{"id":2625,"date":"2009-04-02T15:54:17","date_gmt":"2009-04-02T14:54:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2625"},"modified":"2009-04-02T20:06:44","modified_gmt":"2009-04-02T19:06:44","slug":"darwinisme-concurrence-et-truffes-du-perigord-par-zentros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/04\/02\/darwinisme-concurrence-et-truffes-du-perigord-par-zentros\/","title":{"rendered":"Darwinisme, concurrence et truffes du P\u00e9rigord, par Dissonance"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>DARWINISME, CONCURRENCE ET TRUFFES DU PERIGORD<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le travers darwiniste. <\/strong><\/p>\n<p>Il est amusant de constater \u00e0 quel point la d\u00e9mocratisation de l&rsquo;\u00e9ducation conduit \u00e0 la d\u00e9mocratisation des id\u00e9es re\u00e7ues. Et en la mati\u00e8re, le darwinisme, encore appel\u00e9 \u00e9volutionnisme, en porte une part non n\u00e9gligeable. Ainsi donc, contrairement \u00e0 une croyance fortement r\u00e9pandue, il n&rsquo;existe pas une unique mani\u00e8re d&rsquo;envisager le darwinisme, mais bel et bien deux. La premi\u00e8re de ces conceptions sera qualifi\u00e9e de vaniteuse: Par le jeu des mots et de leur sens, nous, humains, \u00e9tant parmi les plus r\u00e9centes esp\u00e8ces apparues, nous avons eu beau jeu de nous qualifier d&rsquo;esp\u00e8ce la plus \u00e9volu\u00e9e. Voil\u00e0 qui est flatteur, et sans doute vrai dans une certaine mesure, mais ceci induit un biais fort peu appr\u00e9ciable au raisonnement.<\/p>\n<p>L&rsquo;autre, antagoniste, est la conception humble. Et voici comment elle appara\u00eet. Succinctement, si l&rsquo;on souhaite faire une repr\u00e9sentation graphique de l&rsquo;\u00e9volution selon Darwin, on dessine un arbre, ni plus, ni moins. C&rsquo;est une analogie commode qui repr\u00e9sente bien les choses. Or, dans cette repr\u00e9sentation on peut concevoir l&rsquo;humanit\u00e9 comme l&rsquo;un des bourgeons perch\u00e9 sur l&rsquo;une des plus fines branches de la cime. Cette simple repr\u00e9sentation met en relief une chose, \u00e0 savoir que les plus r\u00e9centes pousses soient aussi les plus fragiles, car les moins solides et les plus expos\u00e9es, tandis que le tronc et ses toutes premi\u00e8res ramifications soient robustes, car b\u00e9n\u00e9ficiant de couches de mati\u00e8re superpos\u00e9es les unes aux autres au cours du temps (les cernes).<\/p>\n<p>Remettant l&rsquo;analogie dans un cadre homo-humain, la repr\u00e9sentation de l&rsquo;arbre est \u00e9galement utilis\u00e9e dans cette discipline qu&rsquo;on nomme g\u00e9n\u00e9alogie. Et que peut-on d\u00e9duire de cette derni\u00e8re, si ce n&rsquo;est ces deux choses : D&rsquo;une part, effectivement, les plus jeunes g\u00e9n\u00e9rations sont celles qui portent sans doute un potentiel sup\u00e9rieur \u00e0 celui de leurs a\u00een\u00e9s. Mais d&rsquo;autre part, ces derniers ont pour eux ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;exp\u00e9rience de vie. En mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9volutionnisme, les choses sont semblables. Les mammif\u00e8res en g\u00e9n\u00e9ral, et les humains en particulier sont, comme les enfants d&rsquo;une dynastie, ceux qui portent en eux le potentiel le plus \u00e9toff\u00e9, mais ce sont \u00e9galement les plus fragiles, tandis que leurs ain\u00e9s, (des organismes primitifs de type unicellulaire par exemple), ont \u00e0 leur actif le b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;\u00e2ge, la long\u00e9vit\u00e9, et donc l&rsquo;exp\u00e9rience associ\u00e9e. Ainsi donc, on peut estimer que les plus aptes \u00e0 la survie ne soient pas n\u00e9cessairement ceux que l&rsquo;on pense. On pourrait pousser ce raisonnement \u00e0 son terme en rappelant l&rsquo;histoire des dinosaures et de leur extinction, mais ce serait s&rsquo;\u00e9loigner quelque peu du fond du propos et cela ne semble pas n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p><!--more--><strong>La nature n&rsquo;est pas si hostile qu&rsquo;on croit. <\/strong><\/p>\n<p>Une seconde id\u00e9e re\u00e7ue, fortement chevill\u00e9e aux esprits, est que la nature fonctionne selon le seul principe d&rsquo;une concurrence acharn\u00e9e. Pour rappel, la concurrence est \u00e0 peu de choses pr\u00e8s synonyme de comp\u00e9tition, ce qui implique une relation gagnant-perdant(s). Cependant, l\u00e0 aussi il existe une antith\u00e8se, que nos \u00ab darwiniens a\u00een\u00e9s \u00bb unicellulaires nous ont transmis, \u00e0 tel point que l&rsquo;essentiel de la faune b\u00e9n\u00e9ficie de cet h\u00e9ritage. Il s&rsquo;agit du ph\u00e9nom\u00e8ne de symbiose.