{"id":25451,"date":"2011-06-20T15:36:42","date_gmt":"2011-06-20T13:36:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=25451"},"modified":"2013-01-02T14:39:55","modified_gmt":"2013-01-02T13:39:55","slug":"lactualite-de-la-crise-le-papillon-grec-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/06\/20\/lactualite-de-la-crise-le-papillon-grec-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LE PAPILLON GREC<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>O\u00f9 se joue de mani\u00e8re d\u00e9cisive la partie, on ne sait m\u00eame plus\u00a0! D\u2019heure en heure, y compris dans la nuit de dimanche \u00e0 lundi, les nouvelles <i>tombent<\/i> de partout sur les fils des agences, ne faisant qu&rsquo;obscurcir la situation et illustrer le <i>stress<\/i> ambiant. <\/p>\n<p>A la faveur d\u2019une conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique entre ministres des finances du G7, hier soir lundi, la tension montait encore tandis que la crise improprement appel\u00e9e <i>grecque<\/i> acqu\u00e9rait un statut mondial. Un des plus petits contributeurs au PIB de la zone euro &#8211; cela a \u00e9t\u00e9 suffisamment soulign\u00e9 &#8211; en venait \u00e0 menacer l\u2019\u00e9quilibre financier global et les grands s\u2019en inqui\u00e9taient. Faut-il que le syst\u00e8me soit toujours tr\u00e8s malade, ou pis encore qu&rsquo;il soit d\u00e9sormais devenu par nature vuln\u00e9rable aux battements lointains des ailes de papillon, tellement il repose sur du vent !<\/p>\n<p>Les grands se sont fait des messes basses et l&rsquo;on n&rsquo;a rien su de ce qu\u2019ils avaient pu se dire, si ce n\u2019est et selon toute probabilit\u00e9, dans le langage imag\u00e9 qu\u2019ils emploient entre eux lorsque les micros sont ferm\u00e9s, \u00ab\u00a0qu\u2019il fallait mettre au plus vite un terme \u00e0 ce merdier\u00a0\u00bb. Laissant aux Europ\u00e9ens le choix des moyens pour \u00e9teindre le feu. <\/p>\n<p>Faisant un invraisemblable grand \u00e9cart, ceux-ci continuaient dans la nuit de chercher la formule magique conciliant leurs exigences r\u00e9ciproques, tout en affirmant  &#8211; sortant un instant une t\u00eate de leur r\u00e9union devant la presse &#8211; leur unit\u00e9 sur le plus petit commun multiple disponible\u00a0: le principe flou et vide de sens d\u2019une contribution <i>volontaire<\/i> au deuxi\u00e8me <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce qu&rsquo;ils ne parviennent pas \u00e0 mettre en musique. <\/p>\n<p><!--more-->Mais le jeu se compliquait alors encore. On avait cru que le versement d\u2019une nouvelle tranche du pr\u00eat d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9 allait, en attendant la fin des n\u00e9gociations, permettre \u00e0 la Gr\u00e8ce de passer le cap de juillet de ses \u00e9ch\u00e9ances, lui \u00e9vitant un d\u00e9faut. Un bras de fer s\u2019engageait toutefois \u00e0 ce propos. Sous la forme d\u2019un chantage caract\u00e9ris\u00e9 &#8211; \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 toute relative, car ne pouvant \u00eatre men\u00e9 jusqu\u2019au bout &#8211; exigeant pour d\u00e9bloquer les fonds l\u2019adoption pr\u00e9alable par le Parlement grec du nouveau plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. <\/p>\n<p>Ce coup de main donn\u00e9 au premier ministre, George Papandr\u00e9ou, devenait en effet indispensable, afin de lui fournir un argument massue vis \u00e0 vis de son groupe parlementaire qui mena\u00e7ait d\u2019\u00eatre d\u00e9faillant et de tout mettre par terre. Lui m\u00eame sous la pression des <i>agit\u00e9s de la place Syndagma<\/i>, mais aussi des appareils des syndicats les plus proches des socialistes grecs. <\/p>\n<p>A l\u2019autre bout de cette corde tendue \u00e0 l\u2019extr\u00eame, la situation politique n\u2019\u00e9tait pas beaucoup plus brillante. La chanceli\u00e8re \u00e9tait \u00e0 la recherche d\u2019une autre majorit\u00e9, au Bundestag, et louvoyait \u00e0 son habitude. Prise entre la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver un terrain d\u2019entente avec la BCE et les pressions de plus en fortes, au sein de sa coalition, voulant la mettre sous contr\u00f4le parlementaire et n\u2019accorder que sous strictes conditions de nouvelles aides financi\u00e8res. <\/p>\n<p>Angela Merkel, pensent les commentateurs, se trouvera une majorit\u00e9, mais