{"id":24178,"date":"2011-05-10T08:43:53","date_gmt":"2011-05-10T06:43:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=24178"},"modified":"2013-01-02T14:41:59","modified_gmt":"2013-01-02T13:41:59","slug":"lactualite-de-la-crise-sauvetages-a-la-ponzi-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/05\/10\/lactualite-de-la-crise-sauvetages-a-la-ponzi-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>SAUVETAGES \u00c0 LA PONZI<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les commentaires pleuvaient hier lundi sur le th\u00e8me\u00a0: \u00ab\u00a0Que vont bien pouvoir encore trouver les Europ\u00e9ens pour se sortir de ce nouveau mauvais pas ?\u00a0\u00bb. Non pas pour \u00e9voquer le cas du Portugal &#8211; dont le <i>plan de sauvetage<\/i> doit encore \u00eatre finalis\u00e9, la Tro\u00efka ayant d\u00e9j\u00e0 mis au point ses <i>conditionnalit\u00e9s<\/i> &#8211; mais celui de la Gr\u00e8ce, qui a d\u00e9j\u00e0 le sien, r\u00e9am\u00e9nag\u00e9 mais ne suffisant pas. <\/p>\n<p>Les crises nationales ont commenc\u00e9 \u00e0 se t\u00e9lescoper et non plus se succ\u00e9der.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes seraient en passe d\u2019adopter dans ses grandes lignes un plan consistant \u00e0 ne rien d\u00e9cider de nouveau, faute de pouvoir se mettre d&rsquo;accord. Il implique cependant, pour ne pas cr\u00e9er les conditions d\u2019un d\u00e9faut catastrophique du pays d\u00e8s l\u2019an prochain, de remettre au pot en lui conc\u00e9dant un nouveau pr\u00eat de plusieurs dizaines de milliards d\u2019euros et en serrant davantage la vis. En exigeant en contrepartie la r\u00e9alisation d\u2019un plan de privatisation de 50 milliards d\u2019euros. <\/p>\n<p>Ces autorit\u00e9s poursuivent avec application un sch\u00e9ma qui a d\u00e9j\u00e0 failli&#8230; mais elles se disent qu&rsquo;elles gagnent ainsi du temps, le plus pr\u00e9cieux des alli\u00e9s faute de mieux\u00a0! <\/p>\n<p><!--more-->Gr\u00e2ce \u00e0 cela, non seulement la Gr\u00e8ce ne va pas <i>revenir sur le march\u00e9<\/i> &#8211; o\u00f9 elle serait fort mal accueillie &#8211; mais elle va continuer de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un nouveau mode de financement de sa dette, garanti par les Etats membres de la zone euro. Un syst\u00e8me innovant et original, appel\u00e9 \u00e0 servir pour d\u2019autres pays de mani\u00e8re \u00e9galement durable, ce pour quoi il n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu. <\/p>\n<p>Il repose sur un m\u00e9canisme tr\u00e8s simple\u00a0: le fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re emprunte sur les march\u00e9s en b\u00e9n\u00e9ficiant de la note AAA pour pr\u00eater aux b\u00e9n\u00e9ficiaires des <i>plans de sauvetage<\/i> \u00e0 un taux sup\u00e9rieur, mais inf\u00e9rieur \u00e0 celui qu\u2019ils obtiendraient sur le march\u00e9. Le FMI participe de son c\u00f4t\u00e9, en compl\u00e9ment. Deux conditions doivent \u00eatre r\u00e9unies pour que ce m\u00e9canisme fonctionne sans accroc\u00a0: que les Etats apportent suffisamment au fonds &#8211; ou garantissent ses emprunts &#8211; afin qu\u2019il puisse r\u00e9pondre \u00e0 la demande des pays assist\u00e9s, et que sa note AAA soit maintenue, ce qui suppose que ses principaux bailleurs de fonds de la zone euro continuent d\u2019en b\u00e9n\u00e9ficier eux-m\u00eames. <\/p>\n<p>L\u2019avantage de ce syst\u00e8me est que les Etats les mieux not\u00e9s n\u2019ont pas besoin d\u2019aller sur le march\u00e9 et peuvent se contenter d\u2019apporter leur garantie au fonds. Ce qui n\u2019est pas le cas des autres, cr\u00e9ant en leur d\u00e9faveur une in\u00e9galit\u00e9 de traitement. <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, on a ainsi cr\u00e9e sans le dire un m\u00e9canisme tr\u00e8s proche des euro-obligations dont l\u2019Allemagne ne veut pas. Mais celle-ci conserve le contr\u00f4le de la situation gr\u00e2ce \u00e0 un droit de veto, comme tous les participants du fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re. Certains consid\u00e8rent qu\u2019il ne s\u2019agit de rien d\u2019autre que d\u2019une pyramide de Ponzi, car le syst\u00e8me ne fonctionne