{"id":18139,"date":"2010-11-10T15:07:23","date_gmt":"2010-11-10T16:07:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18139"},"modified":"2013-01-02T14:57:28","modified_gmt":"2013-01-02T13:57:28","slug":"lactualite-de-la-crise-leurope-dans-un-cercle-vicieux-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/11\/10\/lactualite-de-la-crise-leurope-dans-un-cercle-vicieux-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i>  : <b>L&rsquo;EUROPE DANS UN CERCLE VICIEUX<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Une \u00e9preuve de force est en cours en Europe, qui a pour champ de bataille le march\u00e9 obligataire. Les taux des obligations irlandaises et portugaises, et dans une moindre mesure grecques et espagnoles, continuent de grimper pour atteindre \u00e0 nouveau des records. Le taux des emprunts irlandais \u00e0 10 ans s&rsquo;\u00e9tablissait ce mercredi matin \u00e0 8,165%, le Portugal ayant de son c\u00f4t\u00e9 plac\u00e9 686 millions d&rsquo;euros \u00e0 10 ans \u00e0 6,806%, contre 6,242 lors d&rsquo;une \u00e9mission similaire intervenue le 22 septembre. En cons\u00e9quence, l\u2019euro continue de descendre par rapport au dollar, les <i>march\u00e9s<\/i> arbitrant en faveur de la monnaie consid\u00e9r\u00e9e la moins risqu\u00e9e relativement.  <\/p>\n<p>Ce nouvel acc\u00e8s de fi\u00e8vre anticipe les dangers qui se profilent dans les mois qui viennent, notamment lorsque l\u2019Irlande va devoir r\u00e9emprunter. Les pays entr\u00e9s dans la zone des temp\u00eates sont assassin\u00e9s \u00e0 petit feu et la pression ne fait qu\u2019augmenter. Cette fi\u00e8vre s\u2019appuie sur la conviction que la barre qu\u2019il leur est assign\u00e9 de franchir est trop haute, et qu\u2019il sont irr\u00e9vocablement engag\u00e9s dans une spirale descendante. Elle exprime \u00e9galement un clair et cat\u00e9gorique refus d\u2019\u00eatre mis \u00e0 contribution dans le cadre de futurs plans de sauvetage, comme cela est d\u00e9sormais envisag\u00e9 dans son principe. Les \u00e9clairages apport\u00e9s par le ministre allemand des finances montrant que, bien que la peine envisag\u00e9e soit b\u00e9nigne, son principe fait \u00e0 lui seul r\u00e9agir brutalement. <\/p>\n<p>Il se confirme \u00e9galement que, dans ce calendrier rapproch\u00e9, le seul parapet existant sur une route devenue tr\u00e8s sinueuse et pentue est le fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (EFSF). Dont les moyens potentiels &#8211; 440 milliards d&rsquo;euros maximum, qui doivent \u00eatre trouv\u00e9s sur les march\u00e9s &#8211; apparaissent sous-dimensionn\u00e9s par rapport aux besoins conjoints de ces quatre pays. <\/p>\n<p><!--more-->Ces d\u00e9veloppements donnent r\u00e9trospectivement raison &#8211; mais de quelle mani\u00e8re ! &#8211; \u00e0 Jean-Claude Trichet, lorsqu\u2019il a tout derni\u00e8rement tent\u00e9 de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une restructuration de dette ordonn\u00e9e, impliquant d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre les cr\u00e9anciers. Cette perspective, comme il n\u2019a pas voulu le dire explicitement, est proprement insoutenable pour les banques cr\u00e9ditrices, dont les bilans sont gav\u00e9s d\u2019obligations d\u2019Etat achet\u00e9es en utilisant les pr\u00eats de la BCE, et qui ne sauraient plus vers o\u00f9 se tourner si ces actifs n\u2019\u00e9taient plus porteurs des garanties d&rsquo;antan. <\/p>\n<p>Il est \u00e0 remarquer que, non d&rsquo;ailleurs sans logique, Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre des finances allemand, justifie la menace d\u2019une \u00e9ventuelle d\u00e9cote des obligations souveraines d\u2019Etat en faillite en la pr\u00e9sentant comme une mesure devant dissuader les Etats d\u2019en \u00e9mettre et les banques d\u2019en acqu\u00e9rir. Renvoyant donc au credo de la rigueur, alors que <i>les march\u00e9s<\/i> n&rsquo;y croient pas, ce qui cr\u00e9e un parfait cercle vicieux. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s le fonds de stabilit\u00e9 financier (EFSF), voici donc de nouvelles dispositions dont la principale caract\u00e9ristique est de ne pas \u00eatre destin\u00e9s \u00e0 servir ! <\/p>\n<p>Le ministre pr\u00e9cise que, dans son esprit, ces dispositions n\u2019entreront en vigueur qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion de nouvelles \u00e9missions obligataires, les r\u00e8gles du jeu clairement \u00e9tablies au pr\u00e9alable, et ne concerneront pas les titres d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tenus. Afin d\u2019adoucir encore la peine, il d\u00e9crit un m\u00e9canisme en deux temps, une premi\u00e8re \u00e9tape pouvant consister en l\u2019allongement de la maturit\u00e9 des obligations, seule la seconde aboutissant \u00e0 une d\u00e9cote. Enfin, il envisage de confier la surveillance de l\u2019ensemble du processus au FMI, exprimant ainsi sa tr\u00e8s relative confiance dans les institutions et les Etats europ\u00e9ens. Il faut que le juge soit inflexible et hors d&rsquo;atteinte&#8230;<\/p>\n<p>Rien cependant n&rsquo;y fait, \u00e0 consulter l&rsquo;\u00e9volution des taux obligataires. Comme si le probl\u00e8me \u00e9tait compris comme \u00e9tant celui de la solvabilit\u00e9 des Etats, incapables de faire face. Les Irlandais, en attendant de nouvelles d\u00e9valorisations des actifs immobiliers, en sont \u00e0 devoir supporter une dette de 150 milliards d&rsquo;euros, alors que le PIB a chut\u00e9 de 3% en 2008 et 7,1% en 2009. <\/p>\n<p>S\u2019effor\u00e7ant de garder des munitions, la BCE se r\u00e9serve pour intervenir \u00e0 nouveau sur le march\u00e9 obligataire en achetant des obligations au moment crucial, quand les Etats en difficult\u00e9 devront y retourner. Mais les <i>march\u00e9s<\/i> font cependant savoir, en manifestant leur impatience, que cela revient \u00e0 mon\u00e9tiser la dette de ceux-ci et que c\u2019est \u00e0 l\u2019EFSF et au FMI d\u2019intervenir sans plus tarder. Cette porte l\u00e0 est aussi ferm\u00e9e.<\/p>\n<p>Que reste-t-il d&rsquo;autre \u00e0 entreprendre, si ni les Etats ni la BCE n\u2019interviennent ? <\/p>\n<p>On est d\u00e9sormais entr\u00e9 au c\u0153ur des contradictions. M\u00eame avec le soutien financier du FMI &#8211; devenu incontournable &#8211; il n\u2019y a pas de solution au probl\u00e8me de la dette qui ne repose sur un traitement conjoint de la dette publique et priv\u00e9e, le jeu de la patate chaude entre les Etats et les banques ne fonctionnant plus. Et de cesser de financer des dettes par un nouvel endettement, ench\u00e9rissant le co\u00fbt de l\u2019ensemble. Ou bien d\u2019exiger des Etats les plus vuln\u00e9rables qu\u2019ils trouvent seuls les ressources permettant de r\u00e9gler une addition, dont les plus fortun\u00e9s ne veulent pas entendre parler. <\/p>\n<p>Le temps, cet habituel alli\u00e9 des politiques &#8211; qui le mettent \u00e0 profit pour diff\u00e9rer le r\u00e8glement des probl\u00e8mes sur lesquels ils butent &#8211; n\u2019est pas en leur faveur. Alors qu\u2019ils ont fond\u00e9 toute leur politique sur sa ressource. <\/p>\n<p>Afin de tenter de d\u00e9bloquer leur propre situation, les Etats-Unis se sont lanc\u00e9s dans une op\u00e9ration destin\u00e9e \u00e0 \u00e9viter de sombrer dans la d\u00e9flation, passant aux profits et pertes ses effets, justifiant leur choix comme \u00e9tant celui du moindre mal. Les Europ\u00e9ens de la zone euro n\u2019ont ni les moyens ni l\u2019intention affich\u00e9e de les suivre et sont plac\u00e9s devant un mur qu\u2019ils ne peuvent franchir. Les Britanniques, de leur c\u00f4t\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficiant de la d\u00e9pr\u00e9ciation de la livre, s\u2019accrochent \u00e0 la perspective d\u2019une reprise mod\u00e9r\u00e9e, sans pr\u00e9ciser la contribution des services financiers \u00e0 celle-ci. La Bank of England restant sur le pied de guerre, pr\u00eate \u00e0 suivre la Fed dans sa politique d\u2019assouplissement quantitatif. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une \u00e9preuve de force est en cours en Europe, qui a pour champ de bataille le march\u00e9 obligataire. Les taux des obligations irlandaises et portugaises, et dans une moindre mesure grecques et espagnoles, continuent de grimper pour atteindre \u00e0 nouveau des records. 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