{"id":24892,"date":"2011-05-29T10:01:19","date_gmt":"2011-05-29T08:01:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=24892"},"modified":"2013-01-02T14:40:41","modified_gmt":"2013-01-02T13:40:41","slug":"la-puerta-del-sol-contre-le-nihilisme-financier-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/05\/29\/la-puerta-del-sol-contre-le-nihilisme-financier-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"<b>LA PUERTA DEL SOL CONTRE LE NIHILISME FINANCIER<\/b>, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<h3>Triomphe du nihilisme<\/h3>\n<p>Le capitalisme financier consiste \u00e0 attribuer des prix \u00e0 des titres dont la contre-r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est pas v\u00e9rifiable. Ce r\u00e9gime de prix est ontologiquement vide. Il contient en lui-m\u00eame la contradiction de sa mati\u00e8re\u00a0; il confond le n\u00e9ant et la r\u00e9alit\u00e9. La crise des subprimes a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux acteurs financiers que la confiance n\u00e9cessaire \u00e0 leurs transactions ne reposait sur aucune preuve objective. Les banques centrales ont d\u00fb forcer la liquidit\u00e9 du syst\u00e8me en empruntant les actifs toxiques pour pr\u00eater de la monnaie garantie par la Loi. Les \u00c9tats ont d\u00fb emprunter massivement pour simuler la confiance des pr\u00eateurs par l&rsquo;autorit\u00e9 de la Loi. Banques, banques centrales et \u00c9tats se sont coalis\u00e9s pour d\u00e9cr\u00e9ter la confiance\u00a0: le 15 mai 2011, les indign\u00e9s de la Puerta del Sol d\u00e9clarent qu&rsquo;ils se savent leurr\u00e9s par le syst\u00e8me. Les indign\u00e9s de la Puerta del sol d\u00e9clarent qu&rsquo;ils n&rsquo;ont confiance qu&rsquo;en eux-m\u00eames\u00a0; \u00e0 proportion de la connaissance interpersonnelle qu&rsquo;ils nouent avec leurs concitoyens.<\/p>\n<p>La chute du mat\u00e9rialisme communiste en 1989 a renvoy\u00e9 le formalisme capitaliste \u00e0 son nihilisme. Jusqu&rsquo;\u00e0 cette date, les d\u00e9mocraties lib\u00e9rales avaient d\u00fb empiriquement reconna\u00eetre des garanties \u00e9conomiques au travail humain pour qu&rsquo;il respecte la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production. A partir de 1989, l&rsquo;\u00e9chec de la propri\u00e9t\u00e9 collective des moyens de production est av\u00e9r\u00e9. Le capitalisme libertarien en profite pour abolir la responsabilit\u00e9 publique de la propri\u00e9t\u00e9 des moyens de production. Le travailleur a toujours des droits\u00a0; mais il n&rsquo;est plus possible de savoir qui d\u00e9tient les moyens de\u00a0 r\u00e9aliser ces droits. Le capital est titris\u00e9 et d\u00e9tenu anonymement \u00e0 partir des paradis fiscaux. Le capital est d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9, d\u00e9fiscalis\u00e9 et factuellement exempt\u00e9 d&rsquo;obligation de garantir le prix des droits promis aux citoyens.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<h3>Le sophisme libertarien<\/h3>\n<p>Le vice syst\u00e9mique de la ploutocratie dissimul\u00e9e dans la titrisation vient de loin. Pr\u00e9cis\u00e9ment des hypoth\u00e8ses fondatrices du lib\u00e9ralisme politique pos\u00e9es au XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle qui vont laisser libre cours au laisser faire \u00e9conomique au XIX<sup>\u00e8me<\/sup> et \u00e0 la sp\u00e9culation financi\u00e8re mondialis\u00e9e au XX<sup>\u00e8me<\/sup>. Le rejet de l\u2019absolutisme monarchique introduit la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une d\u00e9lib\u00e9ration publique ouverte du bien commun. Le parlementarisme devient puissant en Europe occidentale d\u00e8s le XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> ; mais il suscite une vision intellectualiste de la valeur publique qui va se ranger \u00e0 l\u2019id\u00e9e que le bien commun n\u2019est pas une finalit\u00e9\u00a0; juste une fin abstraite, une forme qui n&rsquo;a pas besoin de se mat\u00e9rialiser en r\u00e9alit\u00e9s humaines universelles. Marx va d\u00e9noncer cette id\u00e9ologie comme celle de la bourgeoisie cultivant la