{"id":27665,"date":"2011-08-18T14:28:56","date_gmt":"2011-08-18T12:28:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=27665"},"modified":"2013-01-02T14:35:31","modified_gmt":"2013-01-02T13:35:31","slug":"lactualite-de-la-crise-mises-a-plat-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/08\/18\/lactualite-de-la-crise-mises-a-plat-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>MISES \u00c0 PLAT<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le capitalisme a fait son temps\u00a0!\u00a0\u00bb Sommes-nous revenus au temps de Jaur\u00e8s ? ou bien plut\u00f4t aux ann\u00e9es qui suivirent, quand on cessa de pr\u00eater attention \u00e0 de telles proclamations tellement elles furent rab\u00e2ch\u00e9es ensuite sans succ\u00e8s. Nous nous sommes habitu\u00e9s, r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que le capitalisme en avait encore pour longtemps. Ses laudateurs \u00e9tant de leur c\u00f4t\u00e9 habit\u00e9s par la conviction bien ancr\u00e9e qu\u2019il repr\u00e9sentait le stade supr\u00eame de l\u2019\u00e9volution des soci\u00e9t\u00e9s, cadre ind\u00e9passable qu\u2019il ne s\u2019agissait que de perfectionner. <\/p>\n<p>Au fil des \u00e9pisodes de la crise actuelle s\u2019insinue sournoisement une petite id\u00e9e\u00a0: et si c\u2019\u00e9tait pour de vrai ? Si, apr\u00e8s avoir clairement montr\u00e9 ces temps derniers qu\u2019il n\u2019entendait pas s\u2019amender, le syst\u00e8me continuait d\u2019imploser, incapable de reprendre pied, pris dans un processus d\u2019auto-destruction irr\u00e9sistible\u00a0? Dor\u00e9navant porteur des pires des promesses apr\u00e8s avoir longtemps pr\u00e9tendu \u00eatre l\u2019instrument par excellence du progr\u00e8s et du bonheur sur Terre. <\/p>\n<p>Est-il n\u00e9cessaire de tant se pencher pour apercevoir des pr\u00e9figurations de ces sinistres promesses ? Il n\u2019y a que l\u2019embarras du choix. La figure montante du gouverneur du Texas Rick Perry, d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 comme rassembleur des r\u00e9publicains, n\u2019appelle pas de commentaires tellement elle est caricaturale, mais pourtant vraie. Ce que charrient les discours de David Cameron, premier ministre britannique, est \u00e0 sa mani\u00e8re de la plus grande des \u00e9loquences. Mais derri\u00e8re ces mauvaises com\u00e9dies se dissimule une strat\u00e9gie de survie\u00a0: la leur et celle du monde qui se serre derri\u00e8re eux. Car ce n\u2019est pas une bataille d\u2019id\u00e9es \u00a0!<\/p>\n<p><!--more-->Elle repose sur une seule et unique conviction\u00a0: redonner \u00e0 la finance l\u2019assise qu\u2019elle a perdue, pour que tout puisse recommencer comme avant, \u00e0 quelques ajustements mineurs pr\u00e8s, qu\u2019il faut bien conc\u00e9der. L\u2019objectif est de relancer la machine, bien qu\u2019elle se soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9e infernale. Mais un nouvel obstacle surgit actuellement, qui a pour nom r\u00e9cession et que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re appeler <i>croissance faible<\/i> en faisant explicitement r\u00e9f\u00e9rence au mod\u00e8le japonais, et rend le processus de <i>d\u00e9sendettement<\/i> &#8211; promis pour \u00eatre long pour les uns et exp\u00e9ditif pour les autres &#8211; pour le moins hasardeux. <\/p>\n<p>Elud\u00e9e, une probl\u00e9matique revient au premier plan\u00a0: comment redonner \u00e0 l\u2019\u00e9conomie son assise, car il appara\u00eet qu\u2019elle est \u00e9galement perdue, et que la finance ne retrouvera pas la sienne sans elle ? On recherche donc <i>la croissance<\/i>, mais celle-ci n\u2019est h\u00e9las pas au rendez-vous. On ne sait pas tr\u00e8s bien pourquoi, ce qui implique que l\u2019on ne sait pas non plus tr\u00e8s bien comment la relancer. Sauf en diminuant le co\u00fbt du travail. En ayant oubli\u00e9 qu\u2019hier encore on s\u2019interrogeait gravement, mais le temps d\u2019un instant, \u00e0 propos de la mesure de la richesse, sur laquelle est bas\u00e9e celle de la d\u00e9esse <i>croissance<\/i>. <\/p>\n<p>Pour un peu, on en viendrait \u00e0 s\u2019interroger sur la notion m\u00eame d\u2019assise. C\u2019est quoi, apr\u00e8s tout, une <i>assise \u00e9conomique<\/i>\u00a0? La d\u00e9finir comme porteuse de croissance n\u2019aide gu\u00e8re. Invoquer \u00e0 tout bout de champ <i>les fondamentaux<\/i>, bien entendu toujours solides, n\u2019est pas davantage d\u2019un grand secours. Le discours \u00e9conomique serait-il creux ? <\/p>\n<p>Ces mises \u00e0 plat n\u2019en finiront donc jamais\u00a0! Si l\u2019\u00e9conomie est ind\u00e9niablement une activit\u00e9 sociale, serait-elle alors destin\u00e9e \u00e0 satisfaire prioritairement les besoins sociaux essentiels\u00a0? A une \u00e9poque o\u00f9 les niveaux de productivit\u00e9 du travail atteints permettent d\u2019assurer la production de biens et de services pour y r\u00e9pondre, sans gaspiller les ressources\u00a0? Ce marketing-l\u00e0 est bien d\u00e9routant. <\/p>\n<p>Mais s\u2019il n\u2019est pas possible de relancer la machine \u00e0 produire de la dette \u00e0 