{"id":17234,"date":"2010-10-17T21:01:19","date_gmt":"2010-10-17T21:01:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=17234"},"modified":"2013-01-02T17:54:59","modified_gmt":"2013-01-02T16:54:59","slug":"lactualite-de-la-crise-lepicentre-de-la-guerre-monetaire-en-asie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/10\/17\/lactualite-de-la-crise-lepicentre-de-la-guerre-monetaire-en-asie\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>L&rsquo;\u00c9PICENTRE DE LA GUERRE MON\u00c9TAIRE EN ASIE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>A son tour, l&rsquo;Asie est atteinte par la crise, principale victime de la guerre mon\u00e9taire. <\/p>\n<p>Une rencontre va donc y tomber \u00e0 pic, tout en ne r\u00e9glant rien ! Demain lundi, \u00e0 Shanghai, la Banque populaire de Chine accueillera la fine fleur des banquiers centraux sous le parrainage du FMI.  Zhou Xiaochuan, gouverneur de la PBoC, et Dominique Strauss-Kahn, que l&rsquo;on ne pr\u00e9sente plus, pr\u00e9sideront la r\u00e9union. <\/p>\n<p>Actuellement th\u00e9\u00e2tre principal de la guerre des monnaies, l\u2019Asie pourrait demain se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre le terrain et l\u2019occasion d\u2019un pas en avant en vue de la r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international. Cette r\u00e9union pourrait permettre d\u2019avancer les premiers pions, \u00e0 moins que tout ne soit que plans sur la com\u00e8te, dans un horizon totalement bouch\u00e9. <\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, nul ne doute que la r\u00e9flexion se focalisera sur les prochains petits pas qui pourraient \u00eatre ult\u00e9rieurement accomplis, ceux-l\u00e0 m\u00eames que les dirigeants chinois affectionnent et n\u2019ont cess\u00e9 d&rsquo;effectuer, mais en y associant dor\u00e9navant la r\u00e9gion&#8230; et le FMI, qui ne voudrait pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9 de la partie.  <\/p>\n<p>Les achats chinois de terres agricoles, ainsi que leurs investissements dans les ressources mini\u00e8res et l\u2019\u00e9nergie, avec comme objectif commun de garantir leurs approvisionnements, sont bien connus. Leur accord dans le transport maritime avec le gouvernement grec n\u2019est pas pass\u00e9 inaper\u00e7u. Mais leurs perc\u00e9es dans le domaine mon\u00e9taire ont \u00e9t\u00e9 masqu\u00e9es par les passes d\u2019armes incessantes qui les ont oppos\u00e9s aux Etats-Unis. Elles ne sont d&rsquo;ailleurs pas pr\u00e8s d&rsquo;\u00eatre finies : en ao\u00fbt dernier, le d\u00e9ficit commercial am\u00e9ricain avec la Chine est de nouveau mont\u00e9, pour atteindre 28 milliards de dollars en donn\u00e9es brutes.  <\/p>\n<p><!--more-->Dans un premier temps, des accords bilat\u00e9raux \u00e0 la port\u00e9e imm\u00e9diate plus symbolique qu\u2019autre chose ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s, afin que les relations commerciales entre la Chine et les pays en b\u00e9n\u00e9ficiant soient effectu\u00e9es dans les monnaies des deux parties, excluant donc le dollar ou m\u00eame l&rsquo;euro. Il est attendu qu\u2019ils prennent de l\u2019ampleur dans le cadre du d\u00e9veloppement des relations Sud-Sud (\u00e0 l\u2019image du commerce sino-br\u00e9silien). <\/p>\n<p>D\u2019autres mesures plus techniques ont ensuite \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es : la banque centrale de Malaisie a pu acheter des obligations chinoises libell\u00e9es en yuan. Des entreprises \u00e9trang\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 \u00e9mettre des obligations dans la monnaie chinoise. Les r\u00e9gions et entreprises nationales ont obtenu des possibilit\u00e9s accrues d\u2019utiliser le yuan pour effectuer leurs achats \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Enfin, Clearstream &#8211; l&rsquo;une des deux chambres de compensation europ\u00e9ennes &#8211; a ajout\u00e9 le yuan \u00e0 la liste des devises de r\u00e8glement dans laquelle elle intervient. <\/p>\n<p>Puis, la guerre des monnaies a commenc\u00e9, bouleversant le paysage. Affectant particuli\u00e8rement l\u2019Asie. En raison \u00e0 la fois de l\u2019appr\u00e9ciation du yen japonais et de la bataille qui s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 coup d\u2019interventions mon\u00e9taires du Japon et de la Cor\u00e9e du Sud, deux pays exportateurs en concurrence sur les march\u00e9s et confront\u00e9s au m\u00eame probl\u00e8me. Tandis que Singapour affecte de rester les bras crois\u00e9s, la Tha\u00eflande intervient \u00e0 son tour pour tenter de limiter l\u2019afflux des capitaux \u00e9trangers. Ici ou l\u00e0, des mesures r\u00e9glementaires de contr\u00f4le des capitaux sont prises. <\/p>\n<p>Le fonctionnement du march\u00e9 mon\u00e9taire asiatique correspond de moins en moins aux canons de la th\u00e9orie. Impliquant qu&rsquo;il faut changer de canons ou faire parler la poudre. Sans surprise et par d\u00e9faut, la seconde option a \u00e9t\u00e9 choisie.