{"id":26116,"date":"2011-07-12T19:37:30","date_gmt":"2011-07-12T17:37:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26116"},"modified":"2013-01-02T14:38:32","modified_gmt":"2013-01-02T13:38:32","slug":"lactualite-de-la-crise-illusoires-palliatifs-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/12\/lactualite-de-la-crise-illusoires-palliatifs-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>ILLUSOIRES PALLIATIFS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le simple \u00e9nonc\u00e9 de l\u2019exposition des banques allemandes et fran\u00e7aises \u00e0 la dette italienne suffit pour toute d\u00e9monstration\u00a0: un d\u00e9faut intervenant sur cette dette serait tr\u00e8s grave pour le syst\u00e8me financier europ\u00e9en et mondial. Selon la Banque des r\u00e8glements internationaux (BRI), l\u2019exposition des banques fran\u00e7aises est de 280 milliards d\u2019euros en chiffres arrondis, toutes dettes confondues, dont 30 milliards pour les banques et 70 milliards pour le secteur public. Celle des banques allemandes est de 160 milliards d\u2019euros (36 milliards pour les banques et autant pour le secteur public). <\/p>\n<p>Au del\u00e0 de la dimension nouvelle du probl\u00e8me que cr\u00e9erait l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Italie dans la zone des temp\u00eates, voil\u00e0 qui met clairement en \u00e9vidence le m\u00e9canisme de ce deuxi\u00e8me acte de la crise\u00a0: point d\u2019appui privil\u00e9gi\u00e9 de la finance, la dette publique n\u2019est plus ce qu\u2019elle \u00e9tait. Si elle s\u2019effrite, le syst\u00e8me s\u2019affaisse et risque ensuite de s\u2019effondrer. <\/p>\n<p><!--more-->Afin de bloquer l&rsquo;\u00e9largissement de la zone des temp\u00eates \u00e0 l&rsquo;Italie et \u00e0 l&rsquo;Espagne, il est donc pr\u00e9vu d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer le transfert aux \u00c9tats de la dette des pays les plus fragiles, esp\u00e9rant ainsi consolider l&rsquo;ensemble. En r\u00e9alit\u00e9, cela le fragilise et revient \u00e0 faire reposer sur un nombre de pays plus restreint une charge de plus en plus lourde. Contribuant \u00e0 propager le processus qui accro\u00eet les risques sur le march\u00e9 obligataire en g\u00e9n\u00e9ral, tromp\u00e9 par la qualit\u00e9 des meilleurs \u00e9metteurs qui r\u00e9sulte \u00e9galement du report des investisseurs d\u00e9laissant les autres trop risqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces investisseurs devraient lire avec attention le dernier rapport annuel du FMI, et en particulier la partie consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Allemagne. \u00ab\u00a0L&rsquo;Allemagne n&rsquo;est pas une locomotive \u00e9conomique pour l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb, y est-il \u00e9crit, \u00ab\u00a0ses perspectives de croissance \u00e0 long terme restent faibles et majoritairement d\u00e9pendantes de ses exportations\u00a0\u00bb. A moyen terme, le rapport consid\u00e8re que l&rsquo;Allemagne d\u00e9passera difficilement, sur sa lanc\u00e9e actuelle, un taux de croissance de l&rsquo;ordre de 1 \u00e0 1,25 %. On sait aussi que si les exportations allemandes ont progress\u00e9 en direction des <i>pays \u00e9mergents<\/i>, la Chine n&rsquo;est que le septi\u00e8me client allemand par rang d&rsquo;importance, loin derri\u00e8re la France, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l&rsquo;Italie et l&rsquo;Autriche. L&rsquo;attachement du gouvernement allemand \u00e0 la zone euro n&rsquo;est pas chose feinte. <\/p>\n<p>Si les \u00c9tats sont en f\u00e2cheuse posture, les banques ne sont pas aussi florissantes qu&rsquo;elles veulent le faire croire. Les stress tests des banques europ\u00e9ennes, dont les r\u00e9sultats doivent \u00eatre publi\u00e9s vendredi prochain par l\u2019EBA (European Banking Authority), vont \u00e0 nouveau \u00eatre un thermom\u00e8tre mal \u00e9talonn\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 exclu des risques mesur\u00e9s ceux qui portent sur la dette