{"id":26945,"date":"2011-08-02T22:11:35","date_gmt":"2011-08-02T20:11:35","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=26945"},"modified":"2013-01-02T14:36:51","modified_gmt":"2013-01-02T13:36:51","slug":"pourquoi-convoquer-un-nouveau-bretton-woods-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/08\/02\/pourquoi-convoquer-un-nouveau-bretton-woods-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"<b>POURQUOI CONVOQUER UN NOUVEAU BRETTON WOODS<\/b>, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<h3>Solder les dettes pour reconstruire<\/h3>\n<p>Le premier Bretton Woods fut convoqu\u00e9 en 1944 pour ent\u00e9riner la proposition n\u00e9goci\u00e9e entre les \u00c9tats-Unis et la Grande-Bretagne du nouvel ordre mon\u00e9taire international. Le nouvel empire et l&rsquo;ancien empire sont alli\u00e9s dans la guerre. Mais les \u00c9tats-Unis sont cr\u00e9anciers du monde\u00a0; ils ont\u00a0 financ\u00e9 tous les vainqueurs. Le probl\u00e8me de la guerre qui va s&rsquo;achever est le remboursement des dettes.<\/p>\n<p>L&rsquo;essentiel du stock d&rsquo;or mondial a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 aux \u00c9tats-Unis en garantie des cr\u00e9dits accord\u00e9s en armements et autres approvisionnements aux bellig\u00e9rants. Il ne sera pas possible de rembourser les \u00c9tats-Unis en or mais exclusivement en exportations de biens et services. Les accords de Bretton Woods ent\u00e9rinent la d\u00e9mon\u00e9tisation de l&rsquo;or comme moyen de paiement international. Le dollar comme titre de cr\u00e9ance sur le syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tatsunien de r\u00e9serve devient monnaie de r\u00e8glement international.<\/p>\n<p>A Bretton Woods, les \u00c9tats-Unis ach\u00e8tent au monde libre la fonction de banque centrale mondiale contre l&rsquo;annulation ou la restructuration des dettes. Les dettes internationales originellement remboursables en or sont d\u00e9sormais remboursables en dollar. Le principe de la mon\u00e9tisation internationale des dettes est officiellement adopt\u00e9\u00a0: la loi financi\u00e8re \u00e9tatsunienne s&rsquo;applique au monde entier.<\/p>\n<p>La mon\u00e9tisation en dollar des dettes internationales permet d&rsquo;\u00e9conomiser du temps pour se consacrer aux urgences\u00a0: toutes les ressources \u00e9conomiques sont consacr\u00e9es \u00e0 la reconstruction plut\u00f4t qu&rsquo;au remboursement des dettes. Les alli\u00e9s des \u00c9tats-Unis fixent le taux de change de leur monnaie \u00e0 un niveau qui leur permette d&rsquo;importer des biens d&rsquo;investissement puis de r\u00e9exporter leur valeur ajout\u00e9e avec un petit surplus commercial.<\/p>\n<p>La n\u00e9gociation des changes sous l&rsquo;\u00e9gide du Fonds Mon\u00e9taire International (FMI) veille \u00e0 ce que le prix du travail d&rsquo;un pays commercialement d\u00e9ficitaire soit abaiss\u00e9 en dessous du prix du travail aux \u00c9tats-Unis\u00a0; afin que les emprunts internationaux tendent \u00e0 se rembourser par des exc\u00e9dents commerciaux. La valeur des monnaies est fond\u00e9e sur le plein emploi international des ressources de travail.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h3>Basculement dans l&rsquo;anarchie du cr\u00e9dit<\/h3>\n<p>Le syst\u00e8me de Bretton Woods s&rsquo;av\u00e8re efficace tant que les \u00c9tats-Unis sont cr\u00e9anciers nets du monde. L&rsquo;ajustement des parit\u00e9s de change par le co\u00fbt relatif du travail est universellement admis. Il est normal que les salaires des cr\u00e9anciers soient plus \u00e9lev\u00e9s que ceux des d\u00e9biteurs. Dans les ann\u00e9es soixante, l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;Europe du Nord d\u00e9passe celle des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis perdent alors leur l\u00e9gitimit\u00e9 de banquier central mondial fixant les limites du cr\u00e9dit international et les parit\u00e9s de change. Comme les Europ\u00e9ens rach\u00e8tent leur pouvoir d&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire international en \u00e9changeant leurs dollars contre l&rsquo;or de la R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis, le Pr\u00e9sident Nixon suspend la convertibilit\u00e9 du dollar en or.