{"id":19780,"date":"2010-12-30T23:09:02","date_gmt":"2010-12-30T23:09:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=19780"},"modified":"2013-01-02T14:50:16","modified_gmt":"2013-01-02T13:50:16","slug":"quand-un-anthropologue-sinteresse-a-la-pensee-economique-par-alain-adriaens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/12\/30\/quand-un-anthropologue-sinteresse-a-la-pensee-economique-par-alain-adriaens\/","title":{"rendered":"<b>QUAND UN ANTHROPOLOGUE S&rsquo;INTERESSE A LA PENSEE ECONOMIQUE<\/b>, par Alain Adriaens"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<p>En 1977, Louis Dumont publiait <strong>Homo aequalis<\/strong>. La premi\u00e8re partie du livre \u00e9tait consacr\u00e9e \u00e0 la pens\u00e9e \u00e9conomique au  XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ; dans la seconde partie, l\u2019auteur d\u00e9fendait une th\u00e8se paradoxale : que l\u2019approche de Marx est \u00ab individualiste \u00bb (fond\u00e9e sur la personne) plut\u00f4t que \u00ab holiste \u00bb (fond\u00e9e sur le groupe social). Th\u00e8se paradoxale puisqu\u2019elle s\u2018applique \u00e0 quelqu\u2019un qui a \u00e9crit (avec Engels) : \u00ab L\u2019histoire de toute soci\u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 nos jours est celle de la lutte des classes \u00bb. Une th\u00e8se paradoxale doit \u00eatre prouv\u00e9e magistralement, ce qui selon moi n\u2019est pas le cas. Dumont reconna\u00eet que Marx fait de la classe sociale le principal acteur de l\u2019histoire, l\u00e0 o\u00f9 Hegel mettait lui la nation, mais le fait que Marx vise la disparition de l\u2019\u00c9tat ne prouve pas \u00e0 mon sens que son approche rel\u00e8ve d\u2019un \u00ab individualisme m\u00e9thodologique \u00bb. <\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 juste titre que Marx est consid\u00e9r\u00e9 de nos jours comme l\u2019un des p\u00e8res de la sociologie : l\u2019\u00e9l\u00e9ment constitutif d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 humaine est toujours pour lui un groupe, dont la nature a pu varier bien entendu : ce fut d\u2019abord la famille, puis la \u00ab\u00a0gens\u00a0\u00bb (il reprend \u00e0 son compte les vues de l\u2019anthropologue am\u00e9ricain Lewis H. Morgan), c\u2019est ensuite la classe. Quiconque \u00e9crit : \u00ab Le b\u00e9n\u00e9ficiaire du majorat, le fils premier-n\u00e9, appartient \u00e0 la terre. Elle en h\u00e9rite \u00bb (Manuscrits de 1844), ne peut \u00eatre \u00e0 mon sens un tenant de l<em>\u2019individualisme m\u00e9thodologique<\/em>. Dumont s\u2019\u00e9tait assign\u00e9 une t\u00e2che impossible : prouver que l\u2019approche marxiste n\u2019est pas holiste, et son \u00e9chec \u00e9tait pr\u00e9visible.<\/p>\n<p>Dans son \u00ab billet invit\u00e9 \u00bb, Alain Adriaens, pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9fendre la th\u00e8se de Dumont. Il prend \u00e9galement \u00e0 son compte la th\u00e8se compl\u00e9mentaire d\u2019une origine \u00e9conomique de l\u2019individualisme, je prends l\u00e0 aussi le contrepied de Dumont puisque j\u2019en ai offert dans <strong>Comment la v\u00e9rit\u00e9 et la r\u00e9alit\u00e9 furent invent\u00e9es<\/strong>, une explication fond\u00e9e sur une \u00e9volution des repr\u00e9sentations li\u00e9e \u00e0 des changements d\u00e9mographiques et au d\u00e9veloppement scientifique \u2013 et ant\u00e9rieure de plus d\u2019un si\u00e8cle (2009 : La naissance du sujet, pp. 262-268).