ce sera reculer pour mieux sauter, le gros morceau \u00e9tant l\u2019adoption \u00e0 l\u2019automne par le Bundestag du nouveau Fonds Europ\u00e9en de Stabilit\u00e9, \u00e0 propos duquel les couteaux s\u2019aff\u00fbtent. <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, ces deux crises politiques imposent leur loi \u00e0 des \u00e9quipes de n\u00e9gociateurs ballott\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements. Au d\u00e9part, il \u00e9tait question de se donner du mou jusqu\u2019\u00e0 septembre, \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e on en est \u00e0 compter les jours. Tandis que s&rsquo;ouvre dans trois jours un sommet europ\u00e9en dont l&rsquo;inutilit\u00e9 risque fort de se r\u00e9v\u00e9ler flagrante. <\/p>\n<p>Et, <i>as usual<\/i>, les hommes politiques tentent de trouver refuge derri\u00e8re les mots et de nouveaux montages financiers. Wolfgang Scha\u00fcble parlait hier de contributions des banques \u00ab\u00a0volontaires mais substantielles\u00a0\u00bb pour ne plus dire obligatoires, mais le c\u0153ur y \u00e9tait. Il cherchait ensuite \u00e0 ouvrir un chemin \u00e0 la BCE en impliquant le Fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re europ\u00e9en, et en sugg\u00e9rant que celui-ci \u00e9mette des obligations AAA que le gouvernement grec pourrait c\u00e9der \u00e0 ses banques, \u00e0 leur tour d\u00e9pos\u00e9es en garantie aupr\u00e8s de la BCE (en remplacement des obligations grecques condamn\u00e9es \u00e0 \u00eatre d\u00e9grad\u00e9es et que la BCE menace de ne plus accepter). <\/p>\n<p>Car il n\u2019en est pas beaucoup parl\u00e9 dans ce concert d\u2019impr\u00e9cations sur l\u2019incapacit\u00e9 des Grecs \u00e0 honorer leurs engagements, mais il est estim\u00e9 que 40 milliards d\u2019euros, soit 17% de la totalit\u00e9 des d\u00e9p\u00f4ts, ont \u00e9t\u00e9 depuis fin 2009 retir\u00e9s des banques grecques par les entreprises et les plus fortun\u00e9s. Il faut d&rsquo;abord chercher l\u00e0 la cause de leur langueur. <\/p>\n<p>Didier Reynders, ministre des belges des finances, en venait \u00e0 s\u2019exclamer hier, apr\u00e8s Jean-Claude Junker, que \u00ab\u00a0c\u2019est d\u2019abord \u00e0 la Gr\u00e8ce de faire des efforts\u00a0\u00bb, mais \u00ab\u00a0si c\u2019est pour l\u2019asphyxier, cela n\u2019a aucun sens\u00a0! Le but n\u2019est pas que le pays meure gu\u00e9ri, il faut lui laisser le nombre d\u2019ann\u00e9es suffisant pour mener r\u00e9ellement son plan de r\u00e9formes\u00a0: 4, 5, voire 7 ans\u00a0\u00bb.  Le probl\u00e8me est que le plan en discussion n&rsquo;offrira au mieux qu&rsquo;un r\u00e9pit de 2 \u00e0 3 ans, lorsqu&rsquo;il sera toutefois boucl\u00e9. <\/p>\n<p>Afin que la f\u00eate soit une r\u00e9ussite, les Espagnols se sont aussi invit\u00e9s \u00e0 participer au jeu. A Madrid, les <i>indign\u00e9s<\/i> ont trouv\u00e9 de nouvelles formes de mobilisation, en entra\u00eenant au d\u00e9part des quartiers pour faire confluer en <i>colonnes<\/i> (terme r\u00e9publicain charg\u00e9 du temps de la guerre civile) des manifestants rejetant la rigueur qui leur est promise et garantie, certes pas des habitu\u00e9s des <i>manifs<\/i> de rue. Le mouvement est d\u00e9cid\u00e9ment bien ancr\u00e9, dans toute l\u2019Espagne, faisant \u00e9cho \u00e0 celui des Grecs, cr\u00e9ant une nouvelle dimension avec laquelle il faut compter dans la crise europ\u00e9enne.  <\/p>\n<p>Si les valeurs bancaires et les indices prenaient ce matin un gadin sur les places europ\u00e9ennes, les banques continent de se d\u00e9lester &#8211; quitte \u00e0 assumer des pertes &#8211; de leur dette grecque. C\u2019est le cas des Britanniques, qui en d\u00e9tiennent pour environ 10 milliards d\u2019euros, donnant raison aux inqui\u00e9tudes de Wolfgang Scha\u00fcble, qui estimait qu\u2019au train o\u00f9 allait les choses, l\u2019essentiel de la dette grecque serait bient\u00f4t d\u00e9tenu par des institutions publiques, vidant de tout sens les d\u00e9bats men\u00e9s au finish actuellement. <\/p>\n<p>La concr\u00e9tisation de cette f\u00e2cheuse perspective s\u2019accro\u00eet donc avec le temps, \u00e9clairant ce qui pourrait suivre, si l&rsquo;on admet que les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes parviendront finalement \u00e0 gagner du temps et \u00e9viteront un d\u00e9faut grec dans les semaines \u00e0 