{"id":2241,"date":"2009-03-09T16:14:12","date_gmt":"2009-03-09T15:14:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2241"},"modified":"2009-03-09T16:14:12","modified_gmt":"2009-03-09T15:14:12","slug":"lactualite-de-la-crise-echafaudages-et-papiers-peints-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/03\/09\/lactualite-de-la-crise-echafaudages-et-papiers-peints-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : \u00c9chafaudages et papiers peints, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Dans ce dernier billet invit\u00e9, Fran\u00e7ois Leclerc tire le rideau : merci \u00e0 lui pour les lumi\u00e8res qu\u2019ils nous a prodigu\u00e9es. Nous sommes tous, nous les \u00ab correspondants de guerre \u00bb autoproclam\u00e9s, confront\u00e9s un jour au casse-t\u00eate que constitue cette mission que nous nous sommes confi\u00e9e un beau jour, pouss\u00e9s par un sentiment de l\u2019urgence, missions autofinanc\u00e9es et\u2026 r\u00e9clamant en fait plus de 24 heures de travail par jour !<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>ECHAFAUDAGES ET PAPIERS PEINTS <\/strong><\/p>\n<p>Je dois malheureusement conclure ma chronique sur l\u2019actualit\u00e9 de la crise sur le blog de Paul Jorion, que je remercie beaucoup de son hospitalit\u00e9, dont j\u2019esp\u00e8re ne pas avoir abus\u00e9, mais je ne veux pas partir comme un voleur. J\u2019ai d\u2019abord pens\u00e9 proposer une liste de sources, les pistes que j\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9es pour \u00e9crire celle-ci, afin que ceux qui le d\u00e9sirent puissent pratiquer \u00e0 haute dose le m\u00eame exercice, mais je me suis dit que cela prenait un temps fou, raison pour laquelle je ne peux plus continuer, bien que cela m\u2019ait beaucoup appris. Suivre les fils g\u00e9n\u00e9raux des agences de presse mondiales sur http:\/\/fr.news.yahoo.com (en fran\u00e7ais) donne d\u00e9j\u00e0 un bon r\u00e9sultat, chacun compose ensuite son propre menu. <\/p>\n<p>Alors, j\u2019ai pens\u00e9 que je pouvais proc\u00e9der \u00e0 une sorte de point d\u2019\u00e9tape. Sur le th\u00e8me, qui s\u2019est imm\u00e9diatement impos\u00e9: \u00e0 ce point de la crise que peut-elle nous enseigner pour la suite ? <\/p>\n<p>Deux constatations peuvent, selon moi, servir de point de d\u00e9part \u00e0 quatre remarques.  <\/p>\n<p>La crise du capitalisme financier d\u00e9brid\u00e9 que nous vivons cl\u00f4t irr\u00e9vocablement une \u00e9poque qui avait trop dur\u00e9. Sans que les contours de ce qui va lui succ\u00e9der soient encore clairement discernables, ni \u00e0 priori plus admissibles, et que l\u2019on sache quand elle pourra \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e finie. Ce syst\u00e8me s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 incapable de s\u2019autor\u00e9guler, en d\u00e9pit de la croyance dogmatique de ses thurif\u00e9raires. La suite reste cependant hypoth\u00e9tique, simplement peut-il \u00eatre constat\u00e9 qu\u2019hier triomphant il est aujourd\u2019hui d\u00e9fait, r\u00e9fugi\u00e9 sous l\u2019ombrelle d\u2019un Etat qu\u2019il pr\u00e9tendait r\u00e9duire \u00e0 la portion congrue, sans accepter de payer le prix de sa protection. Tricheur et mauvais joueur. <\/p>\n<p><!