<\/p><\/blockquote>\n<p>Et bien non, je ne vais pas vous parler de Paul Jorion mais d\u2019un autre anthropologue\u00a0: Louis Dumont. Lui aussi s\u2019est pench\u00e9 sur l\u2019\u00e9conomie en partant de l\u2019exp\u00e9rience acquise dans ses travaux d\u2019anthropologue. Ce qu\u2019il a \u00e9crit, il y a plus de 30 ans, \u00e9tait tr\u00e8s en avance sur son temps et, ma foi, fort int\u00e9ressant. Louis Dumont (1911-1998) a r\u00e9alis\u00e9 des travaux anthropologiques portant principalement sur les soci\u00e9t\u00e9s de l\u2019Inde. El\u00e8ve de <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Marcel_Mauss\">Marcel Mauss<\/a> au sein de l&rsquo;Institut d&rsquo;Ethnologie, il travailla ensuite au Mus\u00e9e national des arts et des traditions populaires o\u00f9 il mena ses activit\u00e9s de recherche. En 1948, il part pour l&rsquo;Inde du sud. Il r\u00e9digera en 1957 sa <a>th\u00e8se d&rsquo;\u00c9tat<\/a> \u00ab\u00a0Une sous-caste de l&rsquo;Inde du Sud\u00a0\u00bb. Il enseigne ensuite \u00e0 <a>Oxford<\/a> et devient directeur d&rsquo;\u00e9tude \u00e0 l&rsquo;<a>\u00c9cole pratique des hautes \u00e9tudes<\/a> o\u00f9 il cr\u00e9e le Centre d&rsquo;\u00e9tudes indiennes et fonde la revue Contribution to Indian sociology tout en faisant de nombreux s\u00e9jours en Inde. S\u2019appuyant sur ses \u00e9tudes des <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Syst%C3%A8me_de_castes_en_Inde\">syst\u00e8mes de castes<\/a>, il soutient que la relation hi\u00e9rarchique forte des soci\u00e9t\u00e9s indiennes est la manifestation d&rsquo;une transcendance au c\u0153ur de la vie sociale, mettant en \u00e9vidence le caract\u00e8re ext\u00e9rieur de ce qui fonde une soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><!--more-->Partant de son exp\u00e9rience des soci\u00e9t\u00e9s hi\u00e9rarchiques, Dumont porte aussi son regard sur la soci\u00e9t\u00e9 occidentale, symbole pour lui de l\u2019\u00e9galitarisme. Par la confrontation th\u00e9orique et anthropologique de deux civilisations radicalement diff\u00e9rentes, il met en \u00e9vidence les valeurs propres aux soci\u00e9t\u00e9s modernes d\u2019Occident o\u00f9 il trouve une id\u00e9ologie \u00e9galitaire et individualiste. C\u2019est en 1977 que Dumont publie \u00ab Homo aequalis\u00a0: gen\u00e8se et \u00e9panouissement de l\u2019id\u00e9ologie \u00e9conomique \u00bb. En \u00e9tudiant les textes des philosophes qui ont pens\u00e9 l\u2019\u00e9conomie politique, il recherche les fondements qui ont amen\u00e9 l\u2019\u00e9mergence des soci\u00e9t\u00e9s de type individualiste. Dans l\u2019Occident moderne, le besoin des individus prime sur celui de la soci\u00e9t\u00e9 alors qu\u2019en Inde tout ce qui est marginal est fortement r\u00e9prim\u00e9 et l\u2019ordre, la hi\u00e9rarchie sociale et la conformit\u00e9 sont les ma\u00eetres mots. Selon Dumont, les soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 la valeur supr\u00eame est l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les individus sont tr\u00e8s rare et on ne le trouverait qu\u2019en Occident o\u00f9 elle se sont form\u00e9es petit-\u00e0-petit depuis le XVIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore, l\u2019anthropologue affirme que c\u2019est l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9conomie qui a permis l\u2019individualisme caract\u00e9ristique de notre soci\u00e9t\u00e9. Au d\u00e9part, l\u2019\u00e9conomie et la politique sont \u00e9troitement imbriqu\u00e9es dans la religion\u00a0: monarchie de droit divin, interdiction d\u2019accumuler de l\u2019argent, de jouer \u00e0 des jeux d\u2019argent ou de cr\u00e9er des banques. Dumont montre que, progressivement, l\u2019\u00e9conomie va devenir ind\u00e9pendante \u00e0 la fois de la morale et de la politique. A mesure que l\u2019on s\u2019approche du XX\u00e8me si\u00e8cle, les auteurs ont une vision o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie devient une branche de plus en plus ind\u00e9pendante et de plus en plus forte. Louis Dumont montre que le passage d\u2019un type de soci\u00e9t\u00e9 holiste \u00e0 individualiste va de pair avec la transformation de l\u2019\u00e9conomie. Au Moyen \u00c2ge, la richesse est immobili\u00e8re car ce sont les terres que les seigneurs poss\u00e8dent qui d\u00e9terminent la production. Ceux qui les d\u00e9tiennent ont le pouvoir. Le syst\u00e8me