{"id":29626,"date":"2011-10-13T11:41:56","date_gmt":"2011-10-13T09:41:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=29626"},"modified":"2013-01-02T14:31:34","modified_gmt":"2013-01-02T13:31:34","slug":"lactualite-de-la-crise-comediante-tragediante-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2011\/10\/13\/lactualite-de-la-crise-comediante-tragediante-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise<\/i> : <b>COMEDIANTE ! TRAGEDIANTE !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Plus la perspective d\u2019une recapitalisation des banques se pr\u00e9cise, plus les tensions entre celles-ci et les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes s&rsquo;accroissent. Cela se manifeste par les tentatives publiques des \u00e9tablissements bancaires d&rsquo;y \u00e9chapper, ainsi que par des discussions plus discr\u00e8tes sur l&rsquo;ampleur et les modalit\u00e9s de  l&rsquo;op\u00e9ration. <\/p>\n<p>Josef Ackermann, patron de la Deutsche Bank, s&rsquo;est dress\u00e9 vent debout. \u00ab\u00a0Il me para\u00eet douteux qu&rsquo;une hausse du niveau des fonds propres pour l&rsquo;ensemble des banques soit une mesure appropri\u00e9e pour r\u00e9sorber la crise de la dette publique\u00a0\u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9, en insistant bien : \u00ab\u00a0Le d\u00e9bat actuel sur la recapitalisation est contre-productif parce que d&rsquo;une part il envoie le message qu&rsquo;une d\u00e9cote est plus probable, et d&rsquo;autre part comme les moyens n\u00e9cessaires \u00e0 une recapitalisation ne vont s\u00fbrement pas venir des investisseurs priv\u00e9s, ce serait finalement aux Etats de lever les fonds, ce qui ne ferait qu&rsquo;aggraver la crise de la dette\u00a0\u00bb. Tout est dit, ou presque. <\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes ont finalement admis que le renforcement des banques s&rsquo;imposait, mais sans en clarifier les raisons. Les Fran\u00e7ais ont pratiqu\u00e9 l&rsquo;art du camouflage en pr\u00e9textant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de respecter les nouveaux ratios de B\u00e2le III. En r\u00e9alit\u00e9, la situation des banques europ\u00e9ennes est tr\u00e8s vari\u00e9e, suivant que l&rsquo;on consid\u00e8re les espagnoles, plomb\u00e9es par l&rsquo;\u00e9clatement de la bulle immobili\u00e8re, les allemandes qui n&rsquo;ont toujours pas dig\u00e9r\u00e9 leurs actifs toxiques am\u00e9ricains ou les fran\u00e7aises et italiennes en raison de leur exposition \u00e0 la dette souveraine. Comme on le voit, l&rsquo;opacit\u00e9 continue sans surprise de r\u00e9gner. Seule r\u00e9ponse possible, est-il d\u00e9sormais conc\u00e9d\u00e9 : un coup de bazooka, qui risque \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e d&rsquo;\u00eatre un p\u00e9tard mouill\u00e9. <\/p>\n<p><!--more-->Le bras de fer engag\u00e9 est promis \u00e0 rebondir. Car les banques tentent de biaiser en cherchant \u00e0 am\u00e9liorer leur ratio via la vente d&rsquo;actifs et la r\u00e9duction de la taille de leurs bilans et engagements. BNP Paribas et la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale ont montr\u00e9 la voie et d&rsquo;autres banques italiennes et allemandes seraient sur le point de les suivre. Cela ne fait pas l&rsquo;affaire des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, qui craignent que cette r\u00e9duction de voilure ne se traduise par une diminution du cr\u00e9dit aux entreprises. Celles-ci, \u00e0 la diff\u00e9rence des entreprises am\u00e9ricaines qui vont directement se financer sur le march\u00e9, sont d\u00e9pendantes \u00e0 hauteur de 80 % des banques pour se financer. D\u00e9j\u00e0 atone, la croissance \u00e9conomique en souffrirait. Pour pr\u00e9server autant que possible sa rentabilit\u00e9, le syst\u00e8me bancaire apporterait une nouvelle fois sa contribution \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie en appuyant sur ses \u00e9paules alors qu&rsquo;elle se noie. <\/p>\n<p>Les banques cherchent \u00e0 \u00e9viter les voies qui leur sont propos\u00e9es : soit de se recapitaliser par leurs propres moyens, soit de subir une infamante injection de capitaux publics. Cette hypoth\u00e8se s&rsquo;imposerait apr\u00e8s une p\u00e9riode de 6 \u00e0 9 mois, si elles n&rsquo;y parvenaient pas elles-m\u00eames, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 reconnues d\u00e9faillantes par de nouveaux stress tests qui sont dans les tuyaux.