{"id":18722,"date":"2010-11-24T19:47:06","date_gmt":"2010-11-24T18:47:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18722"},"modified":"2013-01-02T14:56:28","modified_gmt":"2013-01-02T13:56:28","slug":"lactualite-de-la-crise-trop-gros-pour-etre-avale-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/11\/24\/lactualite-de-la-crise-trop-gros-pour-etre-avale-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> :<b> TROP GROS POUR \u00caTRE AVAL\u00c9<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019Espagne est un trop gros poisson, c\u2019est ainsi qu\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement appr\u00e9hend\u00e9e la suite des \u00e9v\u00e9nements, alors que le Portugal conna\u00eet une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale massive et que le gouvernement irlandais de Brian Cowen rend public son plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pour les 4 ann\u00e9es \u00e0 venir. <\/p>\n<p>Fait nouveau, jusque l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9e aux banques, l\u2019expression <i>too big to fail<\/i> (trop gros pour faire d\u00e9faut) est d\u00e9sormais utilis\u00e9e pour un pays. L\u2019Espagne, quatri\u00e8me \u00e9conomie europ\u00e9enne, repr\u00e9sente deux fois la taille additionn\u00e9e de la Gr\u00e8ce, l\u2019Irlande et le Portugal. Ce qui suscite pour le moins quelques inqui\u00e9tudes, au vu des estimations du co\u00fbt de son sauvetage qui circulent d\u00e9j\u00e0, car elles tournent autour de 500 milliards d\u2019euros. Celui de la Gr\u00e8ce a d\u00e9j\u00e0 repr\u00e9sent\u00e9 110 milliards d\u2019euros et celui de l\u2019Irlande, pas encore d\u00e9finitivement chiffr\u00e9, oscille entre 80 et 90 milliards. \u00ab\u00a0Un ab\u00eeme nous s\u00e9pare de l\u2019Irlande\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 El Pais Jos\u00e9 Manuel Campa, le secr\u00e9taire d\u2019Etat \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, le genre d\u2019intervention qui fait sortir les calculettes \u00e0 d\u00e9faut de rassurer !<\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e de l\u2019Espagne dans la zone des temp\u00eates cr\u00e9erait non seulement un choc consid\u00e9rable pour la zone euro, mais elle ass\u00e9cherait les ressources potentielles du fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, y compris avec l\u2019apport du FMI, et impliquerait de mettre au point en compl\u00e9ment un autre montage. A la mani\u00e8re de ce qui se fait d\u00e9j\u00e0 pour l\u2019Irlande, le Royaume-Uni, la Su\u00e8de et le Danemark accordant des pr\u00eats bilat\u00e9raux. L\u2019Allemagne et la France seraient n\u00e9cessairement alors mis \u00e0 contribution. <\/p>\n<p><!--more-->Cette perspective explique probablement l\u2019\u00e9nervement constat\u00e9 outre-Rhin, ainsi que les derni\u00e8res d\u00e9clarations de la chanceli\u00e8re Angela Merkel, qui a d\u00e9clar\u00e9 en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la situation irlandaise &#8211; qui est loin d\u2019\u00eatre r\u00e9gl\u00e9e &#8211; que la zone euro \u00e9tait \u00ab\u00a0dans une situation extr\u00eamement s\u00e9rieuse\u00a0\u00bb. La veille, Wolfgang Sch\u00e4uble, son ministre des finances, avait estim\u00e9 que l&rsquo;avenir de l\u2019euro \u00e9tait \u00ab\u00a0en jeu\u00a0\u00bb. En mettant ainsi les points sur les \u00ab\u00a0i\u00a0\u00bb, les responsables allemands ne se pr\u00e9parent-ils pas \u00e0 des d\u00e9cisions difficiles ? <\/p>\n<p>Un signal a en tout cas \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aujourd\u2019hui, l\u00e0 o\u00f9 on ne l\u2019attendait pas. Une \u00e9mission obligataire d\u2019obligation souveraines \u00e0 10 ans, les Bund, n\u2019a \u00e9t\u00e9 que partiellement souscrite. 