{"id":18511,"date":"2010-11-18T08:41:15","date_gmt":"2010-11-18T07:41:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18511"},"modified":"2013-01-02T14:56:52","modified_gmt":"2013-01-02T13:56:52","slug":"lactualite-de-la-crise-la-pente-du-scenic-railway-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/11\/18\/lactualite-de-la-crise-la-pente-du-scenic-railway-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> :<b> LA PENTE DU SCENIC RAILWAY<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Sans m\u00eame attendre que la contagion atteigne le Portugal et l\u2019Espagne, une issue qui se confirme de jour en jour, la crise irlandaise pourrait se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre la crise de trop. <\/p>\n<p>La logique dans laquelle les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, BCE en t\u00eate, essayent d\u2019enfermer le gouvernement irlandais en le for\u00e7ant a accepter une aide financi\u00e8re dans le but de renflouer les banques, pour le mettre sous leur tutelle, conduit l\u2019Irlande droit dans le mur. Sous pr\u00e9texte de calmer le jeu en Europe, elle ne peut que pr\u00e9cipiter l\u2019extension de la crise \u00e0 d\u2019autres pays, faute que cette solution soit cr\u00e9dible. <\/p>\n<p>On sait d\u00e9j\u00e0 que l\u2019Espagne va devoir se rendre sur les march\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but 2011, alors que ses taux se tendent s\u00e9rieusement et que la prime des CDS augmente. Que ses besoins d\u00e9j\u00e0 identifi\u00e9s vont encore \u00eatre accrus, afin de faire face aux exigences de renforcement de son r\u00e9seau de caisses d\u2019\u00e9pargne, m\u00eame restructur\u00e9, car la crise immobili\u00e8re poursuit son travail de sape. <\/p>\n<p>En pesant ces derniers jours de tout son poids afin d\u2019obtenir satisfaction, en venant \u00e0 menacer directement l\u2019Irlande de couper les vivres \u00e0 ses banques, comme vient de le faire le gouverneur luxembourgeois de la BCE, Yves Mersch, celle-ci joue la politique du pire. Aveugl\u00e9ment, elle exige que soit suivie la strat\u00e9gie qu\u2019elle ne cesse de pr\u00e9coniser de report sur les finances publiques de la charge de la crise financi\u00e8re. S\u2019il c\u00e8de devant cette pression maximale, non seulement le gouvernement irlandais sera politiquement discr\u00e9dit\u00e9 et une crise politique s&rsquo;en suivra, mais l\u2019Etat ne sera jamais en mesure de faire face \u00e0 la charge de remboursement qu\u2019il devra assumer. Avec constance et acharnement, les Europ\u00e9ens cr\u00e9ent les conditions du rebondissement des crises qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent r\u00e9gler. <\/p>\n<p><!--more-->Dans un contexte diff\u00e9rent, l\u2019exemple de la Gr\u00e8ce montre qu\u2019un r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette doit d\u00e9j\u00e0 \u00eatre n\u00e9goci\u00e9, assorti de coupes budg\u00e9taires suppl\u00e9mentaires, rendant au final la partie encore plus difficile \u00e0 emporter. En Espagne et au Portugal, pour ne pas parler de l\u2019Irlande &#8211; l\u2019\u00e9l\u00e8ve studieuse de la classe, montr\u00e9e \u00e0 ce titre en exemple &#8211; les plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 se succ\u00e8dent et s\u2019accumulent tout autant. Il en faut toujours plus, jusqu\u2019o\u00f9 et jusqu\u2019\u00e0 quand ? Les Etats, eux-aussi, peuvent \u00e0 ce compte-l\u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler insolvables. <\/p>\n<p>Plus t\u00f4t que pr\u00e9vu, cette strat\u00e9gie est arriv\u00e9e \u00e0 une impasse. On attendait que la Gr\u00e8ce en donne le signal vers 2012, c\u2019est l\u2019Irlande qui le fait sonner aujourd\u2019hui. Un syst\u00e8me consanguin de financement a \u00e9t\u00e9 mis en place en Europe, les banques finan\u00e7ant les d\u00e9ficits des Etats qui financent la crise du syst\u00e8me financier, qui est arriv\u00e9 au bout du rouleau. Dans les pays de la zone des temp\u00eates, les banques ont puis\u00e9 dans les fonds de la BCE pour financer la dette publique de leur pays, dans des proportions jamais atteintes, imbriquant \u00e9troitement dette publique et priv\u00e9e. <\/p>\n<p>Il est maintenant demand\u00e9 aux Etats des efforts qui ne sont pas \u00e0 leur port\u00e9e, la BCE n\u2019\u00e9tant pas dot\u00e9e de la soupape de s\u00e9curit\u00e9 que la planche \u00e0 billet repr\u00e9sente. Le syst\u00e8me est pris \u00e0 son propre pi\u00e8ge, car il n\u2019est plus non plus possible de financer la dette par de nouvelles dettes, qui ne peuvent plus \u00eatre rembours\u00e9es. Apr\u00e8s avoir us\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la corde la manne du cr\u00e9dit aux particuliers, avec le succ\u00e8s que l&rsquo;on sait aux Etats-Unis, le capitalisme financier en aurait-il fait autant avec les Etats ?