{"id":17530,"date":"2010-10-25T10:55:52","date_gmt":"2010-10-25T10:55:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=17530"},"modified":"2013-01-02T17:53:51","modified_gmt":"2013-01-02T16:53:51","slug":"bfm-radio-lundi-25-octobre-2010-a-10h46-ou-lon-parle-de-guerre-civile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/10\/25\/bfm-radio-lundi-25-octobre-2010-a-10h46-ou-lon-parle-de-guerre-civile\/","title":{"rendered":"BFM Radio, lundi 25 octobre 2010 \u00e0 10h46 \u2013 O\u00f9 l\u2019on parle de guerre civile"},"content":{"rendered":"<p><object width=\"480\" height=\"360\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xfds94?additionalInfos=0\"\/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"\/><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\"\/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xfds94?additionalInfos=0\" width=\"480\" height=\"360\" allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\"\/><\/object><\/p>\n<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p><\/blockquote>\n<p>O\u00f9 l\u2019on parle de guerre civile, la guerre civile en question \u00e9tant celle qui se pr\u00e9pare au sein du secteur bancaire am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>On a beaucoup parl\u00e9 aux \u00c9tats-Unis au cours des semaines r\u00e9centes du \u00ab foreclosuregate \u00bb, une expression calqu\u00e9e sur le Watergate, le nom du scandale qui signa la chute du pr\u00e9sident Nixon. J\u2019en ai parl\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=17229\">ici-m\u00eame la semaine derni\u00e8re<\/a>. Je rappelle en deux mots qu\u2019il s\u2019agit des anomalies qui sont apparues en raison du fait que si le syst\u00e8me l\u00e9gal am\u00e9ricain exige toujours que le titre de propri\u00e9t\u00e9 d\u2019une habitation soit constitu\u00e9 d\u2019un document sur support papier, le syst\u00e8me financier est lui pass\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement \u00e9lectronique en raison des transferts de cr\u00e9ance multiples auxquels la titrisation des cr\u00e9dits hypoth\u00e9caires est susceptible de donner lieu, les <i>Mortgage-Backed Security<\/i> (pour les pr\u00eats \u00ab prime \u00bb) et <i>Asset-Backed Security<\/i> (pour les pr\u00eats \u00ab subprime \u00bb), constitu\u00e9s de plusieurs milliers de cr\u00e9dits consolid\u00e9s en une obligation unique, se n\u00e9gociant sur un march\u00e9 secondaire comme tout produit qui peut circuler par la revente. Le processus de saisie exige dans certains \u00c9tats am\u00e9ricains la pr\u00e9sentation du titre de propri\u00e9t\u00e9 \u2013 qui, dans le cas du cr\u00e9dit hypoth\u00e9caire demeure en possession de l\u2019organisme pr\u00eateur jusqu\u2019au remboursement total du principal. Les incoh\u00e9rences entre les deux syst\u00e8mes ont conduit \u00e0 de multiples erreurs et les m\u00e9nages menac\u00e9s se sont enhardis dans la lutte contre les banques qui tentent de saisir leur logement.     <\/p>\n<p>Les contestations constituent un probl\u00e8me logistique pour les banques, dont le co\u00fbt est essentiellement d\u00fb au retard qu\u2019elles causent dans la proc\u00e9dure de saisie. Ceci dit, le march\u00e9 de l\u2019immobilier est \u00e0 ce point d\u00e9prim\u00e9 aux \u00c9tats-Unis qu\u2019un \u00e9talement des ventes aux ench\u00e8res qui r\u00e9sultent de ces saisies n\u2019est pas forc\u00e9ment malvenu du point de vue des banques. Ce qui fait la popularit\u00e9 du \u00ab foreclosuregate \u00bb dans la presse am\u00e9ricaine, c\u2019est sa dimension \u00ab David contre Goliath \u00bb, dans un contexte o\u00f9 le traitement scandaleusement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 entre pr\u00eateurs et emprunteurs depuis le d\u00e9but de la crise r\u00e9vulse l\u2019opinion publique. Le probl\u00e8me pourrait cependant \u00eatre rapidement r\u00e9solu du fait que Fannie Mae et Freddie Mac ont pris les choses en main en d\u00e9terminant une norme de traduction des documents \u00e9lectroniques en documents