{"id":23753,"date":"2011-04-28T23:20:12","date_gmt":"2011-04-28T21:20:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=23753"},"modified":"2013-01-02T14:42:38","modified_gmt":"2013-01-02T13:42:38","slug":"sortir-du-financiarisme-la-participation-par-olivier-berruyer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/04\/28\/sortir-du-financiarisme-la-participation-par-olivier-berruyer\/","title":{"rendered":"<b>SORTIR DU FINANCIARISME : LA PARTICIPATION<\/b>, par Olivier Berruyer"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*)<\/strong><\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Vendredi dernier, dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=23604\">ma vid\u00e9o<\/a>, j&rsquo;ai analys\u00e9 la proposition d&rsquo;une prime de 1000 \u20ac pour les salari\u00e9s dans les entreprises attribuant des dividendes en hausse. Le bien que j&rsquo;ai pu en dire se situe dans une autre perspective que celle de la <em>participation<\/em> gaullienne, le rappel par Olivier Berruyer de ce que celle-ci signifiait pr\u00e9cis\u00e9ment est cependant bienvenu.<\/p><\/blockquote>\n<p>J\u2019appelle <strong>financiarisme<\/strong> le d\u00e9voiement du syst\u00e8me \u00e9conomique que nous constatons depuis plus d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, et se caract\u00e9risant par un d\u00e9s\u00e9quilibre majeur des pouvoirs dans les grandes entreprises, au b\u00e9n\u00e9fice unique des actionnaires (cat\u00e9gorie dans laquelle rentrent d\u00e9sormais les grands dirigeants). Comme l\u2019a soulign\u00e9 Maurice Allais, \u00ab\u00a0au nom d&rsquo;un pseudo-lib\u00e9ralisme, et par la multiplication des d\u00e9r\u00e9glementations, s&rsquo;est install\u00e9e peu \u00e0 peu une esp\u00e8ce de chienlit mondialiste laissez-fairiste\u00a0\u00bb. Ainsi soumis \u00e0 une f\u00e9roce concurrence internationale, d\u00e9sorganis\u00e9s face aux repr\u00e9sentants des actionnaires, le poids r\u00e9duit des salari\u00e9s ne permet plus une gestion du syst\u00e8me \u00e9conomique qui soit compatible non seulement avec l\u2019am\u00e9lioration du bien-\u00eatre collectif, mais m\u00eame simplement avec sa seule survie \u00e0 moyen terme. Nous allons donc voir tr\u00e8s bient\u00f4t \u00e0 quel point le \u00ab\u00a0tout pour les actionnaires\u00a0\u00bb aura \u00e9t\u00e9 un cinglant \u00e9chec, tout comme l\u2019a \u00e9t\u00e9 le syst\u00e8me collectiviste du \u00ab\u00a0&lsquo;tout&rsquo; pour les salari\u00e9s\u00a0\u00bb [le \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb ayant certes \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit&#8230;.].<\/p>\n<p><!--more-->On peut d\u00e8s lors se demander s\u2019il ne serait pas temps de concevoir un m\u00e9canisme \u00e9quilibr\u00e9, d\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 et de respect de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e qui pourrait \u00eatre nettement plus efficient et au service de l\u2019humain. D\u00e8s lors, comment ne pas penser au programme du Conseil National de la R\u00e9sistance, adopt\u00e9 le 15 mars 1944, qui a fond\u00e9 notre pacte social de prosp\u00e9rit\u00e9, et que les n\u00e9oconservateurs veulent tant abroger\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>2 &#8211; Mesures \u00e0 appliquer d\u00e8s la lib\u00e9ration du territoire<\/p>\n<p>\u2022 instauration d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie \u00e9conomique et sociale, impliquant l\u2019\u00e9viction des grandes f\u00e9odalit\u00e9s \u00e9conomiques et financi\u00e8res de la direction de l\u2019\u00e9conomie ;<\/p>\n<p>\u2022 [&#8230;] <strong><span style=\"text-decoration: underline;\">participation<\/span> des travailleurs \u00e0 la direction de l\u2019\u00e9conomie.