{"id":25943,"date":"2011-07-08T12:51:07","date_gmt":"2011-07-08T10:51:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=25943"},"modified":"2013-01-02T14:38:53","modified_gmt":"2013-01-02T13:38:53","slug":"lactualite-de-la-crise-une-chatte-ny-trouverait-plus-ses-petits-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/08\/lactualite-de-la-crise-une-chatte-ny-trouverait-plus-ses-petits-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>UNE CHATTE N&rsquo;Y TROUVERAIT PLUS SES PETITS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Partie pour durer, la confusion s\u2019est hier encore intensifi\u00e9e en Europe, au d\u00e9part de Rome, Berlin et Francfort. Aucune solution n\u2019est toujours en vue \u00e0 propos de la participation des institutions financi\u00e8res au second <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce. Au contraire, la BCE a du agir dans l\u2019urgence afin d\u2019\u00e9viter que le Portugal soit pr\u00e9cipit\u00e9 dans l\u2019ab\u00eeme, risquant d\u2019entra\u00eener l\u2019Espagne. On conna\u00eet le sc\u00e9nario. <\/p>\n<p>Le Conseil des gouverneurs de la BCE a fait pour le Portugal ce qu\u2019il se refuse \u00e0 accepter pour la Gr\u00e8ce\u00a0: il est pass\u00e9 par dessus l\u2019avis des agences de notation en suspendant le seuil minimum de notation des obligations souveraines permettant de les accepter comme collat\u00e9ral. Ce faisant, il a sauv\u00e9 le syst\u00e8me bancaire portugais ainsi que tous les grands \u00e9metteurs de dette, publics et priv\u00e9s, du pays. <\/p>\n<p>Afin de couper court \u00e0 l\u2019id\u00e9e que cette d\u00e9cision pr\u00e9figurerait celle qu\u2019il devra prendre dans le m\u00eame sens vis-\u00e0-vis de la dette grecque (ce qui vaudrait acceptation de la restructuration actuellement repouss\u00e9e), Jean-Claude Trichet s\u2019est voulu inflexible\u00a0: \u00ab\u00a0Notre position n\u2019a pas chang\u00e9. Pas d\u2019\u00e9v\u00e9nement de cr\u00e9dit, de d\u00e9faut ou de d\u00e9faut partiel. Point\u00a0\u00bb a-t-il martel\u00e9 dans le d\u00e9tail, pour parer \u00e0 toutes les subtilit\u00e9s. Il s&rsquo;est refus\u00e9 \u00e0 commenter plus avant le sujet, arguant qu\u2019il est du ressort des Etats de trouver la solution. Ayant toutefois en magasin, sans en faire \u00e9tat \u00e0 ce stade, la possibilit\u00e9 d\u2019effectuer des pr\u00eats d\u2019urgence aux banques grecques (on l&rsquo;a vu en Irlande, selon un montage scabreux qui en d\u00e9l\u00e9guait le pouvoir \u00e0 la Bank of Ireland). <\/p>\n<p><!--more-->C\u2019est \u00e0 la recherche de ces subtilit\u00e9s introuvables que, pour la seconde fois cons\u00e9cutive en deux jours, non plus \u00e0 Paris mais \u00e0 Rome, les grands financiers tous genres confondus se sont r\u00e9unis. Repr\u00e9sentants des m\u00e9gabanques (et de l\u2019Institute of International Finance, qui joue un r\u00f4le pivot), de la Commission de Bruxelles, de la BCE, du Tr\u00e9sor Italien et du gouvernement grec &#8211; la liste exacte n\u2019est pas connue &#8211; constituent d\u00e9sormais un \u00e9trange dispositif informel, \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable suivant les jours, qui m\u00e9lange les torchons et les serviettes\u00a0! Symbolisant de mani\u00e8re crue une r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir financier g\u00e9n\u00e9ralement masqu\u00e9e. Les temps imposant d\u2019aller \u00e0 l\u2019essentiel, quitte \u00e0 se d\u00e9couvrir. <\/p>\n<p>On ne sait plus tr\u00e8s bien ce que les participants \u00e0 ces r\u00e9unions cherchent, sauf \u00e0 accentuer un d\u00e9sordre bien avanc\u00e9. Les hypoth\u00e8ses se multiplient, leur \u00e9tude ne donnant jamais satisfaction, la participation des institutions financi\u00e8res relevant d\u2019une nouvelle quadrature du cercle et les meilleurs esprits de la finance ne parvenant pas \u00e0 la r\u00e9soudre. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui semble donne raison \u00e0 ceux qui commencent \u00e0 publiquement reconna\u00eetre qu\u2019un d\u00e9faut grec est in\u00e9vitable et, apr\u00e8s tout, peut-\u00eatre pas si redoutable. Ou \u00e0 Wolfgang Scha\u00fcble, ministre allemand des finances, qui a consid\u00e9r\u00e9 hier depuis Berlin que, puisque aucune forme de restructuration &#8211; m\u00eame les plus sophistiqu\u00e9es &#8211; n\u2019avait l\u2019heur de plaire \u00e0 la BCE et de faire accord entre m\u00e9gabanques, autant proc\u00e9der \u00e0 un \u00e9change de titres, tout simplement. Ce qui reviendrait \u00e0 \u00e9taler la dette de la dur\u00e9e des nouvelles obligations \u00e9mises, ou de diminuer \u00e0 maturit\u00e9 identique leur taux. <\/p>\n<p>La multitude des acteurs de cette plaisanterie va-t-elle sortir de l\u2019imbroglio actuel pour parvenir \u00e0 un compromis ? Ce sera l\u2019un des deux feuilletons de l\u2019\u00e9t\u00e9, avec celui de la dette am\u00e9ricaine. <\/p>\n<p>Il est beaucoup question, aux Etats-Unis, que le gouvernement am\u00e9ricain puisse jouer une seconde fois les prolongations, si un accord au Congr\u00e8s n\u2019\u2019intervient pas avant la date fatidique du 2 ao\u00fbt \u00e0 propos des mesures d\u2019\u00e9conomie \u00e0 prendre et du plafond de la dette \u00e0 relever. L\u2019alin\u00e9a 4 du 14\u00e9me amendement de la Constitution pourrait le permettre, est-il \u00e9voqu\u00e9 dans la presse, \u00e9vitant un d\u00e9faut de paiement agit\u00e9 comme un chiffon rouge dans le cours de la bataille politique qui fait rage (ce qui n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de ses dangereuses cons\u00e9quences). Son application permettrait de recourir \u00e0 de nouveaux exp\u00e9dients et gagner \u00e0 nouveau du temps, peut-\u00eatre m\u00eame plusieurs mois, soit en diff\u00e9rant certaines d\u00e9penses pour en privil\u00e9gier d\u2019autres, soit m\u00eame en vendant de l\u2019or en derni\u00e8re extr\u00e9mit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences d\u2019une telle \u00e9chappatoire sur le march\u00e9 obligataire, d\u00e9j\u00e0 soumis \u00e0 d\u2019importantes demandes et de fortes tensions, dans le contexte qui s\u2019annonce tr\u00e8s dur des prochaines \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, ne sont pas pr\u00e9visibles. <\/p>\n<p>Aux Etats-Unis et en Europe, les autorit\u00e9s sont entr\u00e9es dans la derni\u00e8re ligne droite. Le temps qu\u2019elles peuvent encore esp\u00e9rer gagner leur est compt\u00e9, le prix qu\u2019il va falloir le payer est ignor\u00e9. Que les agences agissent ou non en bons conseils des <i>march\u00e9s<\/i> n\u2019emp\u00eache pas moins ceux-ci de r\u00e9agir, faisant \u00e0 nouveau grimper les taux d\u2019un groupe de plus en plus important de pays, associant \u00e0 la Gr\u00e8ce, au Portugal et \u00e0 l\u2019Irlande, l\u2019Espagne et l\u2019Italie. Une \u00e9volution qui a fort peu de chance de s\u2019inverser et sonne le glas de tous les espoirs de contenir la crise de la dette par les moyens actuellement envisag\u00e9s. Car si les taux varient, il est \u00e0 remarquer qu\u2019ils se tendent bien plus qu\u2019ils ne se d\u00e9tendent ensuite, pour finalement ne faire que monter. <\/p>\n<p>Nous conna\u00eetrons aujourd\u2019hui les acrobaties que le FMI va effectuer, afin de selon toute vraisemblance d\u00e9bloquer le versement de la tranche d\u00e9j\u00e0 accord\u00e9e de leur pr\u00eat, et par ricochet la part des Europ\u00e9ens. Car le d\u00e9faut grec n\u2019attendrait pas, sinon. Mais dans quelles circonstances et comment la BCE va-t-elle devoir se r\u00e9soudre \u00e0 manger son chapeau, car il ne semble pas se d\u00e9gager d\u2019autre