imprim\u00e9s. <\/p>\n<p>Plus s\u00e9rieux sans doute du point de vue de l\u2019avenir des banques est un autre mouvement de contestation qui se d\u00e9veloppe en ce moment et qui risque, avec le \u00ab foreclosuregate \u00bb, de les prendre en tenaille. Il ne s\u2019agit pas cette fois des emprunteurs tirant parti des incoh\u00e9rences du double syst\u00e8me d\u2019enregistrement mais d\u2019investisseurs ayant achet\u00e9 les MBS et les ABS. Le n\u0153ud de l\u2019affaire est que l\u2019investisseur b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un recours si un pr\u00eat int\u00e9gr\u00e9 dans l&rsquo;un de ces titres est frauduleux : il peut alors exiger de le faire remplacer au sein du titre par un cr\u00e9dit de bon aloi, voire m\u00eame se faire simplement rembourser. <\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici les plaintes ne rassemblaient que de \u00ab petits porteurs \u00bb dans ce que les Am\u00e9ricains appellent des \u00ab class action \u00bb : des plaintes d\u00e9pos\u00e9es par des regroupements de consommateurs, et les recours s\u2019\u00e9taient enlis\u00e9s dans un bourbier juridique. Tout a chang\u00e9 la semaine derni\u00e8re quand des plaintes ont cette fois \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par d\u2019authentiques poids lourds. Il s\u2019agit dans le premier cas d\u2019une alliance entre PIMCO, le plus important fonds obligataire am\u00e9ricain (membre du groupe d\u2019assurance allemand Allianz), de BlackRock, un gestionnaire de fonds, h\u00e9ritier en particulier de certains produits toxiques de l\u2019assureur AIG, et de la Federal Reserve Bank of New York, sortant du r\u00f4le de neutralit\u00e9 que l\u2019on attend de la part d\u2019une des composantes de la Federal Reserve, la banque centrale am\u00e9ricaine. Dans le second cas, il s\u2019agit rien moins que de la Federal Housing Finance Agency, le r\u00e9gulateur des <i>Government-Sponsored Entities<\/i>, Fannie Mae et Freddie Mac, qui a contact\u00e9 un cabinet d\u2019avocats, Quinn Emanuel \u2013 dont on pr\u00e9cise qu\u2019il n\u2019a pas de clients dans le secteur bancaire \u2013 en vue de se pr\u00e9parer \u00e0 intenter des actions en justice. Les GSE viennent d\u2019ailleurs de r\u00e9clamer une rallonge de 6 milliards de dollars aux 148 milliards que leur soutien a d\u00e9j\u00e0 co\u00fbt\u00e9. Un chiffre a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 la semaine derni\u00e8re pour le co\u00fbt total probable du sauvetage des GSE : 363 milliards de dollars.<\/p>\n<p>La cible commune de tous ces intervenants : les banques qui ont titris\u00e9 les cr\u00e9dits et qui demeurent responsables de la qualit\u00e9 de ces cr\u00e9dits regroup\u00e9s en MBS et en ABS. Est vis\u00e9e tout particuli\u00e8rement Bank of America qui avait rachet\u00e9 au moment de sa chute en juillet 2008 Countrywide, jusque-l\u00e0 le principal organisme de cr\u00e9dit hypoth\u00e9caire aux \u00c9tats-Unis. Ne sont pas \u00e9pargn\u00e9es non plus des banques \u00e0 la r\u00e9putation moins sulfureuse, telle Wells Fargo, la grande banque de San Francisco. L\u2019\u00e9valuation du co\u00fbt total pour les banques d\u2019actions en justice contre elles couronn\u00e9es de succ\u00e8s, varie entre 55 et 179 milliards de dollars. <\/p>\n<p>Les ennuis du \u00ab foreclosuregate \u00bb avaient d\u00e9j\u00e0 contribu\u00e9 \u00e0 faire tomber la valeur des titres des principales banques \u00e9mettrices de MBS et d\u2019ABS, la nouvelle offensive des poids lourds que sont PIMCO, la Federal Reserve de New York, BlackRock et les jumeaux maudits Fannie et Freddie leur ass\u00e8ne un nouveau coup de b\u00e9lier, et celui-ci, beaucoup plus s\u00e9rieux : le titre Bank of America a perdu pr\u00e8s de 15 % de sa valeur en dix jours. Pourquoi l\u2019intervention de ces poids lourds modifie-t-elle la donne ? Parce qu\u2019il existait jusqu\u2019ici un cercle vicieux : pour pouvoir affirmer qu\u2019il y avait fraude, il fallait que le plaignant identifie nomm\u00e9ment les cr\u00e9dits frauduleux, ce qui \u00e9tait pratiquement impossible en l\u2019absence d\u2019un acc\u00e8s aux documents. La Federal Housing Finance Agency, \u00e9tant un r\u00e9gulateur, a cependant elle la possibilit\u00e9 d\u2019exiger d\u2019obtenir copie de tout document dont elle souhaite avoir connaissance (proc\u00e9dure du \u00ab subpoena \u00bb).  <\/p>\n<p>Un commentateur a fait observer \u00e0 propos de la Federal Reserve Bank de New York, qu\u2019elle se trouve d\u00e9sormais dans une situation in\u00e9dite : plaignante contre des banques commerciales am\u00e9ricaines, elle est \u00e9galement par ailleurs \u2013 au titre de composante de la Fed \u2013 pr\u00eateur de dernier recours pour ces m\u00eames banques. Pourquoi la FRNY se retrouve-t-elle en position de plaignante ? Parce que quand fit faillite en mars 2008 Bear Stearns, \u00e0 l\u2019\u00e9poque 5<sup>e<\/sup> banque d\u2019investissement de Wall Street (Lehman Brothers \u00e9tait elle 4<sup>e<\/sup> et devait tomber six mois plus tard), JP Morgan r\u00e9cup\u00e9ra les restes de la firme mais b\u00e9n\u00e9ficia d\u2019une aide substantielle de la part de la Fed. Comme legs du sauvetage, la FRNY h\u00e9rita du cadeau empoisonn\u00e9 que constituaient les produits financiers toxiques en possession de Bear Stearns, des ABS essentiellement. <\/p>\n<p>Le Secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor, Henry Paulson, avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque qu\u2019un sauvetage comme celui de Bear Stearns ne pourrait pas \u00eatre renouvel\u00e9 et il ne le fut en effet pas pour Lehman Brothers, avec les cons\u00e9quences que l\u2019on sait. La raison, on le comprit ensuite, c\u2019\u00e9tait la qualit\u00e9 abominable des produits toxiques dont la FRNY avait h\u00e9rit\u00e9. Depuis, on n\u2019en parlait plus, jusqu\u2019\u00e0 ce que, la semaine derni\u00e8re, la banque f\u00e9d\u00e9rale r\u00e9gionale nous rappelle brutalement un vieil adage : \u00ab La vengeance est un plat qui se mange froid \u00bb.              <\/p>\n<blockquote><p><strong>(*) Un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a soit reproduit \u00e0 sa suite. Paul Jorion est un \u00ab journaliste presslib\u2019 \u00bb qui vit exclusivement de ses droits d\u2019auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d\u2019\u00e9crire comme il le fait aujourd\u2019hui tant que vous l\u2019y aiderez. Votre soutien peut s\u2019exprimer <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?page_id=647\">ici<\/a>.<\/strong><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><object width=\"480\" height=\"360\"><param name=\"movie\" value=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xfds94?additionalInfos=0\"\/><param name=\"allowFullScreen\" value=\"true\"\/><param name=\"allowScriptAccess\" value=\"always\"\/><embed type=\"application\/x-shockwave-flash\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/swf\/video\/xfds94?additionalInfos=0\" width=\"480\" height=\"360\" allowfullscreen=\"true\" allowscriptaccess=\"always\"\/><\/object><\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*) <\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>O\u00f9 l\u2019on parle de guerre civile, la guerre civile en question \u00e9tant celle qui se pr\u00e9pare au sein du secteur bancaire am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>On a beaucoup parl\u00e9 aux \u00c9tats-Unis au cours [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-17530","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17530","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17530"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17530\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47940,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17530\/revisions\/47940"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17530"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17530"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17530"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}