{"id":21654,"date":"2011-03-03T22:02:38","date_gmt":"2011-03-03T21:02:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=21654"},"modified":"2013-01-02T14:45:49","modified_gmt":"2013-01-02T13:45:49","slug":"lactualite-de-la-crise-lobesite-capitaliste-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/03\/03\/lactualite-de-la-crise-lobesite-capitaliste-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>L&rsquo;OB\u00c9SIT\u00c9 CAPITALISTE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Avant m\u00eame d\u2019\u00eatre ficel\u00e9, le paquet se d\u00e9fait d\u00e9cid\u00e9ment par tous les c\u00f4t\u00e9s. Le 11 mars prochain, dans moins de dix jours, les dirigeants europ\u00e9ens auront \u00e0 leur agenda l&rsquo;adoption d\u2019un plan global pour faire face \u00e0 la version europ\u00e9enne de la crise, alors que les mesures d\u00e9j\u00e0 mises en pratique doivent \u00eatre revues et que des voix discordantes se multiplient \u00e0 propos de ce qu\u2019il faudrait ou non faire pour la suite. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, Steffen Seibert, le porte-parole du gouvernement allemand, a jug\u00e9 que la version adoucie du <i>pacte de comp\u00e9titivit\u00e9<\/i> propos\u00e9e par Herman Van Rompuy, le pr\u00e9sident de l\u2019Union europ\u00e9enne, \u00ab\u00a0\u00e9tait une \u00e9tape encourageante sur le chemin d\u2019un accord\u00a0\u00bb, tout en pr\u00e9cisant que beaucoup \u00e9tait encore \u00e0 discuter. Nul doute que des formulations seront trouv\u00e9es pour le communiqu\u00e9 final, mais que les Allemands devront pour cela mettre de l\u2019eau dans leur vin. Que restera-t-il des contraintes du pacte initial\u00a0? Que permettra-t-il d\u2019obtenir en contrepartie \u00e0 propos des m\u00e9canismes de stabilisation financi\u00e8re\u00a0?<\/p>\n<p>Au chapitre des d\u00e9litements, les formations ayant gagn\u00e9 les \u00e9lections irlandaises ont fait leur campagne en mettant l\u2019accent sur la baisse du taux des emprunts de l&rsquo;Union europ\u00e9enne et du FMI, tandis que les Grecs pr\u00e9f\u00e8rent n\u00e9gocier un allongement de leur calendrier de remboursement avec ces deux m\u00eames instances. Les Portugais, afin d\u2019\u00e9viter de tomber dans le gouffre d\u2019un sauvetage europ\u00e9en &#8211; dont ils peuvent constater l\u2019inanit\u00e9 &#8211; tentent d\u2019obtenir des Allemands que le fonds de stabilit\u00e9 europ\u00e9en puisse donner suite \u00e0 leurs prochaines \u00e9missions obligataires. Ce n\u2019est plus \u00e0 une n\u00e9gociation de d\u00e9tails que l&rsquo;on assiste, c\u2019est \u00e0 un v\u00e9ritable d\u00e9mant\u00e8lement pierre par pierre\u00a0! <\/p>\n<p><!--more-->Chacun cherche \u00e0 n\u00e9gocier des accommodements, afin de desserrer des contraintes insupportables, sans succ\u00e8s \u00e0 ce jour. Angela Merkel vient de refuser tout all\u00e9gement significatif du fardeau des Irlandais, sous la pression du FDP qui impose sa politique \u00e9lectoraliste chauvine. Les Grecs attendent toujours qu\u2019il leur soit donn\u00e9 satisfaction et rongent leur frein. Jos\u00e9 S\u00f3crates, le premier ministre portugais, a pour sa part fait le voyage \u00e0 Berlin pour rien, si ce n\u2019est pour s\u2019entendre dire par Angela Merkel qu\u2019il fallait encore en faire plus dans la rigueur. Pour faire bonne figure, ils ont ensemble d\u00e9clar\u00e9 avoir une \u00ab\u00a0position commune sur la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;apporter une r\u00e9ponse commune\u00a0\u00bb \u00e0 la crise. On n\u2019invente rien !