{"id":28735,"date":"2011-09-19T18:32:34","date_gmt":"2011-09-19T16:32:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=28735"},"modified":"2013-01-02T14:34:11","modified_gmt":"2013-01-02T13:34:11","slug":"lactualite-de-la-crise-la-loi-de-la-gravite-est-dure-mais-cest-la-loi-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/09\/19\/lactualite-de-la-crise-la-loi-de-la-gravite-est-dure-mais-cest-la-loi-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>LA LOI DE LA GRAVIT\u00c9 EST DURE, MAIS C&rsquo;EST LA LOI&#8230;<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Pour sauver l\u2019Europe, il faut enfoncer la Gr\u00e8ce ! Voil\u00e0 en r\u00e9sum\u00e9 l\u2019objectif que poursuivent sans le dire les dirigeants europ\u00e9ens, en exigeant du gouvernement grec de nouvelles fortes coupes budg\u00e9taires imm\u00e9diates, afin de lui verser en retour une nouvelle tranche du pr\u00eat de leur premier <i>plan de sauvetage<\/i>. Car elle doit \u00e0 tout prix attendre, pour faire d\u00e9faut, que le Fonds de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FSFE) soit pleinement op\u00e9rationnel. Ce qui suppose que le Bundestag ratifie le 29 septembre prochain l\u2019accord au sommet du 21 juillet dernier. Afin que le Fonds prenne alors la situation en main, afin d\u2019enrayer un effet domino, en renflouant les banques qui vont subir \u00e0 cette occasion des pertes, \u00e0 commencer par les \u00e9tablissements grecs eux-m\u00eames. Car, qui peut d\u00e9sormais en douter ? le pays est insolvable et sa faillite in\u00e9luctable. Voil\u00e0 le vrai programme. <\/p>\n<p><!--more-->Mais son respect n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9 comme du papier \u00e0 musique, \u00e0 entendre la mise en garde que Jens Weidman, le pr\u00e9sident de la Bundesbank, vient de formuler aux d\u00e9put\u00e9s du Bundestag. L\u2019\u00e9largissement des missions du FSFE, qui lui permettrait notamment d\u2019acheter des obligations souveraines sur le march\u00e9 secondaire &#8211; et de prendre la succession de la BCE, qui n\u2019attend que cela &#8211; repr\u00e9sente \u00ab un nouveau pas en direction d&rsquo;une responsabilit\u00e9 commune et d&rsquo;une moindre mise au pas par les march\u00e9s de capitaux, sans qu&rsquo;en contrepartie les possibilit\u00e9s de contr\u00f4le et d&rsquo;influence sur les politiques nationales soient accrues\u00a0\u00bb. Egalement oppos\u00e9s \u00e0 de tels achats par la BCE, les Allemands fermeraient toutes les portes s\u2019ils ne ratifiaient pas l\u2019accord, cr\u00e9ant les conditions d\u2019une nouvelle crise obligataire majeure, qui atteindrait l\u2019Italie et l\u2019Espagne pour commencer. <\/p>\n<p>La ratification devrait certes intervenir, les sociaux-d\u00e9mocrates et les verts pouvant suppl\u00e9er aux d\u00e9fections au sein de la majorit\u00e9, mais une crise politique s\u2019en suivrait in\u00e9vitablement. La question de fond, elle, rebondira a la premi\u00e8re occasion. Les mauvais esprits remarquent qu&rsquo;\u00e0 force de reculer et \u00e9carter des solutions qui deviennent ensuite caduques, les dirigeants europ\u00e9ens s&rsquo;enferment davantage.<\/p>\n<p>Jens Weidman se serait ainsi oppos\u00e9 avec succ\u00e8s \u00e0 une proposition de l&rsquo;\u00e9conomiste en chef de la Deutsche Bank, Thomas Mayer, qui proposait d&rsquo;accorder au FSFE une licence de banque, de telle sorte que ce dernier puisse obtenir de la BCE des liquidit\u00e9s en contrepartie d&rsquo;euros-obligations \u00e9mises par ses soins, un montage lui permettant d&rsquo;accro\u00eetre sa capacit\u00e9 d&rsquo;intervention sans en appeler aux Etats. <\/p>\n<p>Car plus le nombre de pays qui devra soutenir ceux qui sont en d\u00e9tresse devient r\u00e9duit, plus la charge qui leur incombe devient forte et la t\u00e2che impossible. L&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie sont bien entendu les deux pays qui sont \u00e0 