{"id":21014,"date":"2011-02-04T18:12:13","date_gmt":"2011-02-04T17:12:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=21014"},"modified":"2013-01-02T14:47:35","modified_gmt":"2013-01-02T13:47:35","slug":"lactualite-de-la-crise-un-pacte-sur-des-pointes-depingles-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/02\/04\/lactualite-de-la-crise-un-pacte-sur-des-pointes-depingles-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>UN PACTE SUR DES POINTES D&rsquo;\u00c9PINGLES<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Savaient-ils ce qu\u2019ils voulaient, aujourd\u2019hui, \u00e0 Bruxelles ? Oui, avancer le plus possible vers l\u2019adoption d\u2019un <i>pacte<\/i>. Afin de pr\u00e9senter un accord entre chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement permettant de prolonger le r\u00e9pit actuel de la crise obligataire, et de commencer \u00e0 entrer dans ce qu\u2019ils consid\u00e8rent \u00eatre le vif du sujet ! Afin d\u2019y parvenir, un sommet europ\u00e9en extraordinaire des 17 pays de la zone euro est propos\u00e9 dans la premi\u00e8re quinzaine de mars, avant le sommet de l\u2019Union europ\u00e9enne de la fin du mois. <\/p>\n<p>Le nom du pacte a entretemps chang\u00e9, son contenu se pr\u00e9cisant mais toujours \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable. Initialement d\u00e9nomm\u00e9 pacte de <i>comp\u00e9titivit\u00e9 et de croissance<\/i>, il est devenu \u00ab\u00a0<i>de convergence<\/i>\u00ab\u00a0, un objectif qui rabat sur ses ambitions initiales et \u00e9vitera d\u2019\u00eatre jug\u00e9 sur ses r\u00e9sultats en termes de croissance. <\/p>\n<p>Son catalogue de mesures se voulant embl\u00e9matiques, dress\u00e9 par les Allemands qui se sont inspir\u00e9s des propositions initiales de la Commission, pose par contre probl\u00e8me. Parce que certaines d\u2019entre elles suscitent des refus cat\u00e9goriques, les Belges ne voulant pas supprimer l\u2019indexation des salaires, les Irlandais leur fiscalit\u00e9 avantageuse pour les entreprises, les Fran\u00e7ais refusant de revenir de nouveau sur l\u2019\u00e2ge de la retraite, etc. Mais aussi parce qu\u2019elles s\u2019inscrivent au fond dans le cadre de toujours, la m\u00eame impasse strat\u00e9gique, dont la mise en musique se poursuit. <\/p>\n<p><!--more-->Le manque de r\u00e9alisme de ce pacte n\u00e9goci\u00e9 dans ses grandes lignes entre les Allemands et les Fran\u00e7ais, et que Herman Van Rompuy, le pr\u00e9sident de l\u2019Union europ\u00e9enne, est maintenant charg\u00e9 de vendre \u00e0 tous ses membres, en est l\u2019expression. Angela Merkel en a dessin\u00e9 les contours \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00e9conomie allemande, impliquant pour les membres de l\u2019Union de s\u2019orienter, en vue de s\u2019aligner, vers ce qu\u2019elle consid\u00e8re \u00eatre des crit\u00e8res d\u2019excellence, le tout temp\u00e9r\u00e9 comme il le peut par un gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 la remorque. <\/p>\n<p>Ce pacte est un habillage de la seule strat\u00e9gie autour de laquelle les gouvernements europ\u00e9ens sont capables de se r\u00e9unir et que la BCE &#8211; \u00e9largissant sa mission de gardien du temple &#8211; ne cesse de d\u00e9fendre : restaurer la <i>comp\u00e9titivit\u00e9<\/i> europ\u00e9enne en pesant sur les co\u00fbts salariaux, et lutter contre le d\u00e9ficit fiscal en r\u00e9duisant les budgets et r\u00e9\u00e9quilibrant