{"id":2956,"date":"2009-04-28T00:05:26","date_gmt":"2009-04-27T23:05:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2956"},"modified":"2009-04-28T00:05:26","modified_gmt":"2009-04-27T23:05:26","slug":"la-comptabilite-creative-par-jean-pierre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/04\/28\/la-comptabilite-creative-par-jean-pierre\/","title":{"rendered":"La comptabilit\u00e9 cr\u00e9ative, par Jean-Pierre"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA COMPTABILITE CREATIVE<\/strong><\/p>\n<p>La crise financi\u00e8re actuelle l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 : les fonds propres du syst\u00e8me bancaire sont largement insuffisants pour couvrir tous les engagements. Une alternative s\u2019impose : soit on diminue ces engagements, soit on augmente les fonds propres. Partout, on tente de r\u00e9aliser les deux \u00e0 la fois. Sans trop de succ\u00e8s jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Il est donc indispensable de trouver d\u2019autres solutions, de pr\u00e9f\u00e9rence exp\u00e9ditives. Dans ce domaine, la cr\u00e9ativit\u00e9 va bon train, surtout quand elle ne rencontre aucune critique.<\/p>\n<p>Ainsi, quand il est apparu que les fonds propres des deux g\u00e9ants de la r\u00e9assurance que sont Fannie Mae (Federal National Mortgage Association) et Freddie Mac (Federal Home Loan Mortgage), avant de les nationaliser, l\u2019\u00e9tat leur a permis de consid\u00e9rer les arri\u00e9r\u00e9s de paiements comme acquis et ceci durant une p\u00e9riode de deux ans. Apr\u00e8s quoi, les deux firmes devront relever leurs provisions et consid\u00e9rer ces arri\u00e9r\u00e9s comme pure perte. Gr\u00e2ce \u00e0 ce stratag\u00e8me, Fannie Mae et Freddie Mac \u00e9vitent de sombrer. Bien s\u00fbr, la mesure n\u2019est que temporaire : d\u00e8s 2010 les deux g\u00e9ants devront divulguer la v\u00e9ritable situation de leurs finances. <\/p>\n<p>Puis, comme ce genre de magouille ne pouvait \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, on a assoupli les r\u00e8gles comptables. Ce qui avant devait \u00eatre estim\u00e9 \u00e0 la valeur marchande ou de remplacement, peut aujourd\u2019hui \u00eatre valoris\u00e9 \u00e0 un prix \u00e9quitable. En clair, au pifom\u00e8tre. Depuis, les banques s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie et affichent des b\u00e9n\u00e9fices mirobolants alors que l\u2019\u00e9conomie s\u2019effondre de toutes parts. De telles embellies comptables sont difficilement r\u00e9p\u00e9titives. A moins qu\u2019on ait pris soin de ne pas embellir l\u2019ensemble des actifs foireux en une fois. Il faut donc trouver un autre stratag\u00e8me. <\/p>\n<p>Depuis que les banques jouissent de la garantie temporaire de l\u2019\u00e9tat, elles peuvent \u00e9mettre des emprunts \u00e0 un taux \u00e9quivalent \u00e0 celui des emprunts d\u2019\u00e9tat. Leurs propres obligations, en revanche, s\u2019effritent sur le march\u00e9, faute de garantie. Quelques banques ont alors eu l\u2019id\u00e9e g\u00e9niale de racheter leurs propres titres \u00e0 vil prix avec le produit du placement des emprunts garantis par l\u2019\u00e9tat. Elles r\u00e9alisent de la sorte une fameuse \u00e9pargne, puisqu\u2019elles ne devront plus amortir ces emprunts.<\/p>\n<p><!--more-->Cette \u00e9pargne (la diff\u00e9rence entre le prix de remboursement \u2013 g\u00e9n\u00e9ralement le pair \u2013 et le prix d\u2019achat actuel), les banques la consid\u00e8rent comme du b\u00e9n\u00e9fice et l\u2019enregistrent comme tel. Ensuite, tout b\u00e9n\u00e9fice non distribu\u00e9 est soit plac\u00e9 sur un compte de r\u00e9serve, soit ajout\u00e9 au capital. C\u2019est, bien s\u00fbr, la seconde affectation qui est privil\u00e9gi\u00e9e. Ainsi, ces banques sont actuellement en train d\u2019augmenter leur capital gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9pargne qu\u2019elles r\u00e9alisent sur le non-remboursement de leurs dettes obligataires. Cette \u00e9pargne ne correspondant pas \u00e0 un profit r\u00e9ellement encaiss\u00e9, elles se constituent par cons\u00e9quent du capital \u00e0 partir de rien. Car on imagine bien que cette diff\u00e9rence, elles ne la r\u00e9coltent nulle part.<\/p>\n<p>Cette nouvelle pratique, que les autorit\u00e9s tol\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre, va peut-\u00eatre trouver une nouvelle application. On sait que General Motors est virtuellement en faillite. Or le constructeur d\u2019automobiles am\u00e9ricain a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des principaux \u00e9metteurs d\u2019obligations, tant aux \u00c9tats-Unis qu\u2019en dehors du pays. La majorit\u00e9 d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par la filiale financi\u00e8re de la firme, la General Motors Acceptance Corporation ou GMAC (se prononce \u00ab Gi-Mac \u00bb). Toutes les obligations de GMAC cotent largement sous le pair, certaines \u00e0 moins de 10 % de leur valeur nominale. Il suffirait \u00e0 GM de racheter toutes ces obligations \u00e0 ces prix d\u00e9risoires et d\u2019enregistrer la diff\u00e9rence comme capital. Elle se sortirait d\u2019embl\u00e9e de l\u2019orni\u00e8re car cela repr\u00e9senteraient des centaines de milliards de dollars.<\/p>\n<p>On se demande pourquoi les firmes industrielles \u00e0 la d\u00e9rive n\u2019ont pas encore opt\u00e9 pour cette solution. Sans doute parce qu\u2019il leur faut de l\u2019argent v\u00e9ritable. Seules les banques peuvent se contenter de sommes fictives apparaissant subitement dans leurs comptes mais n\u2019ayant aucune existence nulle part. Un peu comme leurs dettes toxiques par ailleurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA COMPTABILITE CREATIVE<\/strong><\/p>\n<p>La crise financi\u00e8re actuelle l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 : les fonds propres du syst\u00e8me bancaire sont largement insuffisants pour couvrir tous les engagements. Une alternative s\u2019impose : soit on diminue ces engagements, soit on augmente les fonds propres. Partout, on tente de r\u00e9aliser les deux \u00e0 la fois. 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