venir, pour avoir promis de le contenir lors de leur conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique au plus haut niveau de la plan\u00e8te de lundi soir. <\/p>\n<p>Ce qui ne les exon\u00e9rera pas des rebondissements qui se pr\u00e9parent sournoisement, en Espagne et en Italie, ce dernier pays allant prochainement entrer dans une zone de turbulence, sous les effets conjugu\u00e9s d&rsquo;une crise politique larv\u00e9e et profonde et de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;adopter un plan de rigueur serr\u00e9. Afin de r\u00e9pondre aux injonctions <i>des march\u00e9s<\/i>, dont l&rsquo;agence Moody&rsquo;s vient de se faire le porte-parole en annon\u00e7ant \u00e9tudier une d\u00e9gradation de la note de sa dette. <\/p>\n<p>La dette grecque, quant \u00e0 elle, va donc continuer \u00e0 \u00eatre progressivement transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 des institutions financ\u00e9es sur fonds publics. Si la BCE arr\u00eate les frais en ne l\u2019acceptant plus comme collat\u00e9ral, il va falloir trouver une autre solution pour soutenir les banques grecques, dans le genre de celle propos\u00e9e par Wolfgang Scha\u00fcble. Le Fonds de stabilisation financi\u00e8re europ\u00e9en (EFSF) et le FMI vont par contre continuer \u00e0 engranger de la dette grecque en garantie de leurs pr\u00eats. Posant \u00e0 terme la question du financement de son in\u00e9vitable d\u00e9cote, qui pour \u00eatre repouss\u00e9e n\u2019en interviendra pas moins&#8230; <\/p>\n<p>Calculant qu&rsquo;en 2014, au terme du nouveau <i>plan de sauvetage<\/i> en discussion, la dette grecque repr\u00e9sentera 150 % du PIB du pays, les journalistes de Lex, la rubrique de commentaires pointus du Financial Times, ne voit aucune autre solution possible qu&rsquo;une d\u00e9cote de la dette, aucun palliatif reposant sur les pr\u00eats de liquidit\u00e9s ne pouvant r\u00e9soudre un probl\u00e8me criant de solvabilit\u00e9. Aucun taux de croissance \u00e9conomique miracle et introuvable dans les conditions de disette forc\u00e9e qui les accompagnent ne pouvant y suppl\u00e9er. <\/p>\n<p>Dans un article du Financial Times Deutschland, Wolfgang M\u00fcnchau d\u00e9crit les trois options qui seront alors hypoth\u00e9tiquement \u00e0 disposition pour les Europ\u00e9ens qui financent l\u2019EFSF\u00a0: la mon\u00e9tisation par la BCE, des transferts fiscaux des Etats ou l\u2019\u00e9mission d\u2019euro-obligations. Il y voit la perspective possible d\u2019une nouvelle int\u00e9gration europ\u00e9enne, la crise financi\u00e8re se poursuivant tout en \u00e9tant difficilement contenue. <\/p>\n<p>Mais si cette Europe sauv\u00e9e des eaux ne devait avoir qu\u2019une dimension financi\u00e8re et fiscale, elle aurait alors toutes les chances d\u2019\u00eatre mort-n\u00e9e. Car c\u2019est la coh\u00e9rence \u00e9conomique et sociale de l\u2019ensemble des 27 pays membres de l\u2019Union qui est \u00e0 trouver, dans le contexte mondial de l\u2019\u00e9mergence de nouvelles grandes puissances \u00e9conomiques. C&rsquo;est une toute autre aventure, pour laquelle les candidats ne se pr\u00e9cipitent pas : pour ne serait-ce qu&rsquo;\u00e9voquer cette probl\u00e9matique, il n\u2019y a pas foule&#8230;<\/p>\n<p>Il faut dire qu\u2019il y a urgence et que la conjonction de la crise de la dette en Europe et aux Etats-Unis, \u00e0 laquelle s\u2019ajoute l\u2019atonie d\u2019un Japon replong\u00e9 au fond de sa <i>trappe \u00e0 liquidit\u00e9s<\/i> offre un horizon charg\u00e9 tr\u00e8s mena\u00e7ant. Comment croire que les \u00e9quipes gouvernementales &#8211; ou celles qui cherchent \u00e0 leur succ\u00e9der &#8211; qui ne parviennent pas \u00e0 sortir du trou actuel pourraient voir plus loin et jouer le coup d&rsquo;apr\u00e8s ? Pourtant, c\u2019est seulement en le jouant que les leviers permettant d\u2019en \u00e9merger pourront \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s.<\/p>\n<p>Les <i>indign\u00e9s<\/i> ne savent pas non plus comment y parvenir, mais ils ont l\u2019avantage d&rsquo;\u00eatre convaincus qu\u2019un grand coup de balai est indispensable et bienvenu. Saluons ceux qui tiennent le balai ! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>O\u00f9 se joue de mani\u00e8re d\u00e9cisive la partie, on ne sait m\u00eame plus\u00a0! 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