{"id":2759,"date":"2009-04-10T17:40:08","date_gmt":"2009-04-10T16:40:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2759"},"modified":"2009-04-10T21:37:30","modified_gmt":"2009-04-10T20:37:30","slug":"lactualite-de-la-crise-la-rumeur-de-wall-street-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/04\/10\/lactualite-de-la-crise-la-rumeur-de-wall-street-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : La rumeur de Wall Street, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA RUMEUR DE WALL STREET <\/strong><\/p>\n<p>La fausse rumeur se propage, alimentant les d\u00e9clarations et faisant les titres accrocheurs de l\u2019actualit\u00e9 : \u00ab et si des signes de reprise \u00e9taient en train de se manifester ? \u00bb. On rel\u00e8ve alors le ralentissement de la chute des exportations chinoises (vous avez bien lu, elles continuent de chuter, mais plus lentement, c\u2019est donc bon signe). Ici, un hypoth\u00e9tique regain d\u2019activit\u00e9 immobili\u00e8re en Californie, relev\u00e9 par Wells Fargo, peut-\u00eatre pour faire oublier l\u2019affichage de r\u00e9sultats insolents, sans trop s\u2019\u00e9tendre sur leur origine et sans rappeler l\u2019aide publique re\u00e7ue. L\u00e0, le feu d\u2019artifice \u00e0 Wall Street des valeurs bancaires. Sans s\u2019interroger sur la raison r\u00e9elle de cet enthousiasme, saluant \u00e0 la fois les r\u00e9sultats du premier trimestre et la perspective de nouvelles juteuses affaires, dans les deux cas gr\u00e2ce \u00e0 la crise et la poursuite de ses opportunit\u00e9s financi\u00e8res. Enfin, on attend de la publication prochaine des r\u00e9sultats trimestriels am\u00e9ricains des miracles, pr\u00eats \u00e0 croire en ceux-ci aveugl\u00e9ment et par avance, continuant d&rsquo;ignorer les mauvaises nouvelles pour ne c\u00e9l\u00e9brer que les bonnes. Se concentrant sur les valeurs financi\u00e8res en oubliant celles des soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res, qui refl\u00e8tent l\u2019\u00e9tat de l\u2019\u00e9conomie. Tant on voudrait que cela soit vrai, ou plut\u00f4t, tant on voudrait faire croire que cela est vrai. <\/p>\n<p>Vous voulez un exemple ? Le site internet Firedoglake et l&rsquo;association Progress Michigan viennent de  lancer un mouvement de boycott de la banque JP Morgan Chase, qui refuserait d\u2019aider le constructeur automobile Chrysler en convertissant une partie de ses pr\u00eats en actions du groupe, en d\u00e9pit du fait qu\u2019elle a re\u00e7u 25 milliards de fonds publics. Une ren\u00e9gociation de la dette pourrait \u00eatre moins int\u00e9ressante pour la banque que de mettre la main sur les actifs mis en gage par Chrysler, apr\u00e8s faillite. <\/p>\n<p>On ne sait plus finalement quel est dans cette affaire de reprise \u00e9conomique annonc\u00e9e le but recherch\u00e9 : faire croire \u00e0 une reprise, pour ensuite en faire supporter l\u2019absence \u00e0 la faute \u00e0 pas de chance, ou bien relativiser les bonnes affaires exclusives des uns en cr\u00e9dibilisant la prochaine venue de celles des autres ? Il semble clair que la communication des \u00e9tablissements financiers am\u00e9ricains est en de bonnes mains. <\/p>\n<p><!--more-->A l\u2019appui de la reprise, le Wall Street Journal vient de publier la derni\u00e8re livraison d\u2019un sondage qu\u2019il effectue r\u00e9guli\u00e8rement aupr\u00e8s de 54 \u00e9conomistes, dont il est retenu que pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, les choses n\u2019empirent pas. C\u2019est tout du moins ce qui est ressenti, ou tout simplement d\u00e9clar\u00e9, par ces experts. De l\u2019espoir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, le pas est alors vite franchi dans les t\u00eates. Le fait que cela n\u2019empire pas est vite traduit en l\u2019id\u00e9e que l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique va reprendre, et pour ceux qui veulent \u00eatre plus prudents, faire