<\/p>\n<p>Des chiffres assez extravagants circulent \u00e0 propos de l&rsquo;invasion des capitaux \u00e9trangers, qui s\u2019amplifie d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. L\u2019Institute for International Finance, association des m\u00e9gabanques et lobbyiste patent\u00e9 de celles-ci, estime que les pays <i>\u00e9mergents<\/i> devraient dans leur ensemble \u00eatre inond\u00e9s de 825 milliards de dollars net en 2010, contre 581 milliards en 2009. Sur ce montant, l&rsquo;Asie recevrait environ 343 milliards cette ann\u00e9e, contre 337 l&rsquo;an dernier.<\/p>\n<p>La ru\u00e9e de ces capitaux est g\u00e9n\u00e9ratrice de grands d\u00e9s\u00e9quilibres, \u00e0 l\u2019origine d\u2019importantes bulles financi\u00e8res sur les march\u00e9s des actions et de l\u2019immobilier. L&rsquo;ascension des valeurs boursi\u00e8res se fait parall\u00e8lement \u00e0 celle des cours des monnaies. Certains ont tent\u00e9 de faire porter sur les seuls Chinois la responsabilit\u00e9 du d\u00e9clenchement des hostilit\u00e9s. Pourtant, c&rsquo;est la ru\u00e9e des capitaux vers les pays <i>\u00e9mergents<\/i> qui joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans le d\u00e9r\u00e8glement mon\u00e9taire qui a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Les banques centrales asiatiques sont coinc\u00e9es dans une contradiction, tent\u00e9es d\u2019augmenter leur taux pour lutter contre l\u2019inflation mais craignant d\u2019attirer ainsi encore plus de capitaux. Il n\u2019y a pas que les pays exportateurs qui sont donc affect\u00e9s par la guerre des monnaie : elle est g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences de l&rsquo;affaiblissement du dollar ne s&rsquo;arr\u00eatent pas l\u00e0. En Asie, comme dans les autres pays <i>\u00e9mergents<\/i>, il joue un r\u00f4le qui va au-del\u00e0 de son poids dans les \u00e9changes commerciaux internationaux, encore dominant. En raison de la <i>dollarisation<\/i> des \u00e9conomies, qui s&rsquo;illustre par le poids qu&rsquo;il poss\u00e8de \u00e9galement dans les \u00e9changes \u00e9conomiques internes, se substituant \u00e0 des monnaies locales faibles et soumises \u00e0 de fr\u00e9quents accidents de parcours. Dans de nombreux pays asiatiques, le dollar circule autant en interne que la monnaie locale.<\/p>\n<p>L\u2019affaiblissement continu du dollar conduit d\u00e9sormais \u00e0 une amorce de <i>d\u00e9-dollarisation<\/i> de l\u2019\u00e9conomie, la confiance dans celui-ci s\u2019affaiblissant. La fin de l\u2019asservissement au dollar &#8211; qui jouait un r\u00f4le stabilisateur &#8211; impliquant de trouver \u00e0 terme un nouveau m\u00e9canisme de remplacement. <\/p>\n<p>L\u2019emprise sur le d\u00e9clin du dollar est donc multiple. Jouant un r\u00f4le destin\u00e9 \u00e0 continuer de d\u00e9cro\u00eetre dans les \u00e9changes internationaux, stabilisateur mon\u00e9taire interne amen\u00e9 \u00e0 ne plus remplir cette fonction. Sa faiblesse contribuant par ailleurs \u00e0 la d\u00e9valorisation des r\u00e9serves des banques centrales, au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elles en ach\u00e8tent afin de lutter contre l\u2019appr\u00e9ciation de leur monnaie. Tout cela tend irr\u00e9vocablement vers sa fin. <\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9difice est chancelant et doit \u00eatre reconstruit sur de nouvelles bases, mais lesquelles ? Une base d&rsquo;appui existe d\u00e9j\u00e0 en Asie. C&rsquo;est <i>L\u2019initiative de Chiang Mai<\/i>, du nom des accords pass\u00e9s entre les dix pays de l\u2019Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), la Chine, le Japon et la Cor\u00e9e du Sud. <\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un r\u00e9seau d\u2019accords bilat\u00e9raux d\u2019\u00e9changes mon\u00e9taires (swaps) entre les signataires, progressivement mis en place \u00e0 la suite de la crise financi\u00e8re asiatique de 1997. En 2009, d\u2019apr\u00e8s Bloomberg, exprim\u00e9s en dollars am\u00e9ricains, ils contribueraient ensemble \u00e0 la constitution d&rsquo;une r\u00e9serve de change globale de 4.100 milliards. Une \u00e9norme force de frappe potentielle. <\/p>\n<p>Ces accords sont l\u2019\u00e9bauche d\u2019un fonds mon\u00e9taire r\u00e9gional, concr\u00e9tisation asiatique de celui que le FMI voudrait susciter dans toutes les r\u00e9gions du monde, afin de d\u00e9multiplier ses moyens d&rsquo;action dans un contexte qui en laisse pr\u00e9sager la n\u00e9cessit\u00e9. Un fonds mon\u00e9taire \u00e0 la formation duquel les am\u00e9ricains se sont jusqu\u2019alors oppos\u00e9s, de peur de ne pas le contr\u00f4ler, et dont la naissance reste toujours tr\u00e8s probl\u00e9matique. <\/p>\n<p>Il est peu probable que ce chiffon rouge soit agit\u00e9 \u00e0 Shanghai, tout du moins depuis les tribunes. Seul l\u2019examen des \u00ab\u00a0politiques prudentielles\u00a0\u00bb est officiellement \u00e0 l\u2019ordre du jour. Mais le FMI nous a depuis quelque temps habitu\u00e9 \u00e0 profiter de rencontres organis\u00e9es sous des pr\u00e9textes plus ou moins anodins pour en r\u00e9alit\u00e9 discuter discr\u00e8tement de plans pour l\u2019avenir sur les sujets qui f\u00e2chent, sans que cela mange trop de pain. Leur concr\u00e9tisation d\u00e9pendant ensuite d&rsquo;une opportunit\u00e9 favorable. <\/p>\n<p>Afin d\u2019arrondir les angles &#8211; seul objectif tenable dans l&rsquo;imm\u00e9diat &#8211; les ministres des finances du G20 se r\u00e9uniront les 22 et 23 octobre prochains : cela sera la derni\u00e8re station avant le d\u00e9sert &#8211; celui que le G20 va donner \u00e0 contempler, faute de d\u00e9cisions concr\u00e8tes pour d\u00e9samorcer la guerre mon\u00e9taire. Car ses organisateurs sud-cor\u00e9ens ont commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer le terrain en faisant savoir qu\u2019il ne fallait pas s\u2019attendre \u00e0 des miracles. Non sans humour, ils annoncent d\u00e9j\u00e0 un communiqu\u00e9 final \u00ab\u00a0riche en vocabulaire\u00a0\u00bb\u00a0! Ils connaissent leur monde. <\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Washington, et nulle part ailleurs, que la d\u00e9cision essentielle devrait \u00eatre prise. Les 2 et 3 novembre prochains, \u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9union du Comit\u00e9 de politique mon\u00e9taire de la Fed et au nez et \u00e0 la barbe du G20. Ce sera probablement celle de l&rsquo;escalade. <\/p>\n<p>La perspective d&rsquo;une remise sur ses pieds du syst\u00e8me mon\u00e9taire international va s&rsquo;\u00e9loigner dans le lointain et la guerre mon\u00e9taire s&rsquo;en trouver intensifi\u00e9e. Chacun s&#8217;employant simplement \u00e0 ne pas aller trop loin dans les paroles. Son issue devient plus improbable, tout comme l&rsquo;est celle de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique. <\/p>\n<p>La crise est devenue \u00e0 la fois globale et mondiale, c&rsquo;est tout ce qui peut \u00eatre constat\u00e9. Dans sa nouvelle mise en sc\u00e8ne, le G20 va faire la d\u00e9monstration de son impuissance en tentant de meubler ses silences. La lente chute de l&rsquo;Empire am\u00e9ricain a libre cours pour continuer d&rsquo;imposer son rythme \u00e0 la crise et entra\u00eener le reste du monde avec elle.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>A son tour, l&rsquo;Asie est atteinte par la crise, principale victime de la guerre mon\u00e9taire. <\/p>\n<p>Une rencontre va donc y tomber \u00e0 pic, tout en ne r\u00e9glant rien ! Demain lundi, \u00e0 Shanghai, la Banque populaire de Chine accueillera la fine fleur des banquiers centraux sous le parrainage du FMI. Zhou Xiaochuan, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307,21],"tags":[312,40,915,4475,31,33,901,76],"class_list":["post-17234","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","category-monnaie","tag-asie","tag-chine","tag-coree-du-sud","tag-etats-unis","tag-fmi","tag-g20","tag-guerre-des-monnaies","tag-japon"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17234","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17234"}],"version-history":[{"count":74,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17234\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47955,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17234\/revisions\/47955"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17234"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17234"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17234"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}