{"id":18764,"date":"2010-11-26T07:25:50","date_gmt":"2010-11-26T06:25:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=18764"},"modified":"2013-01-02T14:56:27","modified_gmt":"2013-01-02T13:56:27","slug":"lactualite-de-la-crise-des-paris-stupides-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/11\/26\/lactualite-de-la-crise-des-paris-stupides-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>DES PARIS STUPIDES<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Si un seul mot devait r\u00e9sumer la journ\u00e9e d\u2019hier jeudi, et en faire sans h\u00e9siter autant des suivantes, cela serait incontestablement celui de confusion. Dans le d\u00e9sordre, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes continuent d\u2019\u00eatre \u00e0 la remorque des \u00e9v\u00e9nements. Et, quand elles veulent pr\u00e9parer l\u2019avenir, elles tentent de bricoler des dispositifs successifs de sauvetage en les inscrivant dans un calendrier sans rapport avec la dynamique engag\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour aller \u00e0 l\u2019essentiel : l\u2019Irlande est plus que jamais le d\u00e9tonateur de la bombe espagnole. Afin de ne pas \u00eatre totalement d\u00e9munis quand, lundi prochain, les march\u00e9s ouvriront \u00e0 nouveau &#8211; il n\u2019y a plus que deux jours \u00e0 tirer avant la tr\u00eave du week-end &#8211; les repr\u00e9sentants de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI ont donc d\u00e9cid\u00e9 d\u2019adopter d\u00e8s dimanche le plan de soutien \u00e0 l\u2019Irlande. Pr\u00e9cipitant son chiffrage et abr\u00e9geant les n\u00e9gociations. Faisant une fervente pri\u00e8re pour que le nouveau budget irlandais puisse \u00eatre adopt\u00e9, dans une situation de crise politique et sociale qui rend cette perspective tr\u00e8s al\u00e9atoire, puisque cette adoption est la condition sine qua non de l\u2019aide. <\/p>\n<p>Dernier recours quand tout va mal, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont entretenus dans l\u2019urgence. Pour d\u00e9cider de pr\u00e9cipiter le mouvement afin de tenter de calmer le jeu. Faisant par la m\u00eame un gigantesque contre-sens, car ce qui incite <i>les march\u00e9s<\/i> \u00e0 continuer de faire monter les ench\u00e8res et les taux obligataires irlandais et espagnols &#8211; cr\u00e9ant m\u00eame quelques remous bousculant les obligations allemandes et fran\u00e7aises\u00a0&#8211; c\u2019est le plan de sauvetage lui-m\u00eame, et non pas son retard \u00e0 l\u2019allumage. <\/p>\n<p><!--more-->Nul ne peut croire, en effet, que l\u2019Irlande pourra supporter le fardeau financier qu\u2019il est pr\u00e9vu de mettre sur ses \u00e9paules. Surtout pas les analystes financiers. Le gouffre qu\u2019offrent les banques irlandaises ne peut pas \u00eatre combl\u00e9 sans, d\u00e8s maintenant, mettre \u00e0 contribution leurs cr\u00e9diteurs, c\u2019est \u00e0 dire les banques britanniques, allemandes et fran\u00e7aises au premier chef. Le Financial Times a fait campagne en ce sens, et des rumeurs font \u00e9tat d\u2019interrogations du FMI qui aurait consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il ne fallait pas autant charger la barque de l\u2019Etat, aboutissant \u00e0 des conclusions similaires. <\/p>\n<p>Au pays des rumeurs, qui ne cessent d\u2019enfler quand l\u2019incertitude monte, il faut mentionner aussi les pressions exerc\u00e9es sur le gouvernement portugais par la BCE, afin qu\u2019il sollicite lui aussi un soutien financier. Dans une tentative d\u2019anticiper l\u2019entr\u00e9e  jug\u00e9e dor\u00e9navant in\u00e9vitable du pays dans la zone des temp\u00eates, en esp\u00e9rant aussi \u00e9tablir ainsi une sorte de coupe-feu afin d\u2019\u00e9viter que l\u2019Espagne n\u2019en fasse autant. Car les engagements espagnols sont tr\u00e8s importants au Portugal. <\/p>\n<p>Jos\u00e9 Luis Malo de Molina, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la Banque d\u2019Espagne, a clairement expliqu\u00e9 hier jeudi que \u00ab\u00a0dans la situation actuelle de contagion, ce qui se