<\/strong>\n<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9velopp\u00e9e par le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1940, sous forme de projet d\u2019Association. L\u2019\u00e9chec du r\u00e9f\u00e9rendum de 1969 enterrera le projet d\u2019une large Participation. Soixante-dix ans plus tard, il est donc plus que temps de le remettre \u00e0 l\u2019ordre du jour\u00a0: il reste brulant d\u2019actualit\u00e9. La pens\u00e9e du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle \u00e9tait si pr\u00e9cise, qu\u2019elle se passe de commentaires. Prenons le temps de la relire ici pos\u00e9ment \u2013 puisqu\u2019elle est absente non seulement du d\u00e9bat public, mais ne serait-ce que d\u2019archives facilement accessibles et d\u2019Internet \u2013 oubli qui sera donc corrig\u00e9 par ce billet&#8230;<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab La solution humaine, fran\u00e7aise, pratique [&#8230;] est dans <strong>l&rsquo;association digne et f\u00e9conde<\/strong> de ceux qui mettraient en commun, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une m\u00eame entreprise, soit leur travail, soit leur technique, soit leurs biens, et qui devraient s&rsquo;en partager, \u00e0 visage d\u00e9couvert et en honn\u00eates actionnaires, les b\u00e9n\u00e9fices et les risques.<\/p>\n<p>Certes, ce n&rsquo;est pas cette voie que pr\u00e9conisent, ni ceux qui ne veulent pas reconna\u00eetre que <strong>rehausser la dignit\u00e9<\/strong> de l&rsquo;homme c&rsquo;est non seulement un <strong>devoir moral<\/strong> mais encore une <strong>condition de rendement<\/strong>, ni ceux qui con\u00e7oivent l&rsquo;avenir sous la forme d&rsquo;une termiti\u00e8re. Mais quoi ? C&rsquo;est la voie de la concorde et de la justice fructifiante dans la libert\u00e9 ! \u00bb [Charles de Gaulle, discours de Strasbourg, 7 avril <strong>1947<\/strong>]<\/p>\n<p>\u00ab L&rsquo;Association, qu&rsquo;est-ce \u00e0 dire ? D&rsquo;abord ceci que, dans un m\u00eame groupe d&rsquo;entreprises, tous ceux qui en font partie, les chefs, les cadres, les ouvriers<strong>, fixeraient ensemble entre \u00e9gaux,<\/strong> avec arbitrage organis\u00e9, les conditions de leur travail, notamment les r\u00e9mun\u00e9rations. Et ils les fixeraient de telle sorte que tous, depuis le patron ou le directeur inclus, jusqu&rsquo;au man\u0153uvre inclus, recevraient, de par la loi et suivant l&rsquo;\u00e9chelle hi\u00e9rarchique, une <strong>r\u00e9mun\u00e9ration proportionn\u00e9e au rendement global<\/strong> de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors que les \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;ordre moral qui font l&rsquo;honneur d&rsquo;un m\u00e9tier : autorit\u00e9 pour ceux qui dirigent, go\u00fbt du travail bien fait pour les ouvriers, capacit\u00e9 professionnelle pour tous, prendraient toute leur importance, puisqu&rsquo;ils commanderaient le rendement, c&rsquo;est-\u00e0-dire le b\u00e9n\u00e9fice commun. C&rsquo;est alors qu&rsquo;on verrait na\u00eetre, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des professions, une autre psychologie que celle de l&rsquo;exploitation des uns par les autres ou bien celle de la lutte des classes. [&#8230;]<\/p>\n<p>Leurs repr\u00e9sentations pourraient et devraient \u00eatre incorpor\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat. Quelle importance prendrait alors un Conseil de la R\u00e9publique o\u00f9 elles si\u00e9geraient en m\u00eame temps que les repr\u00e9sentations des assembl\u00e9es locales\u00a0! \u00bb [Charles de Gaulle, discours de Saint-Etienne, 4 janvier <strong>1948<\/strong>]<\/p>\n<p>\u00ab Oui ! L&rsquo;association, par laquelle, dans toute entreprise, chacun de ceux qui y participent verra le capital que constitue sa capacit\u00e9 de travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 au-del\u00e0 du minimum vital et suivant le rendement collectif, exactement comme tous les autres capitaux immobiliers et mobiliers sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s au del\u00e0 de leur conservation ou de leur entretien. Oui ! l&rsquo;association, qui placera sur le <strong>m\u00eame