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais le prix de l&rsquo;or devient libre dans toute monnaie. Tout pays a le droit d&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire internationale. Les Europ\u00e9ens tentent de coordonner leurs politiques mon\u00e9taires afin que leur concurrence internationale ne provoque pas une instabilit\u00e9 des changes et des \u00e9changes intra-europ\u00e9ens. L&rsquo;inflation mondiale explose par les d\u00e9ficits commerciaux \u00e9tatsuniens r\u00e9gl\u00e9s en dollar.<\/p>\n<p>L&rsquo;abandon de l&rsquo;\u00e9talon-or est en fait une renonciation \u00e0 toute r\u00e9gulation internationale du cr\u00e9dit. Les banques centrales nationales ajustent leur \u00e9mission mon\u00e9taire en fonction de leur appr\u00e9ciation de la valeur r\u00e9elle des cr\u00e9dits domestiques. L&rsquo;\u00e9mission excessive de monnaie par rapport \u00e0 la solvabilit\u00e9 r\u00e9elle des emprunteurs notamment publics provoque une augmentation g\u00e9n\u00e9rale du niveau des prix.<\/p>\n<p>L&rsquo;accroissement g\u00e9n\u00e9ral des r\u00e9serves de change en dollar favorise l&rsquo;\u00e9mission de dettes bancaires en monnaie nationale. Le faible co\u00fbt de la liquidit\u00e9 incite \u00e0 des distributions de revenus sur-anticip\u00e9es sur la production r\u00e9elle. Les emprunteurs publics ou en position monopolistique d\u00e9valuent eux-m\u00eames leurs dettes par la hausse de leurs prix qui r\u00e9\u00e9value leurs capacit\u00e9s de remboursement r\u00e9elles.<\/p>\n<p>L&rsquo;ajustement de la masse mon\u00e9taire \u00e0 la masse des cr\u00e9dits est mesurable \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des fronti\u00e8res politiques mais pas \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur. Dans les \u00e9changes internationaux, si les cr\u00e9anciers accumulent trop de d\u00e9p\u00f4ts dans une monnaie nationale, les d\u00e9biteurs sont d\u00e9valu\u00e9s par le march\u00e9 des changes. Mais ce march\u00e9 est improvis\u00e9\u00a0: il ignore toute r\u00e8gle internationale d&rsquo;anticipation des parit\u00e9s par la solvabilit\u00e9 des emprunteurs.<\/p>\n<p>Le flottement sans loi de cr\u00e9dit des monnaies les unes par rapport aux autres accorde un avantage financier aux ensembles \u00e9conomiques int\u00e9gr\u00e9s. En l&rsquo;absence de crit\u00e8re rationnel de l\u00e9galit\u00e9 internationale du cr\u00e9dit, la confiance des cr\u00e9anciers internationaux va aux monnaies adoss\u00e9es aux \u00e9conomies domestiques les plus larges ou les plus dynamiques. Mais la juste proportionnalit\u00e9 entre une masse mon\u00e9taire nationale et les biens et services mondiaux qu&rsquo;elle permet d&rsquo;acheter dans la dur\u00e9e n&rsquo;est pas mesurable ni v\u00e9rifiable.<\/p>\n<h3>Av\u00e8nement et chute de la dictature financi\u00e8re internationale<\/h3>\n<p>Le privil\u00e8ge des \u00c9tats-Unis de r\u00e9gler ses dettes internationales par l&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire nationale est disput\u00e9 par les nouvelles grandes puissances. L&rsquo;euro est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 cette fin. Mais la d\u00e9r\u00e9gulation des changes et la d\u00e9r\u00e9glementation du contr\u00f4le public du cr\u00e9dit livre le contr\u00f4le de la cr\u00e9ation mon\u00e9taire aux op\u00e9rateurs financiers internationaux priv\u00e9s.<\/p>\n<p>La forte croissance du commerce international stimul\u00e9e par le cr\u00e9dit non r\u00e9gul\u00e9 donne au syst\u00e8me bancaire international la responsabilit\u00e9 de comptabiliser les dettes internationales. Les banques internationales garantissent la liquidit\u00e9 des cr\u00e9dits internationaux par leurs activit\u00e9s domestiques de cr\u00e9dit et de d\u00e9p\u00f4t. Les positions domestiques donnent acc\u00e8s aux liquidit\u00e9s des banques centrales.