{"id":2109,"date":"2009-02-26T01:30:58","date_gmt":"2009-02-26T00:30:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2109"},"modified":"2009-02-26T01:30:58","modified_gmt":"2009-02-26T00:30:58","slug":"lactualite-de-la-crise-%c2%ab-yes-he-must-%c2%bb-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/02\/26\/lactualite-de-la-crise-%c2%ab-yes-he-must-%c2%bb-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : \u00ab Yes, he must ! \u00bb, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>YES, HE MUST !<\/strong><\/p>\n<p>Pas toujours aussi direct, l\u2019\u00e9ditorial du Monde de mercredi analyse sans fioritures le discours de Barack Obama : apr\u00e8s le \u00ab Yes, I can \u00bb, nous avons eu droit au \u00ab Yes, we will \u00bb, pour \u00e9viter un \u00ab Yes, he must \u00bb, ass\u00e8ne le quotidien vesp\u00e9ral. Le discours \u00e9tait effectivement plein de bonnes intentions, dont certains se traduiront sans doute dans les faits, mais \u00e9galement plein d\u2019impr\u00e9cisions, nous commen\u00e7ons \u00e0 en avoir l\u2019habitude. C\u2019est le r\u00e8gne des bouts de ficelle qui se poursuit, dont chaque pelote co\u00fbte une fortune, mais on ne voit toujours pas s\u2019annoncer cette refonte du capitalisme qui semble in\u00e9vitable et dont l\u2019av\u00e8nement, s\u2019il intervient, s\u2019annonce lointain et laborieux. Sanction d\u00e9sormais habituelle, la r\u00e9action de Wall Street ne s\u2019est pas fait attendre, les cours ont baiss\u00e9, peut-\u00eatre parce que les march\u00e9s ne savent plus \u00e0 quel capitalisme se vouer. <\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments de cette refonte se mettent pourtant progressivement en place, isol\u00e9ment les uns des autres. Il est donc possible d\u2019essayer de les mettre bout \u00e0 bout. De tirer le petit fil rouge de la raison, comme disait Rouletabille. De raisonner dans un monde tr\u00e8s d\u00e9raisonnable. <\/p>\n<p>Le commerce international conna\u00eet une forte contraction des \u00e9changes, alors que Pascal Lamy, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019OMC, sto\u00efque et pers\u00e9v\u00e9rant, vient de lancer un \u00e9ni\u00e8me appel \u00e0 conclure les n\u00e9gociations du cycle de Doha, si ce n\u2019est pour la gloire, tout du moins pour l\u2019histoire. Cette contraction relativise tous ces discours contre le protectionnisme que nous entendons. Mais de quel poids p\u00e8sent les mesures incontestablement protectionnistes que l\u2019on a pu enregistrer, face \u00e0 ce mouvement de repli involontaire car d\u00fb \u00e0 la r\u00e9cession \u00e9conomique ? Il est parfois jug\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable de combattre des moulins \u00e0 vent que d\u2019affronter la temp\u00eate. <\/p>\n<p><!--more-->Quelles cons\u00e9quences peuvent d\u00e9couler de cette contraction ? Sur la croissance de nombreux pays, dont celle des pays \u00e9mergents dont la prosp\u00e9rit\u00e9 reposait essentiellement sur le commerce ext\u00e9rieur, cadeau d\u00e9sormais empoisonn\u00e9 de la mondialisation des \u00e9changes ? Sujet plus sensible, sur les exc\u00e9dents commerciaux de certains pays, qui servaient \u00e0 financer les d\u00e9ficits des autres ?  Le sort du Japon, deuxi\u00e8me d\u00e9tenteur mondial de bons du Tr\u00e9sor US, r\u00e9pond \u00e0 cette derni\u00e8re question. Il a connu en janvier un d\u00e9ficit commercial de 7,9 milliards d&rsquo;euros, selon le minist\u00e8re des finances, et les exportations ont chut\u00e9 ce m\u00eame mois de 45,7% sur un an, tandis qu\u2019une chute de 10% de la production industrielle du mois est attendue par rapport au mois pr\u00e9c\u00e9dent. <\/p>\n<p>Alors que les besoins de financement des dettes publiques croissent \u00e0 toute vitesse, les exc\u00e9dents commerciaux qui contribuaient \u00e0 les financer diminuent, voil\u00e0 une observation dont il va bien falloir tirer les cons\u00e9quences. Nous y reviendrons plus loin.  <\/p>\n<p>On comprend mieux, maintenant que son taux de croissance diminue, sur quoi reposait l\u2019\u00e9conomie mondiale et au prix de quels d\u00e9s\u00e9quilibres n\u00e9glig\u00e9s (pr\u00e9sent\u00e9s sous le jour flatteur et trompeur d\u2019une division du travail rationnelle, d\u2019une \u00e9l\u00e9vation de la productivit\u00e9 et d\u2019un recul de la pauvret\u00e9). Peu probable, toutefois, que les d\u00e9cideurs envisagent autre chose que des  ajustements et des r\u00e9\u00e9quilibrages de leur mod\u00e8le, pr\u00e9f\u00e9rant opposer leur mondialisation au protectionnisme dont seraient immanquablement coupables leurs critiques, encore un commode moulin \u00e0 vent. <\/p>\n<p>Ces m\u00eames d\u00e9cisionnaires (pour parler comme eux), semblent d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 plus d\u2019audaces, toutes relatives nous le verrons, \u00e0 propos de la reconfiguration des grandes institutions financi\u00e8res, de l\u2019extension de leurs r\u00f4les et de la d\u00e9finition de leurs nouveaux instruments. Que ce soit \u00e0 propos du FMI ou des banques centrales. Nous allons assister \u00e0 la mise au point chaotique d\u2019un v\u00e9ritable m\u00e9cano dans ce domaine, dont les lignes g\u00e9n\u00e9rales sont d\u00e9j\u00e0 ici ou l\u00e0 \u00e9voqu\u00e9es. Deux grandes id\u00e9es \u00e9mergent. L\u2019extension des pr\u00e9rogatives des banques centrales, qui est d\u00e9j\u00e0 de fait aux USA, et, beaucoup plus d\u00e9licate, celle d\u2019une sorte de gouvernance mondiale aux contours allant faire l\u2019objet de multiples marchandages. Le nouveau partage des pouvoirs entre G7 et G20, encore ind\u00e9cis, n\u2019est qu\u2019un avant-go\u00fbt de ce que sera la traduction institutionnelle finale de l\u2019affaire.  <\/p>\n<p>C\u2019est Dominique Strauss Kahn, directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI, qui a \u00e9t\u00e9 le plus explicite \u00e0 propos de ce chantier, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9union parisienne de l\u2019OCDE il y a une semaine, en y d\u00e9clarant : \u00ab \u2026il faut que les banques centrales ne soient plus seulement en charge de la politique mon\u00e9taire au sens traditionnel et des risques inflationnistes, mais globalement de la stabilit\u00e9 macro financi\u00e8re \u00bb, ajoutant que \u00ab le partitionnement des organismes \u00bb qui g\u00e8rent l&rsquo;\u00e9conomie et la finance mondiale \u00e9tait nocif. En d\u2019autres termes, il faut simplifier tout le dispositif et la BCE devait quant \u00e0 elle s\u2019impliquer dans la croissance et l&#8217;emploi, \u00e0 l&rsquo;instar de la Fed.  Restera un petit d\u00e9tail \u00e0 r\u00e9gler, si cela se concr\u00e9tise, comment concilier l\u2019ind\u00e9pendance formelle de la BCE, dans l\u2019exercice de ses nouvelles responsabilit\u00e9s transnationales, avec celles jusque l\u00e0 enti\u00e8rement d\u00e9volues \u00e0 des gouvernements issus nationalement du suffrage universel ? Les sp\u00e9cialistes du droit constitutionnel international ont de beaux jours devant eux. <\/p>\n<p>Mais ce m\u00e9cano institutionnel, aussi important soit-il, n\u2019est rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du m\u00e9cano financier qui va devoir \u00eatre parall\u00e8lement mont\u00e9. La question est sans \u00e9chappatoire possible, comment financer \u00e0 moindre co\u00fbt le sauvetage des institutions financi\u00e8res et les plans de relance \u00e9conomique ? Par la cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques centrales, une fois certains plafonds d\u2019endettement atteints ? Les id\u00e9es ne