{"id":21,"date":"2007-03-26T06:32:52","date_gmt":"2007-03-26T05:32:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=21"},"modified":"2013-01-02T00:23:37","modified_gmt":"2013-01-01T23:23:37","slug":"apprendre-en-se-lisant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2007\/03\/26\/apprendre-en-se-lisant\/","title":{"rendered":"Apprendre en se lisant"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019ignore si d\u2019autres qui \u00e9crivent ont partag\u00e9 cette exp\u00e9rience qui fut souvent la mienne : avoir le sentiment d\u2019apprendre quelque chose alors que l&rsquo;on lit un texte que l&rsquo;on a soi-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a plusieurs explications possibles, l\u2019une, banale, serait que l&rsquo;on en a oubli\u00e9 le contenu. Fervent de la psychanalyse, je ne pense pas personnellement que l\u2019on oublie ce que l\u2019on a su un jour. Il me para\u00eet plus probable que l\u2019on change, que l\u2019on \u00e9volue, et qu\u2019ayant cess\u00e9 d\u2019\u00eatre la m\u00eame exacte personne, on puisse apprendre en se lisant soi\u2013m\u00eame.<\/p>\n<p>J\u2019ai eu l\u2019occasion hier de raffiner cette explication. Je cherchais la r\u00e9ponse \u00e0 une question. De fil en aiguille je me suis retrouv\u00e9 sur Wikip\u00e9dia, o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9couvert la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019un de mes propres textes \u00e9crit il y a huit ans. Je suis all\u00e9 le relire, et j\u2019y ai d\u00e9couvert la r\u00e9ponse \u00e0 ma question. <\/p>\n<p>Et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai pu raffiner mon hypoth\u00e8se initiale : la question que je me posais hier n\u2019\u00e9tait pas celle \u00e0 laquelle je m\u2019effor\u00e7ais de r\u00e9pondre au moment o\u00f9 je r\u00e9digeais mon texte. Cependant, oui, bien que ce n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 alors mon but, je r\u00e9pondais bien \u00e0 ma seconde question.<\/p>\n<p>J\u2019ignore si cette autre exp\u00e9rience est elle aussi partag\u00e9e : je me demande quelle heure il est et au moment o\u00f9 je regarde ma montre et constate l\u2019heure, je me souviens aussit\u00f4t que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 consult\u00e9 ma montre il y a moins d\u2019une minute. L\u2019explication de cet \u00e9tonnant oubli est que les deux motifs qui m\u2019ont conduit \u00e0 m\u2019interroger sur l\u2019heure \u00e9taient enti\u00e8rement ind\u00e9pendants : par exemple, minuter le temps qu\u2019il me faut pour r\u00e9diger une t\u00e2che et ne pas rater un rendez\u2013vous important. Comme si les deux t\u00e2ches \u00e9tant distinctes requ\u00e9raient chacune, en parall\u00e8le, de savoir l\u2019heure qu\u2019il est, sans qu&rsquo;il existe de communication entre les deux informations, et sans que ma m\u00e9moire n\u2019enregistre  le fait en soi :\u00ab Il est telle heure \u00bb.<\/p>\n<p>Ah oui, la r\u00e9f\u00e9rence ! La voici : \u00ab \u00c0 chaque instant l&rsquo;\u00e9volution emprunte simultan\u00e9ment toutes les possibilit\u00e9s pr\u00e9vues par la m\u00e9canique quantique, et on peut alors l\u00e9gitimement se poser la question de savoir ce qu&rsquo;il advient de la conscience individuelle. Notre conscience se divise-t-elle aussi pour coexister simultan\u00e9ment dans des mondes parall\u00e8les ? Paul Jorion r\u00e9pond n\u00e9gativement \u00e0 cette question. Selon lui, la conscience emprunterait le chemin d&rsquo;\u00e9volution qui est le plus favorable pour elle (voir \u00ab <a href=\"http:\/\/pauljorion.com\/index-article-4.html\">Pourquoi nous avons neuf vies comme les chats<\/a> \u00bb, <em>Papiers du Coll\u00e8ge International de Philosophie<\/em>, N\u00ba 51, 2000, Reconstitutions, 69-80).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019ignore si d\u2019autres qui \u00e9crivent ont partag\u00e9 cette exp\u00e9rience qui fut souvent la mienne : avoir le sentiment d\u2019apprendre quelque chose alors que l&rsquo;on lit un texte que l&rsquo;on a soi-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9.<\/p>\n<p>Il y a plusieurs explications possibles, l\u2019une, banale, serait que l&rsquo;on en a oubli\u00e9 le contenu. 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