{"id":199,"date":"2007-10-06T01:58:11","date_gmt":"2007-10-06T00:58:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=199"},"modified":"2013-01-02T00:21:35","modified_gmt":"2013-01-01T23:21:35","slug":"la-parole-est-generee-comme-laboutissement-dune-dynamique-operant-sur-un-reseau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2007\/10\/06\/la-parole-est-generee-comme-laboutissement-dune-dynamique-operant-sur-un-reseau\/","title":{"rendered":"La parole est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme l\u2019aboutissement d\u2019une dynamique op\u00e9rant sur un r\u00e9seau"},"content":{"rendered":"<p><strong>La pens\u00e9e comme dynamique de mots<\/strong>. I. Principes g\u00e9n\u00e9raux (1)<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se globale est que \u00ab la parole est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme l\u2019aboutissement d\u2019une dynamique op\u00e9rant sur un r\u00e9seau \u00bb. Cette hypoth\u00e8se est <em>sp\u00e9cifique<\/em> puisqu\u2019elle affirme que les donn\u00e9es, les \u00ab mots \u00bb mobilis\u00e9s dans la production de la parole, sont structur\u00e9es en r\u00e9seau. L\u2019hypoth\u00e8se est \u00e9galement porteuse d\u2019information lorsqu\u2019elle distingue deux parties dans le m\u00e9canisme : une architecture, \u00e0 savoir le r\u00e9seau lui\u2013m\u00eame et une dynamique \u2013 qui sera d\u00e9finie plus pr\u00e9cis\u00e9ment ult\u00e9rieurement \u2013 op\u00e9rant sur celui\u2013ci.<\/p>\n<p>Dans une certaine mesure, cette hypoth\u00e8se se contente de formuler ce qui va de soi, puisque la parole se d\u00e9roule dans le temps et est donc par nature un processus dynamique ; par ailleurs, une dynamique op\u00e8re n\u00e9cessairement sur un substrat constituant son architecture. Dans le cas de la parole, cette architecture comprend automatiquement les \u00e9l\u00e9ments de la parole que sont les mots, dont tout acte de parole est une combinaison s\u00e9quentielle.<\/p>\n<p>De plus, et \u00e0 moins que l\u2019on n\u2019entende attribuer la complexit\u00e9 tout enti\u00e8re de la parole \u00e0 sa dynamique, il est raisonnable de supposer que sa forme refl\u00e8te au moins partiellement le mode d\u2019organisation statique de ses \u00e9l\u00e9ments. Rien ne vient bien entendu prouver que la parole ne r\u00e9sulte pas de l\u2019exercice d\u2019une dynamique extr\u00eamement complexe sur une base de donn\u00e9es amorphe, les phrases \u00e9tant produites en pr\u00e9levant \u00e0 la demande les mots individuels d\u2019une base de donn\u00e9es ou ils seraient stock\u00e9s al\u00e9atoirement. Cette derni\u00e8re hypoth\u00e8se suppose toutefois une m\u00e9thode qui serait extr\u00eamement peu \u00e9conomique pour assurer la t\u00e2che de g\u00e9n\u00e9rer en sortie une suite de mots parfaitement organis\u00e9e. Ceci serait inattendu puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 que d\u00e8s qu\u2019un processus biologique atteint un certain niveau de complexit\u00e9, celle\u2013ci se r\u00e9partit \u00e9conomiquement entre le substrat et la dynamique op\u00e9rant sur celui\u2013ci (c\u2019est le cas en particulier des organes des sens o\u00f9 le probl\u00e8me de la complexit\u00e9 du traitement de l\u2019information est partiellement r\u00e9solu par la complexit\u00e9 de l\u2019organe lui\u2013m\u00eame).<\/p>\n<p>Si les donn\u00e9es (les \u00ab mots \u00bb) sont d\u2019une certaine mani\u00e8re organis\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leur r\u00e9pertoire, une m\u00e9thode \u00e9vidente pour mod\u00e9liser cette organisation consiste \u00e0 recourir \u00e0 l\u2019objet math\u00e9matique appel\u00e9 <em>graphe<\/em> (un ensemble de paires ordonn\u00e9es). Un graphe <em>connect\u00e9 <\/em>(1) correspond \u00e0 ce qu\u2019on appelle en langage courant, un \u00ab r\u00e9seau \u00bb.  Autrement dit, affirmer que la dynamique de la parole op\u00e8re sur un r\u00e9seau revient simplement \u00e0 dire que son substrat constitu\u00e9 de mots est \u00ab d\u2019une certaine mani\u00e8re \u00bb et \u00ab dans une certaine mesure \u00bb organis\u00e9.  Ajouter que ce r\u00e9seau est <em>connect\u00e9<\/em> signifie que le lexique complet connu du locuteur est disponible chaque fois qu\u2019une phrase est prononc\u00e9e (2).<\/p>\n<p>(1) Je montrerai ult\u00e9rieurement (section 21) que la connectivit\u00e9 du graphe est une condition sine qua non pour que la parole d\u2019un sujet parlant soit rationnelle.<\/p>\n<p>(2) Comme il sera postul\u00e9 ult\u00e9rieurement (section 21), ce \u00e0 quoi on assiste dans le cas de la psychose, c\u2019est que seule une partie du lexique est disponible dans la g\u00e9n\u00e9ration de la parole. La n\u00e9vrose (section 20) correspond au cas moins dramatique o\u00f9 des mots individuels et donc certains parcours singuliers du r\u00e9seau, sont inaccessibles, le lexique complet demeurant par ailleurs disponible, m\u00eame si ce n\u2019est parfois que par des chemins tortueux et difficiles d\u2019acc\u00e8s.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>La pens\u00e9e comme dynamique de mots<\/strong>. I. Principes g\u00e9n\u00e9raux (1)<\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se globale est que \u00ab la parole est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme l\u2019aboutissement d\u2019une dynamique op\u00e9rant sur un r\u00e9seau \u00bb. Cette hypoth\u00e8se est <em>sp\u00e9cifique<\/em> puisqu\u2019elle affirme que les donn\u00e9es, les \u00ab mots \u00bb mobilis\u00e9s dans la production de la parole, sont structur\u00e9es en r\u00e9seau. 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