semblent pas encore tr\u00e8s arr\u00eat\u00e9es et la question fait fortement d\u00e9bat en Europe. On a surtout entendu aux USA Ben Bernanke, pr\u00e9sident de la Fed, assurer sans h\u00e9sitation que celle-ci saurait retirer rapidement du march\u00e9 les liquidit\u00e9s dont elle l\u2019inonde, quand le moment sera venu, comme si l\u2019on pouvait en douter et s\u2019il se pr\u00e9parait \u00e0 inonder encore plus le march\u00e9 sans craindre de provoquer demain une inflation carabin\u00e9e. Il y a, dans cette crise, un aspect singulier. Ce sont avec de massives injections de liquidit\u00e9s que l\u2019on combat les effets d\u2019une bulle (une cloque), qui n\u2019en finit pas de crever, et qui a pour origine leur trop grande abondance\u2026 <\/p>\n<p>Le probl\u00e8me est qu\u2019il n\u2019y a que des mauvaises mani\u00e8res d\u2019assurer ce financement. Soit la planche \u00e0 billet sans compter, soit un endettement monstrueux des Etats. Nous sommes partis pour que ce soit les deux. Et que, pour ce dernier cas, la d\u00e9tente globale actuellement constat\u00e9e sur les taux du march\u00e9 obligataire public soit tr\u00e8s provisoire et se retourne, alourdissant encore plus les charges futures de remboursement ou de refinancement des Etats. La contraction des exc\u00e9dents commerciaux qui contribuaient \u00e0 absorber une part importante des obligations d\u2019Etat ne pouvant qu\u2019acc\u00e9l\u00e9rer ce processus.  <\/p>\n<p>Sans trop s\u2019avancer, il va bien falloir prendre le taureau par les cornes et faire \u00e0 chaud ce que l\u2019on a pas fait \u00e0 froid, c\u2019est \u00e0 dire reconfigurer le FMI autrement qu\u2019\u00e0 dose hom\u00e9opathique. Pas uniquement afin de redistribuer en son sein les cartes et les quotes-parts (ainsi que les droits de vote associ\u00e9s), afin de mieux refl\u00e9ter la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique d\u2019aujourd\u2019hui, mais \u00e9galement afin de toiletter du sol au plafond le dispositif des droits de tirages sp\u00e9ciaux (DTS), et de consid\u00e9rablement le renforcer. Afin d\u2019utiliser cette monnaie cr\u00e9e pour et par le FMI afin de sortir du choix impossible entre deux modes de financement tout aussi lourds de cons\u00e9quence pour l\u2019avenir. Une solution qui permettrait de mutualiser \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te et d\u2019une mani\u00e8re relativement indolore les financements. Evitant de tendre la main aux Chinois, comme Hillary Clinton a d\u00fb le faire \u00e0 P\u00e9kin. Aidant les petits pays, \u00e9trangl\u00e9s par les taux qui leur sont consentis. Passant par dessus l\u2019obstacle des statuts de la BCE, qui lui interdisent de voler au secours d\u2019un Etat de la zone euro. R\u00e9glant, enfin, le probl\u00e8me des moyens actuels du FMI, tr\u00e8s insuffisants, et pour lesquels aucun Etat ne se pr\u00e9cipite pour contribuer, hormis le Japon. Mais l\u2019on mesure par avance ce que de telles dispositions vont demander de volont\u00e9 politique et d\u2019efforts pour balayer les obstacles et de sens du compromis pour y parvenir.<br \/>\nCette reconfiguration du FMI et des DTS est naturellement r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 des apart\u00e9s discrets, elle a toutefois \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e par Martin Wolf, dans le Financial Times, qui relayait un papier de Morris Goldstein, membre du Peterson Institute for International Economics, un prestigieux think tank de Washington. On peut d\u2019ailleurs se demander si ce n\u2019est pas ce que Gordon Brown, premier ministre britannique, avait derni\u00e8rement en t\u00eate en parlant de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un \u00ab grand marchandage \u00bb, alors que l\u2019on annon\u00e7ait