d\u00e9mocratie formelle\u00a0; formalisme qui dispense de r\u00e9aliser la d\u00e9mocratie, de construire sa finalit\u00e9 et de servir un bien vraiment commun int\u00e9grant toute la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9ologie de la d\u00e9mocratie formelle pose la primaut\u00e9 des formes sur la mat\u00e9rialit\u00e9 et la finalit\u00e9. Ce qui compte n\u2019est pas l&rsquo;objet de la d\u00e9lib\u00e9ration\u00a0; ni son sujet\u00a0: le pour qui ou le pour quoi on d\u00e9lib\u00e8re. Le bien est qu\u2019on d\u00e9lib\u00e8re sans sujet et sans objet. Ainsi le bien \u00eatre mat\u00e9riel g\u00e9n\u00e9ral n\u2019est pas la finalit\u00e9 de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale ; la d\u00e9mocratie est r\u00e9duite \u00e0 des institutions. Cette interpr\u00e9tation du lib\u00e9ralisme politique introduit l\u2019\u00e9conomisme libertarien du laisser faire. La forme politique est r\u00e9put\u00e9e ne pas devoir produire de r\u00e8gle \u00e9conomique. Comme l\u2019\u00e9conomie est la r\u00e9alisation mat\u00e9rielle de la politique, comme la politique lib\u00e9rale n\u2019exprime aucune finalit\u00e9, alors l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale est libre de toute finalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale.<!--more--><\/p>\n<h3>Du lib\u00e9ralisme au n\u00e9o-lib\u00e9ralisme<\/h3>\n<p>Le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique qui prend son essor dans la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> est l\u2019id\u00e9ologie de la finalit\u00e9 \u00e9conomique non discutable. C\u2019est \u00e0 dire de la finalit\u00e9 exclusivement priv\u00e9e de toute activit\u00e9 \u00e9conomique. La science \u00e9conomique pose la rationalit\u00e9 en soi de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique : la loi du march\u00e9 est m\u00e9canique et ne n\u00e9cessite aucun choix humain ni moins encore de r\u00e8gle d\u2019arbitrage entre des int\u00e9r\u00eats qui ne peuvent pas \u00eatre antagoniques. L\u2019ordre de l\u2019\u00e9conomie est r\u00e9put\u00e9 d\u00e9tachable de l\u2019ordre de la politique. Les int\u00e9r\u00eats particuliers invisibles suffisent \u00e0 produire une rationalit\u00e9 \u00e9conomique universellement b\u00e9n\u00e9fique. La main invisible est r\u00e9put\u00e9e efficace sans responsabilit\u00e9 de la t\u00eate qui la commande.<\/p>\n<p>Jusque dans les ann\u00e9es 1970, les \u00c9tats-nations sont des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques capables de faire contrepoids au rationalisme \u00e9conomique totalitaire. Le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique est \u00e9quilibr\u00e9 par la politique des nations. Mais la deuxi\u00e8me guerre mondiale pose les conditions de l\u2019effondrement syst\u00e9mique du XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. L\u2019id\u00e9ologie du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique au-dessus de la libert\u00e9 politique triomphe avec la victoire militaire de la R\u00e9publique \u00e9tatsunienne. Elle impose le dollar au monde entier par le financement de la reconstruction. Le dollar issu du cr\u00e9dit priv\u00e9 est l\u2019\u00e9talon de compte universel de toute valeur produite par l\u2019homme dans le champ international. La mondialisation \u00e9conomique et financi\u00e8re impose finalement la subordination des \u00c9tats de droit aux int\u00e9r\u00eats particuliers internationaux exprim\u00e9s en dollar.<\/p>\n<h3>Privatisation publique de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p>Le dollar, comme toute monnaie depuis le XVIII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, est une unit\u00e9 de compte \u00e9mise sur la base d&rsquo;int\u00e9r\u00eats exclusivement priv\u00e9s, fussent-ils ceux du gouvernement des \u00c9tats-Unis face au reste du monde. Le capital du syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral de r\u00e9serve est d\u00e9tenu par des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s. Les d\u00e9cisions de la Fed ne peuvent pas \u00eatre censur\u00e9es ni par le pouvoir