{"id":19199,"date":"2010-12-09T09:30:03","date_gmt":"2010-12-09T08:30:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=19199"},"modified":"2013-01-02T14:51:12","modified_gmt":"2013-01-02T13:51:12","slug":"lactualite-de-la-crise-le-grand-jeu-et-les-petits-garcons-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/12\/09\/lactualite-de-la-crise-le-grand-jeu-et-les-petits-garcons-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i>: <b>LE GRAND JEU ET LES PETITS GAR\u00c7ONS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les projecteurs sont braqu\u00e9s sur l\u2019Europe, et plus particuli\u00e8rement sur la zone euro, depuis que le grand jeu s\u2019y est d\u00e9plac\u00e9 et install\u00e9. Ce qui ne devrait pas faire oublier le reste du monde, en particulier les <i>pays d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>. O\u00f9 en sont donc les Etats-Unis, le Japon et le Royaume Uni ? Sont-ils dans la m\u00eame impasse que la zone euro, qui s\u2019enferre dans sa propre crise ? <\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, c\u2019est la Fed qui joue le r\u00f4le du sauveur. Bien qu\u2019elle ne semble pas trop assur\u00e9e de son affaire et ne cesse d\u2019expliquer que l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral doit \u00e9galement jouer le sien afin de conjointement relancer l\u2019\u00e9conomie. A ce point que son pr\u00e9sident, Ben Bernanke, laissait derni\u00e8rement entendre qu\u2019apr\u00e8s le QE 2, un QE 3 serait envisageable. En termes moins elliptiques, qu\u2019un nouveau round de <i>quantitative easing<\/i> (assouplissement quantitatif) serait si n\u00e9cessaire engag\u00e9, se traduisant par un nouveau programme d\u2019achats d\u2019obligations am\u00e9ricaines. <\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019administration Obama s\u2019adapte \u00e0 la situation politique cr\u00e9\u00e9e par la victoire des r\u00e9publicains \u00e0 la Chambre des repr\u00e9sentants, o\u00f9 ils vont \u00eatre majoritaires d\u00e8s la nouvelle l\u00e9gislature. Faisant face \u00e0 de tr\u00e8s virulentes offensives, elle conc\u00e8de des compromis peu glorieux. Ils n\u2019augurent pas dans l&rsquo;imm\u00e9diat d\u2019une r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire, tant en raison de la prolongation pour deux ans de la d\u00e9taxe dont b\u00e9n\u00e9ficiaient les revenus les plus \u00e9lev\u00e9s que des d\u00e9licates discussions au sein de la commission ad hoc charg\u00e9e d\u2019\u00e9tudier entre parlementaires des deux bords des mesures de r\u00e9duction de celui-ci. <\/p>\n<p><!--more-->Au Royaume-Uni, la Banque d\u2019Angleterre n\u2019est pas plus \u00e0 l\u2019aise. Prise entre une inflation jug\u00e9e pr\u00e9occupante et une <i>croissance<\/i> qui ne l\u2019est pas moins, tiraill\u00e9e en son sein par des avis contradictoires sur la conduite \u00e0 tenir, elle en tire comme conclusion de ne rien faire. L\u2019attentisme domine, une fois \u00e9puis\u00e9e l\u2019enveloppe de 293 milliards d\u2019euros de son programme d\u2019assouplissement quantitatif de mars 2009, alors que la <i>reprise<\/i> est chaotique et incertaine et que vont entrer en vigueur en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 d\u00e9cid\u00e9es par le gouvernement Cameron.  <\/p>\n<p>Au Japon, c\u2019est le gouvernement qui a lanc\u00e9 un programme de 44 milliards d\u2019euros sous forme d\u2019une rallonge budg\u00e9taire destin\u00e9e \u00e0 relancer l\u2019\u00e9conomie. La Banque du Japon ayant auparavant d\u00e9cid\u00e9 d\u2019acheter, pour un m\u00eame montant dans un premier temps, des actifs financiers\u00a0adoss\u00e9s \u00e0 l\u2019immobilier, ou bien des effets de commerce ou encore des obligations d\u2019Etat. Les plans et les mesures continuent de se succ\u00e9der, toujours sans sortir le pays de la <i>trappe \u00e0 liquidit\u00e9<\/i> dans laquelle il est tomb\u00e9. Seule consolation, le dollar monte par rapport au yen, ce qui favorise les exportations et donc la <i>croissance<\/i>. <\/p>\n<p>D\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre, les potions utilis\u00e9es sont diff\u00e9rentes &#8211; pour ne pas dire oppos\u00e9es &#8211; mais elles ont en