<\/p>\n<p>Le fait majeur est la subordination financi\u00e8re des \u00c9tats devenus massivement emprunteurs. La croissance mondiale non r\u00e9gul\u00e9e du cr\u00e9dit offre une liquidit\u00e9 meilleur march\u00e9 aux autorit\u00e9s publiques que la n\u00e9gociation budg\u00e9taire de la fiscalit\u00e9. La dette f\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis cro\u00eet exponentiellement sans rapport avec les engagements fiscaux des contribuables.<\/p>\n<p>Les dettes publiques sont financ\u00e9es sur les march\u00e9s internationaux arbitr\u00e9s par les banques. Les banques centrales \u00e9mettent de la liquidit\u00e9 sur le r\u00e9escompte de dettes dont personne ne mesure r\u00e9ellement la solvabilit\u00e9 sous-jacente\u00a0; c&rsquo;est \u00e0 dire la capacit\u00e9 de l&#8217;emprunteur \u00e0 produire les biens et services r\u00e9els dont la vente et la fiscalisation remboursera le prix anticip\u00e9 par le cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>La fin du syst\u00e8me financier fond\u00e9 \u00e0 Bretton Woods intervient symboliquement le 2 aout 2011. Les \u00c9tats-Unis ont reconnu qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas et n&rsquo;auront jamais les recettes fiscales suffisantes pour r\u00e9aligner leur dette f\u00e9d\u00e9rale avec la croissance r\u00e9elle des revenus des contribuables \u00e9tatsuniens. Il faut donc reconna\u00eetre une cessation mondiale des paiements sur les dettes.<\/p>\n<h3>De la faillite des banques \u00e0 la faillite des \u00c9tats<\/h3>\n<p>S&rsquo;il n&rsquo;est proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 aucun calcul n\u00e9goci\u00e9 des dettes mondiales non remboursables, le dollar va s&rsquo;effondrer pour r\u00e9ajuster toutes les cr\u00e9ances en dollar \u00e0 la valeur r\u00e9elle de la production \u00e9tatsunienne. La disparition de la confiance dans le dollar obligera les \u00c9tatsuniens \u00e0 r\u00e9gler leurs importations uniquement par des exportations et \u00e0 obtenir des cr\u00e9dits dans les monnaies dont les \u00e9changes sont \u00e9quilibr\u00e9s ou exc\u00e9dentaires.<\/p>\n<p>Le rench\u00e9rissement de l&rsquo;euro par rapport au dollar mettra l&rsquo;\u00e9conomie europ\u00e9enne \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat faute de comp\u00e9titivit\u00e9 internationale. La perte des r\u00e9serves de change de la Chine d\u00e9cr\u00e9dibilisa le gouvernement chinois. Le continent asiatique se d\u00e9composera avec l&rsquo;arr\u00eat de la croissance par les exportations. L&rsquo;effondrement syst\u00e9mique du cr\u00e9dit international suspend la mondialisation et les pouvoirs politiques nationaux dans le vide de la rationalit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>La faillite financi\u00e8re de l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tatsunien signifie la disparition de tout \u00e9talon de cr\u00e9dit international. Il n&rsquo;existe plus de crit\u00e8re objectif autre que l&rsquo;or ou des biens et services r\u00e9els pour mesurer des dettes et des paiements internationaux. Les prix de l&rsquo;or, des mati\u00e8res premi\u00e8res et des biens bruts se revalorisent fortement mais ne garantissent pas la reprise \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Sans cr\u00e9dit international, il n&rsquo;y a plus que des \u00e9conomies nationales limitant leurs \u00e9changes ext\u00e9rieurs aux seules possibilit\u00e9s du troc. La baisse des d\u00e9penses publiques et l&rsquo;augmentation de la fiscalit\u00e9 sur les revenus du travail anticipe la disparition du capital g\u00e9r\u00e9 par le syst\u00e8me financier international en perdition. La disparition de la garantie des finances publiques va obliger les banques \u00e0 imputer les impay\u00e9s sur cr\u00e9dit \u00e0 leurs actionnaires.