{"id":2105,"date":"2009-02-25T17:13:29","date_gmt":"2009-02-25T16:13:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2105"},"modified":"2009-02-25T17:13:29","modified_gmt":"2009-02-25T16:13:29","slug":"lactualite-de-la-crise-obama-l%e2%80%99enlisement-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/02\/25\/lactualite-de-la-crise-obama-l%e2%80%99enlisement-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise. Obama : l\u2019enlisement, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>OBAMA : L\u2019ENLISEMENT<\/strong> <\/p>\n<p>Vers o\u00f9 tourner la t\u00eate, quand cela continue partout de d\u00e9gringoler ? Vers le c\u0153ur de la crise, les USA, d\u2019o\u00f9 tout est parti et o\u00f9 beaucoup doit \u00eatre r\u00e9par\u00e9. L\u00e0, en d\u00e9pit de la succession ininterrompue de plans de sauvetages, de soutien et de relances, dont les montants s\u2019expriment \u00e0 chaque fois en centaines de milliards de dollars, la situation semble toujours incontr\u00f4l\u00e9e. Chaque jour qui passe apporte ses nouvelles incertitudes. Ce ne sont pas les sp\u00e9culations de mardi de Ben Bernanke, pr\u00e9sident de la Fed, destin\u00e9es \u00e0 rassurer les membres du Congr\u00e8s, qui pourront y r\u00e9pondre (\u00ab\u2026il y a une perspective raisonnable que la r\u00e9cession s&rsquo;ach\u00e8ve en 2009 et que 2010 soit une ann\u00e9e de reprise \u00bb), ni les \u00ab vigoureux messages d\u2019espoir \u00bb prononc\u00e9s par Barack Obama et annonc\u00e9s par son porte-parole Robert Gibbs, et qui n\u2019ont pas manqu\u00e9 de l\u2019\u00eatre : \u00ab Notre \u00e9conomie est affaiblie et notre confiance \u00e9branl\u00e9e; nous vivons des temps difficiles et incertains ; mais ce soir je veux que tous les Am\u00e9ricains sachent ceci : nous allons reconstruire, nous allons nous r\u00e9tablir, et les Etats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique en sortiront plus forts qu&rsquo;auparavant \u00bb. Le service de presse de la Maison Blanche avait pris la pr\u00e9caution de communiquer par avance quelques extraits du discours, dont cette phrase cl\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre reprise dans les m\u00e9dias. <\/p>\n<p>Nous n\u2019en sommes pas \u00e0 nous demander comment, demain, la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine pourra soit recommencer \u00e0 vivre \u00e0 cr\u00e9dit sans compter, soit vivre autrement et on se demande bien comment. Ni comment le couple sino-am\u00e9ricain va pouvoir r\u00e9am\u00e9nager son idylle financi\u00e8re et commerciale, bris\u00e9e par la crise mais toujours indispensable. Non, la question pendante reste, toujours et de mani\u00e8re lancinante, comment gu\u00e9rir le syst\u00e8me financier am\u00e9ricain des maux qui le paralysent et l\u2019enfoncent progressivement ? En attendant de le savoir, on continue de bricoler en Europe, les Britanniques ayant seul d\u00e9sormais un plan de route plus ou moins ficel\u00e9. Les maux, on les conna\u00eet, les rem\u00e8des, on ne les applique qu\u2019au compte-gouttes. <\/p>\n<p>L\u2019administration Obama semble avoir fait preuve d\u2019une certaine na\u00efvet\u00e9 politique avec ses tentatives de conciliation et de recherche d\u2019un consensus avec les R\u00e9publicains. En r\u00e9alit\u00e9, elle a probablement voulu tester la possibilit\u00e9 de prendre des mesures plus audacieuses, qui n\u00e9cessitaient un large accord politique, mais le r\u00e9sultat n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 probant, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire. Dans ces conditions, l\u2019\u00e9quation que le Tr\u00e9sor et la Fed avaient \u00e0 r\u00e9soudre devenait sans solution solide. D\u2019o\u00f9 la poursuite de ce cort\u00e8ge d\u00e9sordonn\u00e9 de demi-mesures, de cadres g\u00e9n\u00e9raux d\u2019intervention, p\u00e9titions de principes dont la concr\u00e9tisation reste vague, la pose de rustines dont la taille n\u2019est jamais suffisante, n\u2019exprimant rien d\u2019autre qu\u2019une difficult\u00e9 end\u00e9mique \u00e0 choisir, une fois pour toutes, un plan financier muscl\u00e9, \u00e0 l\u2019image de ceux con\u00e7us dans le but de favoriser la relance \u00e9conomique. La nouvelle administration continue