<\/p>\n<p>L&rsquo;intervention dans leurs affaires des \u00c9tats n&rsquo;est \u00e9videmment pas souhait\u00e9e par les banquiers, dans le contexte de d\u00e9fiance dans lequel leurs \u00e9tablissements sont plong\u00e9s, qui pourrait inciter les dirigeants politiques \u00e0 exiger cette fois-ci quelques compensations. \u00c0 imposer des <i>conditionnalit\u00e9s<\/i>, comme dit le FMI quand il s&rsquo;agit des \u00c9tats. On a entendu \u00e0 ce propos Jean-Claude Juncker r\u00e9clamer des si\u00e8ges dans les conseils d&rsquo;administration et Jos\u00e9 Luis Barroso l&rsquo;arr\u00eat de la distribution des dividendes et bonus. Il y a loin de la coupe aux l\u00e8vres, mais on ne sait jamais&#8230;<\/p>\n<p>Le renforcement des fonds propres des banques n&rsquo;a pas non plus leurs faveurs. Trouver de nouveaux investisseurs, argumentent-ils, est t\u00e2che impossible, alors que se dessine la perspective de d\u00e9cotes sur les obligations souveraines d\u00e9tenues par les banques : ce serait comme leur demander de venir perdre de l&rsquo;argent ! <\/p>\n<p>Derri\u00e8re cet argument s&rsquo;en dissimule deux autres : <\/p>\n<p>1\/ Les actionnaires ne veulent pas vendre \u00e0 prix sacrifi\u00e9s les nouvelles actions qu&rsquo;ils devraient \u00e9mettre pour augmenter le capital, \u00e9tant donn\u00e9 le coup de tabac que les banques viennent de subir. La valorisation boursi\u00e8re des banques a en effet \u00e9t\u00e9 rabot\u00e9e en moyenne de 40 %. Proc\u00e9der ainsi reviendrait dans ces conditions \u00e0 accorder une place importante aux entrants et \u00e0 un partage du g\u00e2teau au d\u00e9triment des actionnaires en place. L&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une augmentation de capital r\u00e9serv\u00e9e aux actionnaires n&rsquo;est m\u00eame pas envisag\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>2\/ Toute autre forme de renforcement des fonds propres, telle l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;obligations s\u00e9curis\u00e9es, se fera \u00e0 un co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 &#8211; en d\u00e9pit des achats d\u00e9cid\u00e9s par la BCE qui sont destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9viter &#8211; et diminuera d&rsquo;autant la rentabilit\u00e9 des futures op\u00e9rations financi\u00e8res des banques. En d\u00e9sespoir de cause, on voit ainsi poindre \u00e0 nouveau les CoCos (obligations convertibles), bien que le Comit\u00e9 de B\u00e2le ait refus\u00e9 de les prendre en consid\u00e9ration dans le calcul du noyau dur des fonds propres. Mais on peut toujours essayer&#8230;<\/p>\n<p>La farce va changer de d\u00e9cor. Une intransigeance de fa\u00e7ade va \u00eatre proclam\u00e9e, mais des assouplissements vont \u00eatre conc\u00e9d\u00e9s. Toute l&rsquo;attention va \u00eatre dirig\u00e9e vers la n\u00e9cessit\u00e9 de respecter un nouveau ratio de fonds propres durs, consid\u00e9r\u00e9 comme le plus solide rempart que les banques doivent b\u00e2tir. Au d\u00e9triment des modalit\u00e9s d\u00e9taill\u00e9es de son calcul, qui repose sur une d\u00e9finition des fonds propres \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie incertaine et sur une pond\u00e9ration des risques de leurs actifs effectu\u00e9e selon les mod\u00e8les des banques elles-m\u00eames. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Plus la perspective d\u2019une recapitalisation des banques se pr\u00e9cise, plus les tensions entre celles-ci et les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes s&rsquo;accroissent. 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