{"id":26197,"date":"2011-07-14T13:38:59","date_gmt":"2011-07-14T11:38:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26197"},"modified":"2013-01-02T14:38:28","modified_gmt":"2013-01-02T13:38:28","slug":"lactualite-de-la-crise-les-megabanques-menent-la-danse-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/14\/lactualite-de-la-crise-les-megabanques-menent-la-danse-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LES M\u00c9GABANQUES M\u00c8NENT LA DANSE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Au fil des p\u00e9rip\u00e9ties qui se succ\u00e8dent et de l\u2019attente qui se prolonge, les Europ\u00e9ens voudraient parvenir \u00e0 r\u00e9aliser trois d\u00e9monstrations. Au risque de poursuivre leur d\u00e9rapage pour tomber dans le gouffre, ce qui \u00e0 ce degr\u00e9 d\u2019incons\u00e9quence ne peut pas \u00eatre exclu, l&rsquo;Italie venant d&rsquo;\u00e9mettre de la dette \u00e0 5 ans et 15 ans aux taux records de 4,93% et 5,90%.  En attendant, ils tournent autour du trou, ce qui va de soi s&rsquo;agissant de la dette. <\/p>\n<p>1. Un transfert du priv\u00e9 au public de la dette souveraine grecque pourrait sous une forme ou sous une autre \u00eatre obtenu, la part prise par les Etats n&rsquo;\u00e9tant pas encore d\u00e9cid\u00e9e. La BCE aura entretemps achet\u00e9 de la dette espagnole et italienne pour stabiliser dans l\u2019urgence le march\u00e9, apr\u00e8s avoir clam\u00e9 que l\u2019on ne l\u2019y reprendrait plus. Les banques ayant trouv\u00e9 en l\u2019Institute for International Finance (IIF) le meilleur interpr\u00e8te de leurs int\u00e9r\u00eats, pr\u00eates \u00e0 faire la part du feu \u00e0 condition d\u2019avoir des garanties pour le futur et que leur geste ne soit pas renouvel\u00e9. C\u2019est en cours de discussion. <\/p>\n<p><!--more-->2. Le d\u00e9bat sur les cons\u00e9quences d\u2019un d\u00e9faut sur la dette (ou \u00e9v\u00e9nement de cr\u00e9dit) appara\u00eet pour ce qu\u2019il est\u00a0: le cache-sexe de la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats du syst\u00e8me financier. Comme en t\u00e9moigne d\u2019ailleurs la menace r\u00e9it\u00e9r\u00e9e que vient de prononcer la BCE \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Irlandais\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous touchez aux obligations seniors \u00e9mises par les banques dont vous financez la restructuration, je leur coupe les vivres\u00a0!\u00a0\u00bb. La crise actuelle peut se d\u00e9crire comme un affrontement feutr\u00e9 entre les Allemands et la BCE, les premiers voulant impliquer financi\u00e8rement les banques (d\u2019autant que l\u2019addition ne serait pas si \u00e9lev\u00e9e pour les leurs) et la seconde y faisant obstacle de tous ses moyens, au nom d\u2019int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs non clairement identifi\u00e9s. L&rsquo;IIF est sur l&rsquo;\u00e9troite ligne de cr\u00eate. <\/p>\n<p>Il en ressortirait, si le plan de celle-ci \u00e9tait retenu dans son principe, le report du retour sur le march\u00e9 de la Gr\u00e8ce &#8230; aux calendes grecques. Ce retour hypoth\u00e9tique restant toutefois l\u2019argument-cl\u00e9 pour exiger la r\u00e9duction pr\u00e9cipit\u00e9e du d\u00e9ficit public, condition pr\u00e9alable \u00e0 ce que les taux baissent et que tout le monde soit content. Enfin, presque tout le monde, car les Etats europ\u00e9ens risqueraient fort de devoir assumer, au final de l\u2019exercice, le d\u00e9faut de remboursement de la dette grecque, m\u00eame achet\u00e9e avec d\u00e9cote\u00a0! Car, selon la BCE, le pic de la dette grecque devrait \u00eatre atteinte en 2012, mais \u00e0 la condition que le gouvernement pers\u00e9v\u00e8re \u00ab dans la consolidation budg\u00e9taire et l&rsquo;application totale des r\u00e9formes structurelles et des programmes de privatisations\u00a0\u00bb. Une paille \u00a0!  <\/p>\n<p>A noter, pour la petite histoire que si les Etats devaient \u00eatre rembours\u00e9s, ils r\u00e9aliseraient une excellente op\u00e9ration financi\u00e8re, \u00e0 l\u2019instar des hedge funds qui se risquent \u00e0 de telles sp\u00e9culations, pay\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9 plein pot pour des obligations achet\u00e9es au rabais, si aucun d\u00e9faut n\u2019intervient.   <\/p>\n<p>Sortie des march\u00e9s, le remboursement de la dette pourrait \u00eatre nettement plus \u00e9tal\u00e9e, rendant plus vraisemblable celui-ci. Cette constatation \u00e9l\u00e9mentaire, qui diminuerait la pente du toboggan dans lequel le pays a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s inconfortablement assis, n\u2019est visiblement pas partag\u00e9e, car l\u2019objectif est de profiter de l\u2019occasion pour r\u00e9aliser \u00e0 chaud les <i>r\u00e9formes structurelles<\/i> qui sont dans toute l\u2019Europe recherch\u00e9es, afin d\u2019alimenter la chaudi\u00e8re du syst\u00e8me financier. A son tour, Giulio Tremonti, le ministre italien des finances, vient de proposer d&rsquo;inscrire la <i>r\u00e8gle d&rsquo;or<\/i> de l&rsquo;\u00e9quilibre budg\u00e9taire dans la constitution. <\/p>\n<p>3. Dans les pires conditions, la mutualisation de la dette des pays de la zone des temp\u00eates progresserait forc\u00e9e et contrainte. Non pas avec l&rsquo;objectif de favoriser une relance \u00e9conomique permettant de stopper l\u2019approfondissement de tendances r\u00e9cessives prononc\u00e9es dans toute l\u2019Europe, mais a minima, dans l\u2019espoir d\u2019\u00eatre rembours\u00e9 du portage des dettes contract\u00e9es \u00e0 cause de la crise financi\u00e8re. <\/p>\n<p>Cette vision \u00e9triqu\u00e9e porte, comme on le verra, en elle m\u00eame son propre \u00e9chec. Elle n\u2019est pas \u00e0 la hauteur de la crise financi\u00e8re qui se poursuit et va inexorablement atteindre de nouveaux pays, ce qui est largement engag\u00e9 en d\u00e9pit de toutes les d\u00e9n\u00e9gations. Les critiques qui pleuvent sur les agences de notation sont l\u2019expression m\u00eame du d\u00e9ni dans lequel les d\u00e9cideurs europ\u00e9ens se complaisent. Tout \u00e0 leur logique, ils se raccrochent aux fragiles branches \u00e0 leur port\u00e9e tandis que le sol se d\u00e9robe progressivement sous leurs pieds.<\/p>\n<p>Si l\u2019on voulait un symbole exprimant au mieux la situation, on le trouverait sans conteste dans la tenue, aujourd\u2019hui \u00e0 Rome, d\u2019une nouvelle r\u00e9union associant l\u2019Institute for International Finance (IIF), la BCE et la Commission europ\u00e9enne, des repr\u00e9sentants des compagnies d\u2019assurance et du gouvernement grec. Pour sauver les apparences, elle est pr\u00e9sid\u00e9e par un repr\u00e9sentant du Tr\u00e9sor italien, mais l\u2019on sait que c\u2019est l\u2019IIF qui en est le pivot. Ce sera la quatri\u00e8me r\u00e9union de cet ar\u00e9opage, qui semble seul capable de faire progresser le dossier. <\/p>\n<p>Le symbole sera d\u2019autant plus fort que cette r\u00e9union se substituera dans les faits au sommet des chefs d\u2019Etat et de gouvernement que le pr\u00e9sident de l\u2019Union europ\u00e9enne, Herman Van Rompuy, a vainement tent\u00e9 d\u2019organiser demain vendredi. El\u00e9mentaire : les leaders ne peuvent que voler au secours de la victoire, sauf \u00e0 d\u00e9choir ! Le sommet se tiendra donc, \u00ab\u00a0en temps opportun\u00a0\u00bb selon la Commission, pour avaliser si tout se passe bien (fa\u00e7on de parler) le plan des m\u00e9gabanques. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au fil des p\u00e9rip\u00e9ties qui se succ\u00e8dent et de l\u2019attente qui se prolonge, les Europ\u00e9ens voudraient parvenir \u00e0 r\u00e9aliser trois d\u00e9monstrations. 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