est hi\u00e9rarchis\u00e9 et il y a une forte interd\u00e9pendance entre les \u00eatres humains\u00a0: le seigneur a besoin du paysan pour la nourriture et, r\u00e9ciproquement, le paysan a besoin du seigneur pour la terre et la protection. Il en r\u00e9sulte une forte coh\u00e9sion sociale et donc un grand conformisme. Lorsqu\u2019on passe \u00e0 un syst\u00e8me de richesse mobili\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire un syst\u00e8me d\u2019\u00e9change dont le mode de transaction est l\u2019argent, il est possible de monter dans la hi\u00e9rarchie sociale car tout le monde est plac\u00e9 sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9. Le rapport aux autres n\u2019est plus n\u00e9cessaire et c\u2019est le rapport aux objets qui prime. Il en r\u00e9sulte une ind\u00e9pendance des individus menant \u00e0 la disparition du conformisme contre plus d\u2019\u00e9galit\u00e9, de libert\u00e9, d\u2019autonomie. Le revers de la m\u00e9daille est que se d\u00e9veloppe une soci\u00e9t\u00e9 anomique o\u00f9 le d\u00e9sordre est la cons\u00e9quence de l\u2019absence d\u2019interdits.<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologue \u00e9tudie les textes de plusieurs tenants de la philosophie \u00e9conomique pour mesurer l&rsquo;\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale. Les mercantilistes, Quesnay, Locke sont des \u00e9tapes dans l\u2019\u00e9volution vers l\u2019individualisme et l\u2019\u00e9conomisme (est-ce un hasard si les auteurs analys\u00e9s sont les m\u00eames que ceux que Christian Laval critique dans son ouvrage de 2007 \u00ab L\u2019homme \u00e9conomique. Essai sur les racines du n\u00e9olib\u00e9ralisme \u00bb ?). Dumont reprend \u00e9videmment Bernard Mandeville qui, dans \u00ab La Fable des abeilles \u00bb, veut prouver que les vices priv\u00e9s font la prosp\u00e9rit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. D\u00e8s ce stade, une \u00e9conomie qui tourne bien est \u00able bien supr\u00eame\u00bb et a donc sa propre morale. Mandeville dit m\u00eame que si on tente de lui imposer des normes morales venues d\u2019ailleurs, elle laisse place \u00e0 la pauvret\u00e9. Adam Smith relaiera moins radicalement cette fa\u00e7on de voir.<\/p>\n<p>Tout ceci a \u00e9t\u00e9 dit et redit ces derni\u00e8res d\u00e9cennies mais c\u2019est dans l\u2019analyse de certaines ouvrages de Marx que Dumont se montre le plus original. Il est \u00e9videmment en phase avec ceux qui pensent qu\u2019avec Marx, on atteindrait l\u2019apoth\u00e9ose de l\u2019\u00e9conomie\u00a0car son oeuvre montre que, non seulement l\u2019\u00e9conomie est ind\u00e9pendante de la morale et de la politique mais que c\u2019est elle qui les domine (de m\u00eame que l\u2019histoire et la sociologie)\u00a0: l\u2019infrastructure d\u00e9termine la superstructure.<\/p>\n<p>Mais Dumont est bien plus original\u00a0: trois forts chapitres de \u00abHomo aequalis\u00bb abordent l\u2019oeuvre du philosophe\/sociologue\/historien allemand sous les angles des questions de l\u2019individualisme et du r\u00f4le de l\u2019\u00e9conomie. Il illustre avec brio la position que Marx n\u2019est pas holiste (la soci\u00e9t\u00e9 est plus importante que l\u2019individu) mais, qu\u2019au contraire, ce qu\u2019il souhaite est le bien des individus et non pas celui de la soci\u00e9t\u00e9 prise dans son ensemble.