{"id":26140,"date":"2011-07-13T11:13:14","date_gmt":"2011-07-13T09:13:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26140"},"modified":"2013-01-02T14:38:31","modified_gmt":"2013-01-02T13:38:31","slug":"lactualite-de-la-crise-alea-jacta-est-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/13\/lactualite-de-la-crise-alea-jacta-est-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>ALEA JACTA EST !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Sommet ou pas sommet ce prochain vendredi \u00a0? La question n\u2019\u00e9tait pas tranch\u00e9e ce mercredi matin entre ceux qui voudraient forcer la d\u00e9cision, ce qui revient \u00e0 s&rsquo;inscrire dans le cadre du plan de l\u2019Institute of International Finance (IIF), qui fait un \u00e9tonnant forcing, et ceux qui ne veulent pas se faire forcer la main dans la pr\u00e9cipitation du moment. En comptabilisant les variantes, pas moins de 7 \u00e0 8 plans se trouvent sur la table. <\/p>\n<p>On avait appris dans la journ\u00e9e que la Gr\u00e8ce pouvait tenir jusqu\u2019au 14 septembre, veille du jour pr\u00e9vu pour le versement de la prochaine et sixi\u00e8me tranche du pr\u00eat d\u00e9j\u00e0 consenti par l\u2019Union europ\u00e9enne et le FMI. Faute d\u2019un accord sur la suite, il y aurait en effet peu de chance qu\u2019elle puisse \u00eatre d\u00e9bloqu\u00e9e aussi facilement que la pr\u00e9c\u00e9dente vient de l\u2019\u00eatre.  <\/p>\n<p>Mais ce n\u2019est plus seulement la Gr\u00e8ce qui est en cause, la zone euro \u00e9tant d\u00e9sormais en premi\u00e8re ligne avec l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Italie dans le jeu. Il serait fastidieux de citer toutes les d\u00e9clarations qui ont \u00e9gren\u00e9 la journ\u00e9e d\u2019hier et n\u2019ont fait qu\u2019ajouter \u00e0 la confusion d\u00e9j\u00e0 install\u00e9e, Moody\u2019s faisant une piq\u00fbre de rappel en d\u00e9gradant la note de l\u2019Irlande, d\u00e9sormais <i>sp\u00e9culative<\/i>, en attendant pire puisqu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9\u00a0: <i>avec perspective n\u00e9gative<\/i>. L\u2019agence consid\u00e8re en effet in\u00e9vitable qu\u2019un second plan de sauvetage sera n\u00e9cessaire pour sortir l\u2019Irlande de sa situation. <\/p>\n<p>Le taux obligataire irlandais \u00e0 10 ans franchissait ce matin la barre des 13% (13,339% \u00e0 10 heures). Les bourses et le march\u00e9 obligataire s\u2019\u00e9tant comme on dit <i>ressaisis<\/i> hier soir, puissamment secourues par les achats de titres massifs op\u00e9r\u00e9s en catastrophe par la BCE. <\/p>\n<p><!--more-->Le plan du lobby des m\u00e9gabanques qui tenait mardi soir la corde fait la part du feu\u00a0: il repose sur l\u2019id\u00e9e triviale qu\u2019il faut diminuer la charge de la dette sur la Gr\u00e8ce pour redonner cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 sa solvabilit\u00e9. Ses modalit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales reposent sur le principe du rachat de titres souverains par le Fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, ainsi que par la Gr\u00e8ce elle-m\u00eame, gr\u00e2ce \u00e0 un second plan de sauvetage financ\u00e9 par les Etats europ\u00e9ens et, \u00e9ventuellement, le FMI. Les titres \u00e9tant achet\u00e9s \u00e0 la valeur du march\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire subissant une d\u00e9cote estim\u00e9e \u00e0 environ 50%. <\/p>\n<p>La BCE, qui n\u2019est pas rest\u00e9e inactive en r\u00e9agissant aux plongeons enregistr\u00e9s sur les march\u00e9s, peut se pr\u00e9valoir d\u2019avoir \u00e0 nouveau sauv\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens irresponsables pour ne pas avoir suivi ses avis et financ\u00e9 sans discuter l\u2019achat de la dette grecque. Bien qu\u2019elle ne se soit pas prononc\u00e9e publiquement \u00e0 propos du plan de l\u2019envoy\u00e9 sp\u00e9cial des m\u00e9gabanques, Charles Dallara, celui-ci ne cadre pas sp\u00e9cialement avec ses intentions, en raison de la d\u00e9cote qu\u2019il comporte. A moins qu\u2019une quelconque roublardise de derni\u00e8re heure, ou de bas de page, ne vienne amoindrir sa port\u00e9e ou en reporter la charge sur les Etats. Tout est possible au jeu de billard.