par ailleurs sa rencontre avec Barack Obama, pour laquelle il faisait antichambre. <\/p>\n<p>Il est vrai que cette solution a un peu un c\u00f4t\u00e9 lapin que l\u2019on tire du chapeau et qu\u2019elle suppose un accord international, qui n\u2019est pas acquis si l\u2019on observe le d\u00e9sordre ambiant, mais elle retirerait une \u00e9norme \u00e9pine du pied \u00e0 tout le monde. Un autre de ses avantages serait que l\u2019utilisation de DTS pourrait \u00eatre mieux encadr\u00e9e, qu\u2019ils pourraient \u00eatre plus facilement retir\u00e9s de la circulation afin de contr\u00f4ler la mont\u00e9e de l\u2019inflation, alors que les liquidit\u00e9s des banques centrales sont, elles, tr\u00e8s diss\u00e9min\u00e9es sur le march\u00e9 et beaucoup moins ais\u00e9es \u00e0 faire remonter aux maisons m\u00e8res, une fois qu\u2019elles sont dans la nature. <\/p>\n<p>D\u2019autres chantiers importants attendent les restructurateurs potentiels, mais ils ne sont pas de premi\u00e8re urgence. Il leur faudra bien, tous ces probl\u00e8mes d\u2019intendance r\u00e9solus, affronter une forte contradiction. Ils chercheront \u00e0 relancer la machine \u00e0 fabriquer du cr\u00e9dit au niveau qu\u2019ils estimeront \u00eatre son r\u00e9gime normal, en s\u2019entourant cette fois-ci d\u2019un peu plus de pr\u00e9cautions. Barack Obama vient d\u2019annoncer de nouvelles mesures en ce sens, sans autre forme de proc\u00e8s. Gordon Brown \u00e9galement, mais uniquement pour l\u2019immobilier. Avant d\u2019ouvrir les vannes en grand, ils attendront d\u2019avoir mis en \u0153uvre des mesures de r\u00e9gulation, qui font d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet de farouches batailles, s\u2019ils ont la patience d\u2019attendre de s\u2019\u00eatre mis d\u2019accord entre eux. Mais ils devront d\u2019autre part tenir compte de l\u2019enseignement qu\u2019ils tirent eux m\u00eame de la crise actuelle, le fait qu\u2019elle r\u00e9sulte d\u2019une politique syst\u00e9matique des banques centrales de bas taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. On voit mal comment s\u2019assurer de ne pas reproduire cette erreur n\u2019aboutirait pas \u00e0 un resserrement du cr\u00e9dit. Avec ses cons\u00e9quences sur la croissance \u00e9conomique et sur le d\u00e9veloppement de nouvelles in\u00e9galit\u00e9s sociales, car cela rejetterait en dehors de la sph\u00e8re de la consommation \u00e0 cr\u00e9dit les couches sociales les moins favoris\u00e9es. Seule solution pour l\u2019\u00e9viter, ouvrir un peu la bo\u00eete de Pandore de la cl\u00e9 de distribution du profit, alors que celui-ci ne va plus b\u00e9n\u00e9ficier du jackpot du casino. Aucune r\u00e9action n\u2019est \u00e0 ce jour enregistr\u00e9e, qui permettrait de penser que ceux qui contr\u00f4lent sa distribution ont l\u2019intention de discuter de sa r\u00e9partition. <\/p>\n<p>C\u2019est pour \u00e9viter de se trouver dans cette contradiction que les r\u00e9gulateurs de demain mod\u00e8rent leurs \u00e9lans r\u00e9formateurs, c\u2019est un euph\u00e9misme, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit des instruments financiers sophistiqu\u00e9s et malfaisants dont tout le monde conna\u00eet d\u00e9sormais les d\u00e9nominations \u00e9sot\u00e9riques sans en avoir n\u00e9anmoins perc\u00e9 les myst\u00e8res insondables, y compris pour les banquiers. On va parler d\u2019encadrement, d\u2019enregistrement, de contr\u00f4le, de chambres de compensation, de coop\u00e9ration juridique, mais on n\u2019ira pas au-del\u00e0. L\u2019exc\u00e8s de liquidit\u00e9 mondiale a entra\u00een\u00e9 de v\u00e9ritables cloques sur de nombreuses classes d\u2019actifs : l\u2019immobilier, les mati\u00e8res premi\u00e8res, les march\u00e9s actions, les produits titris\u00e9s. Pouvons-nous