--more-->Il est \u00e9galement apparu, au fur et \u00e0 mesure que la crise financi\u00e8re se r\u00e9v\u00e9lait dans toute son \u00e9tendue, induisant une crise \u00e9conomique majeure, que ceux qui sont en charge d\u2019y faire face aux postes de d\u00e9cision et de pouvoir ont en permanence  recul\u00e9 pour mieux sauter. Souvent dans la pr\u00e9cipitation et l\u2019improvisation, plus loin qu\u2019ils ne le voulaient, ils ont adopt\u00e9 des mesures qu\u2019ils n\u2019auraient jamais pens\u00e9 devoir prendre, d\u00e9pass\u00e9s par des \u00e9v\u00e9nements tout en simulant les ma\u00eetriser. <\/p>\n<p>En pr\u00e9ambule, il n\u2019est pas besoin d\u2019\u00eatre grand devin pour annoncer que la puissance de la crise, sous ses deux aspects financier et \u00e9conomique, va soit les amener \u00e0 poursuivre dans cette attitude de reniement, soit, s\u2019ils restent coinc\u00e9s dans leur d\u00e9ni, \u00e0 prolonger et accentuer encore cette m\u00eame crise. Question de rapports de force plus que de psychologie, bien \u00e9videmment. Voire m\u00eame \u00e0 s\u2019y installer, faute de mieux. Un grand r\u00e9volutionnaire russe, proph\u00e8te arm\u00e9 puis d\u00e9sarm\u00e9, avait en son temps th\u00e9oris\u00e9 la r\u00e9volution permanente, nos financiers apportent leur contribution \u00e0 la compr\u00e9hension du monde avec un nouveau concept, celui de crise permanente. <\/p>\n<p><strong>1. Nous nous installons dans la crise. <\/strong>  <\/p>\n<p>Plus personne ne se hasarde \u00e0 des pronostics sur sa fin, l\u2019\u00e9ch\u00e9ance en est sans cesse recul\u00e9e. La crise s\u2019alimente d\u2019elle-m\u00eame, ce qui en rallonge le plaisir. Non seulement parce que, de financi\u00e8re elle est aussi devenue \u00e9conomique, et que l\u2019une entretient l\u2019autre, mais pire, parce qu\u2019un comportement autodestructeur s\u2019est install\u00e9 \u00e0 demeure au c\u0153ur du syst\u00e8me financier. <\/p>\n<p>Les hedge funds (dont certains sont des filiales bancaires) pratiquent un v\u00e9ritable jeu de massacre, utilisant massivement les ventes \u00e0 d\u00e9couvert pour survivre, pr\u00e9cipitant sans autre raison dans l\u2019ab\u00eeme boursier de nombreuses grandes entreprises. Les institutions financi\u00e8res, banques en t\u00eate, se refusent \u00e0 proc\u00e9der comme elles le devraient aux d\u00e9pr\u00e9ciations de leurs actifs, qu\u2019elles savent in\u00e9vitables mais retardent pour ne pas en assumer les cons\u00e9quences, perp\u00e9tuant ainsi la crise du cr\u00e9dit. R\u00e9sultat, l\u2019ensemble du syst\u00e8me financier est plac\u00e9 sous soins palliatifs de plus en plus syst\u00e9matiques, et nul ne peut pr\u00e9dire quand les machines qui l\u2019aident \u00e0 survivre pourront \u00eatre d\u00e9branch\u00e9es. <\/p>\n<p>Premi\u00e8re remarque : le risque est fort que nous nous installions durablement et inconfortablement dans la crise, sans parvenir \u00e0 en sortir. Apr\u00e8s n\u2019avoir pas su s\u2019autor\u00e9guler, le capitalisme financier arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 est en crise, il marche d\u00e9sormais en crabe et l\u2019alimente. Cela peut durer ainsi tant qu\u2019il ne sera pas parvenu \u00e0 solder les comptes de son effondrement. On peut ensuite discuter de savoir s\u2019il en a m\u00eame les moyens, vu les montants abyssaux d\u00e9couverts. <\/p>\n<p><strong>2. Temporiser co\u00fbte bien plus cher et ne r\u00e9sout rien. <\/strong><\/p>\n<p>Ne revenons pas sur le refus cat\u00e9gorique d\u2019une nationalisation globale, ou pire encore, de la solution dite de la \u00ab good bank \u00bb, qui laisserait les banques actuelles sinistr\u00e9es \u00e0 leur triste sort pour en cr\u00e9er de nouvelles, sur fonds publics ou m\u00eame mixtes. En d\u00e9pit des nationalisations rampantes auxquelles on assiste, les banques s\u2019en tiennent \u00e0 une m\u00eame ligne de conduite rigide, quand elles peuvent encore la tenir : \u00ab Pas d\u2019ing\u00e9rence dans notre capital, nos