{"id":28824,"date":"2011-09-22T15:43:31","date_gmt":"2011-09-22T13:43:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=28824"},"modified":"2013-01-02T14:33:27","modified_gmt":"2013-01-02T13:33:27","slug":"lactualite-de-la-crise-tout-se-tient-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/09\/22\/lactualite-de-la-crise-tout-se-tient-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>TOUT SE TIENT !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>C\u2019est la routine, les valeurs financi\u00e8res chutent \u00e0 nouveau en bourse, entra\u00eenant les indices\u00a0! Ne tenant aucun compte que le gouvernement grec a pli\u00e9 devant les injonctions transmises par la <i>Tro\u00efka<\/i>. Car <i>les march\u00e9s<\/i> sont effray\u00e9s par la situation \u00e9conomique mondiale, \u00e9voqu\u00e9e avant-hier par le FMI puis hier par la Fed, et les menaces qui planent sur le syst\u00e8me bancaire. L\u2019heure est sombre. <\/p>\n<p>A Ath\u00e8nes, il fallait faire un exemple. Ce ne sont ni les armateurs, ni l\u2019Eglise orthodoxe, ni les militaires qui vont en faire les frais, mais en priorit\u00e9 les retrait\u00e9s et les nouveaux contribuables, en raison de l\u2019abaissement du seuil minimum d\u2019imposition (\u00e0 5.000 euros annuels). Parmi les masques que les com\u00e9diens de la Gr\u00e8ce antique portaient lors des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales, celui de la trag\u00e9die s\u2019impose. <\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps,  jouant le r\u00f4le qu\u2019on lui attribuait alors en expliquant l&rsquo;action, un ch\u0153ur se renforce qui entonne l\u2019air de la recapitalisation des banques. Apr\u00e8s le FMI, l\u2019OCDE et la Commission, le Comit\u00e9 europ\u00e9en des  risques syst\u00e9miques (CERS) &#8211; cet organisme pr\u00e9sid\u00e9 par Jean-Claude Trichet et qui regroupe les repr\u00e9sentants des 27 banques centrales &#8211; ne pouvait pas \u00eatre en reste. Pas plus que Michel Barnier, le commissaire charg\u00e9 des services financiers. Ou Fr\u00e9d\u00e9ric Oud\u00e9a, s\u2019exprimant en tant que pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration bancaire fran\u00e7aise (FBF), qui installe une nouvelle ligne de d\u00e9fense en r\u00e9futant l\u2019id\u00e9e que toutes les banques devraient renforcer leurs fonds propres. Il affirme que \u00ab\u00a0ce n\u2019est pas le cas de la majorit\u00e9 des banques europ\u00e9ennes, ni des banques fran\u00e7aises en particulier\u00a0\u00bb, ouvrant n\u00e9anmoins une porte que Val\u00e9rie P\u00e9cresse, ministre fran\u00e7aise du budget, tient obstin\u00e9ment close. <\/p>\n<p><!--more-->La discussion a \u00e9volu\u00e9 et porte d\u00e9sormais sur deux sujets\u00a0: quelles banques vont devoir y passer et quelle seront les modalit\u00e9s de leur recapitalisation\u00a0? \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9poque s\u2019ach\u00e8ve o\u00f9 l\u2019on devait renflouer les banques gr\u00e2ce aux contribuables\u00a0\u00bb a pr\u00e9dit Michel Barnier, voulant dire que l\u2019on n\u2019y coupera pas encore une fois, puisqu\u2019elle n\u2019est qu\u2019en train de se terminer&#8230;. Jos\u00e9 Almunia, qui propose de proroger les r\u00e8gles communautaires permettant aux Etats d\u2019aider les banques, assortit cette mesure de la restriction selon laquelle cela ne devrait intervenir \u00ab\u00a0qu\u2019en dernier recours\u00a0\u00bb. Beaucoup de pr\u00e9cautions de langage qui illustrent le caract\u00e8re politiquement sensible dans l\u2019opinion du sujet\u00a0!<\/p>\n<p>Ainsi que le FMI qui l\u2019affirme, et le CERS qui l\u2019\u00e9voque, c\u2019est le Fonds de stabilit\u00e9 (FSFE) qui pourrait \u00eatre mis \u00e0 contribution, une fois ses missions \u00e9largies ratifi\u00e9es. Probablement en achetant les titres \u00e9mis par les banques, afin d\u2019\u00e9viter tout apport en capital. Car il est d\u00e9j\u00e0 acquis que les actionnaires ne seront pas mis \u00e0 contribution. L\u2019envoi en mission dans le Golfe de Jacques de La Rosi\u00e8re &#8211; ancien directeur g\u00e9n\u00e9ral du FMI reconverti dans le conseil \u00e0 la BNP Paribas &#8211; rappelle \u00e0 cet \u00e9gard le pr\u00e9c\u00e9dent \u00e9pisode engag\u00e9 par Barclays, qui s\u2019est renflou\u00e9e ainsi pour \u00eatre en mesure de ne pas recevoir une infamante aide publique. M\u00eame s\u2019il est affirm\u00e9 par la banque qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une visite de <i>pure routine<\/i>.   <\/p>\n<p>Olivier Blanchard, l\u2019\u00e9conomiste en chef du FMI, n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 pr\u00e9coniser une prise de participation des Etats, \u00e9ventualit\u00e9 qui impliquerait un d\u00e9bat sur les contre-parties\u00a0! Il voit en effet dans la situation actuelle un danger, en ce sens que les banques pourraient tenter de recourir \u00e0 d\u2019autres options qui impliquent de diminuer leurs en-cours de pr\u00eats, alors qu\u2019il estime indispensable de soutenir la croissance&#8230; Baudoin Prot, directeur g\u00e9n\u00e9ral de BNP Paribas, lui donne involontairement raison en r\u00e9affirmant dans Les Echos que sa strat\u00e9gie repose sur \u00ab\u00a0un double effort de mise en r\u00e9serve des b\u00e9n\u00e9fices et de r\u00e9duction de la taille de bilan\u00a0\u00bb. Comment proc\u00e8de-t-on, en effet, \u00e0 une telle r\u00e9duction ? en c\u00e9dant des actifs et en diminuant le cr\u00e9dit \u00a0! <\/p>\n<p>Mais cette situation t\u00e9moigne d\u2019un paradoxe. Pourquoi, si le spectre d\u2019un d\u00e9faut grec est repouss\u00e9, permettant de lui pr\u00eater 8 milliards d\u2019euros suppl\u00e9mentaires, est-il n\u00e9cessaire de renforcer les banques ? La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 fournie par Baudoin Prot, directeur g\u00e9n\u00e9ral de BNP Paribas, qui vient d\u2019admettre comme si de rien n\u2019\u00e9tait que \u00ab\u00a0s\u2019il devait y avoir un effort de l\u2019ensemble des investisseurs priv\u00e9s [pour la Gr\u00e8ce] je dirais que nous y sommes pr\u00eats.\u00a0\u00bb Une d\u00e9claration \u00e0 double effet, \u00e0 la fois reconnaissance qu\u2019une d\u00e9cote suppl\u00e9mentaire de la dette grecque est dans les tuyaux, et contre-feu pour pr\u00e9venir une extension de l\u2019incendie \u00e0 l\u2019Italie, \u00e9tant donn\u00e9 la gigantesque exposition de la BNP Paribas \u00e0 sa dette. <\/p>\n<p>La recapitalisation des banques europ\u00e9ennes r\u00e9pond donc \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de les renforcer pour ensuite proc\u00e9der \u00e0 la suite de la restructuration de la dette souveraine qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e avec la Gr\u00e8ce, et qui est destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre poursuivie. La liste des banques devant y proc\u00e9der d\u00e9pendant de l\u2019analyse des risques \u00e0 venir, des pays qui pourraient fauter. On se souvient que si 9 banques avaient \u00e9chou\u00e9 aux derniers stress tests, 16 n\u2019en \u00e9taient pas loin. Elles sont aujourd\u2019hui des victimes toutes d\u00e9sign\u00e9es \u00e0 ceci pr\u00e8s que les tests n\u2019ont pas pris en compte ce qui aurait du l\u2019\u00eatre et se trouve aujourd\u2019hui menacer les banques\u00a0: leur exposition aux obligations souveraines. Mais cela permet d\u2019\u00e9carter les banques fran\u00e7aises, qui ne figurent sur aucune de ces deux listes, de la n\u00e9cessit\u00e9 de se renforcer&#8230;<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de cet escamotage, nous assistons \u00e0 pour le moins une inflexion de la politique suivie jusqu\u2019alors, in\u00e9vitable puisqu\u2019il n\u2019y avait plus d\u2019autre choix que prendre les devants et tenter de restructurer dans l\u2019ordre ou subir un ou plusieurs d\u00e9fauts dans le d\u00e9sordre. <\/p>\n<p>Est-ce \u00e0 dire que, comme les euro-obligations sont pr\u00e9sent\u00e9es pouvoir le faire, ce nouveau m\u00e9canisme va d\u00e9sormais tout r\u00e9gler\u00a0? Cela serait pour le moins aventureux de l\u2019affirmer, en particulier si l\u2019on consid\u00e8re les cas de l\u2019Espagne et