4,76 milliards d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 allou\u00e9s sur un volume pr\u00e9vu de 6 milliards. Ce qui exprime, disent les analystes, l&rsquo;extr\u00eame volatilit\u00e9 du march\u00e9, sans plus de cons\u00e9quence pour l&rsquo;Etat allemand. <\/p>\n<p>Les nouvelles fortes tensions sur le march\u00e9 obligataire dont font les frais les Portugais, les Espagnols, ainsi que les Italiens, ne donnent pas un signal encourageant aux dirigeants europ\u00e9ens, m\u00eame s\u2019ils continuent d\u2019affecter de l\u2019ignorer. Olli Rehn, le commissaire aux affaires \u00e9conomiques de la Commission, s\u2019\u00e9tant fait ces derniers temps une sp\u00e9cialit\u00e9 des d\u00e9clarations apaisantes, appelant \u00e0 ne pas c\u00e9der \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019alarmisme\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 l\u2019euro, si sa glissade vis-\u00e0-vis du dollar s\u2019est interrompue aujourd\u2019hui, les analystes le mettent sur le compte des mauvaises nouvelles enregistr\u00e9es aux Etats-Unis. <\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 irlandais, que peut-il \u00eatre retenu du plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 ? Moins l\u2019augmentation de la TVA et la diminution du salaire minimum, la suppression de 25.000 emplois publics et la baisse des d\u00e9penses sociales, ainsi que les diff\u00e9rentes augmentations d\u2019imp\u00f4ts que la pr\u00e9vision de croissance sur lequel le plan est b\u00e2ti. Elle est pr\u00e9vue en moyenne \u00e0 2,75% de 2011 \u00e0 2014, alors qu\u2019elle devrait \u00eatre tout juste positive cette ann\u00e9e, si cela se confirme. Au vu des r\u00e9actions imm\u00e9diates <i>des march\u00e9s<\/i>, il se confirme que tout espoir de les voir se calmer doit \u00eatre abandonn\u00e9, en d\u00e9pit ou \u00e0 cause de cette publication, son \u00e9quilibre final reposant sur des pr\u00e9visions de croissance difficilement cr\u00e9dibles. <\/p>\n<p>Par ailleurs, si l\u2019expression <i>nationalisation des pertes<\/i> n\u2019avait pas encore trouv\u00e9 sa parfaite illustration, celle des banques qui devrait se poursuivre arrive \u00e0 point nomm\u00e9. Il est pr\u00e9vu que la totalit\u00e9 du secteur bancaire sera nationalis\u00e9, la descente aux enfers des valeurs boursi\u00e8res ayant port\u00e9 un dernier coup \u00e0 la banque qui se portait le moins mal, la Bank of Ireland, dont les actions ont perdu 90% de leur valeur. <\/p>\n<p>Le plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 portugais devrait \u00eatre adopt\u00e9 vendredi prochain, mais comment croire que son annonce pourrait lui permettre d\u2019\u00e9viter de vite se pr\u00e9senter au guichet de l\u2019aide europ\u00e9enne\u00a0? Pris entre la hausse qui se poursuit de ses taux obligataires et une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale port\u00e9e par le pays, le gouvernement portugais n\u2019a plus aucune marge de man\u0153uvre. <\/p>\n<p>C\u2019est une situation qui ne lui est pas propre. La crise europ\u00e9enne entre progressivement dans une nouvelle dimension, celle de la protestation sociale. Non sans d\u00e9stabiliser les gouvernements en place. Le Pasok grec n\u2019a du son relatif succ\u00e8s aux \u00e9lections locales qu\u2019\u00e0 une abstention massive de l&rsquo;\u00e9lectorat, qui ne veut pas du retour de la droite. Le Psoe espagnol est en chute dans les sondages, mais les Espagnols ne souhaitent pas d\u2019avantage d\u2019\u00e9lections anticip\u00e9es ramenant la droite au pouvoir. Le gouvernement irlandais du Fianna Fail est moribond, tandis que les socialistes portugais, minoritaires, se maintiennent au pouvoir faute d&rsquo;alternative. Faut-il poursuivre cette liste en y ajoutant l\u2019Italie, o\u00f9 le <i>berlusconisme<\/i> continue sa longue glissade vers la fin\u00a0? <\/p>\n<p>Ceux qui continuent de pr\u00e9coniser comme seule strat\u00e9gie de sortie de la crise europ\u00e9enne la r\u00e9duction tr\u00e8s rapide des d\u00e9ficits et de la dette publics sont un peu le dos au mur. Car, que l\u2019on consid\u00e8re l\u2019Irlande, le Portugal ou l\u2019Espagne, force est de constater que leur principal point de faiblesse n\u2019est pas le montant de leur dette publique, mais bien celui de la dette priv\u00e9e. C\u2019est le renflouement des banques qui a ainsi mis dans le rouge l\u2019Etat irlandais, pour ne prendre que cet exemple. <\/p>\n<p>Ajouter un volant \u00e0 cette strat\u00e9gie en pr\u00e9voyant de faire participer les cr\u00e9anciers \u00e0 des futures restructurations de dette, apr\u00e8s 2013, comme ne cesse d\u2019en marteler la n\u00e9cessit\u00e9 Angela Merkel, est certes une mani\u00e8re indirecte de reconna\u00eetre que le dispositif actuel, qui ne le pr\u00e9voit pas, ne fonctionne pas. Devant le Bundestag, la chanceli\u00e8re n\u2019a pas m\u00e2ch\u00e9 ses mots. \u00ab\u00a0Ceux qui gagnent de l&rsquo;argent avec les taux \u00e9lev\u00e9s, avec les obligations souveraines