<\/p>\n<p>Dumont, est parfois consid\u00e9r\u00e9 comme un partisan du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique car il croit que le libre commerce permet la moins mauvaise une harmonie \u00abnaturelle\u00bb des int\u00e9r\u00eats et que la libert\u00e9 des individus, l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre eux, sont des valeurs essentielles des soci\u00e9t\u00e9s modernes et qu\u2019en remettant en cause le lib\u00e9ralisme on menacerait de revenir \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s in\u00e9galitaires de type holiste. Mais c\u2019est un connaisseur exceptionnel de l\u2019\u0153uvre de Marx et il a suivi, avec minutie et objectivit\u00e9, les inflexions de la pens\u00e9e du grand Karl quant aux notions d\u2019individu et de place de l\u2019\u00e9conomie dans la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Impossible de d\u00e9tailler ici les fines analyses de notre ex\u00e9g\u00e8te. Il a manifestement lu Marx en allemand et tire la plupart des exemples dans ses \u0153uvres de jeunesse (\u00ab Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel \u00bb, \u00ab Manuscrits de 1844 \u00bb, \u00ab Th\u00e8ses sur Feuerbach \u00bb et \u00ab L&rsquo;Id\u00e9ologie allemande \u00bb). Apr\u00e8s 1850, except\u00e9 dans quelques extraits des \u00ab Grundrisse \u00bb, Dumont semble consid\u00e9rer que Marx n\u2019est plus le philosophe id\u00e9aliste de ses d\u00e9buts mais qu\u2019il est devenu un homme politique qui essaie d\u2019\u00e9laborer une strat\u00e9gie pour \u00e9liminer la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise (et comme l\u2019\u00e9conomie domine tout, il tente d\u2019\u00e9laborer \u00e9conomie alternative &#8211; et temporaire &#8211; pour arriver \u00e0 ses fins). Mais selon Dumont, l\u2019objectif du jeune Marx \u00e9tait bien l\u2019\u00e9mancipation des individus, leur \u00e9panouissement personnel. Il consid\u00e8re que l\u2019asservissement du peuple subi dans les soci\u00e9t\u00e9s f\u00e9odales et religieuses a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par un autre asservissement (via le salariat et la perte de capacit\u00e9s productives propres) dans la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise. De nombreuses citations recens\u00e9es par Dumont se r\u00e9sument donc \u00e0 celle o\u00f9 Marx dit qu\u2019\u00ab il n\u2019y pas de fins collectives en dehors des fins des individus\u00bb. Dumont tire des \u00e9crits du jeune (et na\u00eff\u00a0?) Marx que celui-ci esp\u00e9rait que les ouvriers r\u00e9volutionnaires, apr\u00e8s la phase communiste, deviendraient \u00e0 la fois totalement autonomes mais conscients que leur libert\u00e9 ne venait que de l\u2019insertion dans une soci\u00e9t\u00e9 du travail et donc totalement solidaires avec tous les membres de celle-ci. Dumont recense par la suite des \u00a0contradictions dans la pens\u00e9e foisonnante de Marx et l\u2019on pourrait dire a posteriori qu\u2019il h\u00e9site parfois entre l\u2019individualisme m\u00e9thodologique et le holisme m\u00e9thodologique. M\u00eame si tous ces termes n\u2019existaient pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il rejoint Philippe Corcuff qui, dans un chapitre de \u00ab Le capitalisme contre les individus \u00bb, range Marx dans le relationnisme m\u00e9thodologique puisque ce dernier a \u00e9crit un jour \u00ab L\u2019essence humaine n\u2019est point chose abstraite, inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019individu isol\u00e9, elle est dans sa r\u00e9alit\u00e9, l\u2019ensemble des relations humaines. \u00bb<\/p>\n<p>Dumont, pseudo lib\u00e9ral et adepte de la philosophie \u00e9conomique termine son livre par une phrase que ne peut r\u00e9sonner que comme un hommage\u00a0: \u00ab D\u00e8s que nous cessons de privil\u00e9gier notre propre id\u00e9ologie, les diff\u00e9rents types de soci\u00e9t\u00e9 nous apparaissent comme discontinus et h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Reconna\u00eetre cette discontinuit\u00e9 et cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, et la ma\u00eetriser ensuite par la comparaison, est la t\u00e2che scientifique que Marx nous a laiss\u00e9e, si \u00e9loign\u00e9e soit-elle de ce qui constituait sa pr\u00e9occupation majeure. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. <\/p>\n<p>En 1977, Louis Dumont publiait <strong>Homo aequalis<\/strong>. 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