plan de dignit\u00e9<\/strong> tous ceux qui contribuent \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre \u00e9conomique commune, fera que l&rsquo;ing\u00e9nieur, l&rsquo;agent technique, l&rsquo;ouvrier, l&#8217;employ\u00e9, \u00e0 tout \u00e9chelon, seront des <strong>soci\u00e9taires<\/strong>, et fera du patron aux yeux de son personnel, non point l&rsquo;homme qui paie, mais le chef, dont la valeur, l&rsquo;ind\u00e9pendance, l&rsquo;autorit\u00e9 sont n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;avantage de tous. Oui ! l&rsquo;association qui, form\u00e9e pour le rendement et pour le progr\u00e8s, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rera le syndicalisme et, en outre, prendra \u00e0 son compte ces \u00e9l\u00e9ments du rendement collectif que sont l&rsquo;apprentissage, la formation technique, la s\u00e9lection des meilleurs depuis le bas jusqu&rsquo;au haut. Oui ! l&rsquo;association, dont nous attendons un grand \u00e9lan de productivit\u00e9 et <strong>un climat social nouveau<\/strong>. \u00bb [Charles de Gaulle, discours de Marseille, 17 avril 1948]<\/p>\n<p>\u00ab On a fait ce qu\u2019on a fait au point de vue \u00e9conomique dans le monde, en gros, avec un syst\u00e8me qui s\u2019appelait le lib\u00e9ralisme, et on a fait de tr\u00e8s grandes choses, c\u2019est \u00e9vident. Il n\u2019est pas moins \u00e9vident que le lib\u00e9ralisme tel qu\u2019on le voyait avant-hier est devenu une chose inconcevable et <strong>insupportable<\/strong> dans l\u2019\u00e9tat pr\u00e9sent du monde, et sp\u00e9cialement dans l\u2019\u00e9tat pr\u00e9sent de la France. Au point de vue des travailleurs, il se traduit par le salariat, et<strong> nous ne consid\u00e9rons pas que le salariat, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&#8217;emploi d&rsquo;un homme par un autre, doive \u00eatre la base d\u00e9finitive de l&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise, ni de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. <span style=\"text-decoration: underline;\">Cela, nous ne l&rsquo;admettons pas<\/span>.<\/strong> Nous ne l\u2019admettons pas, sans doute, pour des raisons humaines, des raisons de justice sociale, mais nous ne l\u2019admettons pas non plus pour des <strong>raisons \u00e9conomiques<\/strong> parce que nous consid\u00e9rons [&#8230;] que ce syst\u00e8me-l\u00e0 n\u2019est plus susceptible de donner \u00e0 tous ceux qui produisent l\u2019impulsion, la volont\u00e9, la passion de produire et de cr\u00e9er qui sont indispensables si nous voulons redevenir prosp\u00e8res, g\u00e9n\u00e9reux et rayonnants dans le monde. Par cons\u00e9quent, le vieux lib\u00e9ralisme, ce n\u2019est pas la voie \u00e9conomique et sociale dans laquelle la France se refera telle qu\u2019elle doit se refaire. [&#8230;]<\/p>\n<p>Il y a le syst\u00e8me des communistes. [&#8230;] Nous consid\u00e9rons qu&rsquo;il est mauvais pour tout le monde et nous consid\u00e9rons qu&rsquo;il est sp\u00e9cialement mauvais pour nous [&#8230;]<\/p>\n<p><strong>Ni le vieux lib\u00e9ralisme, ni le communisme \u00e9crasant<\/strong>. Autre chose. Quoi ? Et bien, quelque chose de simple, de digne et de pratique qui est <strong>l\u2019association<\/strong>. C\u2019est une vieille id\u00e9e fran\u00e7aise, elle fut bien souvent dans notre histoire \u00e9conomique mise en valeur. [&#8230;] L\u2019association, c\u2019est-\u00e0-dire un syst\u00e8me tel que, du moment que des hommes travaillent ensemble [&#8230;] dans une m\u00eame entreprise<strong>, il doit se constituer entre eux, non pas un contrat d\u2019employeur \u00e0 employ\u00e9 mais un contrat de soci\u00e9t\u00e9.