{"id":220,"date":"2007-10-27T22:18:28","date_gmt":"2007-10-27T21:18:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=220"},"modified":"2013-01-02T00:21:11","modified_gmt":"2013-01-01T23:21:11","slug":"le-reseau-en-question-est-stocke-dans-le-cerveau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2007\/10\/27\/le-reseau-en-question-est-stocke-dans-le-cerveau\/","title":{"rendered":"Le r\u00e9seau en question est stock\u00e9 dans le cerveau"},"content":{"rendered":"<p><strong>La pens\u00e9e comme dynamique de mots<\/strong>. I. Principes g\u00e9n\u00e9raux (2)<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que les paroles sont produites \u00e0 partir d\u2019un sujet parlant, puisqu\u2019elles \u00e9manent de sa bouche. Ceci ne signifie pas pour autant que le r\u00e9seau mentionn\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=199\">La parole est g\u00e9n\u00e9r\u00e9e comme l\u2019aboutissement d\u2019une dynamique op\u00e9rant sur un r\u00e9seau <\/a>, accompagn\u00e9 de ses donn\u00e9es soit n\u00e9cessairement stock\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du sujet parlant. On peut cependant raisonnablement supposer que c\u2019est bien le cas, essentiellement en l\u2019absence d\u2019un autre choix qui serait pr\u00e9f\u00e9rable.<\/p>\n<p>Supposons, l\u2019espace d\u2019un instant, que ce r\u00e9seau soit situ\u00e9 ailleurs qu\u2019au sein des sujets parlants, ceci voudrait dire que le substrat de la parole se situerait \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de leur corps, \u00e9mettant alors son information vers ces sujets ou bien constituant un r\u00e9pertoire auxquels ces sujets acc\u00e9deraient. Il devrait alors exister alors des circonstances dans lesquelles la communication serait interrompue ou serait tout au moins perturb\u00e9e du fait de l\u2019existence d\u2019un obstacle interf\u00e9rant avec elle. Or, rien de tel n\u2019est observ\u00e9 dans le cas de la parole : des individus nageant au fond des oc\u00e9ans, marchant sur la lune, voire encore prisonniers d\u2019une cellule aux parois couvertes de plomb au sein d\u2019un bunker ne manifestent aucune r\u00e9duction de leur capacit\u00e9 \u00e0 parler. <\/p>\n<p>Il est significatif \u00e0 ce point de vue que certains sujets pr\u00e9sentant des troubles mentaux postulent pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019existence de telles sources ext\u00e9rieures \u00e0 leurs paroles et affirment que les mots qu\u2019ils prononcent ou bien leur parole int\u00e9rieure sont l\u2019objet d\u2019interf\u00e9rences caus\u00e9es par un \u00e9metteur indiscret et envahissant (*). <\/p>\n<p>Une fois admis que le r\u00e9seau est effectivement situ\u00e9 au sein-m\u00eame du sujet parlant, il a pu \u00eatre prouv\u00e9 au\u2013del\u00e0 de tout doute raisonnable que son contenant n\u2019est autre que le cerveau. En effet, des l\u00e9sions au cerveau, soient accidentelles soient r\u00e9sultant d\u2019une op\u00e9ration clinique, ainsi que d\u2019autres sources d\u2019interf\u00e9rence, sont capables d\u2019affecter la capacit\u00e9 \u00e0 parler, soit de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, soit de mani\u00e8re sp\u00e9cifique. Il existe ainsi une abondante litt\u00e9rature, initi\u00e9e au XIX\u00e8me si\u00e8cle par des auteurs tels Broca et Wernicke, soulignant les effets en termes d\u2019aphasie ou d\u2019agnosie, que certaines l\u00e9sions du cerveau de diff\u00e9rents types sont \u00e0 m\u00eame d\u2019induire en interf\u00e9rant avec le fonctionnement normal du cerveau o\u00f9 elles affectent alors le d\u00e9roulement normal de la parole ou du processus de r\u00e9flexion (les travaux d\u2019Oliver Saks dans les ann\u00e9es 1980 : <em>The Man Who Mistook His Wife for a Hat<\/em>, en particulier, ont propos\u00e9 sous une forme vulgaris\u00e9e des r\u00e9cits de tels cas).<\/p>\n<p>Il convient de noter cependant que de telles observations, prises isol\u00e9ment, ne suffisent pas \u00e0 invalider l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019externalit\u00e9 du r\u00e9seau : il se pourrait en effet que les l\u00e9sions se contentent de perturber la r\u00e9ception de signaux en provenance d\u2019une source ext\u00e9rieure ou de diminuer la capacit\u00e9 du cerveau \u00e0 acc\u00e9der \u00e0 un r\u00e9pertoire ext\u00e9rieur. C\u2019est en effet seulement une fois admis comme \u00e9tant le plus plausible que le corps du sujet parlant contient ce r\u00e9seau (qui constitue le substrat de l\u2019acte de parole) que le cerveau peut faire la preuve qu\u2019il en est la localisation la plus probable.<\/p>\n<p>En sus d\u2019une probabilit\u00e9 d\u00e9ductive, existe\u2013t\u2013il une plausibilit\u00e9 additionnelle au fait que le cerveau contienne le type de r\u00e9seau envisag\u00e9 ici ? C\u2019est bien en effet le cas : il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que le cerveau contient un r\u00e9seau d\u2019un type particulier constitu\u00e9 de cellules nerveuses ou neurones. Dans les sections qui viennent, je m\u2019efforcerai de v\u00e9rifier si le r\u00e9seau en question et celui constitu\u00e9 de cellules nerveuses pourraient \u00eatre identiques.<\/p>\n<p>(*) Je montrerai par la suite (section 21) pourquoi on peut s\u2019attendre \u00e0 ce qu\u2019un r\u00e9seau dont la connectivit\u00e9 est rompue suppose qu\u2019il ne puisse \u00eatre lui\u2013m\u00eame la source de l\u2019acte de parole qu\u2019il pose. Lorsque la connectivit\u00e9 est perdue, les parties d\u00e9connect\u00e9es du r\u00e9seau ont cess\u00e9 de communiquer entre elles : l\u2019\u00e9mergence de paroles en provenance d\u2019une autre partie du r\u00e9seau est per\u00e7ue comme venant d\u2019une source ext\u00e9rieure par chacune des autres parties.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><strong>La pens\u00e9e comme dynamique de mots<\/strong>. I. Principes g\u00e9n\u00e9raux (2)<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que les paroles sont produites \u00e0 partir d\u2019un sujet parlant, puisqu\u2019elles \u00e9manent de sa bouche. 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