{"id":24420,"date":"2011-05-17T09:57:51","date_gmt":"2011-05-17T07:57:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=24420"},"modified":"2013-01-02T14:41:25","modified_gmt":"2013-01-02T13:41:25","slug":"lactualite-de-la-crise-laveugle-et-le-paralytique-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/05\/17\/lactualite-de-la-crise-laveugle-et-le-paralytique-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>L&rsquo;AVEUGLE ET LE PARALYTIQUE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans une ambiance qui ne s\u2019y pr\u00eatait pas, les regards tourn\u00e9s vers un commissariat de Manhattan, puis un tribunal, les ministres des finances europ\u00e9ens ont sans surprise donn\u00e9 leur feu vert au <i>plan de sauvetage<\/i> du Portugal, l\u2019obstacle des Finlandais lev\u00e9, leurs conditions accept\u00e9es. Les banques portugaises sont instamment pri\u00e9es de ne pas se d\u00e9lester en douce de la dette de leur pays ! Le FMI devrait suivre d&rsquo;ici vendredi. <\/p>\n<p>78 milliards d\u2019euros seront pr\u00eat\u00e9s dans le cadre d\u2019un programme de trois ans, en contrepartie d\u2019un ensemble de mesures budg\u00e9taires et de privatisations d\u00e9j\u00e0 n\u00e9goci\u00e9es. Le communiqu\u00e9 commun ne mentionne toutefois pas le taux auquel le pr\u00eat est consenti, une question qui faisait d\u00e9bat et a une forte r\u00e9sonance en Irlande et en Gr\u00e8ce, les deux pays demandant une r\u00e9vision \u00e0 la baisse du leur. Selon le ministre portugais des Finances, Fernando Teixeira dos Santos, un taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat moyen d&rsquo;environ 5,1% devrait \u00eatre appliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Pour la Gr\u00e8ce, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de reporter la d\u00e9cision, apr\u00e8s un \u00e9change montrant l&rsquo;\u00e9tendue des d\u00e9saccords. Au final, le si d\u00e9terminant <i>signal envoy\u00e9 aux march\u00e9s<\/i> est d&rsquo;une grande confusion. Tout est donc loin d&rsquo;\u00eatre boucl\u00e9, tant en raison de la demande allemande d\u2019attendre le rapport de la Tro\u00efka, pour gagner du temps, que des fortes divergences persistantes qui ont tourn\u00e9 \u00e0 la foire d\u2019empoigne ces derniers jours. Chacun y allant de sa formule selon un large \u00e9ventail allant d\u2019une restructuration de la dette &#8211; les variantes ne manquant pas &#8211; \u00e0 la r\u00e9alisation prioritaire d\u2019un programme massif de privatisations en Gr\u00e8ce. Le tout dans une cacophonie que le d\u00e9faut subit du directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI n\u2019a pas contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9sorber. La BCE reste intransigeante et les Allemands louvoient, tout le monde y va de sa recette ou pr\u00e9f\u00e8re se taire. Aux derni\u00e8res nouvelles Angela Merkel et son ministre des finances, Wolfgang Scha\u00fcble, ne seraient pas d&rsquo;accord. <\/p>\n<p><!--more-->Le d\u00e9nominateur commun vers lequel les 27 semblaient  s\u2019acheminer &#8211; mais qui s&rsquo;\u00e9loigne &#8211; serait de proc\u00e9der non pas \u00e0 une restructuration de la dette priv\u00e9e, mais \u00e0 un <i>reprofilage<\/i> des emprunts r\u00e9alis\u00e9s dans le cadre du premier <i>plan de sauvetage<\/i>, qui pourrait \u00eatre accompagn\u00e9 d\u2019une baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Une subtilit\u00e9 linguistique qui signifie r\u00e9\u00e9chelonnement. <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, toutes les options \u00e9taient sur le