les comptes sociaux. En instaurant des dispositifs contraignants servant de paravent aux gouvernements qui s\u2019en pr\u00e9vaudront pour \u00e9lectoralement s\u2019en d\u00e9douaner. <\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, il faudra bien entreprendre un nouveau grossier rapi\u00e9\u00e7age du tissu bancaire, sous couvert de stress tests qui s\u2019annoncent laborieux \u00e0 calibrer, entamant avant m\u00eame qu\u2019ils ne soient entrepris la cr\u00e9dibilit\u00e9 de leurs r\u00e9sultats. Il y a encore beaucoup de d\u00e9chets planqu\u00e9s sous les tapis et il est hors de propos d\u2019imposer aux banques des obligations suppl\u00e9mentaires de recapitalisation autres que celles de B\u00e2le III, lesquelles posent d\u00e9j\u00e0 probl\u00e8me. <\/p>\n<p>Puis, il va falloir ren\u00e9gocier &#8211; en d\u00e9pit du refus d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9 par la BCE \u00e0 l\u2019Irlande &#8211; les termes des <i>sauvetages<\/i> d\u00e9j\u00e0 accomplis, le FMI ayant pris les devants en pr\u00e9cisant qu\u2019il pouvait accorder \u00e0 la Gr\u00e8ce cinq ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires de d\u00e9lai de remboursement de son pr\u00eat de 30 milliards d\u2019euros. Du c\u00f4t\u00e9 irlandais, la surench\u00e8re qui d\u00e9bute entre les futurs vainqueurs des prochaines \u00e9lections du 11 mars prochain va rendre intenable un refus d\u2019entamer une ren\u00e9gociation. Elle pourrait m\u00eame s\u2019\u00e9largir \u00e0 la remise en cause de certaines garanties gouvernementales donn\u00e9es aux banques, impliquant de mettre finalement \u00e0 contribution leurs cr\u00e9anciers. Rompre ce tabou cr\u00e9erait un choc qui d\u00e9passerait les fronti\u00e8res de l\u2019Irlande et relancerait le d\u00e9bat des restructurations dans toute l\u2019Europe. <\/p>\n<p>Suivre ou ne pas suivre le chemin de l\u2019Irlande est pr\u00e9cis\u00e9ment le choix devant lequel est plac\u00e9 le gouvernement espagnol, qui doit affronter la situation calamiteuse de son syst\u00e8me bancaire apr\u00e8s l\u2019avoir tr\u00e8s longtemps ni\u00e9e. Sous l\u2019\u00e9gide de la banque centrale, son exposition aux actifs immobiliers douteux vient d\u2019\u00eatre rendue publique. Soit 135 milliards d\u2019euros, dont 90 milliards pour les 17 caisses d\u2019\u00e9pargne (les cajas). Les estimations pr\u00e9alables de la banque centrale \u00e9taient sup\u00e9rieures &#8211; 180 milliards d\u2019euros &#8211; ces nouvelles donn\u00e9es compilant le d\u00e9claratif des banques elles-m\u00eames. L\u2019estimation des pertes potentielles qui en r\u00e9sulteront est toute la question, ainsi que celle du montant des nouvelles d\u00e9pr\u00e9ciations en d\u00e9coulant, les deux s\u2019aggravant avec le temps. <\/p>\n<p>Le gouvernement vient d\u2019estimer \u00e0 20 milliards d\u2019euros les besoins de recapitalisation des cajas, un montant que les analystes s\u2019accordent \u00e0 trouver d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent tr\u00e8s sous-estim\u00e9. Moody&rsquo;s estime que les pertes des banques et caisses d&rsquo;\u00e9pargne pourraient atteindre \u00e0 terme 176 milliards d&rsquo;euros, alors que seuls 88 milliards ont \u00e9t\u00e9 reconnus par les \u00e9tablissements. Pour la banque UBS, les besoins de recapitalisation globaux oscillent entre 70 et 120 milliards. Or les cajas d\u00e9tiendraient les deux tiers des actifs