de l\u2019Italie, dont l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 obligataire est de plus en plus on\u00e9reux et les besoins de roulement de leur dette tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s (la dette italienne est de 1.200 milliards d\u2019euros). Cela n\u00e9cessitera \u00e0 un moment &#8211; qui ne pourra pas \u00eatre \u00e9ternellement recul\u00e9 &#8211; qu\u2019ils soient \u00e0 leur tour assist\u00e9s, comme le sont d\u00e9j\u00e0 la Gr\u00e8ce, l\u2019Irlande et le Portugal. Ce dont le FSFE n\u2019a pas les moyens. La d\u00e9gradation par Moody&rsquo;s de la note des banques italiennes <b>[ ERRATA: il s&rsquo;agit de Standard &#038; Poor&rsquo;s ]<\/b>, dans la logique de celle qui est intervenue pour l\u2019Etat &#8211; car elles sont gav\u00e9es de dettes publiques &#8211; r\u00e9sonne comme un signal d\u2019alarme.<\/p>\n<p>La dette est publique et priv\u00e9e, elle r\u00e9clame de tous c\u00f4t\u00e9s des financements publics. Le seul calcul int\u00e9ressant est de d\u00e9terminer ce qui \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e co\u00fbterait le moins cher, tout en permettant de stabiliser la situation\u00a0: renflouer les banques ou les Etats, ou un m\u00e9lange des deux\u00a0? Plac\u00e9es devant cette \u00e9quation, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes continuent toutefois d\u2019en esquiver la r\u00e9solution. Car cela supposerait de fait de nationaliser une grande partie du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en&#8230;<\/p>\n<p>Mais plus le temps passe, plus les additions s\u2019alourdissent. Pedro Passos Coelho, le premier ministre portugais vient de se rappeler au bon souvenir de ses confr\u00e8res, \u00e9voquant le besoin \u00e9ventuel d\u2019une nouvelle aide financi\u00e8re, qui pourrait aussi concerner l\u2019Irlande, \u00ab\u00a0dans un sc\u00e9nario de d\u00e9faut de la Gr\u00e8ce\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Un autre ch\u0153ur est remont\u00e9 sur sc\u00e8ne, celui des banques centrales, mais il continue \u00e0 \u00eatre dissonant. Tandis que la Fed va s\u2019essayer \u00e0 un nouveau round de <i>quantitative easing<\/i> d\u00e9guis\u00e9 et affadi, sous le nom de code de <i>twist<\/i> qui fait jaser, la Banque d\u2019Angleterre annonce qu\u2019elle pourrait bien s\u2019y remettre et la BCE projette plus modestement d\u2019assouplir les conditions d\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 des actifs que les banques doivent mettre en pension pour b\u00e9n\u00e9ficier de liquidit\u00e9s. Les banques centrales ne sont d\u00e9cid\u00e9ment pas les sauveurs esp\u00e9r\u00e9s. Peut-on vraiment croire, dans ces conditions, que le prochain G20 de novembre le sera\u00a0?<\/p>\n<p>Les banques centrales &#8211; on l\u2019a dit &#8211; ne disposent pas des instruments ad\u00e9quats. Ni pour contribuer \u00e0 une relance de la croissance, comme la d\u00e9monstration en \u00e9t\u00e9 clairement faite aux Etats-Unis, ni pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de solvabilit\u00e9 des banques, les alimenter en liquidit\u00e9s se r\u00e9sumant \u00e0 faire durer le plaisir. Les Etats ne sont plus en mesure de financer une relance, dont on se demande d\u2019ailleurs d\u2019o\u00f9 elle pourrait provenir. Aux Etats-Unis, il est d\u00e9sormais reconnu que <i>les m\u00e9nages<\/i> ne sont pas en mesure de relancer la consommation, cl\u00e9 de la croissance. En Europe, ils sont pris \u00e0 leur propre pi\u00e8ge, sous l\u2019impulsion d\u2019une Allemagne dont les perspectives de croissance diminuent fortement.<\/p>\n<p>Dans le cadre conceptuel qui reste en vigueur, il n\u2019y a pas d\u2019issue. Mais est-ce bien une bataille d&rsquo;id\u00e9es ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la routine, les valeurs financi\u00e8res chutent \u00e0 nouveau en bourse, entra\u00eenant les indices\u00a0! Ne tenant aucun compte que le gouvernement grec a pli\u00e9 devant les injonctions transmises par la <i>Tro\u00efka<\/i>. 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