tapis, mais la d\u00e9cence voulait que celle de la restructuration <i>dure<\/i> de la dette que repr\u00e9senterait une d\u00e9cote ne soit pas \u00e9voqu\u00e9e ouvertement. Car ce n\u2019est pas ainsi que l\u2019on discute de ces choses-l\u00e0\u00a0: \u00ab\u00a0En public, nous sommes tr\u00e8s r\u00e9ticents \u00e0 d\u00e9battre de restructuration\u00a0\u00bb a fait savoir Mark Rutte, le ministre n\u00e9erlandais. <\/p>\n<p>Ce nouveau plan n\u2019est qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019\u00e9bauche, car il devra \u00eatre accompagn\u00e9 &#8211; pour \u00eatre <i>pr\u00e9sentable<\/i> &#8211; d\u2019un programme grec de privatisations, et peut \u00eatre aussi d\u2019un nouveau pr\u00eat, difficile \u00e0 \u00e9viter. L&rsquo;anticipant, Maria Fekter, la ministre autrichienne des finances, a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab\u00a0Les Grecs doivent s\u2019aider eux-m\u00eames\u00a0\u00bb, faisant valoir que le pays avait \u00ab\u00a0un tr\u00e8s haut potentiel de privatisations\u00a0\u00bb.  Jean-Claude Junker, en fin de r\u00e9union, a confirm\u00e9 que le gouvernement grec s&rsquo;\u00e9tait engag\u00e9 en ce sens. Le plus facile a \u00e9t\u00e9 d\u00e9blay\u00e9, reste ce qui divise&#8230;<\/p>\n<p>Outre la composition de ce cocktail, il faudra aussi d\u00e9terminer jusqu\u2019\u00e0 quelle date ce nouveau plan permettra \u00e0 la Gr\u00e8ce de ne pas revenir sur le march\u00e9 obligataire. Fin 2013 est dans la ligne de mire, afin de gagner deux ans. Enfin, la participation des cr\u00e9ancier priv\u00e9s devra \u00eatre ou non int\u00e9gr\u00e9e et calibr\u00e9e. Selon l&rsquo;Allemagne qui semble y tenir, le <i>reprofilage<\/i> ne devrait pas uniquement concerner les d\u00e9tenteurs publics de la dette. Cela sera le gros morceau. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout le monde est le bienvenu\u00a0\u00bb a dans l&rsquo;imm\u00e9diat clam\u00e9 Maria Fekter, comme si elle dressait la liste des invitations \u00e0 une garden-party.  On croit d\u00e9j\u00e0 entendre les ricanements des <i>march\u00e9s<\/i>, persuad\u00e9s que les auteurs de ce plan ne font que reculer pour mieux sauter. <\/p>\n<p>R\u00e9unis symboliquement \u00e0 Ath\u00e8nes en congr\u00e8s, les syndicats europ\u00e9ens sont plus saum\u00e2tres, se pr\u00e9parant faute de mieux \u00e0 \u00ab\u00a0r\u00e9interroger l\u2019avenir de l\u2019Europe\u00a0\u00bb, tout en mettant en cause l\u2019h\u00e9g\u00e9monie des march\u00e9s financiers ainsi que la mont\u00e9e de la x\u00e9nophobie et de la tentation du chacun pour soi. \u00ab\u00a0Les travailleurs paient pour une crise dont ils ne sont pas responsables\u00a0\u00bb est la phrase qui revient dans toutes les interventions. <\/p>\n<p>Parlant de la Gr\u00e8ce \u00e0 Berlin, Olli Rehn, le commissaire aux affaires \u00e9conomiques, ne leur a pas donn\u00e9 tort en y expliquant \u00ab\u00a0qu\u2019il est illusoire de penser qu\u2019il y a une alternative \u00e0 un programme de r\u00e9formes\u00a0\u00bb ; celui-ci doit \u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 et accompagn\u00e9 de la mise en \u0153uvre \u00ab\u00a0d\u2019un programme de privatisation complet\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Voix discordante dans le concert, G\u00fcnther Oettinger &#8211; le commissaire \u00e0 l\u2019\u00e9nergie qui vient de faire parler de lui pour son intransigeance \u00e0 propos des tests de r\u00e9sistance des centrales nucl\u00e9aires europ\u00e9ennes &#8211; s\u2019est pour sa part d\u00e9clar\u00e9 en faveur d\u2019un \u00ab\u00a0programme de