{"id":29589,"date":"2011-10-12T18:08:58","date_gmt":"2011-10-12T16:08:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=29589"},"modified":"2013-01-02T14:31:35","modified_gmt":"2013-01-02T13:31:35","slug":"lactualite-de-la-crise-par-defaut-la-ligne-de-plus-grande-pente-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/10\/12\/lactualite-de-la-crise-par-defaut-la-ligne-de-plus-grande-pente-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>PAR D\u00c9FAUT, LA LIGNE DE PLUS GRANDE PENTE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019accord \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb dont Angela Merkel vient, faute de mieux, de se pr\u00e9valoir pour tenter de calmer le jeu ne fait pas l&rsquo;affaire, si l\u2019on en croit Jean-Claude Trichet. Estimant que le temps joue contre les dirigeants europ\u00e9ens, celui-ci s\u2019alarme (mieux vaut tard que jamais) que la crise europ\u00e9enne est entr\u00e9e dans une \u00ab\u00a0phase syst\u00e9mique\u00a0\u00bb et qu\u2019il est vital de renforcer d&rsquo;urgence la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la dette souveraine, point d\u2019appui essentiel pour \u00e9viter la r\u00e9\u00e9dition d\u2019un \u00e9pisode de crise type 2008. On ne peut en effet pas lui donner enti\u00e8rement tort, car les obligations d\u2019Etat sont un des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9 du syst\u00e8me financier, en particulier pour les \u00e9tablissements bancaires qui s\u2019appuient dessus. Mais comment faire, si le plan A ne fonctionne pas comme on le constate en ce moment ? <\/p>\n<p>Au passage, le pr\u00e9sident de la BCE se d\u00e9fend d\u2019avoir sous-estim\u00e9 le besoin de renforcement du syst\u00e8me bancaire, alors qu\u2019il a toujours accord\u00e9 la priorit\u00e9 absolue \u00e0 la r\u00e9duction de la dette publique et doit simplement se mettre au go\u00fbt du jour, tout en se d\u00e9faussant sur le FESF, ce dont les Allemands ne veulent pas entendre parler. Le monde est compliqu\u00e9. <\/p>\n<p><!--more-->Dans ce contexte, on peut s\u2019interroger sur les chances que l\u2019EBA &#8211; l\u2019organisme europ\u00e9en de r\u00e9gulation des banques &#8211; a d\u2019obtenir l\u2019approbation des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, lorsqu\u2019elle propose de fixer un ratio imm\u00e9diat et minimum de 9% des fonds propres des banques par rapport \u00e0 leurs engagements, faute de quoi elles seront somm\u00e9es de se recapitaliser. Une mani\u00e8re de cr\u00e9dibiliser la troisi\u00e8me vague de stress tests qui a dans les faits d\u00e9but\u00e9 mais qui n\u2019ose m\u00eame plus dire son nom.<\/p>\n<p>Il est aussi permis de se gratter la t\u00eate, lorsque Jean-Claude Juncker, chef de file de l\u2019Eurogroupe sur le d\u00e9part, estime que la d\u00e9cote de la dette souveraine grecque devrait \u00eatre port\u00e9e \u00e0 60% au lieu des 21% d\u00e9j\u00e0 acquis. Car ce ne serait pas sans cons\u00e9quences pour la d\u00e9termination du ratio pr\u00e9c\u00e9dent. Ainsi que lorsqu\u2019il affirme, toujours \u00e0 propos du renforcement des banques, que \u00ab\u00a0nous devons nous assurer que ceux qui mettent du capital \u00e0 disposition, sous quelque forme que ce soit, se retrouvent impliqu\u00e9s dans les organes de d\u00e9cision de ces banques, dans le conseil de surveillance, le conseil d&rsquo;administration, la direction. Et de participer aux b\u00e9n\u00e9fices\u00a0\u00bb. En phase avec ce qu\u2019il appelle sa vision \u00ab\u00a0vieille \u00e9cole\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>Jos\u00e9 Manuel Barroso a apport\u00e9 sa contribution sur un mode on s&rsquo;en doute moins incisif, appuyant en g\u00e9n\u00e9ral l\u2019id\u00e9e d\u2019une augmentation du niveau des fonds propres <i>durs<\/i> comme crit\u00e8re permettant de calibrer la recapitalisation des banques, y ajoutant qu\u2019il faudrait interdire aux banques qui seraient en dessous du ratio retenu &#8211; qu\u2019il n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 &#8211; de verser des dividendes et des bonus. <\/p>\n<p>Le tir de barrage de la F\u00e9d\u00e9ration bancaire Fran\u00e7aise (FBF) et de la f\u00e9d\u00e9ration des banques priv\u00e9es allemandes (BdB) \u00e9tait donc une bataille d\u2019arri\u00e8re garde, si ces propositions sont suivies d\u2019effet. L\u2019une voudrait que tout le monde soit, tant qu&rsquo;\u00e0 faire, oblig\u00e9 de se renforcer, pour \u00e9viter de <i>stigmatiser<\/i> celles qui seraient seules dans l\u2019obligation de le faire, tandis que l\u2019autre s\u2019oppose \u00e0 une op\u00e9ration \u00ab\u00a0\u00e0 la louche\u00a0\u00bb et r\u00e9clame un traitement au cas par cas&#8230; Des arguments contradictoires pour tenter d\u2019esquiver la peine, une fois entendu que les unes et les autres se portent comme des charmes. <\/p>\n<p>Mais ne faut-il pas aller directement \u00e0 la question essentielle\u00a0: \u00e0 quoi un renforcement des fonds propres des banques peut-il bien servir ? Une fois rappel\u00e9 que ce crit\u00e8re est en soi sujet \u00e0 caution, puisque Dexia avait satisfait au pr\u00e9c\u00e9dent test. De plus, il