<\/strong> <strong>Il faut que ces hommes s\u2019associent<\/strong>. Ils apportent chacun [&#8230;] quelque chose, les uns leur capacit\u00e9 de direction, leur valeur technique, pour certains autres \u2013 et quelquefois ce sont les m\u00eames, et m\u00eame souvent \u2013 leurs capitaux, qui d\u2019ailleurs sont tr\u00e8s souvent un peu \u00e0 tout le monde, et leur valeur technique de travailleurs, leur assiduit\u00e9, leurs capacit\u00e9s. D\u00e8s lors que ces capacit\u00e9s sont prouv\u00e9es, soit au point de vue de la direction technique, soit au point de vue du travail, <strong>on est digne d\u2019\u00eatre soci\u00e9taire dans l\u2019entreprise commune<\/strong>, on y a sa place, on y a ses devoirs et on y a ses droits. Le tout doit \u00eatre fix\u00e9 par des contrats de soci\u00e9t\u00e9 pour chaque entreprise, r\u00e9pondant \u00e0 certaines conditions qui seront \u00e9videmment variables selon la nature des entreprises. [&#8230;] Mais les principes seront les m\u00eames. Ils seront fix\u00e9s par une loi qui d\u00e9terminera les conditions de cr\u00e9ation de ces soci\u00e9t\u00e9s nouvelles, destin\u00e9es \u00e0 remplacer le type de soci\u00e9t\u00e9s d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est-\u00e0-dire les soci\u00e9t\u00e9s anonymes ou soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e qui, pour le moment, ne pr\u00e9voient de contrat qu\u2019entre les employeurs et les employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Je ne crois pas du tout, d\u2019ailleurs, que dans un syst\u00e8me comme le n\u00f4tre [&#8230;] les gens qui ont la responsabilit\u00e9 de diriger les entreprises, ne souffriront en quoi que ce soit. Je suis, bien au contraire, convaincu qu\u2019elles y gagneront et que, tout le monde se sentant int\u00e9ress\u00e9 mat\u00e9riellement et moralement \u00e0 ce que la boite marche, [&#8230;] tout le monde ayant son r\u00f4le et sa part, je suis persuad\u00e9 qu\u2019il sera cr\u00e9\u00e9 [&#8230;] un climat social nouveau. [&#8230;]<\/p>\n<p><strong>L\u2019association est la forme qu\u2019il faut donner \u00e0 l\u2019\u00e9conomie nouvelle<\/strong> pour la recr\u00e9er et pour recr\u00e9er en m\u00eame temps les conditions sociales nouvelles et acceptables pour tous. [&#8230;]<\/p>\n<p>Mais comment voulez-vous qu\u2019une \u0153uvre pareille puisse \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans le r\u00e9gime politique, l\u00e9gislatif et ex\u00e9cutif o\u00f9 nous vivons. C\u2019est \u00e9videmment impossible. [&#8230;] <strong>Il faut changer le r\u00e9gime<\/strong>. \u00bb [Charles de Gaulle, Allocution prononc\u00e9e devant les Comit\u00e9s professionnels du Rassemblement du Peuple fran\u00e7ais, 31 ao\u00fbt <strong>1948<\/strong>]<\/p>\n<p>\u00ab Il faut que vous [les ouvriers] preniez part largement aux responsabilit\u00e9s \u00e9conomiques fran\u00e7aises. Cela implique que dans la production, vous soyez, non plus des instruments, mais des associ\u00e9s, avec le devoir de d\u00e9velopper l\u2019\u0153uvre commune et le droit de profiter de ce que vous lui ferez gagner. <strong>Nous, peuple fran\u00e7ais rassembl\u00e9, nous voulons faire en sorte que les travailleurs deviennent des soci\u00e9taires, au lieu d\u2019\u00eatre des salari\u00e9s. <\/strong>[&#8230;] Oui ! Nous voulons l\u2019Association du travail, du capital, de la direction [&#8230;] dans le cadre de l\u2019entreprise. [&#8230;] Quelle forme prendra l\u2019Association ? Je r\u00e9ponds : celle de <strong>contrats de soci\u00e9t\u00e9<\/strong>, pass\u00e9s sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les divers \u00e9l\u00e9ments, les engageant les uns vis-\u00e0-vis des autres, mais \u00e9videmment de type tr\u00e8s divers, suivant la nature, la dimension des entreprises. [&#8230;] Qu&rsquo;y aura-t-il dans un contrat d&rsquo;association ? Je r\u00e9ponds : il y aura naturellement les conditions particuli\u00e8res que chacun des soci\u00e9taires apportera \u00e0 son concours. Par exemple : r\u00e9tribution de base pour les ouvriers, int\u00e9r\u00eat de base pour le capital qui procure les installations, les mati\u00e8res premi\u00e8res, l&rsquo;outillage, droit de base pour les chefs d&rsquo;entreprise qui ont la charge de diriger