que s\u2019il est en permanence aliment\u00e9 par de nouveaux apports&#8230; <\/p>\n<p>Leur donnant de ce point de vue raison, la nouveaut\u00e9 est que ce fonds va perdurer, pour une dur\u00e9e impr\u00e9visible. Car le sch\u00e9ma dont vont b\u00e9n\u00e9ficier les Grecs est destin\u00e9 \u00e0 se r\u00e9p\u00e9ter avec les autres Etats de la zone des temp\u00eates. Eux aussi auront beau multiplier les mesures de rigueur budg\u00e9taire et tenter d\u2019accro\u00eetre leurs recettes fiscales, ils ne parviennent pas \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9ficit comme demand\u00e9, ni \u00e0 revenir dans les temps sur le march\u00e9 et \u00e0 rembourser dans les d\u00e9lais leur emprunt europ\u00e9en. Des rallonges seront n\u00e9cessaires, leur dette alors <i>roul\u00e9e<\/i> par les pays de la zone euro comme le ferait une banque vis \u00e0 vis d\u2019un d\u00e9biteur au bord de la d\u00e9faillance. Avec \u00e0 la cl\u00e9 l\u2019histoire classique du d\u00e9biteur qui <i>tient sa banque<\/i>, car celle-ci lui a trop pr\u00eat\u00e9 pour risquer de perdre sa mise. <\/p>\n<p>Mais une autre histoire est en train d\u2019\u00eatre jou\u00e9e en attendant. Le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la BNP Paribas, Baudouin Prot, avait d\u00e9j\u00e0 profit\u00e9 la semaine derni\u00e8re de l\u2019annonce des r\u00e9sultats trimestriels de la banque pour d\u00e9clarer qu\u2019elle pourrait absorber sans encombre une d\u00e9cote mod\u00e9r\u00e9e de la dette souveraine grecque, si n\u00e9cessaire. Il s\u2019agissait de rassurer la Bourse, o\u00f9 les valeurs financi\u00e8res chutaient. Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a, le Pdg de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale, a \u00e9t\u00e9 plus loin hier lundi &#8211; pour les m\u00eames raisons &#8211; en expliquant que le secteur bancaire europ\u00e9en tout entier serait capable d\u2019en faire autant, tout en pr\u00e9cisant qu\u2019il ne pensait pas que cela serait prochainement n\u00e9cessaire. Une assurance qu\u2019il a justifi\u00e9e en faisant \u00e9tat de la diminution de l\u2019exposition des banques fran\u00e7aises \u00e0 la dette souveraine (mais en omettant celle aux banques grecques), et en d\u00e9crivant la dette souveraine grecque comme \u00ab\u00a0relativement\u00a0petite\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0bien r\u00e9partie\u00a0\u00bb entre ses cr\u00e9anciers. Que pense-t-il de celles des autres pays de la zone des temp\u00eates ? <\/p>\n<p>On comprend difficilement, dans ces conditions, les alarmes lanc\u00e9es par la BCE, qui pr\u00e9disait un nouveau Lehman Brothers en cas de restructuration de la dette. Qui a raison, qui a tort\u00a0? <\/p>\n<p>La suite de l\u2019intervention de Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a permet de penser qu\u2019il d\u00e9ploie un rideau de fum\u00e9e. A propos des tests de r\u00e9sistance des banques europ\u00e9ennes, qui sont en cours, il s\u2019interroge en effet sur \u00ab\u00a0l\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9el de cet exercice\u00a0\u00bb, et poursuit\u00a0: \u00ab\u00a0il y a des banques, probablement des petits \u00e9tablissements, qui ont besoin de plus de fonds propres (&#8230;) les grandes banques se portent bien, regardez simplement leurs r\u00e9sultats\u00a0\u00bb. Un argument imparable, en effet, comme on l&rsquo;a constat\u00e9 au d\u00e9but de la crise am\u00e9ricaine !<\/p>\n<p>La crise europ\u00e9enne va continuer en s\u2019\u00e9largissant et en s&rsquo;approfondissant. Nouveaux entrants, les Portugais manifestent pour l\u2019instant le z\u00e8le des r\u00e9cents convertis, l\u2019obstacle de l\u2019appui de la Finlande \u00e0 leur <i>plan de sauvetage<\/i> semblant \u00eatre lev\u00e9 : le PSD, \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec le PS dans les sondages, annonce dans son programme vouloir en effet aller plus loin que la Tro\u00efka ne l\u2019a exig\u00e9 ! <\/p>\n<p>Moody&rsquo;s met de son c\u00f4t\u00e9 en garde l\u2019Espagne contre les \u00e9missions obligataires de ses r\u00e9gions, qui offrent des taux \u00e9lev\u00e9s afin d\u2019\u00eatre souscrites