raisonnablement esp\u00e9rer que certaines d\u2019entre elles vont \u00eatre retir\u00e9es du terrain de jeu ? Non, il va nous \u00eatre expliqu\u00e9 que ces instruments financiers sont indispensables au fonctionnement de l\u2019\u00e9conomie moderne et que toutes les petites pr\u00e9cautions seront prises. <\/p>\n<p>Peut-\u00eatre, encore plus tard, quand les frayeurs se seront dissip\u00e9es, sera-t-il temps d\u2019\u00e9voquer d\u2019autres questions de fond, en suspens parce qu\u2019elles d\u00e9rangent. Une grande partie des indicateurs \u00e9conomiques qui font r\u00e9f\u00e9rence, et qui alimentent beaucoup de raisonnement savants et justifient des d\u00e9cisions \u00e9conomiques et financi\u00e8res d\u00e9cisives, sont fondamentalement sujets \u00e0 caution, on le sait. Il ne s\u2019agit plus de mettre en cause des statistiques trop incertaines et parfois manipul\u00e9es, mais de parler m\u00e9thodologie. Plus de douter des statistiques de l\u2019emploi ou de mesure du pouvoir d\u2019achat, mais d\u2019aller au c\u0153ur du sujet. De s\u2019interroger, pour commencer, sur trois indices : le PIB,  l\u2019inflation et la masse mon\u00e9taire M3. Afin, disons le bri\u00e8vement, de soustraire pour le premier la destruction des richesses \u00e0 la mesure de cette derni\u00e8re (ce qui semblerait aller de soi), d\u2019\u00e9largir le champ des mesures des biens de consommation \u00e0 celui du prix des actifs dans le cas de l\u2019inflation, et d\u2019introduire les actions dans le calcul de M3, aux c\u00f4t\u00e9s des billets et pi\u00e8ces en circulation, des d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 vue, \u00e0 terme inf\u00e9rieurs \u00e0 2 ans et des OPCVM mon\u00e9taires. On y verrait certainement un peu plus clair dans la macro \u00e9conomie.  <\/p>\n<p>Un dernier dossier, gliss\u00e9 tout en bas de la pile, devra \u00eatre ouvert par la suite, signal\u00e9 pour m\u00e9moire. Celui du statut du dollar comme monnaie r\u00e9serve. C\u2019est le pendant naturel de la r\u00e9forme du FMI. <\/p>\n<p>L\u2019actualit\u00e9 du jour impose de redescendre sur terre et met en perspective assez douloureusement cette prospective. <\/p>\n<p>Une halte \u00e0 Bruxelles s\u2019impose, car Jacques de Larosi\u00e8re, ex-directeur du FMI, y a  pr\u00e9sent\u00e9 mercredi les conclusions du groupe d&rsquo;experts charg\u00e9 de faire des recommandations en mati\u00e8re de supervision financi\u00e8re. La cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab comit\u00e9 europ\u00e9en du risque syst\u00e9mique \u00bb, dirig\u00e9 par le pr\u00e9sident de la BCE et regroupant les gouverneurs des banques centrales de toute l&rsquo;Union europ\u00e9enne, BoE comprise, est pr\u00e9conis\u00e9e. Est \u00e9galement propos\u00e9 d\u2019instituer un \u00ab Syst\u00e8me europ\u00e9en de superviseurs financiers \u00bb compos\u00e9 de trois \u00ab autorit\u00e9s \u00bb respectivement charg\u00e9es des banques, des assurances et des march\u00e9s boursiers, qui chapeauteraient les superviseurs nationaux. Une belle usine \u00e0 gaz destin\u00e9e \u00e0 ne m\u00e9contenter personne. Pour les propositions du groupe d\u2019experts \u00e0 propos de la r\u00e9gulation des fonds sp\u00e9culatifs, des investissements dans les soci\u00e9t\u00e9s non cot\u00e9es en Bourse, et sur les syst\u00e8mes de r\u00e9mun\u00e9rations dans le secteur financier, il faudra attendre d\u00e9but avril, apr\u00e8s le G20. <\/p>\n<p>La Commission a par ailleurs rendu publiques ses recommandations sur le sort devant \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 aux actifs toxiques. Les \u00ab lignes directrices \u00bb comment\u00e9es par Neelie Kroes, commissaire \u00e0 la concurrence, ont finalement pour plus modeste vocation \u00ab d&rsquo;apporter de la coordination aux plans \u00bb nationaux. Elles imposent \u00ab une transparence totale, avec une publication des actifs avant l&rsquo;intervention gouvernementale \u00bb, ainsi qu\u2019une m\u00e9thodologie pour identifier les actifs douteux et les \u00e9valuer. La m\u00e9thodologie pr\u00e9conis\u00e9e \u00e9vacue l\u2019\u00e9valuation des actifs au prix du march\u00e9, inexistant, pour s\u2019en tenir \u00e0 leur \u00ab valeur \u00e9conomique \u00bb. Qu\u2019est-ce que la \u00ab valeur \u00e9conomique \u00bb ?  