{"id":26745,"date":"2011-07-29T12:57:19","date_gmt":"2011-07-29T10:57:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26745"},"modified":"2013-01-02T14:37:17","modified_gmt":"2013-01-02T13:37:17","slug":"lactualite-de-la-crise-ils-ne-changeront-donc-jamais-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/07\/29\/lactualite-de-la-crise-ils-ne-changeront-donc-jamais-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>ILS NE CHANGERONT DONC JAMAIS !<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019une pause estivale, dont les Europ\u00e9ens pourraient b\u00e9n\u00e9ficier, n\u2019\u00e9tait pas une bonne id\u00e9e. Les <i>march\u00e9s<\/i> continuent de manifester leur scepticisme \u00e0 propos du plan qui leur a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 en p\u00e2ture, quand ce n\u2019est pas leur app\u00e9tit pour de nouvelles proies. Surtout, elle ne tenait pas compte de l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration de la crise de la dette made in USA, qui tient \u00e0 juste titre la vedette et dont tous les commentateurs cherchent \u00e0 cerner \u00e0 l&rsquo;aveuglette les effets, faute de pr\u00e9c\u00e9dent et en raison de la complexit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chafaudage financier mondial. <\/p>\n<p>A peine a-t-il \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9, l\u2019entr\u00e9e en application du plan europ\u00e9en lui-m\u00eame fait question. Pris dans l\u2019engrenage de la hausse de leur taux obligataires, les pays de la zone des temp\u00eates &#8211; ou ceux qui s\u2019en rapprochent du bord &#8211; doivent engager de nouvelles mesures de rigueur qui vont encore faire baisser leur capacit\u00e9 \u00e0 diminuer leur d\u00e9ficit. On court apr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements qui se succ\u00e8dent \u00e0 un rythme \u00e9lev\u00e9. <\/p>\n<p><!--more-->Venant de l\u2019ext\u00e9rieur, une menace n\u2019est pas encore lev\u00e9e. L\u2019implication du FMI dans le deuxi\u00e8me <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce n\u2019est toujours pas formellement acquise. \u00ab\u00a0Il y a \u00e0 bord le sentiment que nous sommes sur le m\u00eame bateau mais que nous n\u2019avons pas beaucoup de prise sur les d\u00e9cisions et que nous sommes li\u00e9s par les erreurs des Europ\u00e9ens\u00a0\u00bb a d\u00e9clar\u00e9 une source anonyme du FMI \u00e0 Reuters, exprimant un malaise perceptible. <\/p>\n<p>Venant de l\u2019int\u00e9rieur, les signaux annon\u00e7ant de nouveaux obstacles s\u2019accumulent. Le m\u00eame cycle de nouvelles alarmantes a repris\u00a0: quand une agence ne baisse pas \u00e0 nouveau sa note d\u2019un pays, <i>les march\u00e9s<\/i> sanctionnent une \u00e9mission obligataire par une hausse des taux. L\u2019Espagne et l\u2019Italie, prochaines victimes toutes trouv\u00e9es, en font irr\u00e9sistiblement les frais. <\/p>\n<p>Moody\u2019s est \u00e0 la manoeuvre en Espagne, qui prend de l&rsquo;avance dans sa course avec l&rsquo;Italie vers le pr\u00e9cipice, annon\u00e7ant successivement qu\u2019elle envisageait de baisser la note du pays, de six r\u00e9gions et des trois principales banques ainsi que de la Conf\u00e9d\u00e9ration des caisses d\u2019\u00e9pargne (les Cajas). Santander, num\u00e9ro un de la zone euro, a de son c\u00f4t\u00e9 d\u00fb reporter \u00e0 l\u2019ann\u00e9e prochaine l\u2019introduction en bourse de deux de ses filiales \u00e9trang\u00e8res, au vu des conditions de march\u00e9. <\/p>\n<p>L\u2019agence de notation a assorti son annonce d\u2019une \u00e9ventuelle prochaine d\u00e9gradation de la note espagnole d\u2019une explication alarmante et significative\u00a0: le plan grec a \u00ab\u00a0cr\u00e9\u00e9 un pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0\u00bb en impliquant le secteur priv\u00e9, ce qui marque un accroissement du risque pour les investisseurs d\u2019obligations des pays fragiles de la zone euro.