{"id":1673,"date":"2009-01-26T21:28:15","date_gmt":"2009-01-26T20:28:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=1673"},"modified":"2009-01-26T21:28:15","modified_gmt":"2009-01-26T20:28:15","slug":"quest-ce-qui-aura-change-quand-on-aura-sauve-les-banques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/01\/26\/quest-ce-qui-aura-change-quand-on-aura-sauve-les-banques\/","title":{"rendered":"Qu&rsquo;est-ce qui aura chang\u00e9 quand on aura sauv\u00e9 les banques ?"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>Diverses m\u00e9thodes sont aujourd\u2019hui exp\u00e9riment\u00e9es pour tenter de sauver le secteur bancaire dont on avait imagin\u00e9 que les difficult\u00e9s apparues \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2007 \u00e9taient une question de liquidit\u00e9 : les acheteurs devenus frileux manquaient simplement \u00e0 l&rsquo;appel. Or ceux qui se trouvaient dans le secret des dieux savaient d\u00e9j\u00e0 six mois auparavant qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de liquidit\u00e9 mais de solvabilit\u00e9 : les acheteurs n&rsquo;\u00e9taient pas frileux par caprice mais par calcul : parce que les produits en question, ABS (Asset\u2013Backed Securities) et CDO (Collateralized\u2013Debt Obligations) remplies de petites ABS \u00e9taient trop d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s pour justifier une offre, quel qu&rsquo;en soit le prix. Quand il se confirma qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus d&rsquo;acheteurs, ceux qui poss\u00e9daient ces produits en portefeuille firent leurs comptes et l&rsquo;on constata alors que dans un bel ensemble ils se trouvaient en-dessous de la ligne de flottaison : sous le niveau de r\u00e9serves d\u00e9termin\u00e9 par le ratio de solvabilit\u00e9 d\u00e9fini pour les \u00e9tablissements bancaires par les r\u00e9gulateurs. <\/p>\n<p>Deux solutions s&rsquo;offraient pour venir en aide aux banques, la premi\u00e8re \u00e9tant que les autorit\u00e9s se substituent au march\u00e9 d\u00e9faillant en se portant acheteuses de ces produits \u00e0 un prix d&rsquo;\u00ab apr\u00e8s-crise \u00bb, au sein d&rsquo;une banque d&rsquo;agr\u00e9gation ou \u00ab mauvaise banque \u00bb, mettant effectivement ces produits toxiques en quarantaine, et offrant ainsi une valorisation \u00e0 des produits qui, faute d&rsquo;acheteurs, sont aujourd\u2019hui sans prix. La deuxi\u00e8me solution \u00e9tant que l&rsquo;on ne fasse pas un cas particulier de ces instruments de dette d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s et que l&rsquo;on se contente de recapitaliser ces banques, c\u2019est\u2013\u00e0\u2013dire qu&rsquo;on leur fournisse les fonds qui leur permettront de respecter \u00e0 nouveau leur ratio de solvabilit\u00e9. Une alternative \u00e0 cette formule consiste pour le gouvernement \u00e0 prendre une participation majoritaire dans ces banques, leur apportant ainsi la garantie effective de l&rsquo;\u00c9tat, et \u00e0 baisser le ratio de solvabilit\u00e9 exig\u00e9, par exemple de 8 % \u00e0 5 ou 6 %, comme viennent de le faire les Anglais. L&rsquo;\u00e9tape ultime dans cette voie serait cela va sans dire celle de la nationalisation pure et simple &#8211; dont je disais <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=316\">il y a un an d\u00e9j\u00e0<\/a> que m\u00eame les Am\u00e9ricains s&rsquo;y r\u00e9soudraient peut\u2013\u00eatre un jour. <\/p>\n<p>Comme on s&rsquo;en souvient, Mr. Paulson, ci-devant ministre des finances am\u00e9ricain, entama une valse-h\u00e9sitation tr\u00e8s remarqu\u00e9e entre les deux approches, la raison en \u00e9tant \u00e9vidente car, comme le rappelait ici-m\u00eame il y a quelques jours Fran\u00e7ois Leclerc : soit le prix offert est suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour satisfaire les banques et le contribuable y perd sa chemise, soit il est suffisamment bas pour que le contribuable puisse un jour s&rsquo;y retrouver et le banquier n&rsquo;a rien \u00e0 y gagner.  <\/p>\n<p>Le syst\u00e8me bancaire, assumant les fonctions qu&rsquo;il exerce aujourd\u2019hui serait sauv\u00e9. Mais cela suffirait-il \u00e0 sauver le capitalisme ? <\/p>\n<p>Car, rappelons-nous bri\u00e8vement ce qui s&rsquo;est pass\u00e9. L&rsquo;incendie s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9 dans l&rsquo;immobilier am\u00e9ricain, d&rsquo;abord dans sa partie la plus fragile, dite <i>subprime<\/i> , pour mettre bient\u00f4t le feu \u00e0 tout l&rsquo;\u00e9difice : l&rsquo;ensemble de l&rsquo;immobilier r\u00e9sidentiel am\u00e9ricain &#8211; chose qu&rsquo;on semble oublier en ce moment en France o\u00f9 l&rsquo;on \u00e9voque la \u00ab crise des <i>subprimes<\/i> \u00bb comme un \u00e9v\u00e9nement ayant eu lieu dans un pass\u00e9 recul\u00e9. <\/p>\n<p>On dit \u00e0 juste titre que les banques centrales ont favoris\u00e9 toujours davantage les investisseurs et les dirigeants d&rsquo;entreprise aux d\u00e9pens des salari\u00e9s et que ceux-ci furent forc\u00e9s de suppl\u00e9er \u00e0 leurs salaires manquants par le pr\u00eat \u00e0 la consommation. C&rsquo;est vrai. De leur c\u00f4t\u00e9, les entreprises recoururent toujours davantage \u00e0 la dette. Il en a r\u00e9sult\u00e9 une hypertrophie du secteur du cr\u00e9dit, personne n&rsquo;ayant plus semble-t-il comme capital que celui qu&rsquo;il emprunte. Le cr\u00e9dit fut encourag\u00e9 par les politiques des banques centrales qui maintinrent les taux courts \u00e0 des niveaux artificiellement bas. Les pays d&rsquo;Extr\u00eame-Orient achet\u00e8rent en quantit\u00e9s astronomiques les Bons du Tr\u00e9sor am\u00e9ricains \u00e0 long terme, assurant aux taux longs eux aussi des niveaux exceptionnellement bas dans ce pays. Une configuration fragile se mit en place, et il suffit alors que le pr\u00eat hypoth\u00e9caire am\u00e9ricain ayant \u00e9puis\u00e9 par le bas le panier o\u00f9 il trouvait de nouvelles recrues, s&rsquo;essouffle, pour que le prix de l&rsquo;immobilier s&rsquo;effondre et que tous les instruments de dette qui lui sont associ\u00e9s se d\u00e9pr\u00e9cient massivement.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 o\u00f9 en est. Quand la machine repartira &#8211; si elle repart un jour, une chose n&rsquo;aura en tout cas pas chang\u00e9 : une \u00e9conomie d\u00e9pendant \u00e0 tous ses niveaux d&rsquo;un secteur du cr\u00e9dit hypertrophi\u00e9, faute pour les capitaux de se trouver l\u00e0 o\u00f9 ils sont indispensables.<\/p>\n<blockquote><p><strong>(*) Un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Paul Jorion est un \u00ab journaliste presslib\u2019 \u00bb qui vit exclusivement de ses droits d\u2019auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d\u2019\u00e9crire comme il le fait aujourd\u2019hui tant que vous l\u2019y aiderez. Votre soutien peut s\u2019exprimer <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=647\">ici<\/a>.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Diverses m\u00e9thodes sont aujourd\u2019hui exp\u00e9riment\u00e9es pour tenter de sauver le secteur bancaire dont on avait imagin\u00e9 que les difficult\u00e9s apparues \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2007 \u00e9taient une question de liquidit\u00e9 : les acheteurs devenus frileux manquaient simplement \u00e0 l&rsquo;appel. 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