{"id":28991,"date":"2011-09-26T11:43:42","date_gmt":"2011-09-26T09:43:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=28991"},"modified":"2013-01-02T14:33:23","modified_gmt":"2013-01-02T13:33:23","slug":"lactualite-de-la-crise-derniere-station-avant-le-desert-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/09\/26\/lactualite-de-la-crise-derniere-station-avant-le-desert-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>DERNI\u00c8RE STATION AVANT LE D\u00c9SERT !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Reconnaissons-le, on ne pourra pas dire pour une fois qu\u2019une r\u00e9union internationale n\u2019aura produit aucun effet ! La rencontre des dirigeants de la plan\u00e8te \u00e0 Washington a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de telles pressions sur les Europ\u00e9ens qu\u2019ils sont imm\u00e9diatement entr\u00e9s dans un intense <i>brain storming<\/i>. Selon ceux qui y ont assist\u00e9, on n\u2019avait jamais vu exprim\u00e9e dans ce genre d\u2019enceinte une telle tension&#8230;<\/p>\n<p>Trouver de l\u2019argent pour renflouer les banques et cr\u00e9er un pare-feu financier afin d\u2019emp\u00eacher l\u2019Italie et l\u2019Espagne de sombrer ne peut donc plus attendre, mais comment proc\u00e9der ? Impossible de compter sur le FMI, qui a tendu au contraire la main \u00e0 Washington, ni sur les <i>\u00e9mergents<\/i>, ce qui n\u2019est pas faute d\u2019avoir essay\u00e9. Mais les dirigeants des BRICs sont camp\u00e9s sur la ligne selon laquelle chacun doit faire le m\u00e9nage chez soi. La r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e des plus clairement par Gao Xiping, le pr\u00e9sident du fonds souverain China Investment Corp.\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne sommes pas des sauveteurs, nous devons nous sauver nous-m\u00eames\u00a0\u00bb.   <\/p>\n<p><!--more-->Dans ces conditions, il ne reste plus qu\u2019\u00e0 utiliser l\u2019existant, le Fonds de stabilit\u00e9 (FESF) et, selon les termes d\u2019Olli Rehn, le commissaire europ\u00e9en, de le doter d\u2019un effet de levier plus important. Si des chiffres tr\u00e8s cons\u00e9quents circulent &#8211; la base de discussion est de un \u00e0 deux milliers de milliards d\u2019euros  &#8211; il faut en premier lieu se mettre d\u2019accord sur un m\u00e9canisme. <\/p>\n<p>Il pourrait ainsi \u00eatre accord\u00e9 au Fonds une licence de banque, ce qui lui donnerait acc\u00e8s aux guichets de la BCE et reviendrait de mani\u00e8re d\u00e9tourn\u00e9e \u00e0 actionner celle-ci. Voil\u00e0 qui \u00e9claire les propos un peu \u00e9nigmatiques lanc\u00e9s ces derniers jours. Une autre option serait d\u2019en faire une compagnie d\u2019assurance, ce qui serait pour les Allemands une pilule moins dure \u00e0 avaler, leur responsabilit\u00e9 financi\u00e8re pouvant m\u00eame ne pas \u00eatre aggrav\u00e9e dans ce sch\u00e9ma. Mais cela pourrait ne pas satisfaire <i>les march\u00e9s<\/i>. <\/p>\n<p>Ces discussions techniques ont un grand impact politique, qu\u2019il faut aussi mesurer, afin d\u2019\u00eatre pr\u00eat pour le prochain G20, d\u00e9but novembre. Les p\u00e9rip\u00e9ties ne devraient pas manquer dans les semaines \u00e0 venir, qui ne pourront pas toutes \u00eatre gard\u00e9es dans le secret des cabinets. Premi\u00e8re \u00e9tape, la ratification par le Bundestag, jeudi prochain, de la nouvelle configuration du FESF, socle du dispositif \u00e0 venir.  <\/p>\n<p>La solution qui serait adopt\u00e9e &#8211; si c\u2019est le cas, vu qu\u2019il va falloir forcer quelques mains et consciences &#8211; reviendrait \u00e0 accro\u00eetre l\u2019intervention des Etats via le Fonds et la BCE, ainsi que leur endettement. Ce qui ne serait pas le moindre de ses paradoxes dans le contexte de priorit\u00e9 adapt\u00e9 \u00e0 la lutte contre les d\u00e9ficits et la dette publique. Il s\u2019agirait de tenter de calmer le jeu obtenant des taux <i>raisonnables<\/i> pour ce refinancement des Etats et des banques, en s\u2019appuyant sur le socle de la BCE. Car l\u2019hypoth\u00e8se assurancielle semble tr\u00e8s tir\u00e9e par les cheveux. A l\u2019arriv\u00e9e, la dette serait financ\u00e9e par de nouvelles dettes, un grand classique des banquiers. Non seulement leur tire-lire ne serait pas cass\u00e9e, mais elle serait mieux pourvue.