<\/p>\n<p>Extr\u00eamement endett\u00e9es, les 17 r\u00e9gions espagnoles, d\u00e9sormais toutes sauf une aux mains de l\u2019opposition qui criaient au loup \u00e0 propos de leur d\u00e9ficit pour maintenant se taire apr\u00e8s leur victoire, ont pris l\u2019engagement de limiter leur budget. Mais cette mesure <i>contre-cyclique<\/i> est destin\u00e9e \u00e0 entrer en vigueur quand l\u2019\u00e9conomie commencera sa reprise, d\u2019apr\u00e8s Elena Salgado, ministre des finances. Cela servira donc pour le coup d\u2019apr\u00e8s et n\u2019a pas rassur\u00e9 les agences, dont Moody\u2019s, qui dans un premier temps a exprim\u00e9 la crainte que les r\u00e9gions ne ratent leurs objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit, pour ensuite abaisser d\u2019un cran les notes de six r\u00e9gions, dont la Catalogne, la plus riche. <\/p>\n<p>Enfin, le gouvernement espagnol semble emp\u00eatr\u00e9 dans son plan de recapitalisation priv\u00e9-public des Cajas, une derni\u00e8re introduction en bourse de l\u2019une d\u2019entre elles ne pouvant se faire qu\u2019au prix d\u2019une tr\u00e8s forte d\u00e9valorisation, afin de baisser le cours d\u2019introduction de ses actions propos\u00e9es \u00e0 l\u2019achat. <\/p>\n<p>Le taux des obligations espagnoles \u00e0 dix ans a hier jeudi d\u00e9pass\u00e9 la barre des 6%. Jos\u00e9 Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement, s&rsquo;appr\u00eate selon la presse \u00e0 annoncer des \u00e9lections l\u00e9gislatives anticip\u00e9es<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 italien, les taux se sont envol\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion de plusieurs \u00e9missions intervenues depuis le d\u00e9but de la semaine. Le co\u00fbt de refinancement (roll-over) de l\u2019\u00e9norme dette italienne de 1.900 milliards d\u2019euros ne cesse d\u2019augmenter. Le taux des obligations \u00e0 dix ans &#8211; index\u00e9es sur l\u2019inflation en zone euro &#8211; est sorti \u00e0 4,07% hier jeudi contre 2,51% le 27 mai dernier. Les valeurs bancaires continuent de chuter \u00e0 la Bourse de Milan. <\/p>\n<p>Pourtant, un nouveau plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de 48 milliards d\u2019euros avait \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 en urgence le 15 juillet dernier, sans effet. <\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 mieux servie, les trois grandes agences l\u2019ayant depuis le sommet europ\u00e9en d\u00e9grad\u00e9e ou menac\u00e9 de le faire, pla\u00e7ant dans l\u2019imm\u00e9diat sa note un cran au-dessus du d\u00e9faut de paiement dans l\u2019\u00e9chelle. Le taux grec \u00e0 10 ans continue de monter, en d\u00e9pit de l\u2019annonce du plan de <i>sauvetage<\/i>, atteignant hier 14,435%&#8230;<\/p>\n<p>En provenance d\u2019Allemagne un autre signal est envoy\u00e9, qui fait douter de la suite pr\u00e9visible des op\u00e9rations de sauvetage. Tout \u00e0 son d\u00e9sir de minimiser l\u2019impact politique interne des engagements pris par son gouvernement, Wolfgang Scha\u00fcble, le ministre allemand des finances, a \u00e9crit dans une lettre aux parlementaires de la majorit\u00e9 de coalition qu\u2019il n\u2019avait pas \u00ab\u00a0sign\u00e9 un ch\u00e8que en blanc\u00a0\u00bb au Fonds de stabilisation financi\u00e8re europ\u00e9en (FSFE) pour des rachats obligataires de grande ampleur sur le march\u00e9 secondaire. Longtemps refus\u00e9e par les Allemands, cette nouvelle mission du FSFE sera, selon lui, \u00ab\u00a0encadr\u00e9e tr\u00e8s \u00e9troitement\u00a0\u00bb. <i>Les march\u00e9s<\/i> n\u2019ont pas failli \u00e0 r\u00e9agir, imprimant aux taux de nouvelles hausses. <\/p>\n<p>Indicateur nerveux de leurs <i>\u00e9tats d\u2019\u00e2me<\/i>, les indices vedette des places boursi\u00e8res europ\u00e9ennes chutaient d\u00e8s ce vendredi matin \u00e0 l\u2019ouverture. <\/p>\n<p>Les facteurs d\u2019inqui\u00e9tude ne s\u2019arr\u00eatent en effet pas l\u00e0. Le nouveau plan est assorti de trop de zones d\u2019ombre, \u00e0 commencer par la participation effective des \u00e9tablissements financiers, dont l\u2019effort est pr\u00e9sent\u00e9 sous un jour trompeur pour des raisons politiques. 