produit est que, m\u00eame si l&rsquo;\u00e9conomie espagnole ne pr\u00e9sente aucun des \u00e9l\u00e9ments de fragilit\u00e9 des \u00e9conomies grecque et irlandaise, la simple expectative des march\u00e9s peut mettre en difficult\u00e9 son financement\u00a0\u00bb. Cela vaut annonce de ce qui risque fort de se passer. <\/p>\n<p>Comme on peut le constater, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes ne se d\u00e9partissent pas de l\u2019attitude qui ne leur a d\u00e9j\u00e0 pourtant pas sp\u00e9cialement r\u00e9ussi \u00e0 deux reprises, dans le cas de la Gr\u00e8ce et de l\u2019Irlande. Elles continuent de traiter la crise europ\u00e9enne au cas par cas, alors qu\u2019il faudrait la prendre dans son ensemble. Mais cela supposerait de s\u2019engager sur des voies qu&rsquo;elles ne sont pas pr\u00eates \u00e0 explorer et emprunter. Faut-il avoir la foi du charbonnier ou une sacr\u00e9 dose de culot pour d\u00e9clarer, comme vient de le faire Angel Gurria, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OCDE\u00a0: \u00ab\u00a0L&rsquo;euro, en tant que devise, a une longue vie devant lui. Il est vivant et se porte bien\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Une m\u00eame confusion r\u00e8gne quant \u00e0 la suite des op\u00e9rations. Des d\u00e9clarations autoris\u00e9es font \u00e9tat de l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019augmenter les enveloppes affect\u00e9es aux fonds de sauvetage, aussit\u00f4t r\u00e9fut\u00e9es par d\u2019autres voix toutes aussi officielles. La Commission vient en effet de d\u00e9mentir l\u2019annonce par Die Welt d\u2019un doublement des moyens du fonds de stabilit\u00e9 (EFSF), apr\u00e8s qu\u2019Alex Weber, le pr\u00e9sident de la Bundesbank, en a envisag\u00e9 la possibilit\u00e9 \u00e0 Paris. Pourtant, il faudra bien faire face, le moment venu.  <\/p>\n<p>Jonathan Faull, en charge de la Direction g\u00e9n\u00e9rale march\u00e9 int\u00e9rieur et services de la Commission, a annonc\u00e9 la tenue pr\u00e9vue en 2011 de nouveaux <i>stress tests<\/i> des banques europ\u00e9ennes. Ce qui sonne comme une v\u00e9ritable reconnaissance de la vacuit\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents. La d\u00e9confiture impr\u00e9vue des banques irlandaises, au bord de l\u2019\u00e9croulement, en \u00e9tant l\u2019exemple le plus criant. Ce qu\u2019a reconnu le haut fonctionnaire, qui a voulu mettre les rieurs de son c\u00f4t\u00e9 en plaisantant sur le fait que les tests d\u00e9j\u00e0 men\u00e9s \u00ab\u00a0n\u2019avaient pas r\u00e9sist\u00e9s\u00a0\u00bb&#8230; <\/p>\n<p>Le gouvernement allemand pers\u00e9v\u00e8re dans ses projets de <i>m\u00e9canisme de crise<\/i>, en vue d\u2019avancer au prochain sommet europ\u00e9en de mi-d\u00e9cembre. Contr\u00e9 par Jean-Claude Junker, avec sa casquette de premier ministre luxembourgeois, qui voudrait \u00e9viter que de nouvelles d\u00e9cisions franco-allemandes cr\u00e9ent des faits accomplis sur le sujet tr\u00e8s sensible de la participation des banques \u00e0 la restructuration de la dette des Etats. Une crainte qui n&rsquo;est pas fond\u00e9e, si l&rsquo;on \u00e9coute Christine Lagarde, la ministre fran\u00e7aise. Elle a en effet avanc\u00e9 que de telles d\u00e9cotes ne devraient \u00eatre selon elle adopt\u00e9es qu&rsquo;\u00ab\u00a0au cas par cas\u00a0\u00bb, ce qui pr\u00e9lude \u00e0 un enterrement de premi\u00e8re classe du projet. L\u2019excellence des relations entre l\u2019Allemagne et la France ne permettant pas de saboter plus ouvertement cet aspect du dispositif.<\/p>\n<p>Y a-t il un abonn\u00e9 au num\u00e9ro que vous avez demand\u00e9 ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Si un seul mot devait r\u00e9sumer la journ\u00e9e d\u2019hier jeudi, et en faire sans h\u00e9siter autant des suivantes, cela serait incontestablement celui de confusion. Dans le d\u00e9sordre, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes continuent d\u2019\u00eatre \u00e0 la remorque des \u00e9v\u00e9nements. 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