actionnaires sont et restent ma\u00eetres chez eux \u00bb. Les d\u00e9cideurs politiques s\u2019y sont pli\u00e9s, on verra la suite. <\/p>\n<p>Qu\u2019attendent-ils de cette crispation un peu d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e ? Que la relance \u00e9conomique une fois intervenue, les actifs invalorisables coll\u00e9s dans leurs bilans retrouveront leur liquidit\u00e9 (des acheteurs) et donc une valeur, les d\u00e9pr\u00e9ciations d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9es faisant solde de tout compte. Le pari est doublement hasardeux. En premier lieu parce qu\u2019il suppose que la relance \u00e9conomique va prochainement intervenir, alors que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la crise du cr\u00e9dit qui la freine, et que cette derni\u00e8re a pour origine la pr\u00e9sence au bilan des institutions financi\u00e8res des actifs toxiques. Un v\u00e9ritable cercle vicieux. En second lieu, parce que la d\u00e9cote que subiront alors ces actifs,  en supposant que la relance leur redonne des couleurs, risque fort d\u2019\u00eatre tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re et qu\u2019il faudra \u00e0 nouveau les d\u00e9pr\u00e9cier et donc remettre tout de m\u00eame au pot, pour des montants que l\u2019on ignore mais qui risquent d\u2019\u00eatre imposants. La temporisation actuelle cumule les d\u00e9fauts : elle est tr\u00e8s on\u00e9reuse (pour l\u2019Etat), ne produit pas les r\u00e9sultats escompt\u00e9s et, si elle y parvient finalement, imposera de remettre lourdement la main au portefeuille.<\/p>\n<p>Seconde remarque : les co\u00fbts des plans de sauvegarde et de relance explosent et n\u2019ont pas fini de le faire. Les Etats vont \u00eatre plus que jamais en premi\u00e8re ligne pour les financer. Le montage financier du sauvetage devient primordial. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019artisan de la crise, le capitalisme financier en alourdit d\u00e9mesur\u00e9ment le co\u00fbt pour ne pas le supporter. <\/p>\n<p><strong>3. La future r\u00e9gulation divise et s\u2019annonce pour l\u2019instant cosm\u00e9tique. <\/strong> <\/p>\n<p>A l\u2019image de ce que l\u2019on constate \u00e0 propos des actifs toxiques, pour lesquels les vraies solutions sont esquiv\u00e9es, l\u2019adoption et la mise en place des mesures de r\u00e9gulation de l\u2019activit\u00e9 financi\u00e8re divise les cercles de pouvoir, lequel s\u2019engage tr\u00e8s lentement dans la pratique et n\u2019aborde pas de front des probl\u00e8mes pourtant largement identifi\u00e9s. Les proclamations de principe ne vont pas manquer, mais en mati\u00e8re de r\u00e9glementation financi\u00e8re, le diable est dans les d\u00e9tails et ceux-ci font d\u00e9faut. Le sort r\u00e9serv\u00e9 au dossier des \u00ab paradis fiscaux \u00bb, qui tient actuellement la vedette en raison de son pouvoir \u00e9vocateur mais aussi de son importance, illustre assez bien la situation. D\u00e9j\u00e0 on subodore qu\u2019il va seulement \u00eatre impos\u00e9 \u00e0 ces pays plus de \u00ab coop\u00e9ration \u00bb, de telle sorte que les \u00ab trous noirs \u00bb tant d\u00e9cri\u00e9es de la finance ne dispara\u00eetront pas mais seront bord\u00e9s de parterres de fleurs. Les autres dossiers de la r\u00e9gulation devraient conna\u00eetre les uns apr\u00e8s les autres le m\u00eame destin mitig\u00e9, selon la m\u00eame logique.  <\/p>\n<p>Le capitalisme financier, m\u00eame restaur\u00e9 au sortir de la crise, aura encore besoin de ses arri\u00e8res-cours, face cach\u00e9e informelle de son fonctionnement. Ainsi que, tout aussi fonctionnellement, d\u2019une machine \u00e0 fabriquer de la dette, afin de maintenir et de d\u00e9velopper la consommation et la croissance dans les pays occidentaux, cons\u00e9quence incontournable du changement d\u2018axe \u00e9conomique auquel nous assistons \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la plan\u00e8te. C\u2019est cela ou bien accepter de radicalement revenir sur la r\u00e9partition des profits en faveur des actionnaires et adopter, de fait, un nouveau paradigme. Peu vraisemblable que cela intervienne de son propre chef. <\/p>\n<p>Des facteurs subsidiaires, mais qui p\u00e8sent n\u00e9anmoins, ne doivent pas \u00eatre oubli\u00e9s. La contribution non n\u00e9gligeable des services financiers au PIB des puissances occidentales, en ces temps de d\u00e9sindustrialisation et d\u2019\u00e9mergence de nouveaux p\u00f4les \u00e9conomiques mondiaux. L\u2019\u00e9norme diff\u00e9rentiel de rendement entre ceux que procure l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique d\u00e9clinante en occident de la production de biens et m\u00eame de services (non financiers), et ceux de l\u2019activit\u00e9 financi\u00e8re elle-m\u00eame, qui rendent un alignement du second sur le premier inconcevable pour ceux qui d\u00e9tiennent le capital et le contr\u00f4lent. M\u00eame s\u2019il va falloir en rabattre. Les services financiers ont masqu\u00e9 le d\u00e9clin de la zone historique d\u2019\u00e9mergence du capitalisme sur la plan\u00e8te, tout comme l\u2019endettement des m\u00e9nages celui de leur relatif appauvrissement en termes r\u00e9els. Ni l&rsquo;un ni l&rsquo;autre ne peuvent absolument pas \u00eatre supprim\u00e9s d\u2019un trait. L&rsquo;enjeu est de remettre en marche les deux machines en les contr\u00f4lant moins mal. <\/p>\n<p>Troisi\u00e8me remarque : l\u2019id\u00e9e que la finance doit \u00eatre au service de \u00ab l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle \u00bb bute sur le fait que l\u2019activit\u00e9 financi\u00e8re d\u00e9brid\u00e9e est dor\u00e9navant partie int\u00e9grante de celle-ci et va par cons\u00e9quent imposer de fortes limites aux mesures de r\u00e9gulation. L\u2019analogie qui s\u2019impose alors est celle de tout syst\u00e8me complexe, dont l\u2019\u00e9l\u00e9ment le moins performant d\u00e9termine et rabote la performance de l\u2019ensemble. La suite au prochain num\u00e9ro. <\/p>\n<p><strong>4. Le financement des plans de sauvetage et de relance est probl\u00e9matique.<\/strong> <\/p>\n<p>La panoplie des modes de leur financement est limit\u00e9e, sauf \u00e0 innover. Nous y viendrons peut-\u00eatre. Deux leviers sont disponibles, l\u2019endettement des Etats et la cr\u00e9ation mon\u00e9taire des banques centrales. Dans le premier cas, on contribue \u00e0 grandes pellet\u00e9es \u00e0 la constitution d\u2019une nouvelle bulle financi\u00e8re, celle de la dette publique. Le march\u00e9 obligataire ne va pouvoir que conna\u00eetre de fortes tensions, au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle continuera de gonfler, surench\u00e9rissant les charges de son remboursement, rar\u00e9fiant les possibilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s au cr\u00e9dit pour les moins bien not\u00e9s, exacerbant les contradictions d\u2019int\u00e9r\u00eat entre zones et pays. Cela revient \u00e0 d\u00e9pr\u00e9cier le futur pour ne pas le faire dans le pr\u00e9sent. <\/p>\n<p>La cr\u00e9ation mon\u00e9taire, quant \u00e0 elle, consiste pour les banques centrales \u00e0 jouer \u00e0 saute-mouton avec le syst\u00e8me bancaire. Elles se substituent largement \u00e0 celui-ci, sauf dans ses activit\u00e9s de