{"id":26422,"date":"2011-07-20T10:28:24","date_gmt":"2011-07-20T08:28:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26422"},"modified":"2013-01-02T14:38:11","modified_gmt":"2013-01-02T13:38:11","slug":"lactualite-de-la-crise-le-coup-dapres-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/20\/lactualite-de-la-crise-le-coup-dapres-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LE COUP D&rsquo;APR\u00c8S<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par le double compte \u00e0 rebours engag\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique\u00a0? Des n\u00e9gociations au finish s\u2019y d\u00e9roulent au bord de ce qui est d\u00e9crit comme un pr\u00e9cipice, leur issue jusqu&rsquo;au dernier moment incertaine. Des plans fusent de tous c\u00f4t\u00e9s, suscitant plus de questions qu\u2019ils n\u2019apportent de r\u00e9ponses, des compromis sont recherch\u00e9s. <\/p>\n<p>Les derni\u00e8res rumeurs laisseraient \u00e0 penser que des accommodements seront de part et d\u2019autre trouv\u00e9s, faisant gagner du temps. Ce qui demande confirmation. <\/p>\n<p>Si l\u2019on cherche \u00e0 aller plus loin, \u00e0 comprendre le coup d\u2019apr\u00e8s, \u00e0 ne pas s\u2019en tenir \u00e0 la description de la confusion ambiante et \u00e0 ses raisons, que peut-on sans plus attendre observer\u00a0? <\/p>\n<p>En Europe, l\u2019enjeu est clair si les modalit\u00e9s de ce qui est recherch\u00e9 ne le sont pas. Les diff\u00e9rentes variantes du plan concoct\u00e9 sous les auspices de l\u2019Institute of International Finance ont pour but de transf\u00e9rer aux Etats la dette publique d\u00e9faillante, \u00e0 ce jour encore d\u00e9tenue par les \u00e9tablissements financiers, au prix du march\u00e9 c\u2019est \u00e0 dire avec une d\u00e9cote, en contrepartie de garanties pour l\u2019avenir. Selon ces plans, les banques acceptent, pour des montants et dans des conditions qui restent \u00e0 pr\u00e9ciser, \u00e0 faire la part du feu \u00e0 condition de ne pas y revenir. Les Etats prennent \u00e0 leur charge la suite des op\u00e9rations et le reste du fardeau. On parle beaucoup du risque de d\u00e9faut qu\u2019il faut \u00e0 tout prix \u00e9carter et nettement moins des garanties publiques qui seraient apport\u00e9es. Le partage se pr\u00e9senterait de mani\u00e8re particuli\u00e8rement in\u00e9gale, si l\u2019un de ces plans \u00e9tait finalement retenu. <\/p>\n<p><!--more-->Dans cette m\u00eame logique, des plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de plus en plus s\u00e9v\u00e8res s\u2019\u00e9tendent progressivement \u00e0 de nouveaux pays, le dernier en date \u00e9tant l\u2019Italie. Aucun ne va \u00eatre \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e \u00e9pargn\u00e9. Deux objectifs sont poursuivis, \u00e0 court et \u00e0 long terme. Dans l\u2019imm\u00e9diat, l\u2019objectif est de r\u00e9duire les d\u00e9ficits publics dans un tr\u00e8s bref laps de temps, afin de soulager le march\u00e9 obligataire de la pression qu\u2019y exerce la demande obligataire souveraine. Et pour que le syst\u00e8me financier puisse y acc\u00e9der dans de meilleures conditions, car il appara\u00eet que sa propre demande &#8211; au titre de ses besoins de refinancement comme du renforcement de ses fonds propres, et peut-\u00eatre du financement d&rsquo;une nouvelle taxe &#8211; est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e. Pour la suite, le r\u00e9tr\u00e9cissement de la sph\u00e8re publique est vis\u00e9, dans le cadre de la poursuite de la <i>financiarisation<\/i>. <\/p>\n<p>Somme toute, nous pourrions assister \u00e0 un double transfert. Au titre du pass\u00e9 et du partage du fardeau de la dette qui y a \u00e9t\u00e9 contract\u00e9 et de celui de l\u2019avenir, en cr\u00e9ant de nouvelles opportunit\u00e9s financi\u00e8res, en substitution de celles qui ne peuvent plus \u00eatre poursuivies. La machine \u00e0 fabriquer de la dette ne pouvant pr\u00e9tendre conserver son m\u00eame rendement.  <\/p>\n<p>Aux Etats-Unis, le contexte est bien entendu diff\u00e9rent, mais le r\u00e9sultat vis\u00e9 est identique. L\u2019Etat n\u2019a plus les moyens de s\u2019endetter au rythme auquel il \u00e9tait accoutum\u00e9, sa dette doit \u00eatre stabilis\u00e9e et son d\u00e9ficit r\u00e9duit. Une augmentation de ses recettes fiscales est pr\u00e9sent\u00e9e comme rien moins que l\u2019\u0153uvre de Satan, surtout si elle concerne les plus ais\u00e9s. Il ne reste alors comme option que de r\u00e9duire les d\u00e9penses. L\u2019exemple de la sant\u00e9 illustre la mani\u00e8re dont il est envisag\u00e9 de proc\u00e9der. L\u2019accent est mis non pas sur la r\u00e9duction des co\u00fbts d\u2019un syst\u00e8me m\u00e9dical et pharmaceutique priv\u00e9 tr\u00e8s dispendieux, mais sur celle des programmes destin\u00e9s aux plus d\u00e9munis ou des plus \u00e2g\u00e9s, afin qu\u2019ils puissent acc\u00e9der aux soins. Le reste \u00e0 l\u2019avenant. <\/p>\n<p>Le moteur de cette transformation n\u2019est apparemment pas le m\u00eame qu\u2019en Europe. Mais, \u00e0 bien y regarder l\u00e0 encore, les points de convergence l\u2019emportent sur les dissemblances. <\/p>\n<p>La <i>mondialisation<\/i> r\u00e9alis\u00e9e sous les auspices du capitalisme financier a aboutit \u00e0 une d\u00e9sindustrialisation et une baisse des activit\u00e9s productives de biens au profit des <i>pays \u00e9mergents<\/i>. Ce ne sont pas seulement les particuliers qui ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 de plus en plus s\u2019endetter, mais \u00e9galement les Etats des <i>pays d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>, afin de maintenir \u00e9galement leur train de vie. L\u2019activit\u00e9 financi\u00e8re, qui a impuls\u00e9 le mouvement, fait progressivement des <i>pays \u00e9mergents<\/i> son nouveau terrain de jeu, afin d\u2019y appliquer les m\u00eames recettes qui lui ont tant profit\u00e9 ces trentes derni\u00e8res ann\u00e9es. Avec le risque que cela dure moins longtemps, si l\u2019on observe ce qui s\u2019y passe d\u00e9j\u00e0.  <\/p>\n<p>Le monde est en train de basculer, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur est incontestablement que si la richesse est distribu\u00e9e de mani\u00e8re encore plus in\u00e9galitaire dans les <i>pays \u00e9mergents<\/i> qu\u2019en Occident, le niveau de vie (et de consommation) y progresse, mais selon une moyenne trompeuse. La pauvret\u00e9 recule un peu, les in\u00e9galit\u00e9s progressent beaucoup. Le pire est que ce m\u00eame dernier ph\u00e9nom\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 dans les pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>, qui ne se d\u00e9veloppent plus, car les pays <i>\u00e9mergents<\/i> ont entretemps \u00e9merg\u00e9. Il se poursuit et s\u2019approfondit. <\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s occidentales tendent, toutes proportions gard\u00e9es, \u00e0 ressembler \u00e0 celles des <i>pays \u00e9mergents<\/i>, \u00e0 tel point que l\u2019on parle de leur <i>tiersmondisation<\/i>. Les <i>classes moyennes<\/i>, cette notion floue qui recouvre des r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes, tendent \u00e0 se d\u00e9velopper dans les pays <i>\u00e9mergents<\/i>, et leur ascension est stopp\u00e9e en Occident, tout en commen\u00e7ant \u00e0 se d\u00e9liter par le bas. <\/p>\n<p>Ce qui y \u00e9merge, ce n\u2019est plus l&rsquo;extension de la prol\u00e9tarisation qui \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment observ\u00e9e, mais le renforcement d&rsquo;une pr\u00e9carisation qui s\u2019\u00e9tend. L\u2019affirmation de soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 deux niveaux. Celle d\u2019en haut et celle d\u2019en bas. La formelle et l\u2019informelle. S&rsquo;il existe une <i>informalit\u00e9 du haut<\/i> et une autre <i>du bas<\/i>, elle correspond en bas \u00e0 un r\u00e9flexe de survie, et en haut de protection. Les marchandises tombent du camion, ou bien portent de fausses \u00e9tiquettes\u00a0; le paradis est fiscal et les r\u00e9sidences priv\u00e9es bien gard\u00e9es par des vigiles qui n&rsquo;ont pas toujours leur carte de travail. <\/p>\n<p>Le r\u00f4le de l\u2019Etat est amoindri, celui des soci\u00e9t\u00e9s informelles se d\u00e9veloppe. Le travail au noir et les petits boulots en marge de la l\u00e9galit\u00e9 se d\u00e9veloppent dans nos cit\u00e9s ; les plus riches se replient derri\u00e8re les murs qu\u2019ils \u00e9l\u00e8vent, dans un monde \u00e0 part. Comme l\u2019analyse des soci\u00e9t\u00e9s <i>\u00e9mergentes<\/i> le montre, les deux mondes formels et informels se c\u00f4toient, indispensables l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, \u00e9troitement enchev\u00eatr\u00e9s.<\/p>\n<p>Une oligarchie qui ne conna\u00eet pas les fronti\u00e8res s\u2019est entretemps renforc\u00e9e. Aux commandes des activit\u00e9s financi\u00e8res et des grandes compagnies transnationales ainsi que des Etats. L\u2019activit\u00e9 politique a \u00e9t\u00e9 investie par l\u2019argent et la corruption, la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative devenue formelle, les centres du pouvoir r\u00e9el lui \u00e9chappant.<\/p>\n<p>Mais l\u2019av\u00e8nement de ce nouveau monde, dont la description pourrait \u00eatre poursuivie pour ne pas s\u2019en tenir \u00e0 ces grands traits, n\u2019est pas sans accidents de parcours, comme on peut le constater. Coexistent dans la transition en cours ce qui \u00e0 la fois socialement le pr\u00e9figure sous sa forme plus achev\u00e9e et ce qui lui est dans la pratique oppos\u00e9. La fin du film n\u2019est pas \u00e9crite. Dans l\u2019imm\u00e9diat, l\u2019implosion du syst\u00e8me se poursuit&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comment ne pas \u00eatre fascin\u00e9 par le double compte \u00e0 rebours engag\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique\u00a0? Des n\u00e9gociations au finish s\u2019y d\u00e9roulent au bord de ce qui est d\u00e9crit comme un pr\u00e9cipice, leur issue jusqu&rsquo;au dernier moment incertaine. Des plans fusent de tous c\u00f4t\u00e9s, suscitant plus de questions qu\u2019ils n\u2019apportent de r\u00e9ponses, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,307],"tags":[],"class_list":["post-26422","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26422"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26422\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47269,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26422\/revisions\/47269"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}