{"id":16918,"date":"2010-10-11T10:51:35","date_gmt":"2010-10-11T10:51:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16918"},"modified":"2013-01-02T17:55:38","modified_gmt":"2013-01-02T16:55:38","slug":"bfm-radio-lundi-11-octobre-2010-a-10h46-greenspan-la-peur-deprime-la-reprise-americaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/10\/11\/bfm-radio-lundi-11-octobre-2010-a-10h46-greenspan-la-peur-deprime-la-reprise-americaine\/","title":{"rendered":"BFM Radio, lundi 11 octobre 2010 \u00e0 10h46 \u2013 \u00ab La peur d\u00e9prime la reprise am\u00e9ricaine \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><object width=\"480\" height=\"360\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xf5uf2?additionalInfos=0\"\/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"\/><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\"\/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xf5uf2?additionalInfos=0\" width=\"480\" height=\"360\" allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\"\/><\/object><\/p>\n<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p><\/blockquote>\n<h3>Greenspan : \u00ab La peur d\u00e9prime la reprise am\u00e9ricaine \u00bb<\/h3>\n<p>Alan Greenspan, pr\u00e9sident de la Federal Reserve, la banque centrale am\u00e9ricaine, de 1987 \u00e0 2006, a publi\u00e9 mercredi dernier une tribune dans le Financial Times intitul\u00e9e \u00ab Fear undermines the American recovery \u00bb : la peur d\u00e9prime la reprise am\u00e9ricaine. <\/p>\n<p>Selon une longue tradition chez lui, qu\u2019il s\u2019agisse de ses discours ou de ses articles, seules deux ou trois phrases en sont imm\u00e9diatement intelligibles et, comme \u00e0 leur habitude, ce sont celles-l\u00e0 que les agences de presse se contentent de retenir et de diffuser. Un exemple parmi cent des phrases \u00ab moins intuitives \u00bb de sa tribune libre : \u00ab Durant les quatre d\u00e9cennies les plus r\u00e9centes, l\u2019investissement en capital fixe en tant que part des flux de tr\u00e9sorerie a \u00e9t\u00e9 corr\u00e9l\u00e9 (n\u00e9gativement) avec le taux du d\u00e9ficit f\u00e9d\u00e9ral par rapport au PIB \u00bb. Heureusement pour tous, le lendemain jeudi, Tom Keene, un journaliste de l\u2019agence Bloomberg, eut un entretien d\u2019une heure avec Greenspan, ce qui a permis \u00e0 ce dernier de lever le voile couvrant certains de ses propos \u00e9crits de la veille. Confirmation du caract\u00e8re \u00e9nigmatique de l\u2019article de Greenspan : quand Keene lui demanda si une repr\u00e9sentation imag\u00e9e de l\u2019un de ses arguments qu\u2019il lui proposait, \u00e9tait valable, l\u2019ancien patron de la Fed lui r\u00e9pondit que les repr\u00e9sentations imag\u00e9es n\u2019ont souvent aucun sens, et que c\u2019\u00e9tait le cas en particulier de celle que le journaliste venait de lui offrir, et quand celui-ci lui demanda ensuite si l\u2019on pouvait qualifier de \u00ab bulle \u00bb la pr\u00e9f\u00e9rence actuelle des investisseurs pour la dette \u00e0 court terme, Greenspan lui r\u00e9pondit que non, puisqu\u2019il s\u2019agissait tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment du contraire : les bulles r\u00e9v\u00e8lent une indiff\u00e9rence au risque de cr\u00e9dit et le cas pr\u00e9sent, tout au contraire, une aversion au risque.<\/p>\n<p>Pourquoi, s\u2019interroge Greenspan, les banques commerciales am\u00e9ricaines pr\u00e9f\u00e8rent-elles d\u00e9poser mille milliards de dollars dont elles disposent aupr\u00e8s de la Federal Reserve au taux m\u00e9diocre de 0,25 %, alors qu\u2019elles pourraient sans difficult\u00e9 pr\u00eater ces sommes \u00e0 court terme au taux significativement plus \u00e9lev\u00e9 de 1,75 % ? Seule explication possible dit-il : la conviction des banques que les sommes avanc\u00e9es ne leur seront pas rembours\u00e9es. Pourquoi, dans ce cas-l\u00e0, demande Greenspan, envisager \u2013 comme le font Ben Bernanke, le pr\u00e9sident actuel de la Fed, et l\u2019administration Obama \u2013 un nouvel <i>assouplissement quantitatif<\/i>, la cr\u00e9ation mon\u00e9taire d\u2019un millier de milliards de dollars suppl\u00e9mentaires, en sus des 1,7 mille milliards de dollars d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9s dans la premi\u00e8re phase de la relance ? Si les banques n\u2019ont aucune intention de les pr\u00eater, il ne s\u2019agira, dit-il, que d\u2019\u00ab une op\u00e9ration comptable \u00bb sans impact favorable sur l\u2019\u00e9conomie.  <\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 vient la d\u00e9fiance des banques ? D\u2019une part, affirme Greenspan, des cons\u00e9quences impr\u00e9visibles de la mise en application du \u00ab financial overhaul \u00bb : en raison du caract\u00e8re \u00ab massif \u00bb, dit-il, de la loi Dodd-Frank. D\u2019autre part, de la taille m\u00eame des efforts financiers consentis par le gouvernement, qui sugg\u00e8re immanquablement que seuls des imp\u00f4ts de taille colossale pourront \u00e0 terme les \u00e9ponger. Selon un calcul statistique effectu\u00e9 par Greenspan et son \u00e9quipe, deux tiers des sommes consacr\u00e9es \u00e0 la relance auraient \u00e9t\u00e9 ainsi neutralis\u00e9es de fait. <\/p>\n<p>La cr\u00e9ation mon\u00e9taire doit correspondre \u00e0 de la richesse cr\u00e9\u00e9e, souligne Greenspan. Et si cette richesse n\u2019est pas d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente, il doit s\u2019agir d\u2019une anticipation correcte de richesse \u00e0 venir. Aucun droit \u00e0 l\u2019erreur n\u2019est permis : l\u2019erreur provoque une inflation imma\u00eetrisable, le cauchemar du banquier central. Pourquoi s\u2019exposer \u00e0 un tel risque, demande encore l\u2019ancien patron de la Fed, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019abord de d\u00e9bloquer le \u00ab trillion \u00bb de dollars, parqu\u00e9 \u00e0 la Fed par les banques ? Ce d\u00e9saveu \u2013 en forme d\u2019avertissement solennel \u2013 par Greenspan des nouveaux projets d\u2019<i>assouplissement quantitatif<\/i> de Bernanke, son successeur \u00e0 la t\u00eate de la Fed, est bien entendu pass\u00e9 totalement inaper\u00e7u, log\u00e9 qu\u2019il est dans quelques phrases alambiqu\u00e9es. <\/p>\n<p>Greenspan pr\u00e9f\u00e8rerait que le probl\u00e8me de la dette publique soit r\u00e9solu par le biais d\u2019une r\u00e9duction des d\u00e9penses plut\u00f4t que par la hausse de l\u2019imp\u00f4t. Devrait-on pourtant se r\u00e9soudre \u00e0 augmenter celui-ci, cela ne pourrait se faire, dit-il, que dans les conditions telles que Reagan les avaient d\u00e9finies en son temps : qu\u2019il existe un sentiment dans l\u2019opinion que toutes les couches de la population sont appel\u00e9es \u00e0 participer \u00e0 l\u2019effort de rigueur de mani\u00e8re \u00e9quitable. Le talent de Georges Papandr\u00e9ou r\u00e9siderait, selon Greenspan, dans sa capacit\u00e9 \u00e0 avoir su donner ce sentiment au peuple grec.  <\/p>\n<p>Un danger supr\u00eame guette, avertit cependant l&rsquo;ancien patron de la Fed : il existe une taille de la dette publique telle que la capacit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat \u00e0 emprunter davantage se trouvera compromise. Nous ne savons pas o\u00f9 se situe ce seuil dit Greenspan, la seule chose qui soit certaine est que nous nous en rapprochons dangereusement et il cite \u00e0 ce propos Larry Summers : \u00ab La nation la plus emprunteuse au monde peut-elle \u00eatre aussi la plus puissante ? \u00bb, et il ajoute : poser la question, c\u2019est y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>La foi dans l\u2019autor\u00e9gulation des march\u00e9s semble revenue \u00e0 ce libertarien qui se d\u00e9crit durant l\u2019entretien comme \u00ab r\u00e9publicain tendance Goldwater \u00bb, le plus libertarien en