reste mille et une mani\u00e8res d\u2019enjoliver les comptes, qui n\u2019ont pas toutes \u00e9t\u00e9 d\u00e9busqu\u00e9es, et l\u2019on peut penser sans proc\u00e8s d&rsquo;intention excessif que le r\u00e9sultat du nouvel examen de passage sera comme d&rsquo;habitude tr\u00e8s politique. Il suffira de placer le curseur que repr\u00e9sente le ratio des fonds propres en fonction des r\u00e9sultats que l&rsquo;on veut obtenir, et de ne pas trop entrer dans les comptes fournis par les banques. <\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, les partisans de la th\u00e9orie du bazooka avancent qu\u2019il faut une fois pour toute intimider les <i>march\u00e9s<\/i>, en se servant comme mod\u00e8le du pr\u00e9c\u00e9dent am\u00e9ricain du TARP, d\u2019autres consid\u00e9rant, sans trop insister sur le sujet, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019anticiper des restructurations qui vont suivre celles de la dette grecque, puisque le chemin est maintenant ouvert, sinon tout trac\u00e9. D\u2019autres, enfin, estiment que cela sera un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau, si des probl\u00e8mes structurels propres \u00e0 la zone euro ne sont pas r\u00e9gl\u00e9s. Par le grand bout de la lorgnette, les uns voient la r\u00e9duction des d\u00e9ficits, par le petit bout les autres observent la relance de la croissance. Mais il s\u2019agit dans les deux cas de v\u0153ux pieux, car personne n&rsquo;assortit sa vision d&rsquo;un mode d\u2019emploi convaincant.<\/p>\n<p>Or, si l\u2019on consid\u00e8re la r\u00e9duction du d\u00e9ficit, les derniers chiffres grecs ne portent pas \u00e0 l\u2019optimisme. Celui-ci continue de gonfler, en d\u00e9pit de l\u2019accumulation de mesures de rigueur. Sont principalement en cause la baisse des recettes fiscales dues \u00e0 la r\u00e9cession, le poids croissant du service de la dette ainsi que les n\u00e9cessit\u00e9s de financement des caisses de retraite et de ch\u00f4mage, en raison du recul de l\u2019emploi. <\/p>\n<p>La Tro\u00efka, qui propose de d\u00e9bloquer le versement de 8 milliards d\u2019euros, n\u2019en fait pas davantage preuve en reconnaissant que la r\u00e9cession sera \u00ab\u00a0plus profonde qu\u2019anticip\u00e9\u00a0\u00bb, reculant une nouvelle fois l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 la reprise devrait intervenir, d\u00e9sormais fix\u00e9e \u00e0 2013. L\u2019espoir ne fait toutefois pas vivre le FMI, car il n\u2019est plus question dans ses diff\u00e9rentes d\u00e9clarations d\u2019une nouvelle intervention financi\u00e8re de sa part, comme si la cause \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e sur ce mode, laissant les Europ\u00e9ens face \u00e0 ce petit probl\u00e8me. Signe que le Fonds est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion que seule une restructuration importante de la dette Grecque peut sauver la situation. <\/p>\n<p>Les nouvelles espagnoles ne sont pas davantage encourageantes. L\u2019inflation augmente encore, au rythme moyen de 3% pour l\u2019Europe, r\u00e9sultat en priorit\u00e9 des augmentations de prix d\u00e9cr\u00e9t\u00e9s par les gouvernement et les collectivit\u00e9s, et de taxations suppl\u00e9mentaires. Mais elle s\u2019inscrit dans le contexte d\u2019une baisse de la croissance, qui continue \u00e0 se ralentir et qui devrait stagner au troisi\u00e8me trimestre. Un sch\u00e9ma qui va retentir sur les recettes fiscales de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s et qui fait insensiblement entrer l\u2019Espagne, apr\u00e8s le Royaume-Uni, dans le monde de la <i>stagflation<\/i>. <\/p>\n<p>Les tenailles se resserrent donc, ne cessant de d\u00e9mentir des pr\u00e9visions de croissance qui se r\u00e9v\u00e8lent avoir \u00e9t\u00e9 surestim\u00e9es pour les besoins de la cause. L\u2019Union europ\u00e9enne en prend implicitement acte dans son rapport trimestriel, en avertissant que des \u00ab\u00a0mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 permanente\u00a0\u00bb vont devoir \u00eatre mises en place, \u00ab\u00a0en plus de celles qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Un match est engag\u00e9 entre les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes et le FMI, qui se poursuit. Les premi\u00e8res privil\u00e9gient la rigueur et le d\u00e9sendettement, le second d\u00e9nonce l\u2019erreur qui consisterait \u00e0 \u00ab\u00a0vouloir atteindre des cibles chiffr\u00e9es en mati\u00e8re de d\u00e9ficit\u00a0\u00bb, ce qui \u00ab ne doit pas se faire au risque d&rsquo;une contraction \u00e0 grande \u00e9chelle de l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 craindre que, une fois encore, la ligne de plus grande pente pr\u00e9vaudra par d\u00e9faut, grande inspiratrice de la strat\u00e9gie des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes.  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019accord \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb dont Angela Merkel vient, faute de mieux, de se pr\u00e9valoir pour tenter de calmer le jeu ne fait pas l&rsquo;affaire, si l\u2019on en croit Jean-Claude Trichet. 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