issue\u00a0? Le suspens va s\u2019intensifier, toutes les autres solutions allant continuer d\u2019\u00eatre en priorit\u00e9 explor\u00e9es. Mais ce qui sera d\u00e9terminant et incontournable, ce sera le simple d\u00e9roulement de la logique imparable de la crise de la dette\u00a0: elle est trop grosse pour \u00eatre dig\u00e9r\u00e9e, ce que le march\u00e9 obligataire anticipe. <\/p>\n<p>La BCE estime avoir fait sa part et donn\u00e9 en engrangeant sous forme d\u2019achats ou de prises en pension une masse importante de titres de la dette, \u00e0 la valeur incertaine, et veut d\u00e9sormais que les Etats, c\u2019est dire les contribuables, assument la suite. Elle ne veut pas de d\u00e9faut, car elle craint que les tensions qui en r\u00e9sulteraient sur le march\u00e9 obligataire n\u2019atteignent non seulement les Etats, mais aussi les banques et les grandes entreprises. Car si les \u00e9metteurs sont divers, le march\u00e9 est unique. Les gouvernements, quant \u00e0 eux, cherchent \u00e0 minorer le montant de ce qu&rsquo;ils vont de nouveau avoir \u00e0 d\u00e9bourser ou \u00e0 garantir. <\/p>\n<p>Les banques, les agences, la BCE&#8230; la liste des m\u00e9chants qui se disputent entre eux s\u2019allonge, les gouvernements qui voudraient \u00e9viter d&rsquo;y figurer en premi\u00e8re ligne accul\u00e9s \u00e0 avaliser cette perspective tout en cherchant \u00e0 la rendre politiquement et socialement pour eux soutenable. Ce qui est en cause, c\u2019est de soulager la pression gr\u00e2ce \u00e0 une soupape, sous la forme de l\u2019affichage d\u2019un partage de la charge financi\u00e8re avec les banques, telle une op\u00e9ration de relations publiques. Dans l&rsquo;imm\u00e9diat, les contradictions s&rsquo;expriment en se renfor\u00e7ant. A l&rsquo;arriv\u00e9e, les apparences seront d\u00e9cisives, les habillages feront foi. <\/p>\n<p>Certaines compagnies transnationales cherchent \u00e0 se faire une image flatteuse, en d\u00e9veloppant sous leur marque ce qu\u2019elles pr\u00e9sentent comme <i>la cr\u00e9ation de la valeur partag\u00e9e<\/i>, celle-ci n&rsquo;\u00e9tant plus enti\u00e8rement r\u00e9serv\u00e9e aux actionnaires (et aux gestionnaires). Dans des domaines vitaux les plus vari\u00e9s, de nouveaux produits sont commercialis\u00e9s \u00e0 l\u2019intention des plus d\u00e9munis des pays pauvres, fonctionnels mais adapt\u00e9s \u00e0 leur faible pouvoir d\u2019achat, sans autre pr\u00e9tention que d\u2019atteindre l\u2019\u00e9quilibre \u00e9conomique sur ces march\u00e9s assez particuliers. <\/p>\n<p>Les banques europ\u00e9ennes sont appel\u00e9es \u00e0 appliquer cette m\u00eame strat\u00e9gie de marketing d\u00e9fensive. Soit en diminuant sous d&rsquo;amicales pressions gouvernementales certaines commissions factur\u00e9e \u00e0 leur client\u00e8le de d\u00e9p\u00f4ts, soit en participant \u00e0 des montages pour le moment introuvables, leur permettant d\u2019appara\u00eetre sous leur meilleur jour tout en \u00e9tant dans les faits garanties contre les pertes. Voil\u00e0 l\u2019un des enjeux des conciliabules en cours. Aux Etats-Unis, on a observ\u00e9 comment la probl\u00e9matique des frais bancaires abusifs a suscit\u00e9 et continue de le faire, autour de la question de l\u2019agence gouvernementale de protection des consommateurs et de la nomination \u00e0 sa t\u00eate d\u2019Elizabeth Warren, une des plus virulentes lev\u00e9es de boucliers&#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Partie pour durer, la confusion s\u2019est hier encore intensifi\u00e9e en Europe, au d\u00e9part de Rome, Berlin et Francfort. Aucune solution n\u2019est toujours en vue \u00e0 propos de la participation des institutions financi\u00e8res au second <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce. 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