le march\u00e9, la valeur r\u00e9elle des droits comptables en monnaie n&rsquo;est pas connaissable.<\/p>\n<p>En dissociant la loi du march\u00e9, le platonisme n\u00e9o-lib\u00e9ral livre la loi et la monnaie \u00e0 l&rsquo;oligarchie politico-financi\u00e8re. Il verrouille le march\u00e9 par la pr\u00e9tendue inutilit\u00e9 \u00e9conomique de la Loi. Sans l&rsquo;application de la Loi dans le march\u00e9, il est impossible de constater l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 devant la Loi entre les op\u00e9rateurs du r\u00e9el et les op\u00e9rateurs de la politique et de la finance. Tout d\u00e9calage entre l&rsquo;offre et la demande concr\u00e8te d&rsquo;un m\u00eame objet de droit est en effet combl\u00e9 par du cr\u00e9dit. Quand un droit n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini en \u00e9quilibre avec la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;offre et de la demande, c&rsquo;est \u00e0 dire financ\u00e9 \u00e0 hauteur des obligations qu&rsquo;il cr\u00e9e, le produit du choix de la mat\u00e9rialisation mon\u00e9taire de la valeur revient sans discussion au pouvoir politique et financier. Le politique finance ses promesses par le d\u00e9ficit budg\u00e9taire et le financier finance ses plus-values par le cr\u00e9dit. La cause du cr\u00e9dit et le cr\u00e9dit-m\u00eame sont retranch\u00e9s ou ajout\u00e9s du march\u00e9 \u00e0 la discr\u00e9tion de l&rsquo;oligarchie platonicienne.<\/p>\n<h3>Tyrannie mon\u00e9taire<\/h3>\n<p>Le politique ma\u00eetre de la loi non \u00e9valu\u00e9e par le march\u00e9 d\u00e9cide par lui-m\u00eame le cr\u00e9dit qu&rsquo;il repr\u00e9sente. Le pouvoir financier tient le politique dans son ordre en d\u00e9cidant par lui-m\u00eame du crit\u00e8re de la solvabilit\u00e9 publique. L&rsquo;un tient la d\u00e9finition du cr\u00e9dit et l&rsquo;autre le risque de la d\u00e9finition effective du cr\u00e9dit. Le pouvoir politique \u00e9met de la monnaie selon ses besoins et le pouvoir financier garantit la r\u00e9alit\u00e9 de la monnaie selon ses besoins. Le pouvoir politique \u00e9met la contrevaleur en cr\u00e9dit de la monnaie et le pouvoir financier \u00e9met la contrevaleur en risque de la monnaie. Ainsi collaborent-ils \u00e0 l&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire sans limite conceptuelle. Ils privent l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle qui rend des services universels d&rsquo;une unit\u00e9 de compte stable de ses anticipations. Le pouvoir politique capte la richesse r\u00e9elle par la d\u00e9bauche de cr\u00e9dit et le pouvoir financier capte la richesse par la d\u00e9bauche de risque issue du cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>La monnaie exclusivement d\u00e9finie par la loi sans garantie stable de convertibilit\u00e9 sur le march\u00e9 devient mythique, d\u00e9tach\u00e9e de toute r\u00e9alit\u00e9 physique v\u00e9rifiable. Le platonisme n\u00e9o-lib\u00e9ral est une mystique de la guerre, une captation de la mati\u00e8re et de la mat\u00e9rialit\u00e9 physique par la contradiction du langage en soi-m\u00eame. L&rsquo;oligarchie prive l&rsquo;individu de sa facult\u00e9 de penser en dissolvant le sens commun des mots. Du cot\u00e9 m\u00e9taphysique du langage, le juridisme d\u00e9tache la forme de la mati\u00e8re qui circule dans le march\u00e9. Du cot\u00e9 physique du langage, la math\u00e9matisation d\u00e9tache la mati\u00e8re de la forme. A cot\u00e9 du march\u00e9 de la mati\u00e8re ouvert \u00e0 tout sujet, le march\u00e9 parall\u00e8le de la forme est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;oligarchie des initi\u00e9s. Par le cr\u00e9dit et la monnaie, la gnose politique et financi\u00e8re dit au peuple ignorant ce qui a de la valeur et ce qui n&rsquo;en a pas. Le ministre irlandais des finances est oblig\u00e9 d&rsquo;affirmer que son pays s&rsquo;en sortira tout seul avec un d\u00e9ficit budg\u00e9taire de 32% d&rsquo;un PIB non mesurable. Qui en doutera ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><i>Le texte suivant fait suite au billet <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16395\">La faillite financi\u00e8re posthume de Platon<\/a>. Il analyse le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme comme un n\u00e9o-platonisme qu&rsquo;une r\u00e9habilitation de la quadri-causalit\u00e9 d&rsquo;Aristote permet de d\u00e9construire. La d\u00e9construction n&rsquo;est pas une destruction. Elle d\u00e9compose une construction m\u00e9taphysique en briques \u00e9l\u00e9mentaires comme une construction physique. 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