{"id":26658,"date":"2011-07-26T15:30:18","date_gmt":"2011-07-26T13:30:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26658"},"modified":"2013-01-02T14:37:21","modified_gmt":"2013-01-02T13:37:21","slug":"lactualite-de-la-crise-les-faits-sont-tetus-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/26\/lactualite-de-la-crise-les-faits-sont-tetus-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LES FAITS SONT T\u00caTUS <\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le torchon br\u00fble aux \u00c9tats-Unis et le feu couve en Europe. La simultan\u00e9it\u00e9 de ces deux crises sp\u00e9cifiques exprime au mieux l&rsquo;entr\u00e9e de l&rsquo;ensemble dans un deuxi\u00e8me paroxysme et l&rsquo;accentue.<\/p>\n<p>En Europe, on d\u00e9couvre tr\u00e8s vite que le nouveau <em>sauvetage<\/em> a \u00e9t\u00e9 taill\u00e9 a minima, ce que <em>les march\u00e9s<\/em> ne manquent pas de faire savoir \u00e0 leur mani\u00e8re. Moody\u2019s menace de faire descendre le dernier cran \u00e0 la note grecque. Implacable, le thermom\u00e8tre des taux obligataires et des spreads monte et rejoint les maxima d\u2019avant le sommet. L\u2019Espagne et l\u2019Italie sont droit dans le collimateur, sonnant la fin des demi-mesures prises \u00e0 la sauvette et du th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombre. Les \u00e9missions \u00e0 court terme des deux pays de ce matin sont sans ambigu\u00eft\u00e9s : les taux ont grimp\u00e9. <\/p>\n<p>La mise en place des \u00e9changes de titres avec les banques, sous l\u2019\u00e9gide du gouvernement grec et l\u2019Institute of International Finance, va commencer d\u00e9but ao\u00fbt et va permettre &#8211; pour ce que l\u2019on en saura &#8211; de mieux conna\u00eetre les d\u00e9tails de ce qui est pudiquement d\u00e9nomm\u00e9 <i>les proc\u00e9dures<\/i>. La navigation va \u00eatre au plus pr\u00e8s. <\/p>\n<p><!--more-->Le montage financier mis en place avec le Fonds de stabilisation (FESF) pour financer les <em>plans de sauvetage<\/em> est condamn\u00e9 \u00e0 imploser. Il est pr\u00e9vu que le Bundestag discute de son avenir \u00e0 l\u2019automne, de mani\u00e8re s\u2019annon\u00e7ant tr\u00e8s houleuse, sous la forme de l\u2019av\u00e8nement du MES (M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9), mais ce nouveau dispositif construit sur le m\u00eame mod\u00e8le est d\u00e9j\u00e0 en retard d\u2019un train. Les partisans de l\u2019\u00e9mission d\u2019euro-obligations, dont les rangs grossissent, pensent que le temps travaille pour eux.<\/p>\n<p>En attribuant au FESF de nouvelles missions pour soulager la BCE, on a d\u00e9plac\u00e9 le probl\u00e8me sans le r\u00e9soudre, on l\u2019a m\u00eame accentu\u00e9. L\u2019\u00e9chafaudage que repr\u00e9sente un <em>v\u00e9hicule sp\u00e9cial<\/em> charg\u00e9 d\u2019op\u00e9rer de gigantesques pr\u00eats et dont les financements reposent principalement sur des garanties d\u2019\u00c9tat a atteint ses limites. La question n\u2019est plus d\u2019augmenter l\u2019enveloppe financi\u00e8re \u00e0 sa disposition, comme de plus en plus envisag\u00e9, mais de revoir int\u00e9gralement la copie.<\/p>\n<p>Deux raisons vont l\u2019imposer\u00a0: la n\u00e9cessit\u00e9 de sauver du naufrage l\u2019Espagne et l\u2019Italie &#8211; et toute la zone euro avec eux &#8211; ainsi que l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019emprunter sur le march\u00e9 en s\u2019appuyant sur la seule garantie de l\u2019Allemagne et de la France, la notation de celle-ci n\u2019\u00e9tant pas grav\u00e9e dans le marbre. Passons sur le diff\u00e9rentiel qui s\u2019amenuise entre le taux auquel le FESF emprunte et celui auquel il pr\u00eate.