<\/p>\n<p>Devant la menace que repr\u00e9senterait l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Italie dans la zone des temp\u00eates, les positions des intervenants ont \u00e9volu\u00e9 en Allemagne. Le tablo\u00efd Bild, qui a fait campagne contre toute aide financi\u00e8re allemande, a senti le vent\u00a0: \u00ab\u00a0La r\u00e9ponse honn\u00eate est que nous n\u2019avons pas le choix\u00a0\u00bb \u00e9crit Ulrich Becker, son \u00e9ditorialiste, pr\u00e9conisant une restructuration de la dette grecque et m\u00eame portugaise, pour conclure\u00a0: \u00ab\u00a0nous devons tous \u00eatre pr\u00e9par\u00e9s a en supporter les cons\u00e9quences financi\u00e8res\u00a0\u00bb. Giulio Tremonti, le ministre italien des finances, veut de son c\u00f4t\u00e9 faire adopter en catastrophe d\u00e8s dimanche prochain (avant le lundi, jour fatidique d\u2019ouverture des march\u00e9s) le nouveau plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de mesures de privatisation, afin de montrer patte blanche aux <i>march\u00e9s<\/i>. <\/p>\n<p>Le tableau ne serait pas complet si l&rsquo;on n&rsquo;\u00e9voquait pas les mesures pr\u00e9ventives prises par les m\u00e9gabanques europ\u00e9ennes, au cas o\u00f9 la situation d\u00e9raperait. Elles d\u00e9posent massivement des fonds \u00e0 la BCE, pour les mettre en s\u00fbret\u00e9, et se prot\u00e8gent en achetant des CDS couvrant d\u2019\u00e9ventuelles pertes sur les titres des pays secou\u00e9s par la crise actuelle. Le doute s\u2019installant, le march\u00e9 interbancaire en conna\u00eet le contre-coup, les banques r\u00e9pugnant \u00e0 se pr\u00eater entre elles, m\u00eame \u00e0 tr\u00e8s court terme. <\/p>\n<p>Ce qui est en cause, c\u2019est l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 d\u2019une sortie de la zone euro d\u2019un premier pays et l\u2019incapacit\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 y trouver une parade. Devant la perspective que l\u2019Italie et l\u2019Espagne puissent \u00eatre entra\u00een\u00e9es dans la tourmente financi\u00e8re, la BCE est devenue le dernier rempart, estime pour sa part Willem Buitter, chef \u00e9conomiste de Citigroup, cit\u00e9 par le Wall Street Journal. Enfin, de nombreux signes de nervosit\u00e9 sont visibles sur les march\u00e9s financiers am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>La simultan\u00e9it\u00e9 de la crise en cours avec la publication des r\u00e9sultats des stress tests des banques europ\u00e9ennes n\u2019arrange rien. Selon de premi\u00e8res fuites, six banques espagnoles, une autrichienne et sans doute une grecque ne passeraient pas l\u2019\u00e9preuve, deux Landesbanken allemande y parvenant de toute justesse. Concernant l\u2019Italie, on rel\u00e8ve que ses banques ont \u00e0 l\u2019instar des banques grecques achet\u00e9 en masse de la dette \u00e9mise par leur pays, la soutenant ainsi, mais les fragilisant \u00e0 l\u2019extr\u00eame en retour, lorsque la dette est attaqu\u00e9e sur les march\u00e9s. Car lorsque les taux obligataires montent, la valeur de celles-ci diminue en proportion. Le danger est que, pour se prot\u00e9ger, les banques italiennes vendent leurs titres sur le march\u00e9 et contribuent \u00e0 faire monter les taux, d\u00e9t\u00e9riorant ainsi davantage la situation globale. <\/p>\n<p>Les regards devraient aussi rapidement se tourner vers l\u2019Espagne, o\u00f9 le gouvernement a multipli\u00e9 les d\u00e9clarations apaisantes, tout en cherchant \u00e0 obtenir des Allemands qu\u2019ils s\u2019engagent rapidement. <\/p>\n<p>A suivre &#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sommet ou pas sommet ce prochain vendredi \u00a0? 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