<\/p>\n<p>Un tel acharnement est-il longtemps tenable\u00a0? C\u2019est parfaitement improbable. L\u2019\u00e9nonc\u00e9 d\u2019une strat\u00e9gie alternative pourrait pr\u00e9cipiter les choses, mais elle fait d\u00e9faut, car elle imposerait de transgresser trop d\u2019interdits. C\u2019est donc le dos au mur que se poursuit la mise au point d\u2019un plan dont le seul et in\u00e9luctable destin est d\u2019\u00eatre t\u00f4t ou tard abandonn\u00e9. <\/p>\n<p>Ici ou l\u00e0, le <i>petit bout de la raison<\/i> montre parfois son nez. Ainsi, le moment s\u2019approche o\u00f9, dans le cadre du processus en cours de restructuration des banques irlandaises sinistr\u00e9es, va venir \u00e0 l\u2019ordre du jour la participation financi\u00e8re au sauvetage des d\u00e9tenteurs d\u2019obligations <i>seniors<\/i>, jusque-l\u00e0 pr\u00e9serv\u00e9s, sous forme d\u2019une d\u00e9cote de leurs cr\u00e9ances. Cr\u00e9ant un pr\u00e9c\u00e9dent que refuse avec la derni\u00e8re \u00e9nergie la BCE. <\/p>\n<p>Pourtant, la Banque centrale irlandaise vient de rendre public un d\u00e9compte des obligations <i>seniors<\/i> \u00e9mises par les six principales banques et non garanties par l&rsquo;Etat irlandais ou par un adossement \u00e0 des actifs ou d\u00e9p\u00f4ts servant \u00e0 leur \u00e9metteur de collat\u00e9raux. Le total est de 16,4 milliards d\u2019euros, soit le tiers du montant global des obligations <i>seniors<\/i>. Cette r\u00e9v\u00e9lation va alimenter le d\u00e9bat engag\u00e9 par le Fine Gael et le Labour &#8211; en discussion pour former une coalition gouvernementale &#8211; \u00e0 propos du \u00ab\u00a0partage du fardeau\u00a0\u00bb du sauvetage des banques avec ses cr\u00e9anciers, les banques europ\u00e9ennes. <\/p>\n<p>Annon\u00e7ant la venue d\u2019une d\u00e9l\u00e9gation fin mars ou d\u00e9but avril \u00e0 Dublin, sous pr\u00e9texte d\u2019une classique \u00ab\u00a0mission de revue\u00a0\u00bb, le FMI venait tout juste de faire savoir par la voix de sa porte-parole, Caroline Atkinson, qu\u2019il n\u2019envisageait pas de discuter de la possibilit\u00e9 de ne pas rembourser int\u00e9gralement les cr\u00e9anciers des banques irlandaises. Mais le FMI a parall\u00e8lement annonc\u00e9 une baisse du taux accord\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Irlande, cons\u00e9quence opportune de l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur d&rsquo;une r\u00e9forme des quote-parts et des droits de vote, adopt\u00e9e en 2008&#8230; La balle est dans le camp de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. <\/p>\n<p>Une autre restructuration, celle des obligations souveraines, est \u00e9galement de plus en plus \u00e9voqu\u00e9e, sous une forme ou sous une autre.<\/p>\n<p>Croisant le fer avec Angela Merkel, Frank-Walter Steinmeier, ancien ministre et pr\u00e9sident du groupe parlementaire du SPD au Bundestag, a propos\u00e9 d\u2019op\u00e9rer une restructuration de la dette de l\u2019Irlande, de la Gr\u00e8ce et du Portugal, et de leur accorder une remise de peine.  <\/p>\n<p>Moins t\u00e9m\u00e9raire, Axel Weber &#8211; encore pr\u00e9sident de la Bundesbank pour quelque temps &#8211; vient de d\u00e9fendre dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un moratoire de trois ans de la dette, pour les pays qui b\u00e9n\u00e9ficieraient \u00e0 l\u2019avenir de l\u2019aide du futur m\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9, l\u2019ESM (European Stability Mechanism). L\u2019id\u00e9e serait d\u2019all\u00e9ger dans ce cas la peine, en rallongeant automatiquement la maturit\u00e9 des obligations \u00e9mises apr\u00e8s 2013\u00a0; afin de conserver toute la rigueur du dispositif de soutien europ\u00e9en, et surtout pour \u00e9viter aux cr\u00e9anciers (les banques europ\u00e9ennes) une bien plus d\u00e9plaisante d\u00e9cote. Ce testament d\u2019Axel Weber, connu pour son intransigeance, est en soi significatif des murs auxquels se heurtent les dirigeants europ\u00e9ens, tant qu&rsquo;ils s&rsquo;inscrivent dans le m\u00eame cadre immuable. <\/p>\n<p>Gagner du temps, c\u2019est le leitmotiv ! C\u2019est ce que permet la cr\u00e9ation de <i>bad banks<\/i> r\u00e9cup\u00e9rant les actifs toxiques des banques, dont le financement est prioritairement destin\u00e9 \u00e0 reposer sur les finances publiques. Que ce soit en Irlande, en Allemagne avec les cons\u00e9quences que l\u2019on sait sur le d\u00e9ficit public, ou demain &#8211; comme pr\u00e9visible &#8211; en Espagne. <\/p>\n<p>Aux premi\u00e8res loges avec leur syst\u00e8me bancaire r\u00e9gional sinistr\u00e9, les Allemands vont taxer les banques, afin qu\u2019elles contribuent \u00e0 r\u00e9gler l\u2019addition. Mais les rendements pr\u00e9visibles sont d\u00e9risoires, vu les