conjoncture europ\u00e9en\u00a0\u00bb destin\u00e9 aux pays \u00ab\u00a0qui ne sont pas pour le moment comp\u00e9titifs\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Nous devons &#8211; a-t-il propos\u00e9 &#8211; construire de la cr\u00e9ation de la valeur \u00a0: dans l\u2019artisanat, dans les services, dans l\u2019industrie\u00a0\u00bb. Une sorte de plan Marshall sans le nom, tel que des d\u00e9put\u00e9s allemands de l\u2019opposition l\u2019ont \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 propos de la Gr\u00e8ce. Ayant le m\u00e9rite de poser implicitement une question esquiv\u00e9e par ceux qui n\u2019ont comme seul credo que \u00ab\u00a0le retour \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: comment y parvenir, dans quel domaine et avec quels moyens\u00a0? <\/p>\n<p>Pendant que les Europ\u00e9ens pi\u00e9tinent et s\u2019enferrent, les Am\u00e9ricains sont pouss\u00e9s dans leurs derniers retranchements. Non seulement \u00e0 cause de la nouvelle date couperet du 16 mai &#8211; que le Tr\u00e9sor a annonc\u00e9 pouvoir reculer jusqu\u2019au 2 ao\u00fbt en n\u2019effectuant pas certains payements &#8211; qui concerne une fois de plus le plafonnement de la dette par la loi\u00a0; mais aussi avec la fin du programme d\u2019achat des obligations am\u00e9ricaines par la Fed, en juin prochain. <\/p>\n<p>Tout en faisant la part de la dramatisation propre aux n\u00e9gociations de rel\u00e8vement du plafond de la dette, car c\u2019est la loi du genre, les propos tenus par Barack Obama ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s alarmistes. La perspective que le Congr\u00e8s ne parvienne pas \u00e0 un accord, devant l\u2019intransigeance des r\u00e9publicains, risquerait selon lui et cette fois-ci de faire r\u00e9ellement redouter aux march\u00e9s financiers que les Etats-Unis n\u2019honorent pas leur dette. M\u00eame s\u2019ils n\u2019en donnent pas signe pour l\u2019instant. \u00ab\u00a0Cela pourrait d\u00e9faire le syst\u00e8me financier tout entier\u00a0\u00bb a mis en garde Barack Obama. \u00ab\u00a0Nous pourrions subir une r\u00e9cession encore plus grave que celle que nous venons de traverser. Une crise financi\u00e8re mondiale plus grave encore.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Les termes du d\u00e9bat entre r\u00e9publicains et d\u00e9mocrates peuvent se r\u00e9sumer dans toute leur simplicit\u00e9 : les premiers veulent prioritairement r\u00e9duire les d\u00e9penses de protection m\u00e9dicale des pauvres et des personnes \u00e2g\u00e9es, ainsi que les imp\u00f4ts des entreprises, les seconds voudraient augmenter les imp\u00f4ts sur les plus hauts revenus, ce que les premiers refusent. <\/p>\n<p>Une \u00e9tude du cabinet Hay Group est venue \u00e0 point nomm\u00e9 \u00e9clairer symboliquement ce d\u00e9bat. Selon ses conclusions, la r\u00e9mun\u00e9ration des directeurs g\u00e9n\u00e9raux des grandes entreprises am\u00e9ricaines a progress\u00e9 de 11% sur les douze derniers mois, apr\u00e8s une ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente o\u00f9 elle \u00e9tait rest\u00e9e stable. Ce que les conseils d\u2019administration ont voulu r\u00e9compenser, est-il mis en valeur, ce ne sont pas  les r\u00e9sultats \u00e9conomiques de ces entreprises, mais la hausse du cours de leur action en bourse. Une progression qui n\u2019est pas sans relation avec le programme de Quantitative Easing (cr\u00e9ation mon\u00e9taire) de la Fed&#8230;  <\/p>\n<p>Interrog\u00e9 d\u00e9but avril dernier par la commission des finances du S\u00e9nat, Tim Geithner &#8211; le secr\u00e9taire d\u2019Etat au Tr\u00e9sor &#8211; avait r\u00e9pondu \u00ab\u00a0Bien s\u00fbr !