l\u00e9gislatif, ni par l\u2019ex\u00e9cutif. La politique mon\u00e9taire des \u00c9tats-Unis s\u2019impose de fait comme politique mon\u00e9taire mondiale ; personne ne peut la discuter en dehors du conseil du Federal Reserve System. Les crit\u00e8res de conformit\u00e9 au bien commun de l\u2019\u00e9mission mon\u00e9taire en dollar sont connus des seuls membres de ce conseil. Il n\u2019existe aucune d\u00e9lib\u00e9ration publique du bien commun comptable en monnaie \u00e9tatsunienne. Le Conseil de la R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale interpr\u00e8te la loi \u00e9tatsunienne comme il l&rsquo;entend et en rend compte librement au Congr\u00e8s.<\/p>\n<p>Le vide ontologique de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire sans crit\u00e8re de limitation exprim\u00e9e par la d\u00e9mocratie est \u00e0 l&rsquo;origine de l\u2019effondrement financier g\u00e9n\u00e9ral de 2011. Les <em>subprimes<\/em> ont \u00e9t\u00e9 une sp\u00e9culation massive sur l\u2019absence de limites publiquement d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019endettement priv\u00e9. Les \u00c9tats ont repris \u00e0 leur compte la dette non remboursable pour \u00e9viter l\u2019\u00e9croulement de la pyramide. Moyennant quoi, les \u00c9tats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019il n\u2019existait pas non plus de limites raisonnables d\u2019endettement public. Les limites du cr\u00e9dit public ne sont pas d\u00e9lib\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00c9tats ni entre les \u00c9tats. Le <em>shadow banking<\/em> qui \u00e9chappe \u00e0 tout contr\u00f4le juridique public se met donc \u00e0 sp\u00e9culer massivement contre les dettes publiques. Le <em>shadow banking<\/em> est la seule option de compensation des pertes de la banque r\u00e9glement\u00e9e. Les r\u00e9seaux bancaires multinationaux ach\u00e8tent la liquidit\u00e9 issue de la Loi\u00a0; \u00e0 partir de leurs activit\u00e9s soustraites \u00e0 la Loi dans les paradis fiscaux, ils r\u00e9alisent des plus-values sur la faillite prochaine des \u00c9tats de droit.<\/p>\n<h3>L&rsquo;id\u00e9ologie contre la r\u00e9alit\u00e9<\/h3>\n<p>La liquidit\u00e9 bancaire \u00e9tant n\u00e9cessairement le fruit du cours l\u00e9gal des monnaies, ne vient que des banques centrales agissant sous la loi. Il est donc imp\u00e9ratif d\u2019acheter de la dette publique m\u00eame au-del\u00e0 du raisonnable pour l\u2019\u00e9changer contre de la monnaie centrale. Les \u00c9tats et les banques se savent en faillite : ils savent qu\u2019il n\u2019est plus possible de dire que les dettes sont remboursables car manifestement disproportionn\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle. L\u2019\u00e9conomie du service, du travail et de l&rsquo;entreprise n&rsquo;est plus assez puissante pour donner une contre-r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la mesure financi\u00e8re de la valeur. Comme les banques ont une appr\u00e9ciation globale de leur solvabilit\u00e9, non limit\u00e9e par des visions nationales comme les \u00c9tats, et comme elles disposent de la libre domiciliation de leurs capitaux, elles placent leurs liquidit\u00e9s dans les \u00c9tats qui leur promettent l\u2019immunit\u00e9 juridique et le maximum de rendement \u00e0 court terme. Les salaires r\u00e9els doivent baisser ; la protection publique du travail et de l\u2019entreprise doit \u00eatre abaiss\u00e9e.<\/p>\n<p>La b\u00e9ance ontologique du syst\u00e8me est depuis le XIX<sup>\u00e8me<\/sup> l\u2019inexistence du bien commun au-dessus de sa d\u00e9lib\u00e9ration. Le bien commun conceptualis\u00e9 par le lib\u00e9ralisme a \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de finalit\u00e9 et de mat\u00e9rialit\u00e9. Le lib\u00e9ralisme libertarien en a d\u00e9duit que la d\u00e9mocratie n\u2019est que formelle. Et le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme en a d\u00e9duit que la d\u00e9mocratie politique est mat\u00e9riellement inutile puisque l\u2019\u00e9conomie a sa propre rationalit\u00e9 qui n\u2019inclut aucune humanit\u00e9 discutable. \u00c9tats et finance essaient de gagner du temps en d\u00e9mantelant la d\u00e9mocratie politique pour palier imaginairement l\u2019inexistence de la d\u00e9mocratie \u00e9conomique. Mais la d\u00e9marche est purement incantatoire sans autre effet que de dissimuler par le discours une r\u00e9alit\u00e9 qui s\u2019effondre visiblement sur elle-m\u00eame.