<\/p>\n<p>Ceux-ci se font discrets, et pour cause. Tandis que se pr\u00e9pare en France un sauvetage inavou\u00e9 de Dexia, sous couvert de la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle banque de financement des collectivit\u00e9s locales adoss\u00e9e \u00e0 la Caisse des d\u00e9p\u00f4ts et la Banque postale, il a \u00e9t\u00e9 vivement d\u00e9menti qu\u2019un plan de recapitalisation de cinq autres banques avait \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 et finalement remis dans un tiroir, sous les injonctions de BNP Paribas. Avec toujours le m\u00eame refrain\u00a0: \u00ab\u00a0nous ne voulons pas payer pour les autres et, surtout, \u00eatre montr\u00e9 du doigt devant <i>les march\u00e9s<\/i>\u00a0!\u00a0\u00bb. Les banques ne seraient par contre pas oppos\u00e9es \u00e0 une recapitalisation group\u00e9e, \u00e0 des conditions avantageuses s\u2019entend. Encore une autre d\u00e9cision tr\u00e8s politique qui va devoir \u00eatre prise.<\/p>\n<p>L\u2019Institute of International Finance a de son c\u00f4t\u00e9, par la bouche de Josef Ackermann, son pr\u00e9sident sortant, bloqu\u00e9 toute tentative d\u2019augmenter la d\u00e9cote de la dette grecque, fix\u00e9e au chiffre de 21% par ses soins en dehors de toute estimation des r\u00e9gulateurs, qui l\u2019ont ensuite avalis\u00e9. Et par voie de cons\u00e9quence de reproduction de ce sch\u00e9ma pour d\u2019autres pays. Un effet domino risquerait de s\u2019en suivre, impliquant la contribution des contribuables. Louable souci que de s\u2019en faire les protecteurs, pour en r\u00e9alit\u00e9 faire peur aux dirigeants politiques\u00a0! Sachant que les banques viennent d\u2019\u00eatre r\u00e9trograd\u00e9es et de sauveurs devenir \u00e0 sauver, une nouvelle fois. <\/p>\n<p>Un choix existait qui n\u2019est plus possible. Soit renflouer les banques, soit renflouer les Etats, apr\u00e8s avoir pes\u00e9 quelle \u00e9tait la moins on\u00e9reuse des deux options. C\u2019est le mauvais cheval qui a \u00e9t\u00e9 choisi et il va falloir renflouer des deux c\u00f4t\u00e9s. Brillant r\u00e9sultat d\u2019une path\u00e9tique course poursuite en marche arri\u00e8re. Mais d\u00e9j\u00e0 se pose la question de savoir si m\u00eame cela n\u2019est pas trop tard. Et surtout si les dirigeants europ\u00e9ens vont \u00eatre capables de se <i>ressaisir<\/i> et d\u2019adopter un nouveau montage financier pour se tirer d\u2019affaire.<\/p>\n<p>La morale de l\u2019histoire est que les banques centrales restent les sauveteurs esp\u00e9r\u00e9s, en tout dernier ressort. Chacune \u00e0 sa mani\u00e8re et en fonction de ses possibilit\u00e9s, qui se r\u00e9duisent. La Fed engage un r\u00e9am\u00e9nagement des titres de son portefeuille, dont les effets risquent d\u2019\u00eatre fort maigres. La Banque d\u2019Angleterre envisage de reprendre son programme de rachat d\u2019actifs, \u00e9galement pour tenter de relancer l\u2019\u00e9conomie. Celle du Japon pourrait \u00e0 nouveau intervenir afin de tenter d\u2019enrayer la hausse du yen, qui p\u00e9nalise les exportations japonaises. Enfin, la BCE a une mission encore plus impossible, renflouer simultan\u00e9ment les Etats et les banques europ\u00e9ennes, qui passent leur temps \u00e0 se faire des croche-pied. Quelle bande d&rsquo;\u00e9clop\u00e9s !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Reconnaissons-le, on ne pourra pas dire pour une fois qu\u2019une r\u00e9union internationale n\u2019aura produit aucun effet ! La rencontre des dirigeants de la plan\u00e8te \u00e0 Washington a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de telles pressions sur les Europ\u00e9ens qu\u2019ils sont imm\u00e9diatement entr\u00e9s dans un intense <i>brain storming<\/i>. 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