<\/p>\n<p>La politique allemande illustre parfaitement les limites de la seule r\u00e9ponse apport\u00e9e. Les Allemands r\u00e9clament une r\u00e9duction g\u00e9n\u00e9rale des d\u00e9ficits publics, tout en tentant \u00e0 la marge de r\u00e9guler le syst\u00e8me financier, avec chez eux et \u00e0 leurs pieds le boulet des banques r\u00e9gionales &#8211; les Landesbanken &#8211; dont ils ne savent pas comment s\u2019en d\u00e9barrasser. Devant l&rsquo;ampleur de la crise, ils cherchent \u00e0 faire partager son co\u00fbt aux banques, en pr\u00e9voyant qu\u2019elles participent \u00e0 la restructuration des dettes publiques des pays en difficult\u00e9 pour l&rsquo;actuelle, et en les taxant pour financer la prochaine, mais aucune de ces dispositions, m\u00eame appliqu\u00e9es, ne seront \u00e0 la mesure des probl\u00e8mes qu\u2019ils pr\u00e9tendent r\u00e9gler. <\/p>\n<p>Courant apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes attendent le dernier moment pour engager le sauvetage du pays entr\u00e9 dans la zone des temp\u00eates, alors qu\u2019il faudrait prendre les devants et utiliser pour tous et sans attendre le fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (EFSF). Mais celui-ci n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour cet usage pr\u00e9ventif, se voulant dissuasif, et ne peut r\u00e9pondre \u00e0 de tels besoins. Pour autant, il n\u2019est pas non plus possible d\u2019attendre 2013 et le d\u00e9marrage op\u00e9rationnel de son successeur, pour lequel tout reste encore \u00e0 discuter et \u00e0 d\u00e9cider. Y compris la d\u00e9sormais redoutable question de la d\u00e9cote support\u00e9e par les banques cr\u00e9anci\u00e8res.<\/p>\n<p>Pour y revenir, l\u2019exemple de l\u2019Irlande est \u00e9loquent. S\u2019il \u00e9tait justifi\u00e9 de la part du gouvernement de prot\u00e9ger les d\u00e9posants des banques, cela n\u2019avait pas de sens d\u2019en faire autant des d\u00e9tenteurs d\u2019obligations. Il ne fallait pas nationaliser les banques en leur injectant des fonds, mais les laisser tomber. En choisissant de les sauver, le gouvernement Irlandais s\u2019est pris \u00e0 son propre pi\u00e8ge, pour se retrouver aujourd\u2019hui plac\u00e9 devant un choix impossible:  choisir entre l\u2019insolvabilit\u00e9 de l\u2019Etat et celle des banques. R\u00e9gler la seconde dans l\u2019imm\u00e9diat, c\u2019est accro\u00eetre la premi\u00e8re. D&rsquo;autant que l&rsquo;addition pr\u00e9sent\u00e9e par les banques ne peut que s&rsquo;alourdir. Un <i>bank run<\/i> est en cours, les entreprises ayant recommenc\u00e9 \u00e0 retirer leurs avoirs des banques. Selon Reuters Breakingviews, un service de l\u2019agence, les besoins des banques seraient de 100 milliards d\u2019euros. <\/p>\n<p>Le sch\u00e9ma des <i>bad<\/i> et <i>good banks<\/i> a \u00e9t\u00e9 repris par le Financial Times dans un surprenant \u00e9ditorial, faisant \u00e9cho <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18157\"><strong>au billet de Paul Jorion<\/strong><\/a> publi\u00e9 ici le 11 novembre. En application de l\u2019id\u00e9e que de nouvelles banques devaient \u00eatre cr\u00e9\u00e9es en Irlande, qui r\u00e9cup\u00e9reraient les d\u00e9p\u00f4ts bancaires des mauvaises, et pourraient \u00eatre capitalis\u00e9es avec les fonds europ\u00e9ens de l\u2019EFSF, qui trouveraient l\u00e0 leur meilleure utilit\u00e9. Le paradoxe \u00e9tant qu\u2019une telle mesure serait une application, dans un autre contexte, de la politique pr\u00e9conis\u00e9e par les Allemands &#8211; faire payer les cr\u00e9anciers &#8211; alors qu\u2019elle est montr\u00e9e du doigt comme \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine de la crise actuelle.<\/p>\n<p>L\u2019effet de domino qui en r\u00e9sulterait dans le syst\u00e8me bancaire serait certes redoutable, mais il purgerait une situation qui le r\u00e9clame et stopperait la fuite en avant. Il impliquerait de reproduire le m\u00eame sch\u00e9ma &#8211; la cr\u00e9ation de <i>good banks<\/i> &#8211; dans les principaux pays europ\u00e9ens, ce qui reviendrait \u00e0 nationaliser le syst\u00e8me bancaire. Permettant d\u2019aborder sur de nouvelles bases la r\u00e9duction de la dette publique.  <\/p>\n<p>Au lieu de pousser les uns apr\u00e8s les autres les pays europ\u00e9ens dans la r\u00e9cession, et comme vient de le faire remarquer le FMI, de scier au final les points d&rsquo;appui de la croissance allemande, il serait alors possible de restructurer celle-ci, car les <i>bad banks<\/i> ne seraient plus \u00e0 cela pr\u00e8s&#8230; <\/p>\n<p>Les wagons d\u00e9valent la pente du grand Scenic Railway. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sans m\u00eame attendre que la contagion atteigne le Portugal et l\u2019Espagne, une issue qui se confirme de jour en jour, la crise irlandaise pourrait se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre la crise de trop. <\/p>\n<p>La logique dans laquelle les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, BCE en t\u00eate, essayent d\u2019enfermer le gouvernement irlandais en le for\u00e7ant a accepter une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[],"class_list":["post-18511","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18511"}],"version-history":[{"count":46,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18511\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47873,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18511\/revisions\/47873"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}