{"id":18165,"date":"2010-11-11T18:45:00","date_gmt":"2010-11-11T19:45:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18165"},"modified":"2013-01-02T14:57:27","modified_gmt":"2013-01-02T13:57:27","slug":"lactualite-de-la-crise-tout-senchaine-et-tout-semmele-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/11\/11\/lactualite-de-la-crise-tout-senchaine-et-tout-semmele-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i>: <b>TOUT S&rsquo;ENCHAINE ET TOUT S&rsquo;EMM\u00caLE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Cela va \u00eatre au tour de l\u2019Irlande de d\u00e9m\u00e2ter un de ces prochains jours, prise \u00e9galement dans une forte tourmente obligataire. On croit assister au remake d\u2019un film d\u00e9j\u00e0 vu. <\/p>\n<p>Les <i>autorit\u00e9s les plus autoris\u00e9es<\/i> ont dans un premier temps ni\u00e9 le besoin de toute assistance financi\u00e8re, comme en Gr\u00e8ce. Puis est venu le moment &#8211; nous y sommes &#8211; o\u00f9 cela est enfin envisag\u00e9, ne pouvant plus \u00eatre repouss\u00e9, avant de passer enfin \u00e0 ex\u00e9cution. <\/p>\n<p>La suite de l\u2019histoire est d\u00e9j\u00e0 connue, qui peut \u00eatre encore calqu\u00e9e sur ce qui se passe en Gr\u00e8ce : les engagements pris aupr\u00e8s des nouveaux cr\u00e9anciers ne seront pas tenus, car si les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 seront bien prises, les pr\u00e9visions de recettes ne se concr\u00e9tiseront pas comme pr\u00e9vues. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 les faits de la journ\u00e9e, qui montrent comment l&rsquo;histoire est en train de b\u00e9gayer. Apr\u00e8s ceux de l\u2019Irlande, du Portugal et de la Gr\u00e8ce, qui cr\u00e8vent les plafonds, les taux espagnols jusqu\u2019\u00e0 maintenant plus sages se tendent nettement. Les CDS, qui expriment le co\u00fbt des assurances contre la dette, suivent le mouvement. Ceux des Portugais ont d\u00e9pass\u00e9 les 500 points, pour la premi\u00e8re fois, ceux des Irlandais sont mont\u00e9s \u00e0 620 points de base et ceux des Espagnols \u00e0 294 points. S\u2019embarrassant de circonlocutions, le premier ministre grec George Papandr\u00e9ou, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape suivante, vient de reconna\u00eetre que le d\u00e9ficit public ne serait pas r\u00e9duit comme pr\u00e9vu en fin d\u2019ann\u00e9e&#8230; <\/p>\n<p><!--more-->Olli Rehn, le commissaire europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;Economie et aux Affaires mon\u00e9taires sort d\u2019effectuer une mission \u00e0 Dublin, dont il est revenu en affirmant, les yeux dans les yeux, que la question d\u2019une aide europ\u00e9enne \u00e0 l\u2019Irlande n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e. Deux jours apr\u00e8s, depuis S\u00e9oul, Jos\u00e9 Manuel Barroso, pr\u00e9sident de la commission, admettait que l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e9tait pr\u00eate, \u00ab\u00a0en cas de n\u00e9cessit\u00e9\u00a0\u00bb pr\u00e9cise-t-il pour sauver la face, \u00e0 aider l\u2019Irlande. C\u2019est r\u00e9gl\u00e9 comme du papier \u00e0 musique. <\/p>\n<p>Comme si la coupe n\u2019\u00e9tait pas assez pleine, on craint qu\u2019une seconde vague de d\u00e9fauts sur les pr\u00eats hypoth\u00e9caires ne d\u00e9ferle en Irlande, en raison de l\u2019aggravation de la crise \u00e9conomique. Et que l\u2019Etat n\u2019ait \u00e0 faire face, apr\u00e8s avoir du rembourser les d\u00e9tenteurs d\u2019obligations \u00e9mises par les banques, \u00e0 un nouveau cr\u00e9ancier en la personne morale de la BCE, qui les finance dor\u00e9navant. La structure de d\u00e9faisance mise en place, la NAMA, sonnant alors \u00e0 nouveau \u00e0 la porte pour \u00eatre renflou\u00e9e. <\/p>\n<p>C\u2019est un gouffre dont on ne voit pas le fond, une fois que l&rsquo;on y est tomb\u00e9. Raison pour laquelle les dirigeants portugais et espagnols s&rsquo;efforcent sans grand espoir de rester sur ses bords. <\/p>\n<p>Suivant les pays, les encha\u00eenements de la crise ne sont pas n\u00e9cessairement identiques, mais ils ont en commun d\u2019\u00eatre irr\u00e9sistibles