<\/p>\n<p>Les cellules composant le r\u00e8gne animal ont ceci de remarquable que leur source d&rsquo;\u00e9nergie n&rsquo;est pas \u00e0 proprement parl\u00e9 de leur seul fait. Un \u00ab intrus \u00bb s&rsquo;est voici bien longtemps immisc\u00e9 dans ce nid douillet. Une bact\u00e9rie. Aujourd&rsquo;hui, cette entit\u00e9 est connue sous le nom de mitochondrie. Cette protobact\u00e9rie \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;origine un organisme unicellulaire vivant ind\u00e9pendamment de tout autre organisme, comme nombre de ses cong\u00e9n\u00e8res encore observables aujourd&rsquo;hui. D\u00e9sormais, celle-ci existe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des cellules animales et constitue litt\u00e9ralement la centrale \u00e9nerg\u00e9tique de ces structures fondamentales. Moyennant la conversion des sucres tels qu&rsquo;ils sont produits par les v\u00e9g\u00e9taux dans une forme utilisable par un organisme animal, notamment par ses muscles, la mitochondrie b\u00e9n\u00e9ficie de la protection de la membrane cellulaire, l&rsquo;organisme entier \u00e9tant par ailleurs \u00ab programm\u00e9 \u00bb pour la nourrir. <\/p>\n<p>Cette relation \u00ab gagnant-gagnant \u00bb (\u00e0 mettre en opposition avec la relation concurrentielle pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9finie) est l&rsquo;un des exemples les plus spectaculaires du ph\u00e9nom\u00e8ne symbiotique, car tr\u00e8s largement r\u00e9pandu, puisqu&rsquo;il conditionne \u00e0 lui seul l&rsquo;existence de milliers (millions ?) d&rsquo;autres esp\u00e8ces vivantes.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;or noir du P\u00e9rigord.<\/strong><\/p>\n<p>A l&rsquo;instar de cette ch\u00e8re bact\u00e9rie, bien d&rsquo;autres organismes \u00ab a\u00een\u00e9s \u00bb mettent en \u0153uvre ce type de relation de commun accord avec un autre organisme vivant, \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s. On cite \u00e0 titre d&rsquo;exemple les lichens, associations d&rsquo;algues et de champignons. Et de m\u00eame, nos bonnes vieilles truffes du P\u00e9rigord. Comme de nombreux autres champignons, les truffes s&rsquo;associent aux v\u00e9g\u00e9taux environnants par le biais de leurs mycorhizes, leur apportant sucres, vitamines et m\u00eames hormones, tandis qu&rsquo;elles absorbent une partie des mati\u00e8res premi\u00e8res drain\u00e9es par les racines du v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p>En conclusion, que d\u00e9duire de tout cela ? Sans doute pas grand chose, si ce n&rsquo;est que le principe de concurrence n\u2019est pas une fatalit\u00e9. Des organismes parmi les plus p\u00e9rennes du monde vivant, merveilles de l&rsquo;\u00e9volution darwinienne, d\u00e9montrent \u00e0 toute personne se donnant la peine de les observer qu&rsquo;un autre type d&rsquo;interaction que celle de la comp\u00e9tition, une voie mutuellement b\u00e9n\u00e9fique, existe. On peut \u00e9galement en conclure que les truffes, c&rsquo;est vraiment le top du top. \ud83d\ude42<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>DARWINISME, CONCURRENCE ET TRUFFES DU PERIGORD<\/strong><\/p>\n<p><strong>Le travers darwiniste. <\/strong><\/p>\n<p>Il est amusant de constater \u00e0 quel point la d\u00e9mocratisation de l&rsquo;\u00e9ducation conduit \u00e0 la d\u00e9mocratisation des id\u00e9es re\u00e7ues. Et en la mati\u00e8re, le darwinisme, encore appel\u00e9 \u00e9volutionnisme, en porte une part non n\u00e9gligeable. Ainsi donc, contrairement \u00e0 une croyance fortement r\u00e9pandue, il [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[22,8],"tags":[],"class_list":["post-2625","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecologie","category-philosophie-des-sciences"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2625","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2625"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2625\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2637,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2625\/revisions\/2637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2625"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2625"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2625"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}