<\/p>\n<p>A court terme, une difficult\u00e9 de derni\u00e8re heure vient par ailleurs de survenir, qui menace le plan lui-m\u00eame. \u00ab\u00a0Le FMI continuera de jouer son r\u00f4le\u00a0\u00bb a affirm\u00e9 de mani\u00e8re sibylline Christine Lagarde, sa directrice g\u00e9n\u00e9rale, laissant planer l\u2019incertitude sur la d\u00e9cision de l\u2019institution de co-financer le nouveau plan europ\u00e9en. Amenant Charles Dallara, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Institute for International Finance (IIF), mont\u00e9 en premi\u00e8re ligne pour y rester, \u00e0 d\u00e9clarer, depuis Washington \u00e9galement\u00a0: \u00ab\u00a0Je pense que non seulement notre offre ne serait plus valide [si le FMI ne suivait pas], mais le plan Marshall et le programme du FMI pour la Gr\u00e8ce ne le seraient pas non plus.\u00a0\u00bb C\u2019est pour le moins une amicale pression sur le FMI, \u00e0 se demander m\u00eame qui commande.<\/p>\n<p>Symbole des plus frappants, un nouveau personnage est d\u00e9sormais au premier plan : le repr\u00e9sentant attitr\u00e9 des m\u00e9ga-banques. Qui le nouveau ministre des finances grec, Evang\u00e9los V\u00e9niz\u00e9los, vient-il hier de rencontrer \u00e0 Washington\u00a0? Timothy Geithner, Christine Lagarde&#8230; et Charles Dallara !<\/p>\n<p>En tournant et retournant <em>le paquet europ\u00e9en<\/em> pour le scruter sous tous les angles, en raison de la confusion qui s\u2019est instaur\u00e9e sur les chiffrages de l\u2019aide effective \u00e0 la Gr\u00e8ce qu\u2019il repr\u00e9sente. Hugo Dixon, un journaliste de Reuters, s\u2019est essay\u00e9 \u00e0 calculer l\u2019\u00e9volution du ratio dette\/PIB en r\u00e9sultant, qui exprime au mieux la capacit\u00e9 de remboursement d\u2019un pays. Sa conclusion est que, tous effets confondus et sur la base des hypoth\u00e8ses m\u00eames de l\u2019IIF, celui-ci va se d\u00e9t\u00e9riorer au lieu de s\u2019am\u00e9liorer&#8230; Car il faut prendre en compte les cons\u00e9quences de ce que les financiers appellent le <em>credit enhancement<\/em>, les garanties de toutes natures &#8211; assurance, collat\u00e9ral, etc&#8230;- que la Gr\u00e8ce va apporter \u00e0 ses pr\u00eateurs afin de les compenser d\u2019\u00e9ventuelles nouvelles pertes. Des dispositions sur lesquelles on ne s\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9ment \u00e9tendu.<\/p>\n<p>Plus petite mais lourde de cons\u00e9quences si elle s\u2019\u00e9largit, une autre fuite a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e \u00e0 la barque. La Compagnie nationale des commissaires aux comptes fran\u00e7ais vient d\u2019estimer n\u00e9cessaire que les \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nements\u00a0\u00bb li\u00e9s \u00e0 l\u2019application du plan europ\u00e9en soient pris en compte dans les comptes arr\u00eat\u00e9s au 30 juin 2011, dont la communication devrait intervenir d\u00e9but du mois prochain. Cette anodine disposition comptable a comme effet que la perte de valeur des obligations grecques d\u00e9cot\u00e9es de 21 % va devoir \u00eatre inscrite et faire l\u2019objet d\u2019une provision correspondante \u00e0 cette date, en diminution des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Mais cette noble association &#8211; qui regroupe les 14.500 commissaires aux comptes que compte le pays (!) &#8211; va plus loin et manifeste ouvertement les inqui\u00e9tudes qui se sont d\u2019ailleurs traduites par un examen de la situation en cours \u00e0 Bruxelles, en plus discret. A la demande des banques, la discussion porte sur un \u00e9talement des provisions, ce que les comptables ne veulent pas avaliser, car lorsqu\u2019un risque est identifi\u00e9, les r\u00e8gles comptables g\u00e9n\u00e9rales imposent de le prendre en compte sans d\u00e9lais&#8230;<\/p>\n<p>Ces emp\u00eacheurs de tourner en rond soulignent l&rsquo;importance d&rsquo;\u00ab\u00a0une information compl\u00e8te sur l\u2019exposition aux risques souverains ainsi que sur les estimations retenues en mati\u00e8re de valorisation des actifs\u00a0\u00bb. Ce que les stress tests ont fait timidement rentrer par la porte de service, en se contentant de rendre public des informations de base, sans les prendre en compte, les comptables veulent le faire par la porte de devant, en les int\u00e9grant dans les comptes des banques.