d\u00e9p\u00f4t, et deviennent les financiers en dernier ressort des Etats, des entreprises et m\u00eame des particuliers, via les organismes de cr\u00e9dit \u00e0 la consommation. On entre l\u00e0 dans le domaine de l\u2019inconnu. Aucune situation de r\u00e9f\u00e9rence connue et r\u00e9pertori\u00e9e ne permet de pr\u00e9dire ce qui va se passer, surtout si la tr\u00e8s pr\u00e9visible et tr\u00e8s importante augmentation de la masse mon\u00e9taire en cours se r\u00e9v\u00e8le durable. Une telle masse financi\u00e8re risque de bouleverser le paysage \u00e9conomique d\u2019une mani\u00e8re impr\u00e9visible et in\u00e9dite ; les moyens classiques de son futur ass\u00e8chement risquent d\u2019\u00eatre peu op\u00e9rants et longs \u00e0 produire leur effet.  Les contreparties que les banques centrales inscriront \u00e0 leurs bilans au fur et \u00e0 mesure de leur cr\u00e9ation mon\u00e9taire affaibliront ceux-ci par leur m\u00e9diocre qualit\u00e9, fragilisant encore plus l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9difice financier.<\/p>\n<p>Il faut bien observer, enfin, que jouer sur la combinaison de ces deux leviers de financement, ce \u00e0 quoi s\u2019essaye la Fed d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, est un exercice de haute voltige. Peser sur les march\u00e9s pour contribuer d\u2019un c\u00f4t\u00e9 \u00e0 la baisse des taux obligataires qui vont avoir tendance \u00e0 monter de l\u2019autre. Effacer d\u2019une part la dette par une inflation contr\u00f4l\u00e9e sans m\u00e9contenter abusivement ceux qui d\u2019autre part en sont d\u00e9tenteurs et que l\u2019on presse de continuer \u00e0 en acheter, en leur promettant la relance du march\u00e9 int\u00e9rieur comme contrepartie. <\/p>\n<p>Derni\u00e8re remarque, en forme de paradoxe : il faut peut-\u00eatre sauver le capitalisme malgr\u00e9 lui, \u00e0 d\u00e9faut que puisse d\u00e9j\u00e0 s\u2019imposer un tout autre syst\u00e8me, encore dans les limbes, afin d\u2019obtenir au mieux son am\u00e9nagement en contrepartie. Mettre \u00e0 profit le concept d\u2019anomie de Durkheim, en l\u2019utilisant pour \u00e9tudier non pas uniquement le comportement des individus mais aussi celui de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019ils ont su se donner \u00e0 ce jour, en tant que telle. Et se donner de l\u2019air, ce bien public encore gratuit bien que si souvent pollu\u00e9, parce que nous en avons bien besoin.  <\/p>\n<p>Une blague sovi\u00e9tique fameuse expliquait qu\u2019il ne fallait pas retirer les \u00e9chafaudages des immeubles en construction avant d\u2019avoir pos\u00e9 les papiers peints. La suite de l&rsquo;histoire est en train d\u2019\u00eatre \u00e9crite.  <\/p>\n<p>Merci de m\u2019avoir lu et d\u2019avoir apport\u00e9 vos commentaires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Dans ce dernier billet invit\u00e9, Fran\u00e7ois Leclerc tire le rideau : merci \u00e0 lui pour les lumi\u00e8res qu\u2019ils nous a prodigu\u00e9es. Nous sommes tous, nous les \u00ab correspondants de guerre \u00bb autoproclam\u00e9s, confront\u00e9s un jour au casse-t\u00eate que constitue cette mission que nous nous sommes confi\u00e9e un beau jour, pouss\u00e9s par un sentiment de l\u2019urgence, [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[],"class_list":["post-2241","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2241","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2241"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2243,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2241\/revisions\/2243"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}