\u00a0\u00bb \u00e0 la question d\u2019un s\u00e9nateur lui demandant\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous \u00e9tiez les Chinois, nous pr\u00eateriez-vous mille milliards suppl\u00e9mentaires\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Le monde &#8211; affirma-t-il  \u00e0 l\u2019occasion &#8211; per\u00e7oit toujours les Etats-Unis et le syst\u00e8me politique am\u00e9ricain comme \u00e9tant \u00e0 la hauteur pour faire aboutir des r\u00e9formes, renforcer l\u2019\u00e9conomie et revenir \u00e0 une situation budg\u00e9taire plus viable.\u00a0\u00bb La suite de l\u2019audition illustre comment l\u2019honorable secr\u00e9taire d\u2019Etat et son gouvernement sont le dos au mur : \u00ab\u00a0 Si vous regardez le co\u00fbt auquel nous empruntons aujourd\u2019hui\u00a0; vous voyez qu\u2019il y a toujours une confiance \u00e9norme dans le monde dans la capacit\u00e9 de syst\u00e8me politique\u00a0\u00bb. Il aurait pu ajouter <i>et dans la profondeur des coffres de la Fed<\/i>. <\/p>\n<p>Pr\u00e9cis\u00e9ment, que va-t-il se passer lorsque le programme actuel de la Fed prendra fin en juin prochain ? Le Tr\u00e9sor sera clairement le grand perdant de l\u2019affaire, si un QE3 (Quantitative Easing) ne prend pas la succession du QE2. Pour leur part, les analystes financiers consid\u00e8rent dans leur majorit\u00e9 qu\u2019une grande tension affecterait les march\u00e9s des actions, des mati\u00e8res premi\u00e8res et du cr\u00e9dit, avec comme cons\u00e9quence une chute potentielle de la croissance am\u00e9ricaine et une r\u00e9cession \u00e0 la cl\u00e9. Tous les march\u00e9s financiers ont en effet \u00e9t\u00e9 port\u00e9s ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es par la distribution abondante des liquidit\u00e9s de la Fed, occasionnant des b\u00e9n\u00e9fices tr\u00e8s importants pour tous les intervenants sur les march\u00e9s\u00a0; le tapis leur serait brutalement retir\u00e9 de dessous les pieds, au risque de tout d\u00e9s\u00e9quilibrer. <\/p>\n<p>Mais le tableau pourrait \u00eatre plus sombre encore, si les acheteurs am\u00e9ricains de la dette se mettaient \u00e0 la bouder, comme le principal d\u2019entre eux, Pimco, l\u2019a d\u00e9j\u00e0 publiquement pr\u00e9conis\u00e9. Car ils craignent qu\u2019une augmentation des taux obligataires sera in\u00e9vitable dans ce contexte maintenu de poursuite des d\u00e9ficits, ayant comme corollaire la baisse de la valeur des obligations d\u2019Etat qui les atteindrait.  <\/p>\n<p>La d\u00e9cision de la Fed &#8211; croient ceux qui pensent qu\u2019elle en restera l\u00e0 dans l\u2019imm\u00e9diat &#8211; pourrait reposer sur la publication de bons indicateurs \u00e9conomiques, mais ceux-ci sont pour le moins tr\u00e8s hypoth\u00e9tiques. D\u2019autres estiment, que les signes d\u2019inflation aidant, la Fed ne pourra pas se permettre de remettre au pot au risque de l\u2019alimenter \u00e0 nouveau. D\u2019autres enfin s&rsquo;attendent \u00e0 ce que le baril de p\u00e9trole connaisse \u00e0 nouveau une fulgurante mont\u00e9e de son prix, ce que l\u2019\u00e9conomie pourrait tr\u00e8s mal supporter, incitant au contraire la Fed \u00e0 lancer un nouveau programme. Bref, nul ne sait, les imp\u00e9ratifs sont \u00e9minemment contradictoires, et c\u2019est bien l\u00e0 le probl\u00e8me.  <\/p>\n<p>Intervenant apr\u00e8s que Standard &#038; Poor\u2019s a fait savoir que la note AAA de la dette am\u00e9ricaine n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessairement \u00e9ternelle, lan\u00e7ant ainsi un sacr\u00e9 pav\u00e9 dans la mare, Olivier Blanchard, \u00e9conomiste en chef du FMI, a estim\u00e9 que les Etats-Unis manquaient d\u2019un \u00ab\u00a0plan cr\u00e9dible, \u00e0 moyen terme, pour r\u00e9duire leurs d\u00e9ficits budg\u00e9taires\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Il y a des raisons d\u2019\u00eatre inquiet\u00a0\u00bb, a-t-il reconnu, \u00ab\u00a0le foss\u00e9 id\u00e9ologique est \u00e9norme entre d\u00e9mocrates et r\u00e9publicains sur la fa\u00e7on de traiter le probl\u00e8me\u00a0\u00bb. Il aurait aussi pu dire que ni les uns ni les autres ne pouvaient se r\u00e9soudre \u00e0 sanctionner le d\u00e9clin am\u00e9ricain, se reposant sur un fond id\u00e9ologique commun qui, au train o\u00f9 vont les choses, ne va bient\u00f4t plus reposer que sur des souvenirs.<\/p>\n<p>On devine pourtant d\u2019o\u00f9 va venir l\u2019impulsion. Le Comit\u00e9 consultatif du Tr\u00e9sor pour les questions d\u2019emprunt (TBAC), qui regroupe les dirigeants des principales m\u00e9gabanques et fonds d\u2019investissement intervenant sur le march\u00e9 de la dette, a pris sa plume pour \u00e9crire \u00e0 Tim Geithner. \u00ab\u00a0Les risques qu\u2019un d\u00e9faut de paiement ferait peser \u00e0 long terme sont si \u00e9lev\u00e9s que tout retard dans le rel\u00e8vement du plafond de la dette est susceptible d\u2019avoir des cons\u00e9quences n\u00e9gatives sur les march\u00e9s, bien avant que le dit d\u00e9faut ne se produise r\u00e9ellement\u00a0\u00bb. On ne pouvait signifier plus clairement que le petit jeu habituel du rel\u00e8vement de ce plafond \u00e0 l&rsquo;arrach\u00e9 au dernier moment, pour le recommencer trois mois plus tard, n\u2019est plus possible. <\/p>\n<p>En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019avertissement sans frais donn\u00e9 par Standard &#038; Poor\u2019s, le m\u00eame courrier comminatoire avertissait qu\u2019une baisse de chaque cran de la note ferait monter d\u2019un point les taux obligataires, pouvant d\u00e9clencher \u00ab\u00a0une autre crise financi\u00e8re catastrophique, apr\u00e8s celle de 2007-2009 dont le monde ne s\u2019est pas encore remis\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>L\u2019aveugle am\u00e9ricain soutien le paralytique europ\u00e9en; quel autre diagnostic pourrait \u00eatre tir\u00e9 de l\u2019examen de la situation des grands pays occidentaux ? Le Japon fait quant \u00e0 lui face \u00e0 une catastrophe qui va certes relancer l\u2019activit\u00e9, \u00e0 la faveur de sa reconstruction, mais accro\u00eetre encore l\u2019endettement du pays. Ce n\u2019est pas ainsi qu\u2019il parviendra \u00e0 sortir de <i>sa trappe \u00e0 liquidit\u00e9<\/i>, apr\u00e8s avoir d\u00e9j\u00e0 essay\u00e9 de le faire avec une politique de grands travaux. <\/p>\n<p>Les investisseurs japonais, sollicit\u00e9s pour la financer, vont-ils r\u00e9ellement pouvoir continuer \u00e0 acheter comme ils l&rsquo;ont fait jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant la dette am\u00e9ricaine et ne vont-ils pas rapatrier leurs capitaux ? La boucle est boucl\u00e9e, mais dans le mauvais sens. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans une ambiance qui ne s\u2019y pr\u00eatait pas, les regards tourn\u00e9s vers un commissariat de Manhattan, puis un tribunal, les ministres des finances europ\u00e9ens ont sans surprise donn\u00e9 leur feu vert au <i>plan de sauvetage<\/i> du Portugal, l\u2019obstacle des Finlandais lev\u00e9, leurs conditions accept\u00e9es. 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