et qui doivent pourvoir, notamment, aux investissements et aux r\u00e9serves. [&#8230;] Ce r\u00e9gime nouveau pr\u00e9senterait l\u2019avantage social de lier entre eux, dans l\u2019entreprise, au lieu de les opposer, les int\u00e9r\u00eats des patrons, des ouvriers, des capitalistes et, par l\u00e0, de <strong>changer l\u2019atmosph\u00e8re<\/strong>. \u00bb [Charles de Gaulle, discours de Paris, 14 d\u00e9cembre <strong>1948<\/strong>]\n<\/p><\/blockquote>\n<p>Cette id\u00e9e est toutefois rest\u00e9e assez th\u00e9orique durant une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Un consultant, polytechnicien, Marcel Loichot (1918-1982), s\u2019est essay\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960 \u00e0 proposer un mod\u00e8le op\u00e9rationnel de participation, ce qui lui a valu de devenir conseiller du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, qui lui a \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Je tiens \u00e0 vous dire que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fort impressionn\u00e9 [par votre livre]. Peut-\u00eatre savez-vous que, depuis toujours, je cherche, un peu \u00e0 t\u00e2tons, la fa\u00e7on pratique de d\u00e9terminer le changement, non point du niveau de vie, mais bien de <strong>la condition de l\u2019ouvrier<\/strong>. Dans notre soci\u00e9t\u00e9 industrielle, ce doit \u00eatre <strong>le recommencement de tout<\/strong>, comme l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 le fut dans notre ancienne soci\u00e9t\u00e9 agricole.\u00a0\u00bb [Charles de Gaulle, 11 avril 1966]\n<\/p><\/blockquote>\n<p>Loichot a propos\u00e9 en 1966 dans son livre <em>La r\u00e9forme pancapitaliste,<\/em> un mod\u00e8le qu\u2019il a appel\u00e9 <strong>pancapitalisme <\/strong>(qui peut se traduire par \u00ab\u00a0Capitalisme global\u00a0\u00bb ou mieux par \u00ab\u00a0Tous capitalistes\u00a0! \u00bb). L\u2019id\u00e9e tr\u00e8s int\u00e9ressante de ce syst\u00e8me est de conserver la notion de capitalisme (au sens de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production), mais o\u00f9 en fait les travailleurs deviendraient tous ipso facto des capitalistes, ce qui \u00e9limine une tare majeure du syst\u00e8me capitaliste\u00a0: l\u2019appropriation des moyens de production par <strong>une minorit\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>La cl\u00e9 consiste en un <strong>partage \u00e9quitable de l\u2019accroissement<\/strong> du patrimoine de l\u2019entreprise. Marcel Loichot refuse de s&rsquo;enfermer dans un sch\u00e9ma pr\u00e9\u00e9tabli, et propose de nombreuses m\u00e9thodes de partage. \u00c0 titre indicatif, il propose un des cadres possibles :<\/p>\n<ul>\n<li>toute entreprise employant par exemple plus de dix personnes doit obligatoirement \u00eatre constitu\u00e9e en \u00ab soci\u00e9t\u00e9 pancapitaliste \u00bb\u00a0;<\/li>\n<li>le capital d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 pancapitaliste est productif d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e0 un taux tr\u00e8s raisonnable, par exemple 6 % ; ces int\u00e9r\u00eats sont <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> comptabilis\u00e9s en d\u00e9penses et <strong>distribu\u00e9s<\/strong> ;<\/li>\n<li><strong>le b\u00e9n\u00e9fice subsistant est obligatoirement ajout\u00e9 au capital<\/strong> ; les actions correspondantes, incessibles pour dix ann\u00e9es, sont r\u00e9parties pour moiti\u00e9 entre les actionnaires ant\u00e9rieurs proportionnellement \u00e0 leurs actions, <strong>pour moiti\u00e9 entre les travailleurs <\/strong>de l&rsquo;entreprise proportionnellement \u00e0 leurs salaires ;<\/li>\n<li>les porteurs d&rsquo;actions, qu&rsquo;elles soient anciennes ou nouvelles, jouissent des m\u00eames droits, et notamment \u00e9lisent ensemble le conseil d&rsquo;administration, lequel nomme le pr\u00e9sident-directeur g\u00e9n\u00e9ral et contr\u00f4le sa gestion.