une fois engag\u00e9s. Dans un premier stade, un soutien financier doit venir \u00e9pauler des Etats d\u00e9pass\u00e9s par la situation. Dans un second, tout aussi in\u00e9vitable, c\u2019est un d\u00e9faut de remboursement qui se profile. D\u00e9sormais, c&rsquo;est \u00e0 celui qui sera le premier \u00e0 s&rsquo;y r\u00e9soudre, entra\u00eenant les autres \u00e0 sa suite. <\/p>\n<p>A ce jeu de quilles, les meilleurs plans de bataille sont vite d\u00e9pass\u00e9s. Surtout lorsqu\u2019ils utilisent des armes \u00e0 vocation dissuasive. Ce sera le cas d\u2019un fonds de stabilit\u00e9 (EFSF) sous-dimensionn\u00e9, comme du nouveau <i>m\u00e9canisme de crise<\/i> tel que propos\u00e9 par les Allemands, avant m\u00eame qu\u2019il ne soit port\u00e9 sur les fonds baptismaux. Tout \u00e0 leur logique et enferm\u00e9s dans leur monde, <i>les march\u00e9s<\/i> ne se laissent pas intimider et exigent du concret. <\/p>\n<p>Pratiquant avec un sens consomm\u00e9 l\u2019art de la proph\u00e9tie auto-r\u00e9alisatrice, ils pr\u00e9cipitent la crise. Sonnant l&rsquo;\u00e9chec de la <i>strat\u00e9gie<\/i> sur laquelle l\u2019Allemagne s&rsquo;arc-boute, dont les r\u00e9sultats \u00e0 l\u2019exportation ne peuvent <i>tirer<\/i> comme pr\u00e9tendu l\u2019Europe et lui permettre de r\u00e9sorber ses dettes. Pas plus que ceux, pr\u00e9sum\u00e9s, des Etats-Unis ne vont pouvoir le faire du monde, ainsi que l&rsquo;affiche Barack Obama \u00e0 S\u00e9oul. Dans les deux cas, ce ne sont que des \u00e9chappatoires, faute de mieux. <\/p>\n<p>Un jour ou l&rsquo;autre, il va falloir passer par d&rsquo;immanquables r\u00e9ductions de dettes, en vertu d&rsquo;un m\u00e9canisme \u00e0 inventer et qui tienne la route. Impliquant de prendre en consid\u00e9ration \u00e0 la fois la dette priv\u00e9e et publique, qui se tiennent si serr\u00e9es par la main. Mais tout va \u00eatre fait par les m\u00e9gabanques pour \u00e9viter l\u2019innommable, le renvoi de l\u2019addition de la crise, pour r\u00e8glement, au syst\u00e8me financier. C\u2019est pourtant sur ce m\u00e9canisme-l\u00e0 qu\u2019il faudrait plancher. Il pourrait notamment impliquer la cr\u00e9ation de <i>good banks<\/i> par l&rsquo;Etat, une fois transf\u00e9r\u00e9s les d\u00e9p\u00f4ts, les <i>bad banks<\/i> laiss\u00e9es \u00e0 leur triste sort, afin de ne pas nationaliser les pertes.<\/p>\n<p>Toujours aux avant-postes, Goldman Sachs a confi\u00e9 \u00e0 son \u00e9conomiste en chef, Erik F. Nielsen le soin d\u2019\u00e9tudier le probl\u00e8me, afin de pr\u00e9venir cette d\u00e9sagr\u00e9able \u00e9ventualit\u00e9. Exposant son analyse dans le Financial Times, celui-ci s\u2019est efforc\u00e9 de rassurer les investisseurs, en \u00e9num\u00e9rant les obstacles de toute nature, techniques et juridiques, qui pourraient \u00eatre mis en avant pour s\u2019opposer \u00e0 une restructuration aux frais des cr\u00e9anciers de la dette d\u2019un pays. Pour sugg\u00e9rer une solution \u00e0 ses yeux avantageuse, la constitution d\u2019une sorte de <i>FMI europ\u00e9en<\/i> financ\u00e9 par des fonds publics, comme son grand fr\u00e8re. Rejoignant ensuite les proposition de Wolfgang Sch\u00e4uble, ministre des finances allemand, il a sugg\u00e9r\u00e9 que la participation des cr\u00e9anciers soit envisag\u00e9e, si n\u00e9cessaire, dans le cadre de nouvelles \u00e9missions obligataires (auxquelles il suffirait de ne pas souscrire, si on le comprend bien). <\/p>\n<p>Une autre \u00e9tude vient d\u2019\u00eatre publi\u00e9e, sous la forme d\u2019une proposition sign\u00e9e sous les auspices du Centre Bruegel &#8211; un think tank europ\u00e9en bas\u00e9 \u00e0 Bruxelles &#8211; par un certain nombre de professeurs et chercheurs renomm\u00e9s\u00a0: Jean-Pisani Ferry, Fran\u00e7ois Gianviti, Andr\u00e9 Sapir, J\u00fcrgen Von Haguen et Anne O. Kruger. Cette \u00e9tude reprend largement les conclusions auxquelles cette derni\u00e8re avait abouti lorsqu\u2019elle \u00e9tait directrice g\u00e9n\u00e9rale adjointe du FMI. Il s\u2019agit de cr\u00e9er une proc\u00e9dure de faillite pour les Etats de m\u00eame nature que celle des entreprises, sous