souveraine, pour ne s\u2019en tenir qu\u2019\u00e0 la seule divulgation de leur exposition, ce qui est proprement risible dans le contexte actuel. Sans compter ce subterfuge comptable grossier qui ne prend en compte pour toute d\u00e9valorisation que les titres class\u00e9s dans le <i>trading book<\/i>, alors qu\u2019ils sont pour l\u2019essentiel comptabilis\u00e9s dans le <i>banking book<\/i>, c\u2019est \u00e0 dire destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre conserv\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leur maturit\u00e9. <\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, les ministres europ\u00e9ens n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 longs \u00e0 se d\u00e9cider hier, contrairement \u00e0 leur lenteur sur d\u2019autres sujets, pour s\u2019engager \u00e0 soutenir les banques qui malgr\u00e9 tout \u00e9choueraient aux tests, selon \u00ab\u00a0des mesures appropri\u00e9es\u00a0\u00bb ont-ils pr\u00e9cis\u00e9, pour ne pas dire les mots qui f\u00e2chent.<\/p>\n<p>Dans son \u00e9ditorial, le Financial Times a adopt\u00e9 le ton mesur\u00e9 du genre et pr\u00e9sent\u00e9 un jugement balanc\u00e9 sur ces tests, voulant y voir un progr\u00e8s par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dents, en d\u00e9pit de leurs manques. Mais sa derni\u00e8re phrase t\u00e9moignait d\u2019une \u00e9troite approche du sujet, voulant voir dans cette seconde occasion \u00ab\u00a0la meilleure chance pour l\u2019Europe de s\u00e9parer les brebis malades du troupeau dans le secteur bancaire.\u00a0\u00bb C\u2019est ne pas reconna\u00eetre que tout le troupeau est \u00e0 un degr\u00e9 ou \u00e0 un autre malade\u00a0! <\/p>\n<p>Les banques allemandes en sont davantage conscientes, qui viennent de tenter une nouvelle fois d\u2019\u00e9viter la publication d\u00e9taill\u00e9e des r\u00e9sultats des tests. ZDA, le lobby des banques, a adress\u00e9 \u00e0 ce propos un courrier au r\u00e9gulateur europ\u00e9en, l\u2019EBA. Cette divulgation pourrait en effet, selon lui, rien moins qu\u2019\u00e0 la fois exacerber la charge de la dette souveraine, violer la confidentialit\u00e9 des affaires et exposer les banques \u00e0 des risques juridiques. <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les banques sont en conflit avec l\u2019EBA \u00e0 propos de la prise en compte des titres hybrides dans la nomenclature des fonds propres <i>durs<\/i>, et craignent que la simple mise \u00e0 jour de leur exposition \u00e0 la dette souveraine, par pays et selon les maturit\u00e9s, leur soit pr\u00e9judiciable en raison de leur faiblesse intrins\u00e8que. <\/p>\n<p>Comme quoi, les valeurs refuge ne sont plus ce qu\u2019elles \u00e9taient et le syst\u00e8me financier allemand, apr\u00e8s avoir saut\u00e9 \u00e0 pieds joints dans les actifs hypoth\u00e9caires pourris am\u00e9ricains, n\u2019est pas pour autant tir\u00e9 d\u2019affaire en raison de la crise g\u00e9n\u00e9rale de la dette publique qui s\u2019annonce. <\/p>\n<p>Le Comit\u00e9 sur les risques financiers de la BRI vient de rendre public une nouvelle \u00e9tude, dans le cadre de laquelle il estime que, comme pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9, \u00ab\u00a0La hausse du niveau d&rsquo;endettement de certains \u00c9tats a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 conduit \u00e0 ce que les obligations d&rsquo;\u00c9tat de ces pays perdent leur statut d&rsquo;investissement sans risque et d&rsquo;autres pays risquent d&rsquo;\u00eatre affect\u00e9s par cette tendance.\u00a0\u00bb Remarquant que les banques sortiraient affaiblies d\u2019une restructuration de la dette publique et surtout que leur financement deviendrait plus co\u00fbteux. <\/p>\n<p>Alors qu\u2019elles tentent de diminuer et d\u2019\u00e9taler le plus possible dans le temps les nouvelles contraintes auxquelles elles vont \u00eatre assujetties, une fois pass\u00e9es par le moule de la r\u00e9gulation europ\u00e9enne dont elles attendent beaucoup pour les r\u00e9duire, les banques doivent donc faire face au rench\u00e9rissement du co\u00fbt de leurs fonds propres ou assimil\u00e9s. R\u00e9sign\u00e9es \u00e0 voir leur rendement diminuer, elles tentent de limiter les d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>Cette situation n\u2019est bien entendu pas propre aux banques allemandes. Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, \u00e9voquait hier celle des banques italiennes pour reconna\u00eetre qu\u2019elles ont \u00ab\u00a0une capitalisation basse par rapport \u00e0 leurs concurrentes \u00e9trang\u00e8res\u00a0\u00bb. Constatant que \u00ab\u00a0sur les march\u00e9s, la crise des dettes souveraines s\u2019est \u00e9tendue aux titres bancaires\u00a0\u00bb, pour admettre qu\u2019il y a en Italie \u00ab\u00a0une forte corr\u00e9lation entre risque souverain et risque bancaire, en raison du caract\u00e8re \u00e9lev\u00e9 de la dette publique [italienne] et parce que les banques d\u00e9tiennent une quantit\u00e9 importante de titres souverains\u00a0\u00bb. Il en tirait comme conclusion que \u00ab\u00a0le processus de recapitalisation des banques devait \u00eatre acc\u00e9l\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb. Mais comment\u00a0? Voil\u00e0 une bonne question \u00e0 laquelle il n\u2019a pas r\u00e9pondu. <\/p>\n<p>La fragilit\u00e9 de la dette publique, ainsi que ses cons\u00e9quences sur la solidit\u00e9 des banques priv\u00e9es, ainsi que sur leur rentabilit\u00e9, n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne europ\u00e9en. Les \u00c9tats-Unis sont en situation de prendre le relais, en grand comme ils savent si bien le faire. Si le march\u00e9 obligataire devait y trembler, vers quoi et qui se r\u00e9fugieraient les investisseurs qui le soutiennent faute de mieux ? <\/p>\n<p>Dans l\u2019imm\u00e9diat, les chiffres du mois de mai pour le commerce ext\u00e9rieur am\u00e9ricain montrent que son d\u00e9ficit augmente, les exportations diminuant et la facture p\u00e9troli\u00e8re augmentant. De toutes les mani\u00e8res disponibles pour d\u00e9crire la dette am\u00e9ricaine, peut-\u00eatre la plus explicite consiste \u00e0 remarquer qu\u2019elle a cru au 1<sup>er<\/sup> trimestre de cette ann\u00e9e environ six fois plus vite que le PIB. Quel que soit l\u2019accord \u00e0 l\u2019arrach\u00e9 qui pourrait \u00eatre trouv\u00e9 \u00e0 propos du d\u00e9plafonnement de la dette, si c\u2019est le cas, le tour du sujet aura \u00e9t\u00e9 loin d\u2019\u00eatre fait. Pour \u00eatre possible \u00e0 grande \u00e9chelle et rapidement, le d\u00e9sendettement, l\u2019exp\u00e9rience l\u2019a montr\u00e9, doit s\u2019appuyer sur une forte croissance et une d\u00e9valuation mon\u00e9taire. La Fed et le Tr\u00e9sor font ce qu\u2019il faut pour que le dollar reste faible, mais ils ne peuvent visiblement rien pour doper les exportations, alors que la consommation int\u00e9rieure est in\u00e9vitablement en berne. <\/p>\n<p>Les discussions \u00e0 propos du rel\u00e8vement du plafond de la dette ne s&rsquo;annoncent pas sous les meilleurs augures, si l&rsquo;on en croit le pr\u00e9sident de la minorit\u00e9 r\u00e9publicaine du S\u00e9nat, Mitch McConnell, qui vient de d\u00e9clarer : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai peu de doutes sur le fait que tant que ce pr\u00e9sident est dans le bureau Ovale, une solution est impossible\u00a0\u00bb. De fait, tant la dynamique dans laquelle les r\u00e9publicains se sont engag\u00e9s que la d\u00e9termination de nombre d&rsquo;entre eux \u00e0 tout faire pour que Barack Obama chute laissent planer une grande incertitude sur la suite des \u00e9v\u00e9nements dans les tous prochains jours. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le simple \u00e9nonc\u00e9 de l\u2019exposition des banques allemandes et fran\u00e7aises \u00e0 la dette italienne suffit pour toute d\u00e9monstration\u00a0: un d\u00e9faut intervenant sur cette dette serait tr\u00e8s grave pour le syst\u00e8me financier europ\u00e9en et mondial. 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