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour synth\u00e9tiser sa pens\u00e9e, imaginons une entreprise cr\u00e9\u00e9e avec un capital de 1\u00a0000, repr\u00e9sent\u00e9 par 1\u00a0000 actions. Au bout d\u2019un an, elle procure un b\u00e9n\u00e9fice de 100, gr\u00e2ce au travail des employ\u00e9s, utilisant les moyens de production. Se pose finalement une question majeure, sur laquelle on revient pourtant rarement\u00a0: <strong>finalement, \u00e0 qui doivent profiter ces 100 <\/strong>? Dans le syst\u00e8me capitaliste, on consid\u00e8re qu\u2019ils reviennent en totalit\u00e9 aux actionnaires, vus comme propri\u00e9taires de l\u2019entreprise. Mais pourtant, on peut parfaitement imaginer de les r\u00e9partir diff\u00e9remment. Dans le syst\u00e8me Loichot, on donne obligatoirement 6 aux actionnaires pour les r\u00e9mun\u00e9rer (comme pour de simples pr\u00e9teurs obligataires), et on cr\u00e9e 94 actions nouvelles, r\u00e9parties entre les actionnaires (47) et les salari\u00e9s (47). En r\u00e9sum\u00e9, <strong><span style=\"text-decoration: underline;\">les salari\u00e9s deviennent actionnaires<\/span><\/strong>. Ceci fait que l\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, ils per\u00e7oivent des actions en tant que salari\u00e9s (les 50 %), mais \u00e9galement en tant qu\u2019actionnaires (qu\u2019ils partagent avec les actionnaires de d\u00e9part). Loichot d\u00e9montre alors math\u00e9matiquement qu\u2019avec un autofinancement de 6\u00a0% l&rsquo;an (la croissance \u00e9tait tr\u00e8s forte \u00e0 l\u2019\u00e9poque), en 25 ans, les actionnaires de d\u00e9part et les salari\u00e9s poss\u00e8dent chacun la moiti\u00e9 du capital, qui aura quadrupl\u00e9 dans l\u2019intervalle. En fait, <strong>il ne s&rsquo;agit pas de partager les richesses existantes mais les <span style=\"text-decoration: underline;\">richesses futures<\/span> cr\u00e9\u00e9es ensemble par les parties prenantes<\/strong>.<\/p>\n<p>Dans la vision \u00e9conomique gaullienne, la participation comporte trois volets : la participation aux <strong>b\u00e9n\u00e9fices<\/strong>, la participation au <strong>capital<\/strong> et la participation aux <strong>responsabilit\u00e9s<\/strong>. \u00ab\u00a0Tout le reste n\u2019est que participation au baratin ! \u00bb, disait Philippe Dechartre, un gaulliste de gauche. C\u2019est d\u2019ailleurs cette frange du gaullisme qui aura pouss\u00e9 ce sujet de la participation, avec Ren\u00e9 Capitant, Jacques Deb\u00fb-Bridel, Jean-Marcel Jeanneney et surtout Louis Vallon, qui a travaill\u00e9 avec Marcel Loichot et qui a initi\u00e9 le mouvement l\u00e9gislatif ayant abouti le 17 ao\u00fbt 1967 \u00e0 la signature par le G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle de l&rsquo;ordonnance sur \u00ab\u00a0la participation des salari\u00e9s aux fruits de l&rsquo;expansion des entreprises\u00a0\u00bb, qui a fond\u00e9 le r\u00e9gime toujours en vigueur de la participation aux r\u00e9sultats.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Il faut, enfin, que dans les entreprises <strong>la participation directe du personnel aux r\u00e9sultats, au capital et aux responsabilit\u00e9s<\/strong> devienne une des donn\u00e9es de base de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise.\u00a0\u00bb [Charles de Gaulle, Conf\u00e9rence de presse du 27 novembre 1967]<\/p><\/blockquote>\n<p>Malheureusement ce dispositif est rest\u00e9 limit\u00e9 aux b\u00e9n\u00e9fices, alors que ce n\u2019\u00e9tait pour De Gaulle qu&rsquo;une premi\u00e8re \u00e9tape. Son d\u00e9part en a d\u00e9cid\u00e9 autrement, ses successeurs n\u2019ayant pas repris son flambeau, et la pens\u00e9e originale de Marcel Loichot s\u2019\u00e9tant \u00e9teinte avec lui.