la fois <i>too big to fail<\/i> et <i>too big to save<\/i> (trop gros pour \u00eatre sauv\u00e9s). Car les m\u00e9canismes de stabilisation financi\u00e8re mis en place ou \u00e0 venir en 2013 &#8211; si ce dernier est adopt\u00e9 &#8211; ne sont pas en mesure d&rsquo;y faire face par construction. Plus les garanties sont importantes, plus r\u00e9duit est le nombre des pays qui doivent les donner. L&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie sont donc les redoutes qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix sauver, mais les emb\u00fbches continuelles rencontr\u00e9es \u00e0 propos de la Gr\u00e8ce affolent d\u00e9j\u00e0 <i>les march\u00e9s<\/i>, qui ont perdu toute confiance&#8230;<\/p>\n<p>Mais n\u2019anticipons pas, au risque de se voir reproch\u00e9 de d\u00e9cid\u00e9ment tout peindre en noir. Il est d\u00e9j\u00e0 singulier que, pour avoir voulu trop ignorer les in\u00e9galit\u00e9s de d\u00e9veloppements et les <i>archa\u00efsmes<\/i> de r\u00e9gions ou de pays tout entiers, ainsi que pour avoir magnifi\u00e9 des d\u00e9veloppements \u00e9conomiques exemplaires qui reposaient en fait sur du sable, les dirigeants europ\u00e9ens se retrouvent aujourd\u2019hui devant une t\u00e2che injouable, telle qu\u2019ils pr\u00e9tendent la r\u00e9soudre. La Gr\u00e8ce se r\u00e9v\u00e8le pour ce qu\u2019elle est &#8211; sans qu\u2019il soit possible de la faire si brusquement changer &#8211; et les miracles irlandais et espagnols se sont transform\u00e9s en d\u00e9sastres. <\/p>\n<p>Pr\u00e9tendant obtenir des r\u00e9ductions du d\u00e9ficit public dans des d\u00e9lais tr\u00e8s rapproch\u00e9s, leur politique se heurte \u00e0 un double obstacle. Elle enfonce les pays les plus vuln\u00e9rables dans la r\u00e9cession et ne fait qu\u2019accentuer leur insolvabilit\u00e9. Elle leur enjoint de r\u00e9aliser des <i>r\u00e9formes structurelles<\/i> et de <i>moderniser<\/i> leur Etat \u00e0 un rythme intenable. A imposer comme mod\u00e8le les canons du capitalisme financier, les artisans de cette faillite d\u00e9sorganis\u00e9e prennent leurs r\u00eaves pour la r\u00e9alit\u00e9. Et celle-ci, comme toujours, les rattrape. <\/p>\n<p>Le mensuel britannique The Economist organisait aujourd\u2019hui pr\u00e8s d\u2019Ath\u00e8nes une conf\u00e9rence sur le th\u00e8me \u00ab\u00a0 La Gr\u00e8ce est-elle en voie de gu\u00e9rison\u00a0?\u00a0\u00bb.  Une excellente occasion pour le repr\u00e9sentant permanent en Gr\u00e8ce du FMI, Bob Traa, de mettre les points sur les \u00ab\u00a0i\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9conomie ne peut pas continuer \u00e0 \u00eatre bas\u00e9e sur la consommation domestique et les importations\u00a0\u00bb, a-t-il soulign\u00e9. \u00ab\u00a0Il y a deux fa\u00e7ons d&rsquo;y parvenir, soit vous abaissez consid\u00e9rablement les revenus et donc les importations, soit vous augmentez la comp\u00e9titivit\u00e9 et augmentez les exportations\u00a0\u00bb. Reconnaissant que \u00ab\u00a0cela serait plus facile avec une d\u00e9valuation\u00a0\u00bb, impossible en raison de l&rsquo;appartenance \u00e0 la zone euro, il en vient \u00e0 pr\u00e9coniser alternativement ce que l\u2019on appelle <i>la d\u00e9valuation int\u00e9rieure<\/i>, une baisse des revenus salariaux camoufl\u00e9e sous les expressions plus anodines d&rsquo;<i>accroissement de la flexibilit\u00e9<\/i> sur le march\u00e9 du travail et de <i>r\u00e9formes structurelles<\/i>. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Par transfert des ressources\u00a0\u00bb le processus de privatisation et de r\u00e9duction du secteur public aiderait le secteur priv\u00e9 et le tour serait jou\u00e9. Michalis Chryssoho\u00efdes, le ministre du d\u00e9veloppement lui a r\u00e9pondu en annon\u00e7ant que, \u00ab\u00a0dans les prochains jours, nous allons annoncer un plan ambitieux visant \u00e0 lever les entraves pour les entrepreneurs (&#8230;), il faut passer d&rsquo;une \u00e9conomie d&rsquo;Etat et d&rsquo;importations \u00e0 une \u00e9conomie de comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00a0\u00bb. Pendant la crise, les affaires continuent. <\/p>\n<p>C\u2019est \u00e9galement en cas en Espagne, o\u00f9 le programme de privatisation des caisses d\u2019\u00e9pargne en d\u00e9tresse se poursuit, une fois financi\u00e8rement assainies sur fonds publics ou \u00e9tant entr\u00e9es en bourse sur la base de valorisations all\u00e9chantes. Afin d\u2019int\u00e9resser la partie, la Banque d\u2019Espagne s\u2019appr\u00eaterait \u00e0 couvrir \u00e0 hauteur de 20 milliards d\u2019euros les pertes de la plus importante d\u2019entre elles, la Caja Mediterraneo (CAM), soit l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la valeur comptable de son portefeuille immobilier. Ce qui au passage en dit long sur ce \u00e0 quoi il faut s\u2019attendre pour le secteur bancaire espagnol, si les pertes sur ces actifs devaient atteindre le taux de 100%&#8230; Ne manquant pas de rappeler que le gouvernement avait affirm\u00e9 que, tout le secteur pris en compte, son intervention ne d\u00e9passerait pas les 20 milliards d&rsquo;euros, ceux-l\u00e0 m\u00eame qu\u2019elle pourrait consacrer \u00e0 la seule CAM. Au bout du couloir, c\u2019est la r\u00e9duction du d\u00e9ficit public qui est l\u00e0 encore en jeu. Mois apr\u00e8s mois,le taux des cr\u00e9ances douteuses des banques augmente irr\u00e9sistiblement, selon la Banque d&rsquo;Espagne. <\/p>\n<p>Hors de la zone euro, au Royaume-Uni, la situation se complique \u00e9galement. 12 milliards de livres manquent \u00e0 l\u2019appel dans les comptes, accentuant de 25% le d\u00e9ficit public 2011-2012 et mettant en cause les r\u00e9sultats attendus du plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 gouvernemental. A l\u2019origine : moins d\u2019\u00e9pargne et pas de rebond de la croissance comme il devait en r\u00e9sulter, une pr\u00e9vision d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9e par la Bank of England et le FMI. Des discussions serr\u00e9es vont bon train au sein de la coalition au pouvoir, afin de d\u00e9terminer comment y rem\u00e9dier\u00a0: nouvelles coupes budg\u00e9taires, nouveaux imp\u00f4ts ou allongement de la dur\u00e9e du plan d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 \u00a0? Il est surtout question de monter le taux de l\u2019\u00e9quivalent de la TVA de 20 \u00e0 22,5%. <\/p>\n<p>Tous ces plans d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 ont d\u00e9cid\u00e9ment en commun de surestimer les recettes futures\u00a0; ils sortent vite de route pour cette m\u00eame raison. Amener le gouvernement grec \u00e0 r\u00e9sipiscence est une chose, retomber sur ses pieds dans le cadre des plans de rigueur devenus le lot commun dans toute l\u2019Europe, \u00e0 des degr\u00e9s divers, en est une autre. <i>L\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle<\/i> ne se pr\u00eate pas aux m\u00eames tours de passe-passe que le secteur financier et n\u2019est pas sensible \u00e0 la magie des mots. <\/p>\n<p>Que font les bourses europ\u00e9ennes, suivies par Wall Street, en ce sur-lendemain d&rsquo;une r\u00e9union des ministres des finances calamiteuse ? Elles plongent ! Que d\u00e9clare Fran\u00e7ois Baroin, \u00e0 propos d&rsquo;un \u00e9ventuel refus de versement de l&rsquo;aide \u00e0 la Gr\u00e8ce ? Qu&rsquo;il se refuse \u00e0 anticiper ! Il est bien le seul dans ce cas. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour sauver l\u2019Europe, il faut enfoncer la Gr\u00e8ce ! Voil\u00e0 en r\u00e9sum\u00e9 l\u2019objectif que poursuivent sans le dire les dirigeants europ\u00e9ens, en exigeant du gouvernement grec de nouvelles fortes coupes budg\u00e9taires imm\u00e9diates, afin de lui verser en retour une nouvelle tranche du pr\u00eat de leur premier <i>plan de sauvetage<\/i>. 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