doivent supporter aussi les risques\u00a0\u00bb a-t-elle dit,  appelant ses partenaires europ\u00e9ens \u00e0 \u00ab\u00a0avoir le courage\u00a0\u00bb d\u2019imposer \u00ab\u00a0des limites au march\u00e9\u00a0\u00bb, concluant : \u00ab\u00a0Il s&rsquo;agit ici de la primaut\u00e9 de la politique, des limites du march\u00e9\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Des d\u00e9tails commencent \u00e0 filtrer sur les propositions allemandes. Un m\u00e9canisme de \u00ab\u00a0clauses d\u2019action collective\u00a0\u00bb est propos\u00e9, qui permettrait d\u2019imposer \u00e0 l\u2019ensemble des cr\u00e9anciers ayant souscrit \u00e0 une \u00e9mission donn\u00e9e une d\u00e9cote de leurs obligations, ou un r\u00e9\u00e9chelonnement de la dette, une fois les propositions de l&rsquo;\u00e9metteur adopt\u00e9es par une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e. Mais tout ce dispositif ne pourrait intervenir qu\u2019une fois le Trait\u00e9 de Lisbonne modifi\u00e9, mi-2013 est-il au mieux pr\u00e9vu, et ne pourrait s\u2019appliquer qu\u2019aux obligations \u00e9mises apr\u00e8s cette date. <\/p>\n<p>La conjonction de la poursuite de la crise obligataire avec l\u2019\u00e9mergence de la protestation sociale et la d\u00e9stabilisation des gouvernements rend ce calendrier beaucoup trop lointain et ces mesures d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9es, alors qu&rsquo;elles sont \u00e0 peine en discussion. <\/p>\n<p>Va-t-on voir resurgir les projets de <i>FMI europ\u00e9en<\/i> ou d\u2019agence europ\u00e9enne de la dette ? Tous ces m\u00e9canismes ont un double d\u00e9faut : s\u2019ils permettent de gagner du temps, ils impliquent des abandons et des partages de souverainet\u00e9 ; s\u2019ils permettent \u00e0 priori d\u2019\u00e9taler les dettes, ils ne les r\u00e9duisent pas. Ils achoppent tous sur le m\u00eame probl\u00e8me, celui de ne prendre en consid\u00e9ration que la dette publique et de laisser de c\u00f4t\u00e9 la dette priv\u00e9e. Sauf \u00e0 totalement faire pr\u00e9alablement prendre en charge cette derni\u00e8re par la premi\u00e8re.<\/p>\n<p>Le cas de l\u2019Irlande est en train de d\u00e9montrer l\u2019inanit\u00e9 d\u2019une telle d\u00e9marche, celui de l\u2019Espagne imposera, s&rsquo;il se pr\u00e9sente, de la remettre en cause d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. La discussion a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 publiquement lanc\u00e9e \u00e0 propos des restructurations des banques irlandaises et de la participation des cr\u00e9anciers \u00e0 celle-ci, sans attendre 2013.<\/p>\n<p>Mais il ne faut pas aller plus vite que la musique et rester \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de la situation irlandaise, car tout n&rsquo;y tient qu&rsquo;\u00e0 un fil. Les tractations doivent aller bon train, afin de g\u00e9rer le calendrier de la finalisation du sauvetage en cours. S&rsquo;il reste incertain, et comment pourrait-il en \u00eatre autrement ? une incitation de plus sera donn\u00e9e <i>aux march\u00e9s<\/i> pour qu&rsquo;ils manifestent leur impatience et la reportent sur le Portugal et l&rsquo;Espagne. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Espagne est un trop gros poisson, c\u2019est ainsi qu\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement appr\u00e9hend\u00e9e la suite des \u00e9v\u00e9nements, alors que le Portugal conna\u00eet une gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale massive et que le gouvernement irlandais de Brian Cowen rend public son plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pour les 4 ann\u00e9es \u00e0 venir. <\/p>\n<p>Fait nouveau, jusque l\u00e0 r\u00e9serv\u00e9e aux banques, l\u2019expression <i>too [&hellip;]<\/i><\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[],"class_list":["post-18722","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18722","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18722"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18722\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47861,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18722\/revisions\/47861"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18722"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18722"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18722"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}