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Bien que gaulliste intellectuel, gaulliste philosophique, j\u2019ai souvent sous-estim\u00e9 <strong>l\u2019importance de la participation<\/strong> chez le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle. J\u2019\u00e9tais tent\u00e9 de la <strong>confondre<\/strong> avec l\u2019int\u00e9ressement. En r\u00e9alit\u00e9, l\u00e0-encore, le g\u00e9n\u00e9ral De Gaulle avait une vue proph\u00e9tique. C\u2019\u00e9taient les gestionnaires dont j\u2019ai quelquefois fait partie qui se sont tromp\u00e9s.\u00a0\u00bb [Edgar Faure, 1970]<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le capitalisme dit : gr\u00e2ce au profit qui suscite l&rsquo;initiative, fabriquons de plus en plus de richesses qui, en se r\u00e9partissant par le libre march\u00e9, \u00e9l\u00e8vent en somme le niveau du corps social tout entier. Seulement voil\u00e0 : la propri\u00e9t\u00e9, la direction, le b\u00e9n\u00e9fice des entreprises dans le syst\u00e8me capitaliste n&rsquo;appartiennent qu&rsquo;au capital. Alors, ceux qui ne le poss\u00e8dent pas se trouvent dans une sorte <strong>d&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;ali\u00e9nation<\/strong> \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur m\u00eame de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e0 laquelle ils contribuent. <strong>Non, le capitalisme du point de vue de l&rsquo;homme n&rsquo;offre pas de solution satisfaisante.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a une troisi\u00e8me solution : <strong>c&rsquo;est la participation, qui elle, change la condition de l&rsquo;homme au milieu de la civilisation moderne.<\/strong> D\u00e8s lors que les gens se mettent ensemble pour une \u0153uvre \u00e9conomique commune, par exemple pour faire marcher une industrie, en apportant soit les capitaux n\u00e9cessaires, soit la capacit\u00e9 de direction, de gestion et de technique, soit le travail, il s&rsquo;agit que tous forment ensemble une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 tous aient int\u00e9r\u00eat direct \u00e0 son rendement et \u00e0 son bon fonctionnement.<\/p>\n<p>Cela implique que soit attribu\u00e9 de par la loi, \u00e0 chacun, <strong>une part de ce que l&rsquo;affaire gagne<\/strong> et de ce qu&rsquo;elle investit en elle-m\u00eame gr\u00e2ce \u00e0 ses gains. Cela implique aussi que tous soient <strong>inform\u00e9s<\/strong> d&rsquo;une mani\u00e8re suffisante de la marche de l&rsquo;entreprise et puissent, par des repr\u00e9sentants qu&rsquo;ils auront tous nomm\u00e9s librement, participer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et \u00e0 ses conseils pour y faire valoir leurs int\u00e9r\u00eats, leurs points de vue et pour y faire valoir leurs propositions. C&rsquo;est la voie que j&rsquo;ai toujours cru bonne. C&rsquo;est la voie dans laquelle j&rsquo;ai fait d\u00e9j\u00e0 quelques pas ; par exemple, en 1945, quand, avec mon gouvernement, j&rsquo;ai institu\u00e9 les comit\u00e9s d&rsquo;entreprises, quand, en 1959 et en 1967, j&rsquo;ai, par des ordonnances, ouvert la br\u00e8che \u00e0 l&rsquo;int\u00e9ressement. C&rsquo;est la voie dans laquelle il faut marcher.\u00a0\u00bb [Charles de Gaulle, entretien avec Michel Droit, 7 juin 1968]<\/p>\n<p>\u00ab <strong>Le progr\u00e8s \u00e9conomique, bien s\u00fbr c\u2019est n\u00e9cessaire \u00e0 la vie d\u2019une nation, c\u2019est essentiel, mais il ne faut jamais oublier que <span style=\"text-decoration: underline;\">la seule finalit\u00e9 du progr\u00e8s \u00e9conomique, c\u2019est le progr\u00e8s social.<\/span><\/strong> \u00bb [Charles De Gaulle, 1944, conversation avec Philippe Dechartre]<\/p>\n<p>\u00ab Ni la police, ni les tribunaux, n&rsquo;atteindront le mal dans sa source, qui est le <strong>syst\u00e8me \u00e9conomique et social<\/strong> actuellement en vigueur. <strong>Il faut avoir, pendant qu&rsquo;il est temps, assez d&rsquo;esprit et de c\u0153ur pour r\u00e9former ce syst\u00e8me-l\u00e0 <\/strong>\u00bb ! [Charles de Gaulle, discours de Paris, 11 f\u00e9vrier <strong>1950<\/strong>]\n<\/p><\/blockquote>\n<p>Alors bien entendu, on peut imaginer d\u2019autres syst\u00e8mes que le capitalisme \u2013 dont certains marcheraient sans doute. On peut aussi penser \u00e9galement au mod\u00e8le des coop\u00e9ratives de salari\u00e9s, avec les Scop. Mais on peut aussi essayer de r\u00e9former en profondeur le syst\u00e8me actuel, tout en gardant son cadre, ce qui a l\u2019avantage de pouvoir \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 bien plus facilement et rapidement.