toxiques&#8230;<\/p>\n<p>Au fil des saisies, les cajas sont de facto devenues de gigantesques agences immobili\u00e8res, propri\u00e9taires de logements vides invendus, qu\u2019il faut entretenir et dont le prix de vente baisse. On estime que le parc de logements construits correspond \u00e0 une population de 80 millions de personnes dans un pays de 47 millions d\u2019habitants, ce qui donne plus que les donn\u00e9es financi\u00e8res pr\u00e9c\u00e9dentes une mesure de la bulle immobili\u00e8re espagnole et de ses ravages. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, le dispositif gouvernemental espagnol est \u00e0 double d\u00e9tente, favorisant d&rsquo;une part l\u2019ouverture du capital des cajas aux investisseurs priv\u00e9s, et se r\u00e9servant d&rsquo;autre part si n\u00e9cessaire la possibilit\u00e9 d&rsquo;intervenir via le Frob (le fonds d\u2019aide publique), en proc\u00e9dant \u00e0 des nationalisations partielles. L\u2019\u00e9ch\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 septembre prochain : solution irlandaise ou pas, la question va rester pendante quelques mois. <\/p>\n<p>L\u2019objectif est que le gouvernement s\u2019engage \u00e0 minima, mais le prix r\u00e9el \u00e0 payer pourrait \u00eatre simplement d\u00e9plac\u00e9. Les cajas sont en train de concentrer leurs actifs et passifs dans de nouvelles structures bancaires, ouvrant la voie \u00e0 l&rsquo;\u00e9ventuelle cr\u00e9ation ult\u00e9rieure de structures de d\u00e9faisance, dont la charge financi\u00e8re reviendrait \u00e0 l\u2019Etat. Il faudra bien int\u00e9resser les investisseurs priv\u00e9s&#8230; <\/p>\n<p>Bloquer la crise en Espagne, comme les militaires bloquent une offensive sur le terrain, est le v\u00e9ritable enjeu de la crise europ\u00e9enne, et ce n\u2019est pas \u00e0 Bruxelles qu\u2019il se r\u00e9glera. A supposer que le Portugal n\u2019entre pas dans la zone des temp\u00eates, car l\u2019un y entra\u00eenerait l\u2019autre. Cela \u00e9claire la visite \u00e0 Madrid d\u2019Angela Merkel jeudi dernier, ainsi que les d\u00e9clarations de Jos\u00e9 Luis Zapatero, empress\u00e9 \u00e0 jeter avec elle \u00ab les bases d\u2019un pacte de comp\u00e9titivit\u00e9 \u00bb. <\/p>\n<p>Le dernier taux officiel de ch\u00f4mage connu, celui de d\u00e9cembre dernier, \u00e9tait de 20,33%, et il a \u00e9t\u00e9 depuis annonc\u00e9 qu\u2019il continuait de grimper. 130.000 nouveaux ch\u00f4meurs ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s en janvier dernier. Voil\u00e0 qui donne une image de la crise dans un pays o\u00f9 le gouvernement attend pour 2011 \u00ab le d\u00e9but de la reprise \u00bb et pr\u00e9voit de mani\u00e8re optimiste une croissance de 1,3%. Le FMI table sur 0,6%; en 2010, le PIB a \u00e9t\u00e9 n\u00e9gatif (-0,1%). <\/p>\n<p>Avant m\u00eame d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9, le pacte repose sur des pointes d&rsquo;\u00e9pingles. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Savaient-ils ce qu\u2019ils voulaient, aujourd\u2019hui, \u00e0 Bruxelles ? Oui, avancer le plus possible vers l\u2019adoption d\u2019un <i>pacte<\/i>. Afin de pr\u00e9senter un accord entre chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement permettant de prolonger le r\u00e9pit actuel de la crise obligataire, et de commencer \u00e0 entrer dans ce qu\u2019ils consid\u00e8rent \u00eatre le vif du sujet ! 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