l\u2019objet d\u2019un rebond. Oubliant vite la nuance entre reprise et rebond pour ne retenir que la remont\u00e9e initiale. Reconnaissant toutefois que, pour le ch\u00f4mage, cette regrettable victime collat\u00e9rale, ce sera plus long. Quant \u00e0 ceux qui, se consid\u00e9rant moins cr\u00e9dules, ne veulent pas y croire, ils h\u00e9sitent \u00e0 le dire sous cette pression, de peur d\u2019\u00eatre demain rang\u00e9s dans la cat\u00e9gorie des pronostiqueurs de malheur, on ne sait jamais. <\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, on ne sait plus \u00e0 quel saint se vouer, soup\u00e7onnant que si les banques ont fait de bonnes affaires, comme en font les entrepreneurs de pompes fun\u00e8bres lors des grandes \u00e9pid\u00e9mies, elles n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 transparentes sur les provisions et d\u00e9pr\u00e9ciations \u00e0 venir. D\u2019autant que, avec la crise, le taux de d\u00e9faut des cr\u00e9dits accord\u00e9s par les banques s&rsquo;est nettement aggrav\u00e9 au premier trimestre. Ces derni\u00e8res vont lourdement souffrir de la d\u00e9gradation continue des prix de l&rsquo;immobilier et de la mont\u00e9e du ch\u00f4mage, et devoir \u00e0 nouveau d\u00e9pr\u00e9cier, selon un jeu sans fin de rattrapage.  <\/p>\n<p>Les fuites dans la presse sur le r\u00e9sultat des \u00ab stress tests \u00bb n&rsquo;ont de leur c\u00f4t\u00e9 pas rassur\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 la totalit\u00e9 opacit\u00e9 qui r\u00e8gne sur les crit\u00e8res employ\u00e9s. Ces fuites sont consid\u00e9r\u00e9es comme un classique ballon d\u2019essai, permettant d\u2019ajuster le tir quand le moment viendra d\u2019annoncer les r\u00e9sultats officiels. La situation est en effet d\u00e9licate \u00e0 g\u00e9rer. Si trop de banques devaient avoir recours, apr\u00e8s test, \u00e0 des augmentations de capital, la \u00ab confiance \u00bb pourrait s&rsquo;effondrer \u00e0 nouveau. Mais si trop peu d\u2019entre elles le faisaient, les \u00ab stress tests \u00bb ne seraient pas cr\u00e9dibles, ce qui affecterait tout autant la \u00ab confiance \u00bb. <\/p>\n<p>D\u2019autres fuites, d\u00e9j\u00e0 rapport\u00e9es, faisant \u00e9tat des nouvelles estimations du FMI \u00e0 la hausse, \u00e0 propos de la facture des actifs toxiques, accr\u00e9ditent que l\u2019on n\u2019en a pas fini. La Fed elle-m\u00eame, selon les minutes de sa r\u00e9union de politique mon\u00e9taire de mars, estime que le PIB am\u00e9ricain devrait ralentir sa chute progressivement (toujours le m\u00eame concept de d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration de la baisse) jusqu&rsquo;\u00e0 se stabiliser au second semestre de cette ann\u00e9e, et progresser ensuite lentement en 2010. \u00ab Je ne pense pas que nous puissions nous raccrocher \u00e0 la perspective que le ch\u00f4mage se stabilise au niveau actuel \u00bb, vient d\u2019affirmer Larry Summers, premier conseiller \u00e9conomique de Barack Obama. Mercredi dernier, un des dirigeants de la Fed, Richard Fisher, a estim\u00e9 que le taux de ch\u00f4mage pourrait atteindre 10 % d&rsquo;ici \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e. C\u2019est un indicateur qui vaut bien celui de la bourse. La version officielle s\u2019en tient donc, elle, \u00e0 la prudence : la reprise, oui, mais ce n\u2019est pas pour demain. <\/p>\n<p>Selon un sondage de l\u2019institut Rasmussen Reports, qui vient d\u2019\u00eatre rendu public, 20% des Am\u00e9ricains interrog\u00e9s citent le socialisme comme \u00e9tant leur syst\u00e8me pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, contre 53% le capitalisme. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 un r\u00e9sultat extr\u00eamement \u00e9tonnant. Mais la surprise ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Selon un pr\u00e9c\u00e9dent sondage du m\u00eame institut, fin d\u00e9cembre dernier, 70% des personnes interrog\u00e9es avaient fait part de leur pr\u00e9f\u00e9rence pour une \u00e9conomie fond\u00e9e sur le march\u00e9 libre (<i>free market<\/i>). Comment analyser le fait que le capitalisme b\u00e9n\u00e9ficie de si peu de vertu compar\u00e9e, si ce n\u2019est, remarque l\u2019institut dans ses commentaires, que ce dernier n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme reposant sur un march\u00e9 libre ? D\u2019ailleurs, selon encore un autre sondage de mars, toujours effectu\u00e9 par le m\u00eame institut, deux personnes sur trois estimaient alors que la collusion des int\u00e9r\u00eats du monde politique et de celui des affaires nuisait aux consommateurs et aux investisseurs.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas vraiment pour les m\u00eames raisons que Goldman Sachs s&rsquo;appr\u00eaterait \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 une augmentation de capital de plusieurs milliards, afin de rembourser les dix milliards de dollars inject\u00e9s par le Tr\u00e9sor am\u00e9ricain en octobre dernier, selon les agences de presse et le Wall Street journal. Tout en pr\u00e9tendant de mani\u00e8re toute paradoxale qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas besoin de capitaux frais, mais qu&rsquo;une augmentation de capital r\u00e9ussie serait un signe encourageant sur sa sant\u00e9 financi\u00e8re. <\/p>\n<p>Cela rappelle la d\u00e9claration de mercredi dernier de Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, expliquant doctement que, contrairement aux banques anglaises, les banques fran\u00e7aises pouvaient parfaitement se passer du concours de l\u2019Etat, mais que s\u2019il s\u2019\u00e9tait abstenu d\u2019intervenir, cela aurait frein\u00e9 la distribution du cr\u00e9dit. Il s\u2019agissait pour lui de faire ainsi admettre que les 5,1 milliards d\u2019euros apport\u00e9s faisaient de l\u2019Etat le premier actionnaire de BNP Paribas, sans disposer du moindre droit de vote, \u00e9tait une situation somme toute normale, puisque la BNP n\u2019a pas besoin de cet argent et que l\u2019Etat lui impose, en quelque sorte, de l\u2019accepter. Il ne serait pas \u00ab normal \u00bb donc qu\u2019en plus la BNP Paribas doive consentir le sacrifice de c\u00e9der des droits de vote. <\/p>\n<p>Dans le cas de Goldman Sachs, ainsi que dans celui d\u2019autres banques am\u00e9ricaines, qui toutes attendent avec impatience de pouvoir restituer au Tr\u00e9sor ses fonds, afin de r\u00e9cup\u00e9rer leur totale libert\u00e9, on observe une claire illustration d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne majeur. Le syst\u00e8me financier (l\u2019OFCM, l\u2019oligarchie financi\u00e8re capitaliste mondiale) exige son total affranchissement de l\u2019esclavage que repr\u00e9sente \u00e0 ses yeux un contr\u00f4le de l\u2019Etat, aussi modeste et timide soit-il. Nous y voil\u00e0, \u00e0 nouveau. Comment va-t-il y parvenir ? En levant des fonds gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019embellie boursi\u00e8re qu\u2019il suscite. Encore plus simple que d\u2019utiliser la cr\u00e9ation mon\u00e9taire via sa banque centrale pour un Etat.<\/p>\n<p>Plusieurs banques, dont JP. Morgan et Wells Fargo, devraient tenter des op\u00e9rations similaires dans les semaines \u00e0 venir. Afin de tirer profit de la hausse des valeurs financi\u00e8res pour lever des fonds en masse sur le march\u00e9 et redresser leur bilan au plus vite, avant que n\u2019arrivent de nouvelles mauvaises nouvelles pour le secteur financier. Par exemple le r\u00e9sultat des stress tests. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA RUMEUR DE WALL STREET <\/strong><\/p>\n<p>La fausse rumeur se propage, alimentant les d\u00e9clarations et faisant les titres accrocheurs de l\u2019actualit\u00e9 : \u00ab et si des signes de reprise \u00e9taient en train de se manifester ? \u00bb. 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