54 milliards d\u2019euro sont \u00e9voqu\u00e9s, mais on ne sait toujours pas tr\u00e8s bien comment ils sont comptabilis\u00e9s et ce qu\u2019ils recouvrent effectivement. Ils semblent additionner des pommes et des poires, une d\u00e9cote dans certains cas et dans l\u2019autre l\u2019effet sur les trois ann\u00e9es \u00e0 venir du r\u00e9\u00e9chelonnement des remboursements. <\/p>\n<p>En brandissant flatteusement une participation des \u00e9tablissements fran\u00e7ais de 15 milliards d\u2019euros, le ministre Fran\u00e7ois Baroin n&rsquo;a pas d\u00e9crit leur effort mais le montant facial des titres qu\u2019elles vont \u00e9changer, suivant les diff\u00e9rentes options qui leur sont propos\u00e9es. Pour m\u00e9moire, ils en valent sur le march\u00e9 moiti\u00e9 moins, ce qui est une belle incitation \u00e0 entrer dans le dispositif plus que l&rsquo;expression d&rsquo;un grand sacrifice\u00a0! Selon Fran\u00e7ois P\u00e9rol, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration bancaire fran\u00e7aise, l&rsquo;effort effectif serait de trois milliards <\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cran de fum\u00e9e s\u2019est vite dissip\u00e9 pour <i>les march\u00e9s<\/i>, qui ne s\u2019en laissent pas si facilement compter. Les questions affluent \u00e0 propos du danger de r\u00e9intervention des \u00e9tablissements financiers au sauvetage \u00e9ventuel d\u2019un nouveau pays, des moyens financiers insuffisants du FSFE au regard de ses missions \u00e9largies, et enfin du temps que va prendre la mise en \u0153uvre des diff\u00e9rentes composantes du plan, qui suppose notamment son adoption par les Parlements des pays de la zone euro, exercice dans certains cas p\u00e9rilleux. <\/p>\n<p>D\u2019autres interrogations se font jour. En relation avec ce qui est devenu une tarte \u00e0 la cr\u00e8me \u00e0 la recette inconnue : les progr\u00e8s estim\u00e9s indispensables de la <i>gouvernance \u00e9conomique<\/i> et du <i>f\u00e9d\u00e9ralisme \u00e9conomique<\/i>. Et, pour aller plus loin, mais du bout des doigts, \u00e0 propos de la pertinence du ratio du d\u00e9ficit de 3% par rapport au PIB&#8230; Une piste plus prometteuse mais \u00f4 combien escarp\u00e9e. <\/p>\n<p>Les progr\u00e8s de deux volets du plan sont scrut\u00e9s de pr\u00e8s. Les conditions dans lesquelles le plan de privatisation grec va \u00eatre lanc\u00e9, ainsi que son calendrier. Le gouvernement grec r\u00e9siste en effet \u00e0 ce qu\u2019il aboutisse \u00e0 un bradage des joyaux de sa couronne. Ainsi que les proc\u00e9dures d\u00e9taill\u00e9es et la dur\u00e9e des \u00e9changes des titres de la dette grecque avec ses d\u00e9tenteurs priv\u00e9s. Des repr\u00e9sentants de l\u2019Institute of International Finance (IIF), dont le r\u00f4le central n\u2019est plus \u00e0 relever, sont \u00e0 Ath\u00e8nes pour superviser l\u2019ensemble. <\/p>\n<p>Tout additionn\u00e9, que reste-t-il du magnifique plan europ\u00e9en\u00a0? On se croit revenu au temps des G20 mirifiques qui faisaient valser les milliers de milliards de dollars et annon\u00e7aient une r\u00e9gulation financi\u00e8re que l&rsquo;on allait voir. Ils ne changeront jamais ! <\/p>\n<p>Devant l&rsquo;\u00e9vidence si ce n&rsquo;est l&rsquo;obstacle, en route vers un nouveau plan, Fran\u00e7ois Baroin et Wolfgang Scha\u00fcble ont expliqu\u00e9 ce matin dans un article cosign\u00e9 publi\u00e9 par le Financial Times qu&rsquo;il fallait augmenter les moyens du Fonds de stabilisation financi\u00e8re&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019une pause estivale, dont les Europ\u00e9ens pourraient b\u00e9n\u00e9ficier, n\u2019\u00e9tait pas une bonne id\u00e9e. Les <i>march\u00e9s<\/i> continuent de manifester leur scepticisme \u00e0 propos du plan qui leur a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 en p\u00e2ture, quand ce n\u2019est pas leur app\u00e9tit pour de nouvelles proies. 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