<\/p>\n<p>Chacun, dans l\u2019imm\u00e9diat, r\u00e9agit comme il peut et de la place o\u00f9 il se trouve. Christian Noyer, gouverneur de la banque de France, se r\u00e9jouit pour sa part de la concr\u00e9tisation \u00e0 venir d\u2019un pacte de stabilit\u00e9 plus strict et de l\u2019av\u00e8nement de sanctions automatiques en cas de non respect de celui-ci. Il exprime ainsi non seulement sa vision singuli\u00e8re du renforcement de l\u2019Europe, mais la n\u00e9cessit\u00e9 devant laquelle se trouve le gouvernement fran\u00e7ais d\u2019entrer sans plus attendre dans le vif du sujet, c\u2019est \u00e0 dire d&rsquo;adopter de nouvelles mesures destin\u00e9es \u00e0 conforter la note AAA de ses finances publiques. Ce que les financiers appellent dans leur langue d\u00e9tourn\u00e9e la <em>consolidation budg\u00e9taire<\/em>. <\/p>\n<p>D\u00e9ja engag\u00e9e, l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 va gagner la France. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 un coup de rabot sur les niches fiscales va \u00eatre pass\u00e9, dans l\u2019intention manifeste de rendre moins douloureux l\u2019effort en le r\u00e9partissant entre ceux qui vont devoir l&rsquo;accomplir. De l\u2019autre, c&rsquo;est le volet politique : Nicolas Sarkozy en appelle au d\u00e9passement des \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats partisans\u00a0\u00bb pour justifier l\u2019adoption de la <i>r\u00e8gle d\u2019or budg\u00e9taire<\/i>. Des roublardises, tout au plus. <\/p>\n<p>Allianz, la m\u00e9ga-assurance europ\u00e9enne, tire d\u2019autres conclusions. Elle vient d\u2019annoncer qu\u2019elle allait diversifier son \u00e9norme portefeuille de 150 milliards d\u2019euros. Abandonnant les obligations souveraines pour investir dans les obligations \u00e9mises par les grandes entreprises ou par les <em>pays \u00e9mergents<\/em>, et enfin dans les <em>covered bonds<\/em> (obligations s\u00e9curis\u00e9es), dont les banques sont friandes. Ce sont des instruments financiers appartenant \u00e0 la famille de la titrisation, mais qui sont adoss\u00e9s \u00e0 des actifs de qualit\u00e9 et non sortis du bilan de l\u2019\u00e9metteur, qui apportent de fortes garanties aux investisseurs. En annon\u00e7ant la r\u00e9orientation de sa strat\u00e9gie d\u2019investissement, Allianz offre une vision \u00e9clairante et \u00e0 retenir des nouveaux points d\u2019appui de la finance.<\/p>\n<p>Enfin, \u00e9galement signal\u00e9 par la lettre de qualit\u00e9 \u00e9dit\u00e9e de Bruxelles par Susanne Mundschenk et Wolfgang M\u00fcnchau, <em>Eurointelligence<\/em> \u00e0 qui ce billet doit beaucoup, la banque irlandaise Allied Irish Bank vient de s\u2019engager sur une voie toute nouvelle cr\u00e9ant un pr\u00e9c\u00e9dent. Principal pr\u00eateur sur le march\u00e9 hypoth\u00e9caire, elle va utiliser en partie les financements publics qui lui ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s pour se renflouer afin de soulager non pas ses comptes mais ses clients, prenant donc le probl\u00e8me \u00e0 la base. Elle ouvre ainsi en Europe la porte \u00e0 une autre politique &#8211; destin\u00e9e ou non \u00e0 \u00eatre suivie &#8211; dans les autres pays o\u00f9 une bulle immobili\u00e8re \u00e9norme a \u00e9clat\u00e9, en premier lieu en Espagne. Il faudra toutefois examiner, vu les d\u00e9convenues des plans de restructuration de pr\u00eats immobiliers am\u00e9ricains, la r\u00e9alit\u00e9 des r\u00e9sultats irlandais.<\/p>\n<p>M\u00eame r\u00e9affirm\u00e9e sous une version se pr\u00e9tendant adoucie, la strat\u00e9gie de r\u00e9sorption de la dette reposant d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 sur la lente remont\u00e9e de la pente par le syst\u00e8me financier, \u00e0 qui il est laiss\u00e9 les coud\u00e9es franches, et de l&rsquo;autre la brutale r\u00e9duction du d\u00e9ficit public par les \u00c9tats, n&rsquo;est pas plus qu&rsquo;hier tenable. C&rsquo;est devant cet obstacle que sont toujours plac\u00e9s les dirigeants europ\u00e9ens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le torchon br\u00fble aux \u00c9tats-Unis et le feu couve en Europe. 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