<\/p>\n<h3>Alternative au suicide financier<\/h3>\n<p>La seule alternative au suicide de l\u2019\u00e9conomisme libertarienne est bien la d\u00e9mocratie r\u00e9elle : la d\u00e9lib\u00e9ration effective du bien commun qui transforme la mat\u00e9rialit\u00e9 par la discussion des finalit\u00e9s humaines. Il est logique que la v\u00e9rit\u00e9 de la d\u00e9mocratie r\u00e9elle ne se r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e8re de l\u2019internet. L\u2019\u00e9change de paroles sur l\u2019internet subvertit les cadres id\u00e9ologiques \u00e9tablis, au-dessus des fronti\u00e8res politiques et des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques. L&rsquo;internet sans fronti\u00e8re hors de la mat\u00e9rialit\u00e9 sugg\u00e8re la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. Mais pour que la discussion libre des finalit\u00e9s et des concepts transforme la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle des hommes vivants, les citoyens doivent s\u2019emparer de la r\u00e9alit\u00e9 hors de la n\u00e9gation n\u00e9o-lib\u00e9rale de la d\u00e9mocratie. La n\u00e9gation n\u00e9o-lib\u00e9rale de l&rsquo;humain est r\u00e9alis\u00e9e par l\u2019anarchie mon\u00e9taire, par l&rsquo;\u00e9mission actuelle hors de tout contr\u00f4le d&rsquo;autorit\u00e9 du bien commun. Restaurer la comptabilit\u00e9 du bien commun effectif implique le r\u00e9tablissement d&rsquo;un ordre mon\u00e9taire.<\/p>\n<p>Pour remettre la monnaie sous le contr\u00f4le de la r\u00e9publique discut\u00e9e par la d\u00e9mocratie, il faut r\u00e9tablir des fronti\u00e8res financi\u00e8res\u00a0; fronti\u00e8res que la num\u00e9risation de la connaissance humaine peut mat\u00e9rialiser par du code informatique ind\u00e9pendamment des fronti\u00e8res politiques. Il faut construire une diff\u00e9rence entre la monnaie adoss\u00e9e au cr\u00e9dit d&rsquo;un bien r\u00e9el v\u00e9rifiable et la monnaie adoss\u00e9e au prix sp\u00e9culatif purement virtuel d&rsquo;un op\u00e9rateur financier. Pour que la monnaie soit exclusivement la contrepartie de biens n\u00e9gociables sous le contr\u00f4le de la loi commune, de biens v\u00e9rifiables par les institutions de la d\u00e9mocratie, il faut que producteurs, \u00e9pargnants, interm\u00e9diaires financiers et responsables publics soient reconnus pr\u00e9sents sur un m\u00eame march\u00e9 \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de droit. Il faut que toute promesse de prix soit financi\u00e8rement garantie en bien commun ind\u00e9pendamment de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;acheteur et du vendeur de la mat\u00e9rialit\u00e9. Il faut enfin que deux monnaies issues de deux syst\u00e8mes juridiques diff\u00e9rents soient couvertes par la prime de change de la d\u00e9mocratie la plus d\u00e9velopp\u00e9e.<\/p>\n<h3>Compensation financi\u00e8re du bien commun<\/h3>\n<p>Le bien commun relatif entre deux d\u00e9mocraties \u00e9value les mat\u00e9rialit\u00e9s distinctes d&rsquo;une m\u00eame finalit\u00e9. Il ne peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9 par la monnaie de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre des d\u00e9mocraties\u00a0; il est donc \u00e9valu\u00e9 dans une monnaie commune dont le risque est totalement couvert par des investisseurs de toute nationalit\u00e9. La prime de d\u00e9mocratie achet\u00e9e par l&rsquo;investisseur est garantie par le march\u00e9 commun des d\u00e9mocraties. Les monnaies non d\u00e9mocratiques sont convertibles exclusivement en monnaie commune \u00e0 la condition que des investisseurs prot\u00e9g\u00e9s par le march\u00e9 commun jugent librement que la prime de change ait un prix positif. Les monnaies nationales r\u00e9gul\u00e9es par les d\u00e9mocraties sont juridiquement inconvertibles en monnaie non r\u00e9gul\u00e9es sans passer par le march\u00e9 commun. La diff\u00e9renciation entre monnaie d\u00e9mocratique et monnaie ploutocratique est op\u00e9ratoire par l&rsquo;interdiction aux banques de la d\u00e9mocratie d\u2019utiliser une monnaie dont les contrats sous-jacents ne soient pas v\u00e9rifiables par le juge.