Une estimation r\u00e9alis\u00e9e par \u00ab des experts ind\u00e9pendants et certifi\u00e9e par les contr\u00f4leurs des banques \u00bb. A partir de l\u00e0, rien n\u2019est dit mais tout est possible. <\/p>\n<p>Pour une fois en veine de jargon communautaire, la commissaire a reconnu pour justifier la minceur de son annonce \u00ab Ce n&rsquo;est pas une exag\u00e9ration de dire que c&rsquo;est un travail d&rsquo;Hercule. Nous devons remettre de l&rsquo;ordre dans une sacr\u00e9e pagaille \u00bb. \u00ab Beaucoup suspectent les banques de cacher la vraie ampleur de leurs pertes. \u00bb, a-t-elle ensuite d\u00e9plor\u00e9. Suite \u00e0 des travaux fructueux, la Commission a d\u00e9cid\u00e9 de laisser les membres de l\u2019Union europ\u00e9enne agir par ailleurs comme ils l\u2019entendent, se contentant d\u2019\u00e9num\u00e9rer les solutions possibles: cr\u00e9ation d&rsquo;une bad bank, syst\u00e8me de garanties, nationalisations&#8230; \u00ab Nationaliser les banques pourrait \u00eatre une possibilit\u00e9 en ce moment, mais j&rsquo;esp\u00e8re sinc\u00e8rement qu&rsquo;apr\u00e8s la crise il y aura une voie de sortie \u00bb a tenu \u00e0 pr\u00e9ciser Neelie Kroes. <\/p>\n<p>Des documents de la Commission continuent par ailleurs de fuiter et l\u2019agence Bloomberg en a profit\u00e9. Une note de la Commission de pr\u00e9paration du dernier G7 de Rome, intitul\u00e9e \u00ab Recent exchange rate developments &#8211; G7 preparation \u00bb, s\u2019inqui\u00e8te en particulier de la chute rapide de la livre anglaise, qui \u00ab pose des questions sur la stabilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie britannique \u00bb. La faiblesse de la livre est une sources de pr\u00e9occupation pour la zone euro \u00bb, poursuit la note. L\u2019agence remarque que \u00ab ce rapport contredit l\u2019argumentation de Gordon Brow, premier ministre, tenu le 13 f\u00e9vrier dernier, selon lequel une devise affaiblie aiderait plut\u00f4t qu\u2019elle ne g\u00eanerait l\u2019\u00e9conomie. Une livre dont la valeur est descendue de 18% par rapport \u00e0 l\u2019euro accentue les pr\u00e9occupations des investisseurs \u00e0 propos de la sant\u00e9 financi\u00e8re britannique, alors que le gouvernement accro\u00eet sa dette afin de financer les sauvetages bancaires. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>YES, HE MUST !<\/strong><\/p>\n<p>Pas toujours aussi direct, l\u2019\u00e9ditorial du Monde de mercredi analyse sans fioritures le discours de Barack Obama : apr\u00e8s le \u00ab Yes, I can \u00bb, nous avons eu droit au \u00ab Yes, we will \u00bb, pour \u00e9viter un \u00ab Yes, he must \u00bb, ass\u00e8ne le quotidien vesp\u00e9ral. Le discours [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-2109","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2109","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2109"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2109\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2112,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2109\/revisions\/2112"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2109"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2109"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2109"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}