modalit\u00e9s adopt\u00e9es, et rel\u00e8guent cette disposition au rang d\u2019une op\u00e9ration destin\u00e9e \u00e0 amadouer l\u2019opinion publique. L\u2019Etat payera l\u2019essentiel de l\u2019addition, c\u2019est ainsi. <\/p>\n<p>Dans ce contexte, le march\u00e9 obligataire reste sur ses positions l&rsquo;arme au pied, imposant aux pays les plus menac\u00e9s des taux toujours aussi r\u00e9dhibitoires, la BCE \u00e9vitant avec ses interventions de trop importants d\u00e9rapages, laissant cependant sans solution le financement d\u2019une dette publique devenue ob\u00e8se. <\/p>\n<p>Faire payer les riches a pourtant un sens, quand il s\u2019agit du capitalisme financier, lui aussi devenu plus qu\u2019ob\u00e8se. Non pas en raison de dettes cette fois-ci, mais de <i>liquidit\u00e9s<\/i> qui d\u00e9s\u00e9quilibrent par leurs mouvements non contr\u00f4l\u00e9s l\u2019\u00e9conomie. Amenant \u00e0 consid\u00e9rer que la <i>global imbalance<\/i> dont on nous a tant parl\u00e9 &#8211; le d\u00e9s\u00e9quilibre commercial entre les Etats-Unis et la Chine &#8211; existe bien, mais pas n\u00e9cessairement l\u00e0 o\u00f9 on veut en priorit\u00e9 le d\u00e9busquer. <\/p>\n<p>Le grand d\u00e9s\u00e9quilibre est simple \u00e0 trouver : les cr\u00e9diteurs ont trop pressur\u00e9 les d\u00e9biteurs. C\u2019est aujourd\u2019hui valable pour les finances publiques comme cela l\u2019a \u00e9t\u00e9 hier pour les pr\u00eats immobiliers. Quand vient le moment de payer, les candidatures se font rares ou les candidats n\u2019en ont pas les moyens.<\/p>\n<p>A l\u2019occasion d\u2019une audition devant la chambre des repr\u00e9sentants, Timothy Geithner, secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor des \u00c9tats-Unis, vient de regretter que l&rsquo;aide de l&rsquo;Etat \u00e0 l&rsquo;achat d&rsquo;une r\u00e9sidence principale avait trop favoris\u00e9 les m\u00e9nages les plus riches et d\u00e9laiss\u00e9 les locataires, revenant sur la campagne lanc\u00e9e en son temps par Bill Clinton, afin que se r\u00e9alise le <i>r\u00eave am\u00e9ricain<\/i> selon lequel \u00ab\u00a0chacun devait poss\u00e9der sa maison\u00a0\u00bb (qu\u2019il fallait traduire par \u00a0\u00bb que chacun emprunte \u00e0 sa banque\u00a0!\u00a0\u00bb). <\/p>\n<p>Quand reconnaitra-t-on qu\u2019inscrire les Etats dans la m\u00eame logique aboutira aux m\u00eames d\u00e9sastreuses cons\u00e9quences, si ce n\u2019est pis\u00a0? La machine a fabriqu\u00e9 trop de dettes. L&rsquo;\u00e9difice de la dette publique n&rsquo;est pas plus solide que ne l&rsquo;\u00e9tait celui des pr\u00eats hypoth\u00e9caires. Hier vaches \u00e0 lait du syst\u00e8me financier, ces deux march\u00e9s sont sinistr\u00e9s. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Faire payer les riches\u00a0! \u00bb. Une telle vision d\u2019horreur, d\u00e9cri\u00e9e comme d\u00e9magogique et impraticable, est pourtant la seule r\u00e9aliste\u00a0: il faut imposer au syst\u00e8me financier une tr\u00e8s s\u00e9rieuse cure d\u2019amaigrissement. Le reste n&rsquo;est qu&rsquo;une aimable plaisanterie. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avant m\u00eame d\u2019\u00eatre ficel\u00e9, le paquet se d\u00e9fait d\u00e9cid\u00e9ment par tous les c\u00f4t\u00e9s. Le 11 mars prochain, dans moins de dix jours, les dirigeants europ\u00e9ens auront \u00e0 leur agenda l&rsquo;adoption d\u2019un plan global pour faire face \u00e0 la version europ\u00e9enne de la crise, alors que les mesures d\u00e9j\u00e0 mises en pratique doivent \u00eatre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[382,1218,31,681,287],"class_list":["post-21654","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance","tag-angela-merkel","tag-decote-obligataire","tag-fmi","tag-restructuration-de-la-dette","tag-tim-geithner"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21654","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21654"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21654\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47645,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21654\/revisions\/47645"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}