commun d\u2019\u00eatre inefficaces. Les 16 pays europ\u00e9ens de l\u2019euro, ainsi que la BCE, ne sont finalement pas plus mal lotis. <\/p>\n<p>Le monde occidental est en panne de <i>croissance<\/i> et ne sait pas pourquoi. Essayant toutes les combinaisons de rem\u00e8des &#8211; panachant des interventions des banques centrales et des plans de relance, ou les proscrivant au contraire &#8211; les gouvernements tirent dans tous les sens une machine qui recherche son \u00e9quilibre et aurait certainement besoin de l\u2019\u00eatre dans un seul. <\/p>\n<p>Devant <i>les march\u00e9s<\/i> tout puissants, les gouvernements se comportent comme des petits gar\u00e7ons. Incitant \u00e0 penser que soit ils sont particuli\u00e8rement timor\u00e9s, soit ils ont partie li\u00e9e, soit encore ils n\u2019ont plus les moyens de faire dans ce Far West l\u00e0 la loi. Ce monde est \u00e0 la d\u00e9rive, ce qui faisait office de d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative est en train de se r\u00e9v\u00e9ler \u00eatre un trompe l&rsquo;\u0153il, puisque le pouvoir n&rsquo;est pas l\u00e0 o\u00f9 sont les \u00e9lus. <\/p>\n<p>Le march\u00e9 obligataire allemand vient de donner un f\u00e2cheux signal : pour la troisi\u00e8me fois cons\u00e9cutive, une \u00e9mission vient de n\u2019\u00eatre que partiellement souscrite et le taux consenti s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve. Comme si <i>les march\u00e9s<\/i> anticipaient que, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, l\u2019Allemagne devra finalement mettre au pot commun europ\u00e9en, bien qu\u2019elle s\u2019y refuse avec obstination. Sur le march\u00e9 des T-bonds am\u00e9ricains \u00e0 dix ans, un autre signal vient d&rsquo;\u00eatre donn\u00e9, leur taux monte \u00e9galement \u00e0 la suite de mesures d\u00e9cid\u00e9es par Barack Obama, qui vont augmenter le d\u00e9ficit budg\u00e9taire. M\u00eame l\u2019Allemagne subit le contre-coup de la crise europ\u00e9enne, tandis que les Etats-Unis voient leur taux monter au lieu de descendre comme pr\u00e9vu, suite au QE 2 de la Fed. <i>Les march\u00e9s<\/i> font de la politique et les politiciens ne ma\u00eetrisent pas la finance. <\/p>\n<p>Une \u00e8re est en train de se clore, dans laquelle le cr\u00e9dit \u00e9tait facile, aussi bien pour les m\u00e9nages que pour les Etats. L\u2019ensemble dopait une <i>croissance<\/i> dont on ne se souciait pas trop de savoir de quoi elle \u00e9tait faite, tant qu\u2019elle se poursuivait all\u00e9grement. Un peu, dans un autre funeste domaine, comme le prix de l\u2019immobilier, dont le destin \u00e9tait croyait-on d\u2019en faire \u00e9ternellement autant. <\/p>\n<p>Le cr\u00e9dit n\u2019est plus ce qu\u2019il \u00e9tait et la <i>croissance<\/i> non plus. Quels autres rep\u00e8res faut-il se donner, quelle \u00e9conomie faut-il remettre sur pied et comment\u00a0? <\/p>\n<p>Bien poser les probl\u00e8mes permet, dit-on, de les r\u00e9soudre \u00e0 moiti\u00e9. Se refuser \u00e0 le faire, comme constat\u00e9, ne peut avoir que de sombres cons\u00e9quences. Les banques centrales sont toujours le dernier recours du syst\u00e8me financier, le prenant sans conditions sous sa protection, cr\u00e9ant les conditions pour que s&rsquo;exerce son racket. Les gouvernements donnent d\u00e9sormais toute l\u2019apparence d\u2019\u00eatre comme ces financiers qui ont pris le pouvoir dans les grandes entreprises. Ne connaissant pas le m\u00e9tier de celles-ci, mais se forgeant une r\u00e9putation de gestionnaires hors pair gr\u00e2ce \u00e0 leur ma\u00eetrise impitoyable de la <i>bottom line<\/i> (la ligne du bas des comptes d\u2019exploitation). <\/p>\n<p>Mais ce monde ne parvient pas \u00e0 retrouver son assiette. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les projecteurs sont braqu\u00e9s sur l\u2019Europe, et plus particuli\u00e8rement sur la zone euro, depuis que le grand jeu s\u2019y est d\u00e9plac\u00e9 et install\u00e9. Ce qui ne devrait pas faire oublier le reste du monde, en particulier les <i>pays d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>. O\u00f9 en sont donc les Etats-Unis, le Japon et le Royaume Uni ? 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