et tirent \u00e0 la hausse le march\u00e9 au d\u00e9triment des banques. Le d\u00e9ficit des r\u00e9gions n\u2019est en effet pas contenu et l\u2019on assiste sur le terrain obligataire \u00e0 une jonction de la crise immobili\u00e8re et de ses effets sur les banques priv\u00e9es avec la crise de la dette publique. <\/p>\n<p>En Irlande, la Banque centrale reprend \u00e0 son compte la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une ren\u00e9gociation du <i>plan de sauvetage<\/i> du pays, \u00ab\u00a0si la croissance \u00e9conomique n\u2019est pas au rendez-vous\u00a0\u00bb. Selon la presse, le gouvernement attend de la Gr\u00e8ce qu\u2019elle lui ouvre cette voie. Avec comme objectifs d\u2019obtenir une r\u00e9duction du taux de son pr\u00eat &#8211; sans contrepartie fiscale &#8211; et un r\u00e9\u00e9chelonnement de son remboursement. <\/p>\n<p>Dans son \u00e9tude sur l\u2019Italie, enfin, l\u2019OCDE pointe \u00ab\u00a0un autre d\u00e9fi urgent \u00e0 relever\u00a0\u00bb : celui de la r\u00e9duction du d\u00e9ficit public, car \u00ab\u00a0les march\u00e9s obligataires \u00e9tant devenus plus sensibles au risque souverain\u00a0[en raison de la crise qui touche la Gr\u00e8ce, le Portugal et l&rsquo;Irlande], il reste essentiel de prendre des mesures visant \u00e0 rapprocher le budget de l&rsquo;\u00e9quilibre\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0La nervosit\u00e9 des march\u00e9s (&#8230;) impose plus que jamais une r\u00e9duction soutenue de la dette publique\u00a0\u00bb, car elle atteint pr\u00e8s de 120% du PIB, l\u2019un des niveaux le plus \u00e9lev\u00e9 au monde selon l\u2019OCDE.  <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, et jusqu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9union de l\u2019Eurogroup du 16 mai prochain, les n\u00e9gociations vont se poursuivre \u00e0 propos du <i>package<\/i> dont les Grecs devraient b\u00e9n\u00e9ficier. Une nouvelle mission de la Tro\u00efka arrive \u00e0 Ath\u00e8nes mardi, pour \u00e9valuer o\u00f9 en est effectivement le redressement des finances publiques grecques. George Papaconstatinou, le ministre des finances, a d\u00e9j\u00e0 calcul\u00e9 avoir besoin de 66 milliards d\u2019euros en 2012, 25 milliards \u00e9tant couverts par les pr\u00eats de l\u2019Union europ\u00e9enne et du FMI. L\u2019impasse en 2012 est donc de 41 milliards d\u2019euros, qu\u2019il voudrait financer par une combinaison de privatisations, et d\u2019\u00e9missions \u00e0 court et \u00e0 long terme. Souhaitant que le fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re souscrive aux \u00e9missions \u00e0 long terme, \u00e9tant donn\u00e9 le taux prohibitif de 15% demand\u00e9 actuellement par le march\u00e9. <\/p>\n<p>Pour le moment, les Europ\u00e9ens privil\u00e9gient une rallonge \u00e0 leur pr\u00eat, moyennant l\u2019\u00e9largissement du plan de privatisation. Toutes ces solutions ont en commun d\u2019\u00eatre des pis-aller. Standard &#038; Poor\u2019s, qui vient de d\u00e9grader de deux crans d\u2019un coup la note de la dette grecque, a menac\u00e9 de recommencer si n\u00e9cessaire dans quelques mois. L&rsquo;agence a estim\u00e9 que les cr\u00e9anciers de la Gr\u00e8ce devaient renoncer \u00e0 au moins 50% de leur investissement pour que, sa dette all\u00e9g\u00e9e, la Gr\u00e8ce puisse retrouver son assise \u00e9conomique et financi\u00e8re. <\/p>\n<p>La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cote de cette ampleur balaye la conception m\u00eame des <i>plan de sauvetage<\/i> europ\u00e9en et menace potentiellement la stabilit\u00e9 des banques europ\u00e9ennes, qui devront d&rsquo;autant augmenter leurs fonds propres dans le cadre renforc\u00e9 de B\u00e2le III, si elles doivent proc\u00e9der \u00e0 de telles d\u00e9valorisations d&rsquo;actifs. <\/p>\n<p>Des banques ou des Agences de notation, qui cette fois-ci a raison ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les commentaires pleuvaient hier lundi sur le th\u00e8me\u00a0: \u00ab\u00a0Que vont bien pouvoir encore trouver les Europ\u00e9ens pour se sortir de ce nouveau mauvais pas ?\u00a0\u00bb. 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