l\u2019\u00e9chelle qu\u2019elle avait atteinte, parce qu\u2019elle s\u2019\u00e9croulerait \u00e0 nouveau, \u00e0 quoi faut-il alors se r\u00e9soudre\u00a0? A distribuer la richesse de mani\u00e8re \u00e9galitaire ou \u00e0 restreindre la consommation \u00e0 ceux qui en ont les moyens, l\u2019\u00e9conomie risquant fort de ne pas y trouver son assise. Toutes ces questions se tiennent, d\u00e9cid\u00e9ment. <\/p>\n<p>Encore une derni\u00e8re. L\u2019heure est au <i>d\u00e9sendettement<\/i>, un processus que l\u2019on pourrait d\u00e9signer plus justement en parlant de crever la baudruche financi\u00e8re, cette excroissance hydroc\u00e9phale qui fait perdre l\u2019\u00e9quilibre. A coeur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0: ce n\u2019est qu\u2019une question de m\u00e9thode. La bonne a-t-elle \u00e9t\u00e9 choisie \u00a0? <\/p>\n<p>S\u2019en remettre au march\u00e9 &#8211; comme en toute chose &#8211; n\u2019est pas n\u00e9cessairement la plus efficace des id\u00e9es. Non pas parce qu\u2019elle suppose la prosp\u00e9rit\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 (pour les institutions financi\u00e8res qui peuvent ainsi reconstituer leurs forces) et l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 de l\u2019autre, mais parce que suivant ce mode elle n\u2019est plus remboursable. \u00c0 la main t\u00e2tonnante du march\u00e9, ne serait-il pas n\u00e9cessaire de substituer un processus ordonn\u00e9, d\u00e9nomm\u00e9 <i>restructuration<\/i>\u00a0? Et de le concevoir pour le mettre en pratique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire o\u00f9 ces cr\u00e9ances irr\u00e9couvrables qu\u2019il faut abandonner se sont r\u00e9pandues. Ce qui revient \u00e0 crever avec toute l\u2019asepsie n\u00e9cessaire l\u2019abc\u00e8s financier.  <\/p>\n<p>On est loin de ces taxes epsilonesques sur les transactions financi\u00e8res, refus\u00e9es pour leur principe par la City et Wall Street. Ou de ces euro-obligations miraculeuses destin\u00e9es \u00e0 faire rouler la dette comme roulements \u00e0 bille, revenant \u00e0 financer la dette par la vertu d\u2019un nouvel endettement. Autant appeler les choses par leur nom\u00a0: ce sont des exp\u00e9dients \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque. Sans plus de r\u00e9alit\u00e9 que ces taxations exceptionnelles et transitoires des revenus \u00e9lev\u00e9s que l\u2019on voit fleurir au fur et \u00e0 mesure que se pr\u00e9cisent d\u2019autres sacrifices bien plus lourds.<\/p>\n<p>Mais dans la panoplie des mesures illusoires, les euro-obligations ont une place particuli\u00e8re\u00a0: pour \u00eatre selon les plus hautes autorit\u00e9s introduites, elle supposent le probl\u00e8me r\u00e9solu, c\u2019est \u00e0 dire une politique \u00e9conomique de croissance commune trouv\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>In fine, d\u2019augustes \u00e9conomistes sont mis \u00e0 contribution pour disserter de l\u2019inflation comme rem\u00e8de de dernier recours, tels ces m\u00e9decins d\u2019autrefois qui se d\u00e9chiraient autour du lit du patient sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une bonne saign\u00e9e. Hier mal du si\u00e8cle combattu par les banques centrales, l\u2019inflation serait-elle aujourd\u2019hui la porte de sortie recherch\u00e9e\u00a0? Plut\u00f4t une \u00e9chappatoire de plus\u00a0! Car ce serait s\u2019en remettre par d\u00e9faut \u00e0 un processus aveugle l\u00e0 o\u00f9 il faudrait le ma\u00eetriser. <\/p>\n<p>L\u2019hypoth\u00e8se des banques centrales est simple \u00e0 \u00e9noncer\u00a0: elles anticipent une longue p\u00e9riode de croissance tr\u00e8s faible et d\u2019une inflation restant mesur\u00e9e. La capacit\u00e9 des banques \u00e0 y faire face est une question qui redevient d\u2019actualit\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 escamot\u00e9e. La loi auquel ob\u00e9it le balancier est inexorable\u00a0: apr\u00e8s avoir pench\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9, il revient de l&rsquo;autre. <\/p>\n<p>Les valeurs financi\u00e8res ont recommenc\u00e9 \u00e0 chuter, entra\u00eenant les places boursi\u00e8res europ\u00e9ennes. La Fed s\u2019inqui\u00e8te de la solidit\u00e9 des filiales am\u00e9ricaines des banques europ\u00e9ennes. Les Su\u00e9dois annoncent des mesures de protection des leurs afin de les pr\u00e9munir de contre-coups \u00e0 venir. Les rem\u00e8des qu\u2019il faut envisager sont assur\u00e9ment autres que ceux qui sont officiellement discut\u00e9s, au pouvoir comme dans l\u2019opposition&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le capitalisme a fait son temps\u00a0!\u00a0\u00bb Sommes-nous revenus au temps de Jaur\u00e8s ? ou bien plut\u00f4t aux ann\u00e9es qui suivirent, quand on cessa de pr\u00eater attention \u00e0 de telles proclamations tellement elles furent rab\u00e2ch\u00e9es ensuite sans succ\u00e8s. Nous nous sommes habitu\u00e9s, r\u00e9sign\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e que le capitalisme en avait encore pour longtemps. 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