effet des candidats r\u00e9publicains qui affront\u00e8rent jamais un d\u00e9mocrate (Goldwater r\u00e9alisa face \u00e0 Lyndon B. Johnson le plus mauvais score d\u2019un r\u00e9publicain en n\u2019obtenant que 38,4 % des votes \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 1964). On sait qu\u2019en octobre 2008, quelques semaines apr\u00e8s la faillite de Lehman Brothers qui entra\u00eena \u00e0 sa suite la chute du syst\u00e8me financier tout entier, <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=902\">Greenspan reconnut<\/a> que \u00ab cette fois-ci \u00bb, la main invisible d\u2019Adam Smith ne s\u2019\u00e9tait pas manifest\u00e9e et que la poursuite des int\u00e9r\u00eats particuliers avait trahi l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Il r\u00e9affirme aujourd\u2019hui sa foi dans le laissez-faire : observez, dit-il, que le seul secteur financier qu\u2019on ait laiss\u00e9 tranquille, le march\u00e9 boursier am\u00e9ricain se porte tr\u00e8s bien. L\u2019exemple n\u2019est cependant pas aussi convaincant qu\u2019il le souhaiterait puisque depuis le \u00ab krach \u00e9clair \u00bb du 6 mai, les intervenants d\u00e9sertent ce march\u00e9 (je rappelle que le volume y a baiss\u00e9 de 25 % entre le deuxi\u00e8me et le troisi\u00e8me trimestre de cette ann\u00e9e), les plus optimistes d&rsquo;entre eux en raison de sa pr\u00e9disposition actuelle au krach, et les plus pessimistes en raison du fait que cette pr\u00e9disposition pourrait \u00eatre due aux manipulations de prix qu\u2019autorise le <i>High Frequency Trading<\/i> (HFT) que <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=16581\">j\u2019\u00e9voquais ici la semaine derni\u00e8re<\/a>. <\/p>\n<p>L\u2019intelligence d\u2019Alan Greenspan ne cessera apparemment d\u2019impressionner qu\u2019au jour de sa mort (il a aujourd\u2019hui 84 ans). Ceci dit, il n\u2019en est pas moins pareil \u00e0 nous : combinant les jugements \u00e9clair\u00e9s par la raison et ceux \u00e9gar\u00e9s par la foi.<\/p>\n<blockquote><p><strong>(*) Un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Paul Jorion est un \u00ab journaliste presslib\u2019 \u00bb qui vit exclusivement de ses droits d\u2019auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d\u2019\u00e9crire comme il le fait aujourd\u2019hui tant que vous l\u2019y aiderez. Votre soutien peut s\u2019exprimer <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=647\">ici<\/a>.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><object width=\"480\" height=\"360\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xf5uf2?additionalInfos=0\"\/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"\/><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\"\/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xf5uf2?additionalInfos=0\" width=\"480\" height=\"360\" allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\"\/><\/object><\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Greenspan : \u00ab La peur d\u00e9prime la reprise am\u00e9ricaine \u00bb<\/h3>\n<p>Alan Greenspan, pr\u00e9sident de la Federal Reserve, la banque centrale am\u00e9ricaine, de 1987 \u00e0 2006, a publi\u00e9 mercredi dernier une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[221],"class_list":["post-16918","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","tag-alan-greenspan"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16918","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16918"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16918\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47970,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16918\/revisions\/47970"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16918"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16918"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16918"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}