de donner, comme la pr\u00e9c\u00e9dente, l\u2019impression de ne pas savoir sur quel pied danser. Faut-il se demander pourquoi ? <\/p>\n<p>Est-ce, comme on le lit beaucoup, qu\u2019il y a des mots qui tuent dans ce pays, ou en tout cas qui font mal, comme celui de nationalisation ? Et que nous assisterions \u00e0 un blocage de nature id\u00e9ologique, culturel pour tout dire ? Comme la r\u00e9action des R\u00e9publicains pourrait le faire penser, qui se raccrochent \u00e0 leurs dogmes ? Mais qu\u2019en est-il, alors, de ce pragmatisme tant vant\u00e9 par ailleurs, et qui fait aussi partie des bagages ? N\u2019est-ce pas, plut\u00f4t, parce qu\u2019une r\u00e9sistance d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e des milieux financiers et de ce qu\u2019ils repr\u00e9sentent dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine fait obstacle aux timides vell\u00e9it\u00e9s d\u2019un appareil politique et d\u2019une administration, totalement impr\u00e9par\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9preuve qu\u2019ils traversent et qui naviguent au plus pr\u00e8s, sans recul possible, impr\u00e9gn\u00e9s des compromissions sur lesquelles ils sont b\u00e2tis ? Il faut appeler un chat un chat.  <\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi, en d\u00e9pit des appels r\u00e9it\u00e9r\u00e9s lanc\u00e9s par des universitaires et des \u00e9conomistes reconnus et respect\u00e9s, aucune mesure radicale et tranch\u00e9e n\u2019est toujours adopt\u00e9e, et que les USA s\u2019enlisent dans la crise, avec le monde entier \u00e0 leur suite par la m\u00eame occasion. Les USA ne montrent pas la voie, ils la bouchent, et avec une certaine pers\u00e9v\u00e9rance. A leur d\u00e9charge, ils ne sont pas les seuls. A ce jeu, Ils ont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 irr\u00e9m\u00e9diablement perdu une partie de leur stature. C\u2019est la poursuite du d\u00e9clin. <\/p>\n<p>Le savoir-faire reconnu de Timothy Geithner, hier Pr\u00e9sident de la Fed de New York (depuis 2003, et \u00e0 ce titre en charge de la gestion de Wall Street), aujourd\u2019hui secr\u00e9taire d\u2019Etat au Tr\u00e9sor, ne lui est visiblement pas d\u2019une grande aide dans cette crise. Il exprime \u00e0 lui seul l\u2019impasse dans laquelle le syst\u00e8me financier am\u00e9ricain est entr\u00e9, l\u2019incapacit\u00e9 qu\u2019il a de trouver en lui-m\u00eame les ressorts de son aggiornamento. T\u00e9moignant m\u00eame d\u2019un fort acharnement \u00e0 d\u00e9montrer que sa restructuration est impossible. Ne pouvant pas aborder de front les questions qui f\u00e2chent, Timothy Geithner ne peut donc les r\u00e9soudre. Cherchant \u00e0 m\u00e9nager la chair d\u2019un syst\u00e8me financier dont il a une pratique \u00e9tendue, il ne parvient pas \u00e0 accomplir le d\u00e9lit d\u2019anthropophagie, le seul que ce syst\u00e8me rebelle \u00e0 la r\u00e9forme n\u2019ait jamais commis. Sa nomination \u00e9tait en gage. Comme le maintien de Ben Bernanke, le pr\u00e9sident de la Fed, nomm\u00e9 par George W. Bush en 2005. A eux deux, ils expriment la continuit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il faudrait le changement. <\/p>\n<p>Barack Obama a hier soir mis en sc\u00e8ne au Congr\u00e8s une tentative de rassurer les Am\u00e9ricains, qui en ont bien besoin, en \u00e9tant sur tous les fronts et en multipliant les promesses. Moins de d\u00e9ficit, plus d\u2019argent pour les banques, a-t-il annonc\u00e9, et pour l\u2019industrie automobile, plus d\u2019argent pour des pr\u00eats et une loi \u00ab pour r\u00e9former un syst\u00e8me de r\u00e9gulation d\u00e9pass\u00e9 \u00bb. Il n\u2019y avait pas d\u2019autre solution que d\u2019annoncer une nouvelle pluie de dollars. Ni le lieu ni les circonstances ne se pr\u00eataient \u00e0 donner le d\u00e9tail de mesures qui vont \u00eatre tr\u00e8s attendues. Leur financement aussi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>OBAMA : L\u2019ENLISEMENT<\/strong> <\/p>\n<p>Vers o\u00f9 tourner la t\u00eate, quand cela continue partout de d\u00e9gringoler ? Vers le c\u0153ur de la crise, les USA, d\u2019o\u00f9 tout est parti et o\u00f9 beaucoup doit \u00eatre r\u00e9par\u00e9. 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