<\/p>\n<p>Pour rejeter la barbarie financi\u00e8re hors de l\u2019\u00e9conomie de la d\u00e9mocratie tout en conservant des d\u00e9lib\u00e9rations nationales et multinationales des lois nationales du bien commun, Keynes avait propos\u00e9 une chambre de compensation internationale des engagements juridiques. Le march\u00e9 financier commun des d\u00e9mocraties op\u00e8rera cette compensation par une v\u00e9rification a priori du droit, une mise en \u00e9quivalence des prix entre objets juridiques en monnaies diff\u00e9rentes et enfin un rachat int\u00e9gral du risque d\u2019injustice, du risque de non-r\u00e9alisation en droit des promesses formul\u00e9es en cr\u00e9dit. Le risque de justice est financi\u00e8rement la r\u00e9paration en monnaie pronon\u00e7able par un juge ind\u00e9pendant \u00e0 une transaction non conforme \u00e0 la loi d\u2019une quelconque d\u00e9mocratie nationale ou multinationale.<\/p>\n<h3>Financer la justice<\/h3>\n<p>Le risque financier de justice cr\u00e9e l\u2019\u00e9quilibre financier objectif du cr\u00e9dit : un cr\u00e9dit est injuste en d\u00e9mocratie quand il est consenti en asym\u00e9trie d\u2019information entre le pr\u00eateur et l\u2019emprunteur. La d\u00e9mocratie est un syst\u00e8me financi\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 la ploutocratie libertarienne. La d\u00e9mocratie financi\u00e8re produit du capital par la finalit\u00e9. Elle repose sur la responsabilit\u00e9 personnelle d\u00e9finie et prot\u00e9g\u00e9e par l\u2019\u00e9galit\u00e9 de droit. La formalit\u00e9 du droit d\u00e9mocratique vise l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 mat\u00e9rielle des conditions sociales. La ploutocratie fond\u00e9e sur l\u2019individualisme privatise les finalit\u00e9s\u00a0; elle construit l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9. Elle fonctionne sur le servage ; sur la dissimulation au travailleur des finalit\u00e9s contenues dans le capital\u00a0; lequel reste concentr\u00e9 entre quelques mains. Sans la discussion libre des finalit\u00e9s, les travailleurs et les entrepreneurs d\u00e9sertent le march\u00e9. Le citoyen ne peut plus capitaliser l\u2019entreprise du bien commun par son travail ; il dispara\u00eet ou choisit la pr\u00e9dation \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Le mouvement de la Puerta del Sol est capital pour sauver l\u2019\u00e9conomie humaine de la d\u00e9mocratie. Il lib\u00e8re la discussion politique de la ploutocratie\u00a0; il pose la restauration du bien commun au-dessus de l\u2019argent. Pour ramener les responsables politiques \u00e0 la d\u00e9mocratie, les indign\u00e9s proclament que la vraie source du capital et du cr\u00e9dit est le travail du citoyen. Ils sugg\u00e8rent que la liquidit\u00e9 mon\u00e9taire est mieux fond\u00e9e sur la loi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et jug\u00e9e dans la d\u00e9mocratie que simul\u00e9e \u00e0 partir des paradis fiscaux. Que la monnaie est un prix n\u00e9goci\u00e9 dans une loi commune et pas une sp\u00e9culation opaque sur la virtualit\u00e9 d\u00e9sincarn\u00e9e et anonyme. La justice n&rsquo;est pas seulement une abstraction mais une finalit\u00e9 objective et nominale de la mati\u00e8re concr\u00e8tement humaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Triomphe du nihilisme<\/h3>\n<p>Le capitalisme financier consiste \u00e0 attribuer des prix \u00e0 des titres dont la contre-r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est pas v\u00e9rifiable. Ce r\u00e9gime de prix est ontologiquement vide. Il contient en lui-m\u00eame la contradiction de sa mati\u00e8re\u00a0; il confond le n\u00e9ant et la r\u00e9alit\u00e9. 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