{"id":189,"date":"2007-09-22T15:37:07","date_gmt":"2007-09-22T14:37:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=189"},"modified":"2013-01-02T00:21:39","modified_gmt":"2013-01-01T23:21:39","slug":"le-plaisir-de-la-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2007\/09\/22\/le-plaisir-de-la-femme\/","title":{"rendered":"Le plaisir de la femme"},"content":{"rendered":"<p>Le plaisir de la femme est repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, elle y coule devant moi, elle s\u2019enfonce d\u2019abord petit \u00e0 petit, puis chavire et dispara\u00eet rapidement vers le fond : \u00ab Mets ton habit, scaphandrier \u00bb, et l\u2019homme la perd de vue, et la seule chose qu\u2019il puisse faire, c\u2019est observer le corps qui est rest\u00e9 \u00e9tendu l\u00e0 tandis que l\u2019\u00e2me a disparu, absorb\u00e9e dans un <em>trou noir<\/em>, dont on sait que de la lumi\u00e8re y est contenue mais sans qu\u2019elle puisse jamais s\u2019en \u00e9chapper. Tant que la femme est seule avec son plaisir, l\u2019homme la prot\u00e8ge. Dans le film \u00ab <em>The Matrix <\/em>\u00bb, un h\u00e9ros imagine vaquer \u00e0 ses occupations dans le monde virtuel qu\u2019il croit authentique, alors que dans l\u2019univers r\u00e9el, son corps dont les yeux sont clos, est agit\u00e9 comme en proie au plaisir, tandis que son amante veille sur lui.<\/p>\n<p>Le plaisir de la femme est au centre. Et comme c\u2019est vers ce centre que son regard converge, ses yeux sont n\u00e9cessairement ferm\u00e9s. Les yeux de l\u2019homme tentent de la retrouver l\u00e0 o\u00f9 elle s\u2019est retir\u00e9e : ils fouillent le centre de la femme o\u00f9 sa jouissance et elle ont pris rendez-vous. Et de ses yeux ouverts l\u2019homme fixe ces yeux ferm\u00e9s tout proches de son propre visage. Et au-del\u00e0 de l\u2019ourlet des l\u00e8vres gonfl\u00e9es, par la bouche entrouverte, il entrevoit le centre, et provenant de ce centre, il entend le chant rauque et modul\u00e9 des soufflets de la forge de Vulcain. <\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 le coeur de la relation entre les hommes et les femmes : la jouissance que l\u2019un et l\u2019autre tirent pr\u00e9cis\u00e9ment de cet objet qu\u2019on imaginerait \u00ab abstrait \u00bb et qui est le rapport qui existe entre eux. On a utilis\u00e9 les termes \u00ab actif \u00bb et \u00ab passif \u00bb, pour \u00e9voquer ceci. Mais ces termes n\u2019ont aucun rapport avec ce dont il s\u2019agit : d\u2019une capture, interne pour la femme et externe pour l\u2019homme, car son centre qui captive la femme est au sein d\u2019elle-m\u00eame tandis que pour l\u2019homme, qu\u2019il captive \u00e9galement, il est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de lui-m\u00eame. <\/p>\n<p>La femme aime son plaisir parce qu\u2019elle peut s\u2019y perdre, mais elle veut aussi s\u2019y soustraire et pour la m\u00eame raison : parce qu\u2019elle craint de s\u2019y perdre. Le d\u00e9sir de l\u2019homme c\u2019est qu\u2019elle y reste : c\u2019est lui l\u2019alli\u00e9 de l\u2019une de ces deux tensions contradictoires qui d\u00e9chirent le corps de la femme. Elle peut, en se concentrant, \u00e9chapper \u00e0 l\u2019orgasme en s\u2019\u00e9brouant comme un chien tremp\u00e9 par l\u2019averse. L\u2019homme au contraire aime l\u2019observer prisonni\u00e8re de sa jouissance et il va tenter de l\u2019y maintenir. Il la sait en s\u00fbret\u00e9, parce qu\u2019il surveille le monde aussi longtemps qu\u2019elle s\u2019y trouve ; ce dont elle doute, ne faisant confiance en cette mati\u00e8re \u2013 la chose est bien connue \u2013 ni \u00e0 lui ni \u00e0 elle-m\u00eame. Du coup, il cherche \u00e0 l\u2019immobiliser pour qu\u2019elle s\u2019y livre toute enti\u00e8re, priv\u00e9e du pouvoir de s\u2019y arracher en se d\u00e9battant. Le plus militant, le plus prosa\u00efque, ne se contente pas de la m\u00e9taphore, il l\u2019entrave litt\u00e9ralement, et pour ce faire, il se procure des cordes. <\/p>\n<p>Toutes les femmes ne sont pas r\u00e9concili\u00e9es avec le p\u00e9riple int\u00e9rieur, intestin, de leur jouissance. L\u2019homme le sait, parce qu\u2019au tr\u00e9fonds de celles qui ne le sont pas, il fait froid, et ce froid glace le coeur de celui qui, s\u2019il avait fait preuve de quelqu\u2019intelligence, n\u2019aurait jamais d\u00fb p\u00e9n\u00e9trer jusque-l\u00e0.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le plaisir de la femme est repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, elle y coule devant moi, elle s\u2019enfonce d\u2019abord petit \u00e0 petit, puis chavire et dispara\u00eet rapidement vers le fond : \u00ab Mets ton habit, scaphandrier \u00bb, et l\u2019homme la perd de vue, et la seule chose qu\u2019il puisse faire, c\u2019est observer le corps qui est rest\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,9],"tags":[],"class_list":["post-189","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-race-humaine","category-psychanalyse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=189"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":45651,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189\/revisions\/45651"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=189"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=189"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=189"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}