<\/p>\n<p>Le prix mondial des actifs financiers toxiques sans valeur est tr\u00e8s sup\u00e9rieur au total des fonds propres comptabilis\u00e9s par le syst\u00e8me financier. L&rsquo;effondrement politique et \u00e9conomique des ann\u00e9es trente est en passe de se reproduire pour les m\u00eames causes\u00a0: d\u00e9sint\u00e9gration de la monnaie par l&rsquo;absence de r\u00e8gles internationales de cr\u00e9dit.<\/p>\n<h3>Une base de n\u00e9gociation renouvel\u00e9e<\/h3>\n<p>La diff\u00e9rence majeure de la grande crise du XXI<sup>\u00e8me<\/sup> sur la grande crise du XX<sup>\u00e8me<\/sup> est l&rsquo;int\u00e9gration financi\u00e8re et la disparition des nationalismes totalitaires. Les guerres ne sont plus nationales mais financi\u00e8res. Les fractures ne sont plus entre les nations mais entre les \u00e9lites financi\u00e8res et leurs d\u00e9biteurs. Les premiers mesurent et allouent les ressources et les seconds \u2013 salari\u00e9s et entrepreneurs ind\u00e9pendants \u2013 produisent, ob\u00e9issent et consomment.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration financi\u00e8re mondiale offre une vision mondialis\u00e9e des ressources et des besoins humains. Le calcul des prix qui met en \u00e9quivalence la production avec l&rsquo;investissement et la consommation est mondialis\u00e9. Enfin les techniques juridiques permettant de r\u00e9partir l&rsquo;incertitude des prix entre les acteurs les mieux plac\u00e9s pour la calculer et la transformer sont universellement accessibles.<\/p>\n<p>La financiarisation du monde a soumis toute la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique au pr\u00e9l\u00e8vement de plus-value sur l&rsquo;anticipation des prix par un cr\u00e9dit non r\u00e9glement\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9 sous-jacente au cr\u00e9dit est en contrepartie infiniment mieux connue et reconnaissable que par le pass\u00e9. Si les \u00c9tats de droit cantonn\u00e9s dans leurs fronti\u00e8res politiques r\u00e9investissent l&rsquo;espace international, ils restaurent le Droit dans la finance et acc\u00e8dent \u00e0 une connaissance commune des besoins et des ressources humaines.<\/p>\n<p>La convocation du second Bretton Woods a les m\u00eames raisons que la premi\u00e8re\u00a0: solder les dettes du pass\u00e9 pour poursuivre une marche en avant universellement avantageuse. Solder un cr\u00e9dit n&rsquo;est pas effacer le pass\u00e9 mais r\u00e9concilier le prix du droit convenu entre le cr\u00e9ancier et le d\u00e9biteur avec la valeur r\u00e9elle attendue du futur. La philosophie de Bretton Woods reste la m\u00eame mais les situations concr\u00e8tes \u00e9clairent les parties d&rsquo;une compr\u00e9hension nouvelle de la monnaie entre les nations.<\/p>\n<p>L&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un monde multipolaire et d&rsquo;une croissance \u00e9conomique mondiale ne permet plus de r\u00e9server le calcul des prix et du cr\u00e9dit qui en d\u00e9coule \u00e0 quelques experts initi\u00e9s. Ni des \u00c9tats particuliers ni des coalitions d&rsquo;int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s ne peuvent plus garantir un syst\u00e8me de cr\u00e9dit par des formules secr\u00e8tes.<\/p>\n<h3>Logique internationale du cr\u00e9dit rationnel<\/h3>\n<p>La n\u00e9gociation du nouveau syst\u00e8me de cr\u00e9dit international doit reprendre exactement \u00e0 son point de bifurcation de 1944 o\u00f9 la proposition de compensation internationale rationnelle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e au profit d&rsquo;un monopole \u00e9tatsunien de la logique du cr\u00e9dit. La solution dollar pr\u00e9sent\u00e9e par Harry Dexter White a \u00e9chou\u00e9\u00a0; il reste le bancor de John Maynard Keynes.<\/p>\n<p>Parfaitement inform\u00e9 des cons\u00e9quences du choix britannique de 1919 de chercher \u00e0 restaurer la livre comme monnaie internationale, Keynes d\u00e9conseille aux \u00c9tats-Unis d&rsquo;imposer le dollar. L&rsquo;imp\u00e9rialisme financier consistant \u00e0 privatiser le cr\u00e9dit au profit d&rsquo;une nation ou d&rsquo;int\u00e9r\u00eats particuliers conduit l&rsquo;\u00e9conomie dans un cul de sac.