<\/p>\n<p>Bien entendu, le mod\u00e8le Loichot a vieilli, et ne peut plus \u00eatre calqu\u00e9 tel quel dans nos \u00e9conomies mondialis\u00e9es. Bien entendu, il n\u2019est pas parfait, et il faut veiller \u00e0 ce qu\u2019il n\u2019engendre pas une schizophr\u00e9nie actionnaire\/salari\u00e9, par exemple sur la fixation des salaires ou les politiques d\u2019emploi. Mais, \u00e0 mon sens, il porte en lui un principe de justice sociale, et sans doute de plus grande efficacit\u00e9. Il montre que oui, il y a des alternatives raisonnables et efficaces au financiarisme, et que l\u2019on n\u2019a pas tout essay\u00e9.<\/p>\n<p>Si certains ont envie de r\u00e9agir \u00e0 cette id\u00e9e, de proposer des am\u00e9liorations, qui pourraient par exemple aboutir \u00e0 une proposition de loi pour cr\u00e9er au moins un statut facultatif \u00ab\u00a0d\u2019entreprise pancapitaliste\u00a0\u00bb, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.les-crises.fr\/a-propos\/\">me contacter ici<\/a>. (un avocat et un comptable seraient d\u2019ailleurs bienvenus&#8230;). Si le sujet avance, nous pourrons r\u00e9aliser un deuxi\u00e8me billet pour tenir inform\u00e9 les lecteurs de ce blog.<\/p>\n<p>Je souhaiterais conclure ce billet par cette derni\u00e8re citation, venant d\u2019un temps o\u00f9 la pr\u00e9occupation du Pr\u00e9sident n\u2019\u00e9tait pas de \u00ab\u00a0r\u00e9habiliter l\u2019argent\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab <strong><span style=\"text-decoration: underline;\">Mon seul adversaire, celui de la France, n&rsquo;a aucunement cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;Argent<\/span>.<\/strong> \u00bb [<strong>Charles de Gaulle<\/strong>, 11 d\u00e9cembre 1969, discussion avec Andr\u00e9 Malraux, cit\u00e9 dans <em>Les ch\u00eanes qu&rsquo;on abat<\/em>, Gallimard]<\/p><\/blockquote>\n<p>Olivier Berruyer est actuaire, et cr\u00e9ateur du site internet <a href=\"http:\/\/www.les-crises.fr\">www.les-crises.fr<\/a>.<\/p>\n<blockquote><p><em>Cet \u00ab article presslib\u2019 \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour le blog de Paul Jorion. Il est libre de reproduction en tout ou en partie \u00e0 condition que le pr\u00e9sent alin\u00e9a et le pr\u00e9c\u00e9dent soient reproduits \u00e0 sa suite.<\/em><\/p><\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><strong>Ce texte est un \u00ab article presslib\u2019 \u00bb (*)<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Vendredi dernier, dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=23604\">ma vid\u00e9o<\/a>, j&rsquo;ai analys\u00e9 la proposition d&rsquo;une prime de 1000 \u20ac pour les salari\u00e9s dans les entreprises attribuant des dividendes en hausse. Le bien que j&rsquo;ai pu en dire se situe dans une autre perspective que celle de la <em>participation<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[26,180,1316],"class_list":["post-23753","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-capitalisme","tag-charles-de-gaulle","tag-participation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23753","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23753"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23753\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47493,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23753\/revisions\/47493"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23753"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23753"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23753"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}