l\u2019\u00e9gide non pas d\u2019un tribunal du commerce (comme en France), mais de la Cour europ\u00e9enne de justice, qui pourrait cr\u00e9er une chambre sp\u00e9cialis\u00e9e \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p>Toutefois, les meilleurs m\u00e9canismes renvoient toujours \u00e0 la m\u00eame interrogation, qui ne peut \u00eatre \u00e9lud\u00e9e\u00a0: qui, en fin de compte, va payer\u00a0la <i>remise de peine<\/i> que l&rsquo;on pressent incontournable ? <\/p>\n<p>A voir l\u2019acharnement avec lequel les m\u00e9gabanques se battent &#8211; avec succ\u00e8s &#8211; contre de nouvelles obligations <i>anti-syst\u00e9miques<\/i>, et comment elles se pr\u00e9parent, fort du succ\u00e8s r\u00e9publicain au Congr\u00e8s, \u00e0 adoucir et contourner des pans entiers de la loi Dodd-Frank, dont la r\u00e9glementation Volcker, on peut s\u2019attendre \u00e0 faire face \u00e0 leur refus cat\u00e9gorique de s\u2019engager sur cette voie. En proposant en lieu et place un refinancement des dettes publiques et leur r\u00e9\u00e9chelonnement, afin de financer de la dette par de nouvelles dettes.  <\/p>\n<p>Une longue marche est engag\u00e9e, cette fois-ci \u00e0 reculons et non pas de travers. Celle du d\u00e9tricotage de l\u2019\u00e9bauche de r\u00e9gulation financi\u00e8re, a peine commenc\u00e9e. Mais la conjonction des crises, am\u00e9ricaine, japonaise et europ\u00e9enne, chacune avec sa logique propre s&rsquo;affrontant aux autres, ainsi que leur \u00e9largissement mondial \u00e0 la faveur de la guerre mon\u00e9taire, est porteuse d&rsquo;un nouvel et non des moindres accident de parcours. <\/p>\n<p>Mervyn King, le gouverneur de la Bank of England, vient de d\u00e9clarer craindre, \u00e0 propos de la poursuite de celle-ci, si elle n&rsquo;est pas stopp\u00e9e, que \u00ab\u00a0&#8230;les 12 prochains mois seront plus difficiles et dangereux que ce que nous avons travers\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Dans le meilleur des cas, le G20 va aboutir \u00e0 un accord de principe afin d&rsquo;entamer la r\u00e9flexion sur \u00ab\u00a0un nouveau cadre de coop\u00e9ration pour permettre aux taux de change de refl\u00e9ter les fondamentaux \u00e9conomiques et soutenir les n\u00e9cessaires r\u00e9formes structurelles\u00a0\u00bb, selon Tim Geithner. <\/p>\n<p>Rencontrant \u00e0 S\u00e9oul Barack Obama, le pr\u00e9sident chinois a entam\u00e9 la n\u00e9gociation en lui d\u00e9clarant, d&rsquo;apr\u00e8s son porte-parole, que la r\u00e9forme du yuan \u00ab\u00a0aura besoin d&rsquo;une environnement ext\u00e9rieur tr\u00e8s favorable et ne pourra \u00eatre mise en \u0153uvre que dans le cadre d&rsquo;un processus progressif\u00a0\u00bb. Combien faudra-t-il de G20 pour pr\u00e9ciser le contenu de cet \u00ab\u00a0environnement ext\u00e9rieur tr\u00e8s favorable\u00a0\u00bb&#8230; ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cela va \u00eatre au tour de l\u2019Irlande de d\u00e9m\u00e2ter un de ces prochains jours, prise \u00e9galement dans une forte tourmente obligataire. On croit assister au remake d\u2019un film d\u00e9j\u00e0 vu. <\/p>\n<p>Les <i>autorit\u00e9s les plus autoris\u00e9es<\/i> ont dans un premier temps ni\u00e9 le besoin de toute assistance financi\u00e8re, comme en Gr\u00e8ce. Puis est [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[40,142,4479,33,160,451,264,113],"class_list":["post-18165","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-chine","tag-dette-publique","tag-europe","tag-g20","tag-grece","tag-irlande","tag-portugal","tag-regulation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18165","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18165"}],"version-history":[{"count":32,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18165\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47895,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18165\/revisions\/47895"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18165"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18165"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18165"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}