<\/p>\n<p>Le cul de sac est atteint le 2 aout 2011. Pour en sortir, des gouvernements puissants, lucides et responsables doivent d\u00e9clarer leur syst\u00e8me bancaire en faillite par \u00e9puisement du cr\u00e9dit public. Ils doivent se r\u00e9unir pour reconstituer entre \u00c9tats une garantie publique du cr\u00e9dit international et national. Cette garantie est une r\u00e8gle commune d&rsquo;\u00e9valuation internationale de la solvabilit\u00e9 de tout emprunteur.<\/p>\n<p>Comme Keynes l&rsquo;a expliqu\u00e9 il y a plus de 70 ans, une r\u00e8gle de cr\u00e9dit n&rsquo;est pas une formule math\u00e9matique de provisionnement d&rsquo;un prix \u00e0 terme par une prime. Une r\u00e8gle de cr\u00e9dit est d&rsquo;abord un engagement collectif d&#8217;emprunter ce qu&rsquo;on peut raisonnablement rembourser\u00a0; ensuite un syst\u00e8me de n\u00e9gociation publique de la limite du raisonnable\u00a0; enfin un dispositif collectif de correction des engagements non tenus.<\/p>\n<p>Le cr\u00e9dit provient selon Keynes d&rsquo;une compensation\u00a0: premi\u00e8rement de l&rsquo;\u00e9quivalence efficiente des engagements n\u00e9goci\u00e9s entre pr\u00eateurs et emprunteurs\u00a0; deuxi\u00e8mement de l&rsquo;\u00e9quivalence effective des prix attendus par les pr\u00eateurs avec les prix anticip\u00e9s par les emprunteurs\u00a0; troisi\u00e8mement de l&rsquo;\u00e9quivalence efficace des garanties propos\u00e9es par les investisseurs avec le risque assum\u00e9 par les pr\u00eateurs.<\/p>\n<p>Les trois \u00e9quivalences en droit, en prix \u00e0 terme et en prime de cr\u00e9dit d\u00e9finissent une unit\u00e9 de compte que Keynes appelle bancor. Une unit\u00e9 de compte rationnelle issue de la discussion permanente du cr\u00e9dit instaur\u00e9e par la compensation. L&rsquo;\u00e9talon mon\u00e9taire de Keynes n&rsquo;est pas un prix fixe entre une unit\u00e9 de compte et un bien particulier. L&rsquo;\u00e9talon keyn\u00e9sien est une loi internationale de n\u00e9gociation du cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>La loi internationale du cr\u00e9dit d\u00e9finit les limites de n\u00e9gociation de n&rsquo;importe quel prix dans n&rsquo;importe quel syst\u00e8me juridique de n&rsquo;importe quelle \u00e9conomie nationale. Le principe fondateur du bancor est l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 internationale de tout emprunteur face \u00e0 tout pr\u00eateur. L&rsquo;\u00e9quivalence des droits est arbitr\u00e9e par la compensation sous responsabilit\u00e9 publique inter-\u00e9tatique.<\/p>\n<h3>La rationalit\u00e9 financi\u00e8re rattrap\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;application du syst\u00e8me mon\u00e9taire keyn\u00e9sien implique la souscription par les \u00c9tats du capital du syst\u00e8me de compensation. Ce capital garantit la liquidit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quilibre des prix et des cr\u00e9dits en bancor. Tout op\u00e9rateur non r\u00e9gl\u00e9 par le prix issu de la compensation est d\u00e9dommag\u00e9 sur le capital commun. La science politique moderne demande que le pouvoir judiciaire ind\u00e9pendant dans les d\u00e9mocraties nationales soit l&rsquo;arbitre en dernier ressort de la r\u00e9gularit\u00e9 de la compensation.<\/p>\n<p>Tous les droits des pr\u00eateurs et emprunteurs internationaux sont d\u00e9pos\u00e9s, comptabilis\u00e9s et garantis par le syst\u00e8me international de compensation. Les emprunts publics internationaux sont limit\u00e9s par les garanties de cr\u00e9dit souscrites par les investisseurs internationaux acheteurs du risque de cr\u00e9dit. Les r\u00e9serves de change internationales sont int\u00e9gralement garanties par des primes de cr\u00e9dit \u00e9mises sur les d\u00e9p\u00f4ts bancaires.<\/p>\n<p>Les monnaies sont cot\u00e9es dans la compensation internationale comme cr\u00e9ances sur les banques centrales nationales. L&rsquo;anticipation de d\u00e9ficits de la balance des paiements dans une monnaie fait monter la prime de change de la monnaie jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la disparition des acheteurs primaires du change oblige \u00e0 d\u00e9valuer. L&rsquo;anticipation d&rsquo;exc\u00e9dents de la balance des paiements provoque au contraire la disparition des vendeurs primaires si la parit\u00e9 \u00e0 terme n&rsquo;est pas r\u00e9\u00e9valu\u00e9e.<\/p>\n<p>Tous les instruments financiers de cotation des risques de cr\u00e9dit et des risques de change \u00e0 compenser en bancor sont aujourd&rsquo;hui parfaitement ma\u00eetris\u00e9s par les \u00c9tats et les banques. L&rsquo;adoption de la compensation internationale a \u00e9t\u00e9 diff\u00e9r\u00e9e pour deux raisons\u00a0: le financement facile de l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral \u00e9tatsunien par la dette internationale en dollar et la rente capt\u00e9e par les op\u00e9rateurs financiers internationaux sur l&rsquo;instabilit\u00e9 intrins\u00e8que du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis sont d\u00e9sormais en d\u00e9faut de paiement. Cette r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est pas nomm\u00e9e pour ne pas pr\u00e9cipiter la cessation de paiement in\u00e9luctable du syst\u00e8me financier. Tout retard dans la prononciation rationnelle du d\u00e9faut g\u00e9n\u00e9ral du syst\u00e8me se paiera par des millions de ch\u00f4meurs, la destruction des garanties publiques des droits humains dans le monde et l&rsquo;effondrement de la production r\u00e9elle.<\/p>\n<h3>Reconna\u00eetre ses erreurs pour reconstruire<\/h3>\n<p>L&rsquo;instauration de la compensation keyn\u00e9sienne permet au contraire le calcul imm\u00e9diat des pertes de cr\u00e9dit accumul\u00e9es\u00a0; la d\u00e9valuation par rapport au bancor des monnaies surendett\u00e9es\u00a0; la garantie des \u00c9tats de droit par l&rsquo;\u00e9valuation r\u00e9elle de leur potentiel fiscal et par la couverture en bancor de leurs r\u00e9serves de change. Le bancor couvre les syst\u00e8mes de cr\u00e9dits en monnaie domestique.<\/p>\n<p>Le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme marchand a perdu la guerre financi\u00e8re dans la crise des subprimes comme Hitler a perdu la deuxi\u00e8me guerre mondiale \u00e0 Stalingrad. Ou bien il s&rsquo;acharne jusqu&rsquo;\u00e0 la destruction totale, ou bien il reconna\u00eet sa d\u00e9faite pour \u00e9pargner au monde des souffrances inutiles. Les chantiers de la reconstruction sont immenses. Est-il n\u00e9cessaire d&#8217;emp\u00eacher les hommes de se mettre au travail\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3>Solder les dettes pour reconstruire<\/h3>\n<p>Le premier Bretton Woods fut convoqu\u00e9 en 1944 pour ent\u00e9riner la proposition n\u00e9goci\u00e9e entre les \u00c9tats-Unis et la Grande-Bretagne du nouvel ordre mon\u00e9taire international. Le nouvel empire et l&rsquo;ancien empire sont alli\u00e9s dans la guerre. Mais les \u00c9tats-Unis sont cr\u00e9anciers du monde\u00a0; ils ont\u00a0 financ\u00e9 tous les vainqueurs. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[482,34,170,4475,31,4471],"class_list":["post-26945","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-bancor","tag-banque-centrale","tag-credit","tag-etats